La Caverne du Pont-Neuf
1ᵉ & 6ᵉ arrondissements
Du 6 au 28 juin 2026, découvrez à travers cette promenade l'œuvre spectaculaire La Caverne du Pont-Neuf de JR. Accessible librement, jour et nuit, l’installation éphémère métamorphose le plus vieux pont de Paris en une grotte immersive de 120 mètres de long. Grâce à une architecture gonflable et à un jeu de textures minérales, l’artiste crée l’illusion d’un paysage souterrain au cœur même de la Seine.
Le projet est rendu possible grâce au fonds de dotation L’Amicale des Ponts de Paris. L'installation est financée par la vente des œuvres de JR ainsi que par des soutiens privés, notamment Snap Inc., Bloomberg Philanthropies et Paris Aéroport.
Aperçu du parcours
Place Saint-Michel
La place et sa fontaine centrale © Martin Argyroglo
Créée en 1855 sous le régime de Napoléon III, cette place est aujourd’hui connue comme un haut lieu de la vie étudiante du 6ᵉ arrondissement, au cœur du réseau parisien de transports en commun.
Elle offre de belles perspectives sur la cathédrale Notre-Dame et constitue l’un des principaux accès vers l’île de la Cité.
La construction de la station de métro sous la place Saint-Michel au début du XXᵉ siècle, anonyme © Paris Musées / Musée Carnavalet - Histoire de Paris
En son centre, vous pouvez admirer la fontaine Saint-Michel, construite au XIXᵉ siècle lors des travaux haussmanniens de modernisation de Paris.
Dessinée par l'architecte Gabriel Davioud, à qui l'on doit notamment les théâtres de la Ville et du Châtelet, elle a été conçue pour occuper l’angle entre le nouveau boulevard Saint-Michel et la place Saint André-des-Arts, et donner un débouché visuel à la perspective depuis le boulevard du Palais.
La fontaine Saint-Michel en 1917, Charles Lansiaux © DHAAP
Haute de 26 mètres et large de 15 mètres, cette fontaine a été construite pour cacher le grand mur pignon des immeubles situés à l’angle des boulevards Saint-Michel et Saint-André. Cette situation urbaine nécessitait un aménagement monumental pour souligner les axes des deux voies débouchant sur le pont Saint-Michel tout en dissimulant le désaxement de ceux-ci.
Vue perspective de la place Saint-Michel par Gabriel Davioud © Ville de Paris / Bibliothèque de l'Hôtel de Ville
Dès le départ, plusieurs idées sont avancées pour la fontaine, dont un monument dédié à la paix ou une gigantesque statue de Napoléon Ier. Finalement, c’est le thème de la lutte du Bien contre le Mal, incarné par l'archange Michel terrassant le dragon, qui est retenu et placé au centre de la composition. En contrebas de la fontaine, deux chimères crachent de l’eau.
Façade du projet de la fontaine de la paix par Gabriel Davioud, 1856 © Ville de Paris / Bibliothèque de l'Hôtel de Ville
La fontaine est composée à la manière d'un arc de triomphe antique : une travée centrale rythmée par quatre colonnes corinthiennes en marbre rouge du Languedoc coiffées de statues de bronze représentant les vertus cardinales : la Prudence, la Justice, la Tempérance et la Force. Depuis 1926, elle est inscrite au titre des monuments historiques.
Estampe de Léopold Flameng extraite de l'ouvrage "Paris qui s'en va et Paris qui vient" © Gallica BNF, département Estampes et photographie
Elle est chargée de références à l’Antiquité, et les deux chimères qui l’encadrent peuvent rappeler celles de la cathédrale Notre-Dame.
🎧 Écoutez le témoignage de Dominique Massounie, historienne et maître de conférences à l’Université Paris Ouest-Nanterre-La Défense.
Une des chimères de la fontaine, Hippolyte Blancard, 1890 © Paris Musées / Musée Carnavalet - Histoire de Paris
Contenus additionnels

Place Saint-Michel
La place et sa fontaine centrale © Martin Argyroglo
Créée en 1855 sous le régime de Napoléon III, cette place est aujourd’hui connue comme un haut lieu de la vie étudiante du 6ᵉ arrondissement, au cœur du réseau parisien de transports en commun.
