DétourLes CAUE  d'Île-de-France
Détour
10,3km
2h

Habiter les bords d'Oise

De Cergy vers Conflans-Ste-Honorine

Paysage
© Martin Argyroglo
Paysage
© Martin Argyroglo

Une invitation à redécouvrir les liens entre mobilité douce, paysages et urbanisation. 

Ce parcours à vélo vous invite à une exploration des paysages de la vallée de l’Oise, depuis les coteaux de Cergy jusqu’à Conflans-Sainte-Honorine, là où l’Oise rejoint la Seine. En suivant l’ancienne voie ferrée, aujourd’hui réaménagée en portion de la véloroute « Paris-Londres », cette balade permet de remonter le fil de l’histoire des modes d’habiter le long de la rivière Oise. 

Entre traversées de villages, franchissements de ponts et points de vue ouverts sur le paysage,  l’itinéraire mêle lecture du territoire, patrimoine bâti et ambiance fluviale.

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Parcours réalisé dans le cadre de la collection Archipel Francilien des CAUE d'Île-de-France, avec le soutien de la Direction Régionale des Affaires Culturelles Île-de-France.

Remerciements

Michel Jaouën : président de l'association Axe Majeur, Maxime Loubar : maire-adjoint à l'Aménagement du territoire et à la transition écologique, numérique et participative de la commune de Jouy-le-Moutier, Roselyne Bussière : conservateur du patrimoine honoraire à la région Ile de France.

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Mode de mobilité
À vélo
Type de parcours
Promenade
Publics
En famille

Aperçu du parcours

Étape 1

Faire dialoguer art, urbanisme et paysage : L’Axe Majeur et le projet de la ville nouvelle de Cergy-Pontoise

Écoutez notre podcast avec Michel Jaouën réalisé par Justin Morin.

media Axe Majeur à Cergy © Martin Argyroglo

Créée en 1969 dans le cadre de la politique des villes nouvelles, Cergy-Pontoise est la première des cinq villes conçues pour accompagner la croissance rapide de l’Île-de-France tout en maîtrisant son urbanisation.

Implantée dans la boucle de l’Oise, un site naturel remarquable en forme d’amphithéâtre, elle a été pensée dès sa naissance comme une ville qui met en valeur son paysage. Urbanistes, architectes et paysagistes y ont développé un projet novateur : celui d’une ville où l’environnement naturel structure l’urbanisme. Leur ambition ? Offrir une qualité de vie optimale en intégrant de manière harmonieuse espaces verts, quartiers résidentiels, zones d’activité, équipements culturels et réseaux de circulation.

media Le Val d’Oise à vol d’oiseau, Cergy-Pontoise, l’Axe majeur, Abeille, cartes éditions Lyna Paris, 1993-94 © Archives Départementales 95

L’Axe majeur de Cergy Parmi les réalisations les plus emblématiques de cette ambition, l’Axe majeur occupe une place centrale. Imaginé par l’artiste israélien Dani Karavan à partir des années 1980, il constitue une œuvre d’art monumentale à l’échelle de la ville. Long de 3 kilomètres, il relie le cœur de Cergy à l’Oise dans un vaste mouvement qui s’inscrit dans la tradition des grands tracés urbains, à l’image de l’axe historique parisien, Louvre, Champs-Élysées, Arche de La Défense, et offre au visiteur des points de vue spectaculaires sur le paysage francilien : Paris, La Défense, le mont Valérien, la butte de l’Hautil, ou encore les buttes du Parisis.

Composé de 12 stations, l’Axe majeur est à la fois un parcours artistique, un repère symbolique et un belvédère sur le territoire. En utilisant des formes géométriques, des matériaux bruts (béton, acier, pierre) et des jeux de perspectives, il nous invite à “vivre le paysage” à travers ses 12 stations tels que les jardins, l’esplanade, la passerelle rouge sur l’Oise, la tour d’orientation… autant de lieux qui assemblent art, nature et patrimoine.

Marcher, découvrir, contempler... Espace de promenade pour les habitants, décor pour des spectacles en plein air, support de médiation culturelle et artistique, l’Axe majeur témoigne de l’ambition de faire de Cergy-Pontoise un territoire qui vit. Le patrimoine ne se limite pas à l’ancien et à l’acquis, mais s’invente dans le présent par la création contemporaine et sa transmission.

