Paysages de la Seine
Alfortville, Villeneuve-Saint-Georges, Choisy, Vitry


Élément essentiel à l’identité de la région Île-de-France, la Seine porte une valeur patrimoniale indéniable. Son caractère vivant en fait un élément naturel et urbain complexe, porteur d’enjeux forts pour le développement du territoire du Val-de-Marne.
En la longeant d’Alfortville à Villeneuve-Saint-Georges, vous découvrirez son histoire associée aux évolutions industrielles et urbaines et son rôle dans la mutation des territoires qui la bordent.
Parcours conçu par le CAUE du Val-de-Marne.
Aperçu du parcours
Écluse de Port à l’Anglais
Histoire de la canalisation de la Seine
L’écluse de Port à l’Anglais © Martin Argyroglo
La Seine est désignée voie navigable dès 1669. Elle constitue alors une artère vitale d’approvisionnement pour Paris malgré les difficultés de navigation. En effet, à cette époque, l’irrégularité du niveau d’eau ainsi que les nombreuses îles et gués ne permettent pas un trafic fluvial constant.
Carte de 1749, à Choisy-le-Roi se trouvent deux îles : l ‘île de Laiguillon et l’île de la Fosse aux Moines ; l’île au Prévost se situe au niveau de Vitry-sur-Seine tandis que la commune d’Alfortville compte l’île au Clerc et celle de Chanteraine. © IGN
Pour diminuer ces difficultés face à l’augmentation du besoin en transport de marchandises, de grands travaux sont entrepris. Douze barrages sont achevés à la fin de 1864, gués et île disparaissent, le lit de la Seine est creusé et les berges aménagées.
Cette canalisation du fleuve transforme radicalement le territoire et la relation que nous entretenons avec cet élément du paysage. Elle permet l’urbanisation et l’industrialisation des plaines.
La priorité est donnée au transport de marchandises et la Seine devient un axe de circulation de masse.
Vers 1900, au premier plan l’écluse de Vitry, puis le barrage et le déversoir (on devine le pertuis navigable) © AD94 2FI/Vitry 14
Au début du XXᵉ siècle la modernisation du réseau est entrepris, le nombre de barrages est réduit de moitié et les autres sont rénovés.
À Alfortville, le barrage éclusé de Port à l’Anglais est décidé en 1860 et achevé en 1864. Il s’agit d’un barrage mobile à hausses remplacé par des vannes manœuvrées par un treuil, puis par des aiguilles.
La construction d’une seconde écluse est ensuite réalisée en 1902 en raison de l’augmentation du trafic : passage de 20 000 bateaux en 1874, 45 000 en 1898 puis plus de 51 000 en 1903.
L’écluse et le barrage © CAUE 94
L’ensemble est reconstruit en 1972 selon le principe technique des clapets métalliques rotatifs. Hauts de 5 mètres, ils sont manœuvrés par des vérins fixés sur les piles. Le nouveau barrage éclusé comprend désormais trois passes. Une passerelle de service, supportant les canalisations hydrauliques et reliée à la cabine de commande, traverse le site.
Pont du Port à l’Anglais et barrage éclusé en arrière-plan © Martin Argyroglo
Le barrage éclusé est géré par l’établissement public des Voies Navigables de France. Créé en 1991, VNF est chargé d’assurer la gestion globale de l’eau. Il agit sur deux réseaux : un réseau fret (dit à grand gabarit) et un réseau touristique (dit à petit gabarit).
Écoutez Yvelise Labinsky, Cheffe de circonscription à la Direction Territoriale du Bassin de la Seine et Loire aval chez Voies Navigables de France.
Écluse de Port à l’Anglais
Histoire de la canalisation de la Seine
L’écluse de Port à l’Anglais © Martin Argyroglo
La Seine est désignée voie navigable dès 1669. Elle constitue alors une artère vitale d’approvisionnement pour Paris malgré les difficultés de navigation. En effet, à cette époque, l’irrégularité du niveau d’eau ainsi que les nombreuses îles et gués ne permettent pas un trafic fluvial constant.