Elle offre de belles perspectives sur la cathédrale Notre-Dame et constitue l’un des principaux accès vers l’île de la Cité.
La construction de la station de métro sous la place Saint-Michel au début du XXᵉ siècle, anonyme © Paris Musées / Musée Carnavalet - Histoire de Paris
En son centre, vous pouvez admirer la fontaine Saint-Michel, construite au XIXᵉ siècle lors des travaux haussmanniens de modernisation de Paris.
Dessinée par l'architecte Gabriel Davioud, à qui l'on doit notamment les théâtres de la Ville et du Châtelet, elle a été conçue pour occuper l’angle entre le nouveau boulevard Saint-Michel et la place Saint André-des-Arts, et donner un débouché visuel à la perspective depuis le boulevard du Palais.
La fontaine Saint-Michel en 1917, Charles Lansiaux © DHAAP
Haute de 26 mètres et large de 15 mètres, cette fontaine a été construite pour cacher le grand mur pignon des immeubles situés à l’angle des boulevards Saint-Michel et Saint-André. Cette situation urbaine nécessitait un aménagement monumental pour souligner les axes des deux voies débouchant sur le pont Saint-Michel tout en dissimulant le désaxement de ceux-ci.
Vue perspective de la place Saint-Michel par Gabriel Davioud © Ville de Paris / Bibliothèque de l'Hôtel de Ville
Dès le départ, plusieurs idées sont avancées pour la fontaine, dont un monument dédié à la paix ou une gigantesque statue de Napoléon Ier. Finalement, c’est le thème de la lutte du Bien contre le Mal, incarné par l'archange Michel terrassant le dragon, qui est retenu et placé au centre de la composition. En contrebas de la fontaine, deux chimères crachent de l’eau.
Façade du projet de la fontaine de la paix par Gabriel Davioud, 1856 © Ville de Paris / Bibliothèque de l'Hôtel de Ville
La fontaine est composée à la manière d'un arc de triomphe antique : une travée centrale rythmée par quatre colonnes corinthiennes en marbre rouge du Languedoc coiffées de statues de bronze représentant les vertus cardinales : la Prudence, la Justice, la Tempérance et la Force. Depuis 1926, elle est inscrite au titre des monuments historiques.
Estampe de Léopold Flameng extraite de l'ouvrage "Paris qui s'en va et Paris qui vient" © Gallica BNF, département Estampes et photographie
Elle est chargée de références à l’Antiquité, et les deux chimères qui l’encadrent peuvent rappeler celles de la cathédrale Notre-Dame.
🎧 Écoutez le témoignage de Dominique Massounie, historienne et maître de conférences à l’Université Paris Ouest-Nanterre-La Défense.
Une des chimères de la fontaine, Hippolyte Blancard, 1890 © Paris Musées / Musée Carnavalet - Histoire de Paris
Contenus additionnels

Rue Dauphine
Photo à actualiser une fois l'œuvre installée © CAUE de Paris
L'univers de JR
L'artiste contemporain français JR est reconnu dans le monde entier pour ses installations monumentales mêlant photographie, architecture et art urbain. Son travail transforme l’espace urbain en galerie à ciel ouvert. Chaque projet est lié à un lieu et raconte une histoire sociale, culturelle ou politique, souvent en dialogue avec la mémoire des villes et leurs habitants.
Avec d’immenses photographies en noir et blanc, directement sur les murs et les monuments, ses œuvres jouent avec les échelles pour donner une visibilité nouvelle à des personnes anonymes et créer une expérience collective et immersive de l’espace public.
Women Are Heroes, Action dans la Favela Morro da Providencia, Favela de Jour, Rio de Janeiro, 2008 © Atelier JR
À Paris, JR transforme des lieux emblématiques en expériences spectaculaires, mêlant illusion, architecture et participation du public. À travers huit trompe l'œil à travers le monde dont plusieurs à Paris, JR questionne la déconnexion et l’isolement croissant des citoyens.
- À la pyramide du Louvre en 2016, il crée une anamorphose géante qui donne l’impression que la pyramide disparaît dans son environnement. En 2019, il inverse cette perception en la faisant surgir du sol et en dévoilant ses dessous, à travers une œuvre collaborative d’envergure réalisée avec 400 participants.