En offrant des points de vue caractérisés, ce parcours sollicite ou stimule ou en appelle à l’imaginaire et nous transporte vers une vision futuriste.

media Une plongée dans les boucles de l'Oise - le pont rouge de l'Axe majeur de Cergy © Martin Argyroglo

Contenus additionnels

Panorama
Étape 1

Faire dialoguer art, urbanisme et paysage : L’Axe Majeur et le projet de la ville nouvelle de Cergy-Pontoise

Écoutez notre podcast avec Michel Jaouën réalisé par Justin Morin.

media Axe Majeur à Cergy © Martin Argyroglo

Créée en 1969 dans le cadre de la politique des villes nouvelles, Cergy-Pontoise est la première des cinq villes conçues pour accompagner la croissance rapide de l’Île-de-France tout en maîtrisant son urbanisation.

Implantée dans la boucle de l’Oise, un site naturel remarquable en forme d’amphithéâtre, elle a été pensée dès sa naissance comme une ville qui met en valeur son paysage. Urbanistes, architectes et paysagistes y ont développé un projet novateur : celui d’une ville où l’environnement naturel structure l’urbanisme. Leur ambition ? Offrir une qualité de vie optimale en intégrant de manière harmonieuse espaces verts, quartiers résidentiels, zones d’activité, équipements culturels et réseaux de circulation.

media Le Val d’Oise à vol d’oiseau, Cergy-Pontoise, l’Axe majeur, Abeille, cartes éditions Lyna Paris, 1993-94 © Archives Départementales 95

L’Axe majeur de Cergy Parmi les réalisations les plus emblématiques de cette ambition, l’Axe majeur occupe une place centrale. Imaginé par l’artiste israélien Dani Karavan à partir des années 1980, il constitue une œuvre d’art monumentale à l’échelle de la ville. Long de 3 kilomètres, il relie le cœur de Cergy à l’Oise dans un vaste mouvement qui s’inscrit dans la tradition des grands tracés urbains, à l’image de l’axe historique parisien, Louvre, Champs-Élysées, Arche de La Défense, et offre au visiteur des points de vue spectaculaires sur le paysage francilien : Paris, La Défense, le mont Valérien, la butte de l’Hautil, ou encore les buttes du Parisis.

Composé de 12 stations, l’Axe majeur est à la fois un parcours artistique, un repère symbolique et un belvédère sur le territoire. En utilisant des formes géométriques, des matériaux bruts (béton, acier, pierre) et des jeux de perspectives, il nous invite à “vivre le paysage” à travers ses 12 stations tels que les jardins, l’esplanade, la passerelle rouge sur l’Oise, la tour d’orientation… autant de lieux qui assemblent art, nature et patrimoine.

Marcher, découvrir, contempler... Espace de promenade pour les habitants, décor pour des spectacles en plein air, support de médiation culturelle et artistique, l’Axe majeur témoigne de l’ambition de faire de Cergy-Pontoise un territoire qui vit. Le patrimoine ne se limite pas à l’ancien et à l’acquis, mais s’invente dans le présent par la création contemporaine et sa transmission.

En offrant des points de vue caractérisés, ce parcours sollicite ou stimule ou en appelle à l’imaginaire et nous transporte vers une vision futuriste.

media Une plongée dans les boucles de l'Oise - le pont rouge de l'Axe majeur de Cergy © Martin Argyroglo

Contenus additionnels

Panorama
Étape 2

Sur les traces de l’ancienne ligne ferrée Pontoise-Poissy : la question des mobilités

media Traces de l’ancienne voie ferrée au pied des 12 colonnes à Cergy © Martin Argyroglo

Entre 1912 et 1934, une ligne de chemin de fer secondaire reliait Pontoise à Poissy, en traversant plusieurs communes : Cergy, Vauréal, Jouy-le-Moutier, Maurecourt, Andrésy et Carrières-sous-Poissy.

Long de 21 kilomètres, ce trajet ferroviaire relativement modeste permettait de relier les deux extrémités en 1h15 comportait 19 arrêts et assurait jusqu’à 4 allers-retours quotidiens. Affectueusement surnommé « le tacot » par les habitants, le petit train à vapeur faisait partie du paysage rural et quotidien de la vallée de l’Oise et de la Seine. Malgré son allure lente, son bruit caractéristique et un confort plus ou moins rudimentaire, il joua un rôle essentiel dans le développement local, en permettant la circulation des personnes, des marchandises, et des productions agricoles.

media Tacot, Exposition de la ville de Jouy-le-Moutier "Le tacot aurait 100 ans si..."© 2012

Le "tacot" acheminait vers Paris et Saint-Germain-en-Laye les fruits, légumes, fleurs, volailles, vins et autres produits issus des campagnes alentours. Il contribuait à l'économie vivrière d'une région encore largement agricole. Moins connu, il transportait aussi des voyageurs, mais également… des boues de la capitale, réutilisées comme engrais agricoles, dans une logique de recyclage bien avant l’heure.