Carte de 1749, à Choisy-le-Roi se trouvent deux îles : l ‘île de Laiguillon et l’île de la Fosse aux Moines ; l’île au Prévost se situe au niveau de Vitry-sur-Seine tandis que la commune d’Alfortville compte l’île au Clerc et celle de Chanteraine. © IGN
Pour diminuer ces difficultés face à l’augmentation du besoin en transport de marchandises, de grands travaux sont entrepris. Douze barrages sont achevés à la fin de 1864, gués et île disparaissent, le lit de la Seine est creusé et les berges aménagées.
Cette canalisation du fleuve transforme radicalement le territoire et la relation que nous entretenons avec cet élément du paysage. Elle permet l’urbanisation et l’industrialisation des plaines.
La priorité est donnée au transport de marchandises et la Seine devient un axe de circulation de masse.
Vers 1900, au premier plan l’écluse de Vitry, puis le barrage et le déversoir (on devine le pertuis navigable) © AD94 2FI/Vitry 14
Au début du XXᵉ siècle la modernisation du réseau est entrepris, le nombre de barrages est réduit de moitié et les autres sont rénovés.
À Alfortville, le barrage éclusé de Port à l’Anglais est décidé en 1860 et achevé en 1864. Il s’agit d’un barrage mobile à hausses remplacé par des vannes manœuvrées par un treuil, puis par des aiguilles.
La construction d’une seconde écluse est ensuite réalisée en 1902 en raison de l’augmentation du trafic : passage de 20 000 bateaux en 1874, 45 000 en 1898 puis plus de 51 000 en 1903.
L’écluse et le barrage © CAUE 94
L’ensemble est reconstruit en 1972 selon le principe technique des clapets métalliques rotatifs. Hauts de 5 mètres, ils sont manœuvrés par des vérins fixés sur les piles. Le nouveau barrage éclusé comprend désormais trois passes. Une passerelle de service, supportant les canalisations hydrauliques et reliée à la cabine de commande, traverse le site.
Pont du Port à l’Anglais et barrage éclusé en arrière-plan © Martin Argyroglo
Le barrage éclusé est géré par l’établissement public des Voies Navigables de France. Créé en 1991, VNF est chargé d’assurer la gestion globale de l’eau. Il agit sur deux réseaux : un réseau fret (dit à grand gabarit) et un réseau touristique (dit à petit gabarit).
Écoutez Yvelise Labinsky, Cheffe de circonscription à la Direction Territoriale du Bassin de la Seine et Loire aval chez Voies Navigables de France.
Ancienne usine EDF
L’industrialisation des berges de la Seine
L’usine EDF © Martin Argyroglo
La canalisation de la Seine et la construction de lignes de chemin de fer, notamment la ligne Paris-Orléans inaugurée en 1843 et la ligne Paris-Lyon en 1849, permettent l’implantation de grands sites industriels au bord du fleuve.
Huit centrales électriques sont construites sur les rives de la Seine à Ivry-sur-Seine, Vitry-sur-Seine et Alfortville au cours du XXᵉ siècle.
Carte industrielle de la région parisienne éditée par la Société de Documentation industrielle (1927) Source : Bibliothèque historique de la Ville de Paris
L’eau est alors un élément indispensable dans le processus de transformation de l'énergie motrice en énergie électrique.
Le charbon acheminé par bateau ou par wagon alimente les chaudières. Celles-ci permettent de transformer l’eau puisée dans le fleuve en vapeur nécessaire au fonctionnement des turbines.
Les fumées de combustion sont rejetées par de hautes cheminées d’abord en briques, puis en béton.
Les quais et les usines d’électricité vers 1900, Vitry-sur-Seine © AD94 2FI/Vitry 42
Avec le développement industriel du secteur, les berges se transforment profondément. Ports, quais et perrés sont construits aussi bien par les industriels que par les communes.
Les berges aujourd’hui aux alentours de l’usine EDF © Martin Argyroglo
Les deux halles de la toute première centrale du secteur, installées sur d’anciennes sablières remblayées, sont toujours visibles aujourd’hui. Construites en 1901, elles sont soigneusement appareillées en briques et disposent de nombreuses fenêtres ainsi que d’un toit à charpente métallique agrémenté de verrières zénithales.
La centrale de Vitry-sur-Seine au début du XXᵉ siècle, vue depuis la Seine. Au premier plan, le bâtiment administratif. © AD94 2FI/Alfortville 322
À l’arrière, l’imposante barre recouverte de panneaux métalliques abritant la centrale EDF, construite dans les années 1970, contraste quelque peu avec l’architecture industrielle du début du XXᵉ siècle.