JR et le secret de la grande pyramide, Vue de l'anamorphose, matin, Le Louvre, Paris, 2019 © Atelier JR
- Au Trocadéro, avec Les falaises du Trocadéro en 2021, il crée l’illusion d’un immense gouffre s’ouvrant dans le sol face à la Tour Eiffel.
Trompe l'oeil, Les Falaises du Trocadéro, 18 Mai 2021, 17h17, Paris, France, 2021 © Atelier JR
- À l’Opéra Garnier avec Retour à la Caverne en 2023, il transforme la façade en une grotte monumentale immersive inspirée de l’allégorie de Platon. Les deux actes de cette dernière installation ont invité le public à revenir à un romantisme inspiré par le monde naturel. Retour à la Caverne transforme progressivement la façade de l’Opéra Garnier en une gigantesque grotte puis en une scène pour le spectacle vivant CHIROPTERA.**
Retour à la Caverne, Acte I, 17 septembre 2023, 21h19 © Atelier JR
L’œuvre La Caverne du Pont-Neuf
L'installation immersive et éphémère La Caverne du Pont-Neuf transforme le pont en une grotte monumentale inspirée des carrières de pierre à l’origine de Paris. Elle propose aux visiteurs une traversée sensorielle mêlant architecture gonflable, illusion visuelle et réalité augmentée, invitant à redécouvrir ce lieu emblématique sous un regard inédit.
The Pont Neuf Wrapped, Paris, photo: Wolfgang Volz ©1985 Christo and Jeanne-Claude Foundation
Un hommage à The Pont Neuf Wrapped de Christo et Jeanne-Claude
L’œuvre de JR s’inscrit dans un dialogue direct avec The Pont Neuf Wrapped, réalisée par Christo et Jeanne-Claude en 1985. Le Pont-Neuf avait été entièrement recouvert de tissu, transformant radicalement la perception de ce monument historique et suscitant le débat sur le rôle de l’art dans l’espace urbain.
Le Pont-Neuf enrobé, Edith Gerin en 1985 © Paris Musées / Musée Carnavalet - Histoire de Paris
Quarante ans plus tard, JR crée une expérience qui invite à pénétrer au cœur de la structure. Ce geste artistique prolonge la vision de Christo et Jeanne-Claude, utilisant l’éphémère pour renouveler notre regard sur ce qui nous est familier. La Caverne du Pont-Neuf devient ainsi un hommage vivant, qui actualise l’esprit de The Pont Neuf Wrapped en y intégrant des dimensions contemporaines comme la participation du public, l’immersion sensorielle et les technologies numériques.
Le Pont-Neuf enrobé, Edith Gerin en 1985 © Paris Musées / Musée Carnavalet - Histoire de Paris
Contenus additionnels

Square du Ver-Galant
Photo à actualiser une fois l'œuvre installée depuis la pointe du square du Ver-Galant © CAUE de Paris
Un pont novateur
Face à vous se tient le pont existant le plus ancien de Paris. Paradoxalement nommé « Pont-Neuf », il est inauguré en 1607 et doit son nom à la modernité qu’il incarnait à l’époque. Il est notamment le premier pont parisien à être doté de trottoirs pavés, une innovation majeure qui protège les piétons des chevaux et de la boue, facilitant ainsi la circulation et la vie urbaine.
Le Pont-Neuf et la Cité, vus du quai de Conti par Nicolas Jean-Baptiste Raguenet, en 1772 © Musée Carnavalet, Histoire de Paris
Premier pont à franchir la Seine dans toute sa largeur en reliant directement la rive gauche à la rive droite via la pointe ouest de l’île de la Cité, il constitue un axe structurant de la ville et un lieu privilégié de circulation et de promenade. Contrairement aux ponts plus anciens, il renonce entièrement au bois pour être construit exclusivement en pierre de taille calcaire, issue des calcaires lutétiens du Bassin parisien, communément appelés « pierre de Paris », également utilisée pour de nombreux monuments de la capitale.
Pont-Neuf, Boutique dessinée en 1847, estampe, Martial, A.-P. (1827-1883), graveur © Passerelles/Bibliothèque Nationale de France
Le projet initial, confié à l’architecte Baptiste Androuet du Cerceau, prévoyait la construction d’habitations sur le pont, comme c’était alors courant. Des caves furent même aménagées dans les piles à cet effet. Toutefois, Henri IV choisit finalement d’en faire un pont dégagé, sans maisons, offrant un espace ouvert sur la ville. Des petites boutiques furent néanmoins installées dans les « corbeilles » du pont avant de disparaître au XIXᵉ siècle, tout comme les caves qui furent alors comblées.