Cependant et malgré son utilité, la ligne rencontra très tôt des difficultés. Les pannes fréquentes, les retards, et surtout la réquisition des rails pendant la Première Guerre mondiale interrompirent son fonctionnement. Il fallut attendre 1921 pour qu'elle soit remise en état et rouvre au public. Mais la reprise fut de courte durée. Concurrencée par l’essor de la route et de l’automobile perçus comme plus rapides, plus souples et plus confortables, la ligne entra progressivement en déclin. Après seulement 22 ans de service, en 1934, son fonctionnement fut définitivement arrêté.

media Carte d'Etat-Major © exposition de la ville de Jouy-le-Moutier "Le tacot aurait 100 ans si..." - 2012

Un patrimoine cyclable et piéton Si le train et certaines portions ont disparu, l’ancienne voie ferrée du tacot n’a pas été totalement oubliée et connaît un nouvel usage, par sa transformation en itinéraire cyclable et piéton. En suivant à pied ou à vélo ce tracé, on peut désormais redécouvrir une mémoire du territoire, en parcourant les paysages traversés autrefois par la locomotive à vapeur. C’est le message porté par cette reconversion, de remise en valeur du patrimoine industriel et rural. Il relie le passé à nos usages actuels, dans une démarche de valorisation durable de celui-ci.

Des panneaux explicatifs et cartes sur les anciens tracés venant compléter les vestiges ferroviaires, ce parcours invite à se réapproprier l’histoire locale autrement : par le corps en mouvement et l’observation.

Étape 3

Vivre avec le coteau et l’Oise : De la nature vivrière à l‘habitat pavillonnaire

media Jouy-le-Moutier vue vers la plaine © Martin Argyroglo

Sur la portion comprise entre Cergy Village et Jouy-le-Moutier, le méandre de l’Oise dessine une large courbe fluide où la rivière s'écoule lentement au pied du coteau calcaire, de la lisière boisée, de la plaine agricole et de l’urbanisation contemporaine. Ce paysage singulier, à la fois linéaire et séquencé, résulte de siècles d’interactions entre la dynamique naturelle du fleuve, les activités humaines et les différentes manières d’occuper et de modeler le territoire.

media Jouy-le-Moutier vue vers le vallon © Martin Argyroglo

Le long de son parcours, l’Oise est encore ponctuée de parcelles maraîchères en bordure d’eau, vestiges d’une agriculture vivrière longtemps pratiquée par les riverains. Les villages-rue, comme ceux de Cergy, Vauréal, Jouy-le-Moutier, s’implantent discrètement en retrait, en marge de la rivière. Ce recul stratégique permettait de préserver les habitations des crues tout en profitant des terres fertiles de la vallée pour les cultures.

Une organisation intimement liée à la géologie locale.

media Parcelle agricole © Martin Argyroglo

Le coteau calcaire, exposé plein sud, a longtemps accueilli des vergers et des vignobles en terrasses, souvent clos de murs pour les protéger du vent et de l’érosion. Il subsiste encore aujourd’hui quelques vestiges de ces cultures que l’on peut observer sur le parcours. Ils offrent des percées visuelles sur le méandre. Une ceinture de boisement chapeaute le coteau et masque le plateau situé au-dessus, vaste étendue de sols limoneux aujourd’hui dominée par les grandes cultures céréalières et certains quartiers de la ville nouvelle.

Ce plateau, longtemps agricole, a vu naître à partir des années 1970 la ville nouvelle de Cergy-Pontoise. Discrète quand nous nous trouvons dans la boucle, elle se signale par quelques repères architecturaux puissants, comme la tour EDF de Cergy qui émerge à l’horizon, pointant la présence d’un urbanisme moderne avoisinant le paysage ancien.

L’alliance entre l’audace urbaine et la trame rurale autour d’un coeur « naturel » enveloppé par la rivière constitue une des grande force de la ville nouvelle de Cergy-Pontoise et ses villages associés. Le relief et la géologie ont, depuis toujours orienté les implantations humaines, les déplacements et les modes de subsistance dans cette vallée.

L’évolution récente Le rapport à la nature autrefois productif, devient au fil du temps plus résidentiel. Ainsi, les bâtis ruraux flanqués de cultures vivrières sont progressivement soit réhabilités en résidences, soit remplacés par de l’habitat individuel qui s’implante sur le coteau. Et l’idée d’une nature nourricière laisse place à celle d’un cadre de vie recherché par des citadins à la fois en quête d’équilibre entre ville et campagne et portés par l’idéal d’une maison avec jardin. Ce mouvement transforme la boucle de l’Oise en un territoire hybride, où se superposent patrimoine rural, vestiges agricoles, urbanisme et enfin construction privée influencée par ses représentations nouvelles de la nature.