Conçue par l’architecte et ingénieur Jean Fayeton, elle est la centrale la plus puissante de France à sa construction. Dotée d’une architecture minimale et fonctionnelle avant tout, elle reste néanmoins un repère fort dans le paysage des bords de Seine, avec ses deux cheminées hautes de 160 mètres.
Centrale électrique Vitry II, vue aérienne oblique, 1970 © AD94 33FI/Vitry 8
La centrale ferme définitivement en avril 2015.
En attendant la reconversion du site, le Kilowatt occupe temporairement 27 hectares du terrain et propose une programmation culturelle et festive tout au long de l’année.
Temps festif au Kilowatt, en arrière-plan l’usine EDF © Le Kilowatt
Maisons face à la Seine
Villégiature et territoire inondable
Maison en bord de Seine, quai Pompadour à Choisy-le-Roi © Martin Argyroglo
Choisy-le-Roi a toujours bénéficié de sa situation en bord de Seine, qui lui prodiguait eau potable et ressources alimentaires. À l'origine simple hameau, Choisy comptait quelques masures occupées par des pêcheurs, passeurs et mariniers installés sur la rive gauche.
Gravure du château de la Grande Mademoiselle (Mlle de Montpensier), auteur : Pérelle Source : Wikipédia, domaine public
C’est toujours grâce au fleuve que Choisy devint une résidence princière puis royale. La rive droite, longtemps désertée à cause du paludisme et des fréquentes inondations, reste peu peuplée jusqu’à la création du domaine royal au XXVIIᵉ siècle, abandonné et démoli après la Révolution.
Choisy-le-Roi, maisons en bords de Seine vers 1900 © CC BY-NC-SA 2.0 FR
Cet essor, conforté par la présence successive de familles nobles et de riches industriels donne à Choisy-le-Roi ses lettres de noblesse. Quelques maisons de villégiature s’installent en bords de Seine. Idéalement situées : proches de Paris, entre colline, forêt, terres cultivées et eau vive, elles offrent une vue dégagée sur un paysage soigné. On y vient pour se détendre, recevoir, profiter d’une vie simple et pratiquer des loisirs de plein air.
Choisy-le-Roi, les bords de l’eau vers 1900 © CC BY-NC-SA 2.0 FR
Le paysage, d’abord naturel, s’est peu à peu transformé et les rives ont été canalisées et surélevées afin de protéger les habitations des inondations.
Choisy-le-Roi, quai surélevé © AD94 2FI/ Choisy 209
Choisy-le-Roi, remparts contre les inondations, vers 1940 © CC BY-NC-SA 2.0 FR
Aujourd’hui encore, on peut admirer la qualité des éléments architecturaux des maisons en bords de Seine tel que les belvédères, bow-windows, épis de faîtage, crêtes de toit et les ornementations en façade qui témoignent aussi de l’histoire des faïenciers de Choisy-le-Roi.
Façade d’une maison, quai Pompadour à Choisy-le-Roi © Martin Argyroglo
Face aux aléas d’inondabilité se pose, pour les collectivités et les aménageurs, la question de la préservation et de la valorisation de ce patrimoine.
Écoutez Frédéric Gache, directeur adjoint de l'hydrologie et de l'action territoriale, en charge des PAPI chez EPTB Seine Grands Lacs.
Cartographie des zones inondables par une crue centennale type 1910 dans le Val-de-Marne © Episeine
Parc des Gondoles
Transformation d’une ancienne carrière
Parc des Gondoles, passerelle sur la Seine © Martin Argyroglo
À l’origine, le quartier des Gondoles doit son nom aux embarcations pittoresques qu’empruntait le roi Louis XV pour traverser la Seine depuis le château de Choisy, afin de rejoindre ses terrains de chasse. Par la suite, les nobles qui ont résidé à Choisy ont perpétué cette tradition en utilisant frégates et gondoles pour leurs promenades bucoliques sur le fleuve.
Le quai des Gondoles, vers 1900 © CC BY-NC-SA 2.0 FR
Anciennement composé de pâturages et de terres agricoles, le secteur s’est progressivement urbanisé à la fin du XIXᵉ siècle, attirant une population ouvrière, en particulier des employés de la faïencerie Boulenger.