© CAUE de Paris
Un patrimoine artistique et technique
Les visages sculptés que vous observez sont appelés des mascarons. Bien que partiellement remplacés au XIXᵉ siècle à cause des intempéries, ils conservent leur esprit d’origine. Ils forment une véritable galerie expressive mêlant figures grotesques, masques de théâtre et visages humains ou mythologiques. Leur rôle est à la fois décoratif, symbolique (pour éloigner les mauvais esprits) et culturel, témoignant du goût de la Renaissance pour l’expressivité.
La Monnaie, le Pont Royal et le Louvre, vus du terre-plein du Pont-Neuf par Jean-Baptiste Lallemand vers 1775 © Musée Carnavalet, Histoire de Paris
Ses célèbres mascarons et la statue d’Henri IV rappellent son rôle symbolique dans l’émergence d’une ville moderne, où l’espace public devient un lieu central de représentation, de circulation et de rencontre.
Le Pont-Neuf joue aussi un rôle technique important dans l’histoire de Paris en accueillant la première machine élévatrice d’eau de la ville, la pompe de la Samaritaine, qui alimente le quartier du Louvre jusqu’à la fin du XVIIIᵉ siècle.
Contenus additionnels

Berge du quai de l'Horloge
Photo à actualiser une fois l'œuvre installée, depuis le quai de l'Horloge © CAUE de Paris
L'imaginaire de la caverne
En transformant le Pont-Neuf en caverne, JR renverse la perception du monument : la pierre brute, habituellement invisible, devient le cœur de l’expérience.
Vue panoramique de Paris en 1588 avec le Pont-Neuf en construction, Frédor Hoffbauer, 1840 © Paris Musées / Musée Carnavalet - Histoire de Paris
La caverne, figure originelle de l’abri, réactive la mémoire des carrières parisiennes, à l’origine des calcaires du XVIIᵉ siècle utilisés pour le pont. L’œuvre oppose le naturel à l’architecturé : à l’ordre urbain répond une forme brute et archaïque, invitant à repenser une ville façonnée par l’exploitation de ses ressources. La traversée devient une immersion dans la matière même de la ville.
La caverne agit comme une métaphore contemporaine, en écho à l’allégorie de la caverne de Platon.
JR, projet Pont-Neuf (collage préparatoire) © 2024 Atelier JR
Ajouter une production des enfants réalisée en atelier © école XX - CAUE de Paris
Une expérience immersive par la réalité augmentée
Si l’extérieur de La Caverne du Pont-Neuf attire et interroge, l’intérieur propose une expérience immersive tout aussi impactante. JR conçoit cette traversée comme un passage symbolique vers l’inconnu, où le plein et le vide coexistent. Pour concrétiser cette vision, il collabore avec l’AR Studio Paris de Snap Inc., spécialisé en réalité augmentée. Ensemble, ils développent des expériences interactives prolongeant l’installation physique dans un univers numérique.
JR lors de l'essai grandeur nature de La Caverne du Pont-Neuf à Orly, janvier 2026, photo : Aristide Barraud © 2026 Atelier JR
Inspirés des travaux d’Étienne-Jules Marey, ces dispositifs révèlent des dimensions invisibles et enrichissent la traversée via smartphone ou lunettes connectées, transformant l’expérience en immersion sensorielle.
Le paysage sonore
Pour ce projet, JR collabore avec Thomas Bangalter, ex membre du duo Daft Punk. Leur collaboration s’inscrit dans la continuité de projets précédents, tels que Retour à la Caverne - Acte II, Chiroptera en 2023, réalisé sur la façade de l’Opéra Garnier avec le chorégraphe Damien Jalet, ou encore l’exposition Dans la lumière à la galerie Perrotin à Paris en 2024.
JR et Thomas Bangalter, janvier 2026, photo : Eléa Jeanne Schmitter © 2026 Atelier JR
Le compositeur a cherché à envelopper l’installation d’une matière sonore singulière, fondée sur des textures contrastées, à la fois sobres et denses. En plasticien du son, Thomas Bangalter façonne une composition électroacoustique donnant à l’espace une dimension presque minérale.