A travers notre parcours, le visiteur peut redécouvrir cette complexité et comprendre comment l’histoire, la géographie et les évolutions sociales ont façonné la silhouette de ce territoire.

Étape 4

Préserver l’identité rurale : Jouy le Moutier et les villages de la boucle

media Vue vers l’église depuis la rue principale © Martin Argyroglo

media Grande rue de Jouy-le-Moutier, A.Bourdier, imprimeries éditions Versailles, 1903-1939 © Archives Départementales du Val d’Oise

La trame rurale des villages des boucles de l’Oise se distingue par une organisation claire du paysage bâti et végétal, témoin d’un rapport étroit entre habitat, agriculture et nature.

Des murs de pierre sinueux nous accompagnent le long du parcours Vauréal/Jouy-le-Moutier, guidant le regard entre un bâti ancien dense et des constructions anciennes plus espacées révélant la trame rurale d’origine. Ces mêmes murs prolongent cette trame en délimitant des terrains clos et en se fondant dans les haies environnantes.

En s’éloignant progressivement du cœur des villages, cette cohérence s’atténue : apparaissent alors quelques villas de villégiature, construites entre 1910 et 1950, en rupture avec ce profil rural. Plus loin encore, les pavillons standardisés, édifiés des années 1990 à nos jours, s’imposent sur des parcelles redécoupées, souvent sans réelle intégration à la trame initiale.

media Rue principale du village de Jouy-le-Moutier © Martin Argyroglo

Évolution du paysage rural vers la ville d’aujourd’hui

À l’image des villages de la vallée de l’Oise, Jouy-le-Moutier s’organise en hameaux fonctionnels et denses, établis au pied du coteau. L’architecture rurale se composent de deux typologies : les maisons de polycultures avec granges et dépendances autour de la cour, souvent en L ou en U, et les maisons vigneronnes compactes souvent équipées de caves.

A l’arrivée du chemin de fer, les bords de rivière attirent la villégiature et la construction de vastes et élégantes demeures souvent inspirées de styles variés, au cœur de parcs et jardins. Plus récemment, des constructions individuelles sans style ou lien particulier avec le bâti ancien se sont développés sur les coteaux, entraînant un mitage progressif du paysage.

media Au sortir des sentes © CAUE 95

La maison Raclet : une demeure bourgeoise au bord de l’Oise

media Parc et maison Raclet © Martin Argyroglo

Vers 1870 s’implante la Maison du Parc, également connue sous le nom de maison Raclet, demeure bourgeoise de style Napoléon III. Entourée d’un parc elle témoigne de l’attrait des classes aisées pour les abords de l’Oise à la fin du XIX siècle. Ces maisons d’ampleur accueillaient à la fois familles et domestiques mais aussi amis ou artistes, en recherche de nature à l'écart de la ville.

media "Folie"en bord d'Oise © CAUE 95

Omniprésence de l’eau

L’Oise offrait non seulement une ressource en eau, mais aussi un axe de transport, de pêche et parfois d’irrigation. Elle pouvait encore se montrer capricieuse : certaines caves anciennes dites "caves à inondation", relatent la cohabitation avec les crues. Plus loin vers Maurecourt, le bâti traditionnel intègre d’autres éléments de protection : des seuils surélevés, ou au-delà des étages principaux surélevés au niveau de la crue centennale.

À Jouy-le-Moutier, où le bourg ancien s’étend en pied de coteau de la boucle, l’eau a toujours été un élément structurant de la vie quotidienne, sous toutes les formes : sources naturelles, lavoirs, fontaines, et bien sûr, la rivière elle-même. Ces éléments témoignent de sa place en tant que ressource vitale au cœur des usages domestiques, agricoles et sociaux.

Plusieurs sources naturelles jaillissent encore depuis l’Hautil ou à flanc de coteau, autrefois captées pour alimenter les besoins des habitants, abreuver les animaux. Ces résurgences souterraines ont souvent été aménagées en petites fontaines murées ou bassins, que l’on devine à l’arrière d’un jardin ou le long d’un ancien chemin rural. Ces points d’eau discrets mais essentiels rythmaient les trajets et le quotidien des villageois.