Paysage sur les sablières, Choisy-de-Roi
© CC BY-NC-SA 2.0 FR
Bénéficiant de ressources géologiques abondantes, Choisy-le-Roi a su exploiter ses sous-sols pour accompagner son développement industriel. La proximité de la Seine facilitait alors le transport des matériaux extraits. En 1976, les anciennes carrières situées sur la rive droite sont réaménagées en un espace vert : le parc des Gondoles, qui s’étend aujourd’hui sur environ 3,5 hectares. Ce site propose un cadre naturel en milieu urbain, avec notamment une mini-ferme à vocation pédagogique.
Bassin du parc des Gondoles © Martin Argyroglo
Entre 2007 et 2011, le Conseil Général lance un vaste chantier de restauration des berges du quai des Gondoles, visant à renouer le lien entre la ville et son fleuve. Ce projet prévoit la renaturalisation des rives et l’aménagement de promenades végétalisées ponctuées de pontons surplombant la Seine.
La Seine au niveau du parc des Gondoles © CAUE 94
Puis, entre 2018 et 2021, des actions de restauration écologique sont entreprises, notamment la réintroduction de frayères, bassins servant de zones de reproduction pour les poissons. Ces espaces artificialisés, puis renaturés, jouent aujourd’hui un rôle crucial dans la gestion des zones inondables. La topographie issue de l’exploitation des carrières, ainsi que la perméabilité des sols, en font une véritable éponge naturelle en milieu urbain, permettant de réguler les inondations du fleuve et de maîtriser le ruissellement des eaux pluviales dans un environnement fortement urbanisé.
Cités cheminotes
Les débuts du logement social
Les maisons du « foyer Villeneuveois », avenue Anatole France © Martin Argyroglo
En lien avec le développement industriel des communes du Val-de-Marne bordant la Seine, les premiers lotissements ouvriers apparaissent à la fin du XIXᵉ siècle.
Encouragées par l'État, les constructions sont financées par les industriels eux-mêmes ou par des coopératives d’ouvriers. Elles prennent différentes formes, du petit pavillon à des ensembles d’immeubles de plusieurs étages.
Photographie aérienne, 1933. Emprise de la gare de triage de Villeneuve-Saint-George et développement des cités ouvrières visibles à l’est. Source : IGN
Bien souvent, ces opérations incluent également la construction d’écoles, de stades, de centres de santé et d’hygiène, etc., et participent à l’évolution des modes de vie.
Avec l’installation en 1882 des ateliers de wagons, la gare de Villeneuve-Triage devient le point de jonction de toutes les grandes lignes. Entre 1918 et 1955, plusieurs cités sont construites aux alentours de la gare afin de loger un nombre d’ouvriers toujours grandissant (3600 en 1927) et d’assurer la pérennité du travail.
Vue d’ensemble, cités société du Foyer et du PLM © AD94 2FI/VilleneuveSTG 468
La cité du “foyer Villeneuvois” (société coopérative), composée d’une centaine de pavillons en accession à la propriété, constitue l’un des plus remarquables ensembles de la ville. Achevée en 1931, la cité s’étend de la rue Ferrer et Siegfried à la rue du Foyer. Les maisons en meulière sont composées d’un sous-sol, d’un rez-de-chaussée et d’un comble. Un porche disposé sur le côté du pavillon permet d’accéder au niveau des pièces communes.
Les maisons du « foyer Villeneuveois », avenue de Valenton © Martin Argyroglo
En 1920, la compagnie des chemins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée (PLM) construit un ensemble mixte de 136 logements autour de la rue Jean-Jacques Rousseau.
Cet ensemble au plan original, avec logements collectifs au centre et individuels en périphérie, est reconstruit après la guerre en 1944 selon la conception en vogue des “cité-jardins”, mêlant aménagement paysager et bâti.
Logements collectifs de la cité PLM vus depuis l'actuelle rue Noblemaire © AD94 2FI/VilleneuveSTG 49
“Chaque logement se trouvait au milieu du jardin potager que les cheminots cultivaient avec assiduité. Le poulailler et le clapier étaient prévus en annexes pour permettre l’élevage familial. Ces dispositions correspondent aux désirs et au genre de vie des cheminots”.