Thomas Bangalter, Orly, janvier 2026, photo : Eléa Jeanne Schmitter © 2026 Atelier JR
Contenus additionnels

Pont au Change
Photo à actualiser une fois l'œuvre installée © CAUE de Paris
Des tests grandeur nature concluants
Depuis plus d’un an, JR et son équipe, en coordination avec la Fondation Christo et Jeanne-Claude et L’Amicale des Ponts de Paris, préparent le projet avec le soutien de la Ville de Paris. En janvier 2026, une phase de tests à grande échelle est réalisée dans un ancien hangar de l’aéroport d’Orly. Un prototype de quinze mètres de haut y est déployé pendant plusieurs jours afin de tester les aspects techniques et artistiques de l’œuvre, et d’ajuster la structure, les habillages, la lumière et le son.
JR, Orly, 2026. Photo : Eléa Jeanne Schmitter ©Atelier JR
Une prouesse d’ingénierie au service d’une œuvre monumentale
Le projet repose sur une structure gonflable de grande ampleur, couvrant 2 400 m², longue de 120 m et large de 20 m, avec des hauteurs variant entre 12 et 18 m. L’air en est l’élément principal : il remplit 80 arches en toile qui donnent forme à l’ensemble.
Principe structurel © ?? Demande de droit
La structure comprend une double paroi gonflée en continu, un tunnel intérieur imprimé créant un espace immersif, et une enveloppe extérieure recouvrant l’ensemble. Sa réalisation nécessite 18 900 m² de toile et 20 000 m³ d’air. Ce dispositif permet de limiter le poids total de l'installation. Des portiques métalliques sont également installés à l’intérieur pour garantir la sécurité.
800 personnes engagées au service du projet
De nombreux corps de métier participent à la réalisation de La Caverne du Pont-Neuf. Des fournisseurs aux ouvriers, en passant par les équipes de production et d’ingénierie, 800 personnes sont mobilisées pour mener à bien le projet.
Conception de la toile de La Caverne du Pont Neuf par Air Toiles Concept à Plougoumelen, 2026 © Eléa Jeanne Schmitter / Atelier JR
Ajouter une production des enfants réalisée en atelier © école XX - CAUE de Paris
Avant de poursuivre votre découverte de l’œuvre de JR, intéressons-nous au Pont au Change, juste sous vos pieds.
Un pont entre défense et circulation
Au IXe siècle, le Pont de Charles le Chauve est construit pour faire face aux incursions des Vikings et contrôler la Seine. Ce pont, plutôt bas et doté de piles massives et solides, accueille treize moulins. Devenu Pont-aux-Meuniers, il est rapidement saturé, si bien qu’on ne peut y circuler qu’à pied et dans un seul sens. Un second pont est alors édifié en amont : le Pont au Change, à vocation publique.
Les ponts de Paris vers 1380 © ALPAGE : C. Bourlet, A.-L. Bethe ; D. Gherdevich ; H. Noizet [HN – 2015]
Des reconstructions au pont actuel
En 1596, le Pont-aux-Meuniers s’effondre sous le poids de ses moulins.. Reconstruit puis incendié au début du XVIIe siècle, il entraîne le Pont au Change dans sa chute. Le pont adopte ensuite une forme en « Y », conservée jusqu’au XVIIIe siècle. Reconstruit entre 1639 et 1647 selon les plans de Jean Androuet du Cerceau, il subsiste jusqu’en 1858, date de construction du pont actuel.
Agrandissement du fac-similé du plan de 1609 par François Quesnel. Nouveau Plan routier de la ville et faubourgs de Paris par Jean Alibert vers 1787 © Bibliothèque nationale de France, département Cartes et plans, GE C-2442. Numérisé sur Gallica
Contenus additionnels

Rue du Pont-Neuf
Photo à actualiser une fois l'œuvre installée © CAUE de Paris
Une structure légère aux impacts réduits
L’air devient la pièce maîtresse de La Caverne du Pont-Neuf, proposant ainsi un projet sobre qui s’inscrit dans un modèle de construction éphémère responsable.