Tout proche, le lavoir situé à proximité de la Maison du Parc est l’un des témoignages les plus parlants de cette relation à l’eau. Alimenté par une source, il servait aux lessives collectives et tenait un rôle central dans la vie des femmes du village. Son architecture simple, en pierre, ouverte sur l’extérieur, rappelle l’importance de la rivière et le rapport à l’eau courante avant l’arrivée des réseaux modernes.

media Lavoir du parc © CAUE 95

Étape 5

Patrimoine en bord d'Oise

media Vue depuis le pont de Neuville-sur-Oise et Jouy-le-Moutier © Martin Argyroglo

Au-dessus de la boucle formée par l’Oise, de 10 km, quatre ponts routiers et deux passages ferrés, rythment l’Oise. Ces ouvrages d’art, à la fois ouvrent des perspectives dégagées sur la rivière, et font signe de plusieurs points de vue éloignés.  Le pont bleu de Neuville (1974), hérité d’un ancien bac, est relié à Jouy-le-Moutier.  Il est doté d’un accès routier, piéton et cyclable. Bien reconnaissable du fait de ses élégantes structures métalliques et toile tendue, il constitue un généreux belvédère protégé sur l’eau.

media Neuville-sur-Oise, coin pittoresque au bord de l’Oise, 1903-1910 © Archives Départementales 95

Histoire du bord de l’eau Du XVIIᵉ siècle à nos jours, l’Oise passe peu à peu d’un usage agricole (pêche, rouissage, métairie) à un rapport paysager et sensible. 

Côté Neuville-sur-Oise, le Pavillon d’Amour ressort aujourd’hui comme un élément architectural singulier. Pourtant, c’est bien à l’intérieur du parc du château qu’il était situé jadis. Construit au XVIIIᵉ siècle, probablement sous la direction de l’architecte Firmin Perlin lors de la restauration du domaine conduite par le comte de Mercy Argenteau, il s’inscrit dans la tradition des fabriques romantiques typiques des jardins paysagers à l’anglaise. Son origine remonte indirectement aux jardins à l’italienne de la Renaissance, qui ont introduit les premiers pavillons décoratifs. Conçu pour la contemplation et la rêverie, il reflète l’esthétique pittoresque et sentimentale de cette époque où le rapport à l’eau y est ici scénarisé. Octogonal, coiffé d’une coupole d’ardoise, il renfermait un petit salon ouvert sur le parc par quatre portes-fenêtres, surmontées de frontons. L’intérieur était décoré d’un ciel peint, symbolisant l’idéal poétique du lieu et l'invitation à la rêverie. 

En 2023, les berges font l’objet d’une consolidation en vue de préserver le pavillon d’Amour proche du chemin de halage et son accès. Le pavillon d’Amour a lui-même fait l’objet d’une restauration en 2025.

Arrivée du train et villégiature A la fin du XIXᵉ siècle / début XXᵉ siècle, Cergy, Vauréal, Jouy-le-Moutier et Neuville-sur-Oise étaient encore des villages ruraux assez isolés, situés à l’ouest de Pontoise. Le chemin de fer de Paris à Dieppe, via Pontoise (gare qui existait depuis 1863), était l’un des axes ferroviaires principaux du coin. Il constitue l’actuelle ligne J du Transilien. C'est à cette période que les guinguettes comme celles de Pontoise, Auvers-sur-Oise ou Conflans-ste-Honorine voient le jour. Elles accueillent notamment des Parisiens venus profiter du cadre naturel et des loisirs liés à l’eau.

Il n’existait donc pas de desserte ferroviaire directe depuis Paris dans ces communes. Seul le “tacot”, (dont l’activité déclinera progressivement jusque dans les années 1930), faisait la jonction avec Pontoise, ce qui explique finalement le peu de villégiatures présentes le long de l’Oise comparé à la Seine.

Cette étape met en avant un patrimoine rare et discret autour de la boucle de l’Oise qui sera foisonnant sur les berges de Seine à la même époque.

media Vincourt, la gare du "tacot" à Jouy-le-Moutier © Martin Argyroglo

Étape 6

Jouy-le-Moutier : un laboratoire de la ville nouvelle

media Quartier des Vaux-Labours © Martin Argyroglo

Écoutez notre podcast avec Maxime Loubar, Maire-adjoint à l'Aménagement du territoire et à la transition écologique, numérique et participative Jouy-le-Moutier- réalisé par Justin Morin.

Jouy‑le‑Moutier est intégrée à la ville nouvelle de Cergy‑Pontoise en 1975. La commune met alors en œuvre, au-dessus de ses anciens hameaux, une trame urbaine structurée, qui favorise un espace collectif sans voiture.

Les Vaux Labours, quartier de Jouy-le-Moutier 

Les circulations automobiles orientées sont complétées par un réseau de sentes piétonnes. Cette organisation favorise à la fois les liaisons internes et l’ouverture depuis le coteau vers le massif de l’Hautil et la vallée de l’Oise.

media Lotissement en close © CAUE 95

Les lotissements en « close » Organisés autour d’impasses soigneusement intégrées au relief, ils témoignent d’une diversité architecturale qualitative, empruntant des formes inspirées du bâti rural. Leur disposition respecte une densité maîtrisée, en ménageant des vues lointaines, et en incorporant des circulations et espaces piétons, pour favoriser la convivialité et le lien au paysage.