Le plan d’aménagement “répond par ailleurs aux exigences des lois modernes d’urbanisme dont la principale est l’ensoleillement pour toutes les pièces principales, quelle que soit l’orientation de la rue”. Extraits de la notice architecturale du projet (source AD 94)
Tous les logements sont pourvus de wc, caves et grenier.
Maisons de la cité PLM, rue de Paris © CAUE 94
Entre 1927 et 1933 l’office des Habitations à Bon Marché (HBM) de la commune complète la création de logements sociaux en construisant, au nord des maisons du Foyer, un ensemble de 13 immeubles autour de la place Jules Vallès.
Immeubles de logements HBM autour de la place Jules Vallès © CAUE 94
Destinés à une population modeste, ces ensembles sont conçus à la fois comme un élément de réorganisation et de planification de la banlieue. Il marque le début de l’intervention publique en matière de logement social.
Le coteau de Villeneuve-Saint-Georges
Le grand paysage de la vallée de la Seine
Vue vers Villeneuve-Saint-Georges © Martin Argyroglo
Le coteau de Villeneuve-Saint-Georges, en particulier visible depuis la Seine, constitue par sa morphologie une limite naturelle entre des zones fortement urbanisées au nord et le massif de l'Arc boisé au sud-est.
Vue de Villeneuve-Saint-Georges depuis Choisy-le-Roi, aquarelle d’Albert Capaul,1880 © AD94 9FI/VilleneuveSTG 1
Historiquement agricole, ce coteau était autrefois recouvert de vignes, de vergers et de hameaux.
Carte de Cassini, 1789 © IGN
Offrant une vue dégagée sur Paris et une position dominante sur la vallée, le coteau a commencé à perdre une partie de sa continuité avec la Seine, notamment en raison de l’urbanisation progressive mêlant habitat pavillonnaire et grands ensembles et de l'arrivée du chemin de fer (RER A et D) qui a fractionné le paysage.
Pont de Villeneuve-Saint-Georges, vue oblique, entre 1967 et 1976, à l’arrière-plan on distingue la coupure avec la Seine que constitue la ligne de chemin de fer © AD94 33FI/VilleneuveSTG 13
Aujourd’hui, le coteau est densément urbanisé, même si quelques poches de nature persistent grâce à sa topographie, les zones les plus pentues s’étant enfrichées et boisées au fil du temps. Ces zones présentent une diversité d’ambiances paysagères : parcs arborés, demeures anciennes, jardins familiaux, et un patrimoine protégé au titre des Secteurs Patrimoniaux Remarquables, bien que soumis à une forte pression foncière.
Photographie aérienne actuelle © IGN
À la confluence de la Seine et de l’Yerres, le coteau de Villeneuve-Saint-Georges se distingue par son relief pittoresque et son fort potentiel écologique. Ce massif est un véritable réservoir de biodiversité qui s'étend sur plusieurs communes du Val-de-Marne et de l'Essonne, entre forêts domaniales, régionales et paysages ruraux du plateau Briard.
Vue sur le coteau de Villeneuve-Saint-Georges © Martin Argyroglo
Cette zone, classée zone naturelle d’intérêt écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF), est régulièrement touchée par des inondations (notamment en 1910, 2016 et 2018), ce qui justifie les projets en cours de renaturation et de requalification des berges. Ces aménagements visent à favoriser la biodiversité, les mobilités douces et à améliorer le cadre de vie. Le paysage s’y déploie en strates successives : berge naturelle, terrasse boisée, chemin piétonnier ponctué de belvédères offrant des vues panoramiques.
Zone d’étude du projet de renaturation des berges de l’Yerres, 2021 © Champ Libre
Espace naturel de la Pierre-Fitte
Renaturation et biodiversité
Espace naturel de la Pierre-Fitte © Martin Argyroglo
Situé à Villeneuve-le-Roi, l’espace naturel de la Pierre-Fitte est né de la reconversion d’un terrain vague laissé à l’abandon pendant de nombreuses années, où la nature avait peu à peu repris ses droits. Ce site, devenu un véritable refuge pour la biodiversité, a été redécouvert grâce à des études naturalistes mettant en lumière sa richesse écologique et archéologique.
Vue panoramique sur Villeneuve-le-Roi © AD94 2FI/VilleneuveSTG 351
En 1995, le Département fait l’acquisition de ce terrain de 8,5 hectares pour en faire un espace dédié à la préservation et à la valorisation de la faune et de la flore locales. Il est officiellement classé Espace Naturel Sensible (ENS) en 2013, soulignant ainsi son importance écologique.