La légèreté du gonflable permet de réduire fortement la quantité de matériaux par rapport à une structure traditionnelle. Son absence de fondations évite toute intervention sur le patrimoine historique du pont. La maintenance est minimale grâce à un fonctionnement autonome durant les trois semaines de présentation de l’œuvre.
Ce choix limite également l’impact du transport : les matériaux, compressibles, tiennent dans quelques camions, là où une structure classique aurait nécessité plusieurs dizaines de semi-remorques.
Conception de la toile de La Caverne du Pont Neuf par Air Toiles Concept à Plougoumelen, 2026. © Eléa Jeanne Schmitter / Atelier JR
Etudes préparatoires à La Caverne du Pont-Neuf. Photo : Courtoisie d'Atelier JR © 2026 Atelier JR
Une approche du moindre impact environnemental
La sobriété de La Caverne du Pont-Neuf se traduit dès la conception et la fabrication de l’œuvre. Toutes les matières premières sont fabriquées en Europe, principalement dans des pays proches de la France. La conception, l’impression et la confection des toiles sont réalisées en circuit court en France, grâce à un savoir-faire artisanal, avec une équipe d’environ vingt-cinq personnes. La matière est utilisée sur toute la largeur des rouleaux, ce qui limite les chutes à 3 à 7 %. Les toiles sont imprimées avec des encres à base d’eau, sans solvants ni substances toxiques. Inodores et sans besoin de ventilation particulière, elles peuvent être utilisées immédiatement dans l’espace public.
Essai grandeur nature pour La Caverne du Pont-Neuf, Orly, janvier 2026, photo : Eléa Jeanne Schmitter © 2026 Atelier JR
Des choix techniques sobres et une fin de vie anticipée
Les lests sont constitués de plaques métalliques réutilisées ensuite dans le circuit de l’acier. Les équipements (lumière, son, puissance) sont loués, et l’énergie provient du réseau électrique, sans générateurs. Les dispositifs immersifs sont limités au strict nécessaire. À partir du 28 juin, l’œuvre sera démontée. Son devenir est en réflexion : conservation, réemploi des matériaux ou recyclage. Une décision sera communiquée avant l’ouverture au public.
Pont des Arts
Photo à actualiser une fois l'œuvre installée depuis le Pont des Arts © CAUE de Paris
Avant de poursuivre votre découverte de l’œuvre de JR, intéressons-nous au Pont des Arts, juste sous vos pieds.
Une construction du XIXᵉ siècle
Le Pont des Arts est construit au début du XIXᵉ siècle à la demande de Napoléon Bonaparte pour relier le Louvre à l’Institut de France. Réalisé en fonte, il fait partie des premiers ponts métalliques de Paris. À l’origine, il possède neuf arches et un droit de passage payant, supprimé en 1848. Contrairement aux anciens ponts habités et aux moulins de l’Île de la Cité, le Pont des Arts ouvre une perspective plus dégagée et mondaine sur la Seine.
Pont des Arts © Bibliothèque nationale de France, département Estampes et photographie, RESERVE FOL-VE-53 (H)
Jean Béraud, A Windy Day on the Pont des Arts, 1880 © The Metropolitan Museum of Art
Un pont fragilisé
Au XXᵉ siècle, le pont est plusieurs fois endommagé par des collisions avec des bateaux. Fragilisé par les guerres et les accidents, il est fermé en 1977 puis s’effondre partiellement en 1979 après le choc d’une barge.
Fonds « C'était Paris en 1970 » Photographies carrés 721 à 902 © Charles Durler, Ville de Paris BHVP
La reconstruction et l’héritage du pont
Le Pont des Arts est reconstruit entre 1981 et 1984. La nouvelle structure en acier conserve l’apparence générale de l’ancien pont, mais avec moins d’arches afin de faciliter la navigation sur la Seine. Une partie du pont d’origine a été sauvegardée : quatre arches ont été remontées à Nogent-sur-Marne, près de la Marne, où elles sont encore visibles aujourd’hui.