Le projet d’urbanisme a également veillé à limiter la consommation du foncier, par la construction de maisons mitoyennes ou groupées présentant une variété d’architectures tout en maintenant une échelle humaine. Ces choix s’inscrivent dans une volonté de préserver l’identité rurale du village et de valoriser les espaces naturels intercalés entre zones bâties.

media Lotissement des Vaux-Labours © CAUE 95

Le quartier des Vaux‑Labours Centré sur un groupe scolaire, il se construit selon une logique de centralité typique de l’urbanisme des années 1970 : services, logements et espaces publics y sont réunis autour d’un véritable cœur de quartier. Cette organisation incarne une vision urbaine et de l’Habitat au sens global, combinant proximité et cohésion sociale.

Enfin, l’aménagement privilégie la protection des espaces de respiration situés au sein des zones urbanisées, renforçant la relation avec le massif de l’Hautil et les berges de l’Oise, conformément aux objectifs du Plan d’Aménagement et de Développement Durable et à l’esprit d’une « ville à la campagne ».

Face à cette urbanisation rapide (de la ville nouvelle en 1970), des élus locaux se mobilisent pour préserver l’identité rurale du territoire. C’est dans ce contexte qu’est fondée “La Ferme pédagogique d’Ecancourt”, créée pour maintenir un lien en ville et campagne et pour transmettre aux générations futures la mémoire agricole de la commune. Une transhumance des moutons perdure aujourd’hui, plébiscitée par nombre de familles avec et sans enfants, elle emprunte les sentes des anciens et nouveaux quartiers associés.

De là, notre parcours peut emprunter l’un de ces vallons préservés entre l’Hautil et l’Oise.

Étape 7

Les corridors écologiques de la vallée de l’Oise : des milieux rares et fragiles

media Corridor écologique © Martin Argyroglo

La vallée de l’Oise constitue un corridor écologique vital, reliant les massifs forestiers des Yvelines et du Val-d’Oise, tels que l’Hautil (point culminant de l'Île-de-France, à 191 mètres d'altitude) et la forêt de Saint-Germain.

Les nappes et les zones humides Des bosquets et zones agricoles servent de relais entre ces nappes vertes et la trame bleue de l’Oise, qui abrite des milieux humides fragiles (prairies inondables, ripisylves, roselières). Entre Jouy-le-Moutier et Maurecourt, des espaces ouverts issus d’anciens projets routiers ont été réintégrés en tant que corridors écologiques grâce au Schéma Régional de Cohérence Écologique et à l’Atlas des Paysages, reconnus pour leur rôle structurant.

media Péniche sur l'Oise © Martin Argyroglo

Le projet d’aménagement des berges de Maurecourt, porté par la Communauté d’agglomération de Cergy-Pontoise, le Syndicat Mixte Seine Ouest et la Ville, avec l’Agence de l’Eau et l’éclairage technique d’écologues, a restauré des prairies, vergers, zones humides et haies bocagères sur 500m. Des continuités ont été restaurées. Ces efforts, intégrés à la trame verte et bleue, concilient habitat, passage et reproduction aux espèces, tout en offrant aux usagers un cadre pédagogique et paysager valorisé en zone périurbaine. 

La biodiversité de la ripisylve, exemple de la promenade Ar Zénith de Maurecourt Autrefois occupé par les hangars de l’ancien chantier naval (rénovation/entretien de bateaux de marchandises souvent péniches Freyssinet à l’époque), il a fait l’objet d’une dépollution des différents et lourds impacts laissés par cette activités (épaves dans la rivière, produits de conservation, de nettoyage, traces de fuel…), puis une fermeture totale au public quatre ans durant ont permis la renaissance des espèces de la ripisylve (particulièrement riche et variées) et une liaison rétablie à ce jour très agréable entre Andrésy et Maurecourt. Elle fut dénommée « Promenade Ar Zénith », patronyme du bateau qui, au soir du 19 juin 1940, a rallié le premier l’Angleterre lors de l’Appel du général De Gaulle.

Échelle des crues et inondations

Les crues ont fortement influencé la manière de construire et d’aménager les bords de rivière. Les bâtiments anciens témoignent souvent d’une meilleure adaptation, tandis que certaines constructions récentes ignorent encore les principes de protection essentiels.

media Repère de crues - Ces échelles permettent de visualiser, entretenir une mémoire des crues et leur connaissance © CAUE 95

La gestion des berges est déterminante : restituer les anciens linéaires, limiter la navigation et préserver les zones humides permet de ralentir les crues et de maintenir la régulation naturelle des eaux.