Le site abrite une grande diversité de milieux naturels : arbres spontanés, zones arbustives, espaces humides… Il accueille également une faune variée composée de pollinisateurs (abeilles sauvages, papillons, libellules), d’oiseaux comme la fauvette à tête noire, ainsi que de lapins, renards, insectes et microfaune. Véritable réservoir de biodiversité en bord de Seine, au cœur d’un tissu urbain dense, il joue un rôle essentiel dans le renforcement de la trame verte du territoire en offrant des zones de refuge et de passage pour les espèces locales.
Espace naturel de la Pierre-Fitte © Martin Argyroglo
Des ruches, gérées par l’association Miel’Ô Pays, ont été installées sur le site. Par ailleurs, un projet scientifique en partenariat avec l’Université Paris-Est Créteil (UPEC) est en cours pour étudier la phytoremédiation, une technique de dépollution des sols par les plantes.
Barefoot et Guinguette Auvergnate
La Seine et les loisirs
🔊Rencontre au Barefoot Style
Vue sur la Guinguette Auvergnate © Martin Argyroglo
Bien moins réputé que ceux des bords de Marne, les loisirs liés à l’eau se sont aussi développés sur les bords de Seine au cours du XIXᵉ siècle.
Restaurant du Grand Mat à Villeneuve-Saint-Georges © Archives Municipales de Villeneuve-Saint-Georges
On compte, à cette époque, de nombreux restaurants tels le Pompadour et le Petit Chalet Robinson à Choisy-le-Roi ou encore le Grand Mât ou le restaurant du Pont de Fer à Villeneuve-Saint-Georges, mais aussi des lieux de baignade équipés de quelques cabines comme la plage des Pingouins à Villeneuve-Triage ou la baignade du pont du Port à l’Anglais.
Baignade de Port à l’Anglais © AD94 2FI/Vitry 308
La Guinguette Auvergnate est reconstruite au lendemain de la seconde guerre mondiale, mais la présence d’une guinguette (“Le Café de la Station”) sur le site est attestée dès le début du XXᵉ siècle. À cette période apparaissent les loisirs populaires liés au développement des voies de chemin de fer et au repos dominical. De nombreux cafés, restaurants et hôtels s’implantent sur les berges.
La Guinguette Auvergnate © Martin Argyroglo
C’est en 1923 que la baignade dans la Seine est officiellement interdite pour raison sanitaire. En effet, les eaux usées rejetées dans le fleuve par les sites industriels et les bateaux lavoirs inquiètent les médecins.
Après-guerre, l’automobile permet aux travailleurs de s’éloigner de leur lieu de résidence le dimanche et les loisirs liés à l’eau disparaissent peu à peu du secteur.
Dans les années 1990, la Seine (re)devient un lieu de pratique sportive au niveau de Villeneuve-Saint-Georges, avec l’installation de Barefoot-Style sur un ancien site du Touring Club France.
Surf électrique sur la Seine au Barefoot-Style © CAUE 94
La baignade dans la Seine est un enjeu d’actualité autant d’un point de vue écologique que sociétal. Le Département du Val-de-Marne s'est fixé pour objectif d'améliorer la qualité de l'eau en milieu naturel pour permettre sa reprise. Les travaux se consacrent notamment à la séparation des eaux usées et pluviales et à la réfection des mauvais raccordements.
Mixité des pratiques sur la Seine à Villeneuve-Saint-Georges (transport de marchandises, surf électrique et bateau de plaisance) © CAUE 94
En novembre 2016, dans le cadre de la candidature de Paris aux Jeux Olympiques et Paralympiques de 2024, l’atelier parisien d’urbanisme (APUR) a recensé dans le Val-de-Marne 7 sites potentiels de baignade dans la Seine.
Les site de baignade en Seine et en Marne recensé par l’APUR, 2016 © Atelier Parisien d’Urbanisme
Quartier du Port à Choisy-le-Roi
Reconquête des berges de Seine
Médiathèque Aragon à Choisy-le-Roi © Martin Argyroglo
Encouragés par le phénomène de désindustrialisation de l’île-de-France, les aménagements urbains des bords du fleuve sont repensés dès les années 1990 pour permettre une reconquête des berges par l’espace public.