Laure Parny, Fontaine Wallace, pavés, bout de la tour Eiffel… Nogent-sur-Marne, « bientôt plus parisienne que Paris » © Le Parisien, 25 mai 2021
Ajouter une production des enfants réalisée en atelier © école XX - CAUE de Paris
Quai de Conti
Photo à actualiser une fois l'œuvre installée depuis le Pont des Arts © CAUE de Paris
L’héritage des structures gonflables : un nouveau médium artistique et architectural
Entre le milieu des années 1960 et le début des années 1970, artistes, architectes, ingénieurs et designers s’emparent des formes pneumatiques comme d’un nouveau médium. Utilisées pour concevoir objets, environnements ou projets urbains, ces structures redéfinissent les liens entre architecture, espace et corps. Elles deviennent aussi les symboles d’un nouveau mode de vie, souvent associé à des revendications sociales et politiques.
Christo et Jeanne-Claude lors de l'installation du colis de 42 390 pieds cubes, Minneapolis, 1966. Photo : Carroll T. Hartwell © 1966 Fondation Christo et Jeanne-Claude
L’air, matériau invisible de Christo et Jeanne-Claude
Dès la conception du projet, JR et son équipe ont choisi une structure gonflable, en s’appuyant sur des projets réalisés ou non de Christo et Jeanne-Claude, tels que 5,600 Cubicmeter Package (Kassel, Allemagne, 1967-68), 42,390 Cubic Feet Package (Minneapolis, États-Unis, 1968) et The Walk (projet pour Doha, 2017), une promenade en structure gonflable qui n’a pas été réalisée.
Installation d'un paquet de 5 600 mètres cubes (première couche) Kassel, 1968 Photo : Klaus Baum © 1968 Fondation Christo et Jeanne-Claude
Réalisé en 1968 par Christo et Jeanne-Claude, 5,600 Cubicmeter Package est une structure gonflable sans armature, maintenue uniquement par la pression de l’air. Une enveloppe en tissu enduit de PVC est continuellement mise sous pression grâce à un système de ventilation, permettant à l’air de donner forme et rigidité à l’ensemble, sans ossature.
La Promenade (Projet pour Doha), Collage 2017, Photo André Grossmann © 2017 Christo and Jeanne-Claude Foundation
Colis de 42 390 pieds cubes, Minneapolis, Minnesota, 1966 Photo : Eric Sutherland, avec l'aimable autorisation du Walker Art Center © 1966 Fondation Christo et Jeanne-Claude
En 1966, à l’école d’art de Minneapolis, Christo et Jeanne-Claude réalisent une œuvre aérienne reposant sur l’utilisation de l’air et de ballons gonflés. La structure est composée de quatre ballons de recherche à haute altitude et de 2 800 ballons colorés, tous gonflés puis enfermés dans une enveloppe de polyéthylène transparent. L’ensemble est ensuite gonflé à l’aide de souffleurs d’air pour former un grand volume pneumatique. L’œuvre repose sur l’air comme élément de forme et de maintien, ce sont les ballons et la pression de l’air qui donnent au dispositif sa taille et sa légèreté.
Installation du pack Big Air au gazomètre d'Oberhausen, 2013. Photo : Wolfgang Volz © 2013 Fondation Christo et Jeanne-Claude
Big Air Package, gazomètre d'Oberhausen, 2013. Photo : Wolfgang Volz © 2013 Fondation Christo et Jeanne-Claude
Conçu par Christo et Jeanne-Claude et présenté en 2013 dans le gazomètre d’Oberhausen en Allemagne, l’un des plus grands réservoirs de gaz au monde, avec 117 mètres de haut et 68 mètres de diamètre, Big Air Package est une immense structure gonflable installée à l’intérieur du bâtiment. Réalisée en tissu polyester semi-transparent, l’œuvre est maintenue verticalement uniquement par une pression d’air constante produite par deux ventilateurs, sans armature. Haute de 90 mètres, elle constitue la plus grande enveloppe gonflable jamais réalisée sans structure interne. L’air y devient un véritable matériau architectural, donnant forme à l’installation et créant à l’intérieur une atmosphère silencieuse et diffuse.
Accéder au parcours
Bus
Saint-Michel (lignes 27, 58, 70, 87, N12, N13)
Cité (ligne 4)
Vélib'
Station n°5033 (Saint-Séverin - Saint-Michel)
Station n°6020 (Place Saint-André des Arts)
Métro
Saint-Michel (ligne 4)
Odéon (lignes 4, 10)
RER
Saint-Michel Notre-Dame (ligne C)