En Île-de-France, les crues sont lentes mais désormais plus hautes et rapides, conséquence directe des aménagements humains et de l’imperméabilisation des sols. Ici, la renaturation des berges et la reconstitution des voies d’eau illustrent une approche visant à redonner à la rivière sa capacité d’étalement et d’absorption naturelle.

Étape 8

Quand les mariniers posaient l’encre : les maisons de la rue de l’éperon

media  Maisons de mariniers © Martin Argyroglo

Écoutez notre podcast avec Roselyne Bussière, conservateur du patrimoine honoraire à la région Ile-de-France, réalisé par Justin Morin.

Maisons de mariniers au bord du fleuve, témoins d’une vie nomade

Construites au début du XX° siècle, ces maisons offraient un confort inédit face à l’exiguïté des cabines des péniches Freyssinet. Leurs planchers bas ont été alignés sur le niveau de la crue centennale de 1910, témoignage d’une adaptation au risque d’inondation. Cheminées et ventilation naturelle complètent leur conception ingénieuse. Aujourd’hui, elles sont habitées par les descendants des mariniers ou de nouveaux occupants. Leurs façades colorées et soigneusement entretenues évoquent le soin que les bateliers apportaient autrefois à leurs péniches : peintures vives, entretien méticuleux, parfois rehaussé de joints de briques.

media Péniches devant le port de Conflans-Ste-Honorine © Martin Argyroglo

media Pont ferré vu la nuit © CAUE 95

Cette étape qui nous rapproche de la Seine, et nous introduit dans le 78 fait aussi l’objet d’une étape et d’un parcours élaboré par le CAUE 78, que vous pourrez consulter puis rejoindre après la confluence de l’Oise avec la Seine.

Étape 9

La Confluence Oise-Seine : Du patrimoine fluvial aux défis du XXIème siècle

media Vue du pont entre Andrésy et Conflans-Ste-Honorine © Martin Argyroglo

À l’orée de la confluence de l’Oise et de la Seine, les deux cours d’eau paraissent changer d’échelle avant de se fondre en une remarquable étendue. Leurs eaux et courants peuvent souvent se lire distinctement, nuances de couleur, texture de surface, vitesse du courant. Ils s’influencent mutuellement avant de se fondre en un même flux.

La vie de la Confluence La ville de Conflans-Sainte-Honorine, qui tient son nom de la confluence, reconnue comme la capitale historique de la batellerie, conserve avec ses voisines – Maurecourt, Andrésy, Achères – de nombreux témoignages de son passé fluvial, industriel, agricole et culturel. Ponts métalliques, chantiers navals, quais de halage, maisons de bateliers, entrepôts reconvertis… Autant de marqueurs visibles de l’histoire de ce territoire étroitement lié à la navigation intérieure et à la Seine comme axe de circulation et d’échanges.

Le pont de Conflans-Ste-Honorine, marque un point de convergence entre ces deux grands itinéraires. L’Avenue Verte, qui suit en partie le cours de l’Oise, croise ici le tracé de "La Seine à Vélo", orienté le long du fleuve. Ensemble, ces parcours traversent les communes de la confluence – Maurecourt, Andrésy, Conflans-Sainte-Honorine et Achères – et révèlent un territoire habité, dynamique en termes d’économie, de culture, d’échange social, marqué par une constante fluviale.

La plaine d’Achères Ancienne plaine maraîchère, Achères fut longtemps dédiée à la production de légumes destinés à Paris. Fertile et irriguée par les méandres du fleuve, cette plaine formait jusqu’au milieu du XXᵉ siècle un paysage vivrier dense, façonné par des générations de cultivateurs. Autrefois constitué d'une île (l'île Peyegrand) et une zone humide, elle repose sur une sous-sol de gravier et sable alluvionnaire, récemment exploité. Peu à peu, les terres agricoles ont cédé la place à des zones d’activités en lien avec les infrastructures logistiques et industrielles du port d’Achères, nouvelle phase de transformation d’ampleur qui investira ce secteur dès 2029.

Le projet de port industriel Une plateforme logistique de presque 100Ha est en chantier, prévoyant d’accueillir des activités de BTP et de transit de matériaux de construction (essentiellement gravois issus du Grand Paris et futures productions de béton). Le recours au transport fluvial est ici présenté comme mode alternatif au "tout-routier" mais, à cette échelle de port national, impose une vaste distribution par camions. Le projet voulant tirer parti de la situation géographique d’Achères, des réseaux routiers et ferroviaires existants, porte un model routier élevé, encore renforcé par la saturation du chemin de fer.