Le secteur Seine-amont et Seine-aval sont en effet classés comme “pôles de redéveloppement” dans le schéma directeur de la Région Île-de-France (SDRIF) de 1994 et l’État a proposé leur classement comme sites d’”Opération d’Intérêt National” (OIN).
Source : EPA ORSA
La ville, qui a longtemps tourné le dos au fleuve, abandonnant ses rives aux sites industriels et au trafic automobile, se reconnecte à cet élément naturel.
Les bords de Seine sont peu à peu requalifiés et le quartier du Port à Choisy-le-Roi en est un parfait exemple.
Les quais, Choisy-le-Roi © Martin Argyroglo
Le projet réalisé par la Sadev 94, véritable quartier connecté au centre-ville, comprend 830 logements, une médiathèque, des commerces, restaurants et lieux d’activités.
Les 4 hectares de l’ancien dépôt pétrolier sont réaménagés pour dégager un vaste espace public végétalisé en lien avec le fleuve, offrant une vue sur le grand paysage et proposant des espaces récréatifs.
Logement en bord de Seine avec niveau d’habitation surélevé © CAUE 94
Les nouveaux logements, surélevés pour répondre au risque inondation, disposent de balcons et de jardins en cœur d’îlot.
La médiathèque à l'architecture contemporaine est le cœur du nouveau quartier.
“Recouverts d’un parement de métal déployé à densité progressive, les volumes sont abstraits, l’esthétique s’inspire des silhouettes élémentaires des édifices portuaires, en mémoire du lieu.” Brenac et Gonzalez, architectes.
Médiathèque Aragon à Choisy-le-Roi © CAUE 94
La présence d’un quai d’embarquement est également un atout important pour ce quartier qui pourrait développer une offre touristique intéressante. La coexistence des fonctions et des usages liés à l’eau (trafic commercial, transport de passagers, zone de loisirs, quartier d’habitation, etc. ) est un enjeu fort de développement des zones urbaines sur les bords de Seine.
Port de Choisy-le-Roi © CAUE 94
Les Ardoines
Un projet d’envergure métropolitaine
La ZAC des Ardoines © Martin Argyroglo
Le territoire des Ardoines est situé à Vitry-sur-Seine, entre le pont du Port-à-l’Anglais et l’autoroute A86. Ce site de 300 ha est en train de se transformer profondément, notamment autour de son futur pôle multimodal qui accueille une nouvelle gare de la ligne 15 du Grand Paris Express, en interconnexion avec le RER C et le T Zen 5.
Bâtiment de maintenance de la ligne 15 © Martin Argyroglo
Le site se divise en trois grands secteurs : la zone d’aménagement concerté (ZAC) Seine Gare Vitry, la ZAC Gare Ardoines et la partie centrale.
Les secteurs de développement autour des Ardoines et du pôle d’Orly Source : EPA ORSA
Cette vaste opération est initiée par l’Établissement Public d’Aménagement Orly Rungis Seine Amont. Celui-ci réunit 11 communes du Val-de-Marne, le conseil départemental, la région, la Métropole et l’État. Il participe au développement du territoire en créant les conditions d’émergence de grands projets.
Le territoire Orly Rungis Seine Amont est un secteur stratégique de développement pour la métropole. Proche de Paris, son potentiel de mutation est un des plus prometteurs d’Île-de-France.
Plan général de la ZAC © Richez_Associés
La requalification de cette grande zone d’activités implantée en bord de Seine passe par le réaménagement des espaces publics, afin de renforcer les liaisons vers les autres quartiers et d'inscrire le site dans le grand paysage de la vallée de la Seine. Un parc implanté sur les berges est actuellement à l’étude.
Un « pont-jardin » construit au-dessus des voies ferrées offrira bientôt un accès rapide et agréable au pôle multimodal et à la Seine.
Perspective du pont-paysage © Richez_Associés
Le site des Ardoines, inondable à 90%, intégrera également de larges espaces ouverts et un réseau de rues hautes desservant les logements et permettant la gestion à ciel ouvert des eaux de pluie ainsi que le maintien des usages durant les épisodes d'inondation.
Activités annexes
Accéder au parcours
RER
Maisons-Alfort, Alfortville (ligne D)