D’évolution à mutation : un pas périlleux Ces évolutions traduisent une volonté de répondre aux enjeux logistiques actuels, tout en soulevant des interrogations sur l’échelle adaptée et sur l’avenir des paysages de bord de Seine, à l’interface entre nature, mémoire et industrie.

media Vue vers le pont Eiffel en amont de l'Oise © Martin Argyroglo

Entre héritage fluvial, nouveaux usages industriels et retour vers la nature, la confluence devient un lieu d’observation privilégié des mutations territoriales à l’œuvre en Île-de-France. Le port d’Achères, à lui seul, symbolise cette tension : entre mémoire d’un monde paysan et batelier, et avenir logistique d’une métropole en quête d’équilibre entre développement et durabilité. Conciliant mise en valeur du patrimoine, présence de la nature et nouveaux usages, des itinéraires de mobilité douce se développent. Des parcours cyclables et piétons tels que "La Seine à Vélo" et l’Avenue Verte London–Paris empruntent les anciens chemins de halage, offrant une lecture sensible et immersive du paysage fluvial.

media Andrésy, quai de l'Oise. Depuis le quartier des mariniers, vue sur la confluence Seine-Oise et dans le lointain sur le futur Port Seine-Métropole Ouest, Photographie numéro 47 © Ambroise Tezenas et Jeremy Léon, 28.04.22, Observatoire Photographique des Paysages de la Vallée de la Seine.

Étape 10

Du Pointil à la Bourse : mémoire d’un territoire

media Vue depuis le pont entre Andrésy et Conflans-Ste-Honorine © Martin Argyroglo

À l’extrémité de la confluence se trouve le “Pointil”, un belvédère aménagé offrant un large panorama sur la rencontre de l’Oise et de la Seine. Les deux cours d’eau se rejoignent formant ce site spectaculaire qui est aussi une jonction stratégique. Depuis des siècles, ce lieu est le théâtre d’activités batelières anciennes, ancrées dans le quotidien et l’économie locale.

media Le Pointil point de convergence de l’eau sur trois communes, constitue aujourd’hui une halte du quotidien et du voyage © Martin Argyroglo

C’est ici que chaque année depuis 1960 se déroule le « Grand Pardon National de la Batellerie » qui rassemble pendant un week-end les familles -dispersées dans toute la France- des bateliers professionnels.

Un monument commémoratif Érigé en 1924, sculpté par Paul Silvestre, rend hommage aux soldats bateliers morts pendant la Première Guerre mondiale. Par le bombardement des ponts et des voies marchandes, nombre de bateliers ont trouvé la mort. Cette œuvre forte symbolise l’attachement de la ville à sa communauté fluviale et à son rôle dans les grands événements du XXe siècle. Elle témoigne aussi du lien profond entre mémoire, navigation et identité locale.

La batellerie et la bourse d’affrètement Avec l’essor du trafic fluvial, notamment au XIXe et XXe siècles, Conflans devient un centre névralgique du transport par voie d’eau. En 1936, sous l’impulsion du Front Populaire, l’activité batelière est encadrée par le tour de rôle obligatoire, garantissant une répartition équitable des chargements entre les mariniers. Pour accompagner cette professionnalisation, une bourse d’affrètement est construite en 1959 par les architectes Arsène-Henry, dans un style fonctionnaliste en béton armé, typique de l’architecture d’après-guerre.

Ce bâtiment, qui gérait les affectations de fret fluvial, ferme en 2000, à mesure que le mode de transport évolue. Il est ensuite réhabilité par l’agence Carrière Didier Gazeau pour devenir le siège local de Voies Navigables de France (VNF). Sa nouvelle fonction perpétue son lien historique avec la navigation tout en valorisant un patrimoine du XXe siècle souvent méconnu.

Le bâtiment sera équipé des derniers outils permettant de prévoir et d’estimer les crues. En effet jusqu’ici chaque barrage fonctionnait en autonomie, sous l’égide d’un éclusier responsable avec peu d’information interactive de l’un à l’autre des barrages. Chacun décidait en fonction de sa présomption de la situation depuis son poste, des mesures à prendre sur son site…

media Vue depuis le monument du Pointil à Conflans-Ste-Honorine © Martin Argyroglo

Pour aller plus loin ? L'ancienne bourse est le point de départ du parcours "Détour" Au confluent de la Seine et de l'Oise, proposé par le CAUE des Yvelines.

Activités annexes

Nous vous proposons de découvrir des lieux d'intérêt situés à proximité de votre itinéraire. Vous pourrez les retrouver sur la carte du parcours qui vous guidera.

Accéder au parcours

RER


RER A Cergy Saint Christophe (départ)


RER A Conflans Fin d'Oise (arrivée)