Le centre-ville de Saint-Denis : un tissu urbain composite
Saint-Denis






« Ville des rois morts et du peuple vivant », selon la périphrase attribuée au journaliste communiste Jean Marcenac, Saint-Denis n’a cessé de conjuguer deux identités. D’un côté, une ville royale où les souverains et souveraines sont inhumés depuis Dagobert ; de l’autre, l’une des principales communes de la « ceinture rouge », acquise au Parti communiste français pendant une grande partie du XXe siècle. L’exploration de son tissu architectural et urbain permet d’interroger cet héritage complexe et de retrouver, au fil de rues façonnées par les siècles, quelques figures majeures de l’architecture du XXe siècle, telles que Renée Gailhoustet, Oscar Niemeyer ou André Lurçat.
Attention : pour écouter les audios, le mode silencieux ne doit pas être activé sur votre smartphone.
Parcours conçu par le CAUE 93 en partenariat avec :

Ressources
- Archives municipales de la ville de Saint-Denis - Archives départementales de la Seine-Saint-Denis - Atlas du Patrimoine de la Seine-Saint-Denis - Thèse de doctorat "La rénovation du centre-ville de Saint-Denis aux abords de la basilique : de la Libération au Mondial 98 : une modernité à la française" de Sébastien Radouan (2016) - Fonds CAUE de Seine-Saint-Denis
Remerciements
Merci à Soledad Ortiz Correa, chargée de mission Patrimoine chez Plaine Commune, pour son soutien dans la conception de ce parcours.
Aperçu du parcours
Basilique Cathédrale Saint-Denis
La Basilique-Cathédrale de Saint-Denis, durant le chantier de reconstruction de la tour et de la flèche nord © Martin Argyroglo / CAUE 93
De Saint-Denis, il y a deux bâtiments que tout le monde connaît : la Basilique-Cathédrale, tombeau des rois et reines de France, et le Stade-de-France, inauguré pour le Mondial de football victorieux de 1998. La Basilique-Cathédrale de Saint-Denis est le cœur du centre-ville historique de la ville : c'est autour de cette dernière que la ville a grandi, s'est structurée et a acquis la forme qui est la sienne aujourd'hui.
Une légende fondatrice au cœur de l'histoire de la ville et du royaume de France
La légende fondatrice de ce qui deviendra la Basilique-Cathédrale est le martyre de Saint-Denys, missionné pour évangéliser les populations gauloises et décapité autour de l'an 280 sur la butte Montmartre. Saint-Denys aurait alors pris sa tête sous le bras et serait remonté jusqu'à l'emplacement de l'actuelle basilique, où il est enterré.
Vie de Saint Denys - Parchemin enluminé daté du XIIIe siècle. Bibliothèque nationale de France. Département des Manuscrits. NAF 1098 / Bibliothèque nationale de France
Une première église fut construite à cet emplacement au Ve siècle sous l'impulsion de Sainte-Geneviève. Elle fut détruite pour laisser place à une église abbatiale au VIIe siècle, sous l'impulsion du roi Dagobert Ier, qui en fait alors le lieu de sépulture des rois et reines de France. Dans le sillage de ce choix royal, Saint-Denis devient progressivement un centre politique, intellectuel et religieux pour le royaume de France.
Un chef-d'œuvre de l'architecture gothique
La transformation qui élèvera le prestige de l'édifice est la révolution architecturale impulsée par l'abbé Suger (1081-1151). Personnalité singulière, né dans une famille de paysans, Suger est doté d'un fort sens politique et fera de l'abbatiale de Saint-Denis l'un des plus beaux exemples d'art gothique au monde. Grâce à sa bonne gestion du domaine, il parvient à améliorer les finances de l'abbaye et à financer une transformation radicale de l'ancienne abbaye carolingienne.
L'abbé Suger par Simon Vouet (vers 1633) / Musée des Beaux-Arts de Nantes
Il pose les fondements du style « gothique », un espace où la lumière joue un rôle central. La lumière est perçue comme un moyen d'élévation de l'âme, lui permettant de se rapprocher de la vérité divine. Le recours aux croisées d'ogives permet d'augmenter sensiblement le volume et la hauteur de l'édifice, lui conférant sa monumentalité. Suger est sculpté au pied du Christ sur le tympan à l'entrée de la basilique.
Dessin à la plume et lavis à l'encre brune de la Basilique de Saint-Denis, par Christophe Civeton (1796-1830). On aperçoit à gauche la base de la tour Nord qui fut démontée par Viollet-le-Duc
En novembre 1846, Eugène Viollet-le-Duc prend la direction du chantier de restauration de l'abbatiale de Saint-Denis, et son premier soin est d'entreprendre le démontage de la tour nord. Restaurateur aux méthodes souvent discutées, il a mené tout au long de sa carrière une œuvre marquée par une interprétation très personnelle de l'histoire de l'art (Notre-Dame de Paris en est sans doute l'exemple le plus célèbre), n'hésitant pas à transformer profondément l'apparence des monuments qu'il traite. On lui doit également l'église Saint-Denys-de-l'Estrée, située face à la basilique, à l'autre extrémité de la rue de la République.
La Fabrique de la Flèche
Avec le concours du Centre des Monuments Nationaux, la flèche nord de la basilique, démontée au XIXe siècle, est en train d'être remontée. L'association « Suivez la Flèche » anime ce chantier remarquable qui accueille plus de 130 artisans et compagnons du devoir. Les techniques et les matériaux utilisés sont ceux d'origine.

Pour présenter ce projet hors norme, un espace muséal et pédagogique a été aménagé dans le jardin Pierre-de-Montreuil, où sont animés des ateliers, des conférences et de nombreux dispositifs pédagogiques. Le chantier-école de « Suivez la Flèche » est ouvert à tous et contribue au rayonnement de ce patrimoine exceptionnel. La Basilique-Cathédrale de Saint-Denis est un lieu central de l'histoire de France et de son église, mais elle reste aujourd'hui cent fois moins visitée que Notre-Dame de Paris.
🎧 En écoute
Pour en savoir plus : écouter l’interview de Nicolas Matyjasik, directeur général de l'association « Suivez la Flèche » qui pilote la reconstruction de la tour nord et de la flèche de la basilique-cathédrale de Saint-Denis.
Basilique Cathédrale Saint-Denis
La Basilique-Cathédrale de Saint-Denis, durant le chantier de reconstruction de la tour et de la flèche nord © Martin Argyroglo / CAUE 93
De Saint-Denis, il y a deux bâtiments que tout le monde connaît : la Basilique-Cathédrale, tombeau des rois et reines de France, et le Stade-de-France, inauguré pour le Mondial de football victorieux de 1998. La Basilique-Cathédrale de Saint-Denis est le cœur du centre-ville historique de la ville : c'est autour de cette dernière que la ville a grandi, s'est structurée et a acquis la forme qui est la sienne aujourd'hui.
Une légende fondatrice au cœur de l'histoire de la ville et du royaume de France
La légende fondatrice de ce qui deviendra la Basilique-Cathédrale est le martyre de Saint-Denys, missionné pour évangéliser les populations gauloises et décapité autour de l'an 280 sur la butte Montmartre. Saint-Denys aurait alors pris sa tête sous le bras et serait remonté jusqu'à l'emplacement de l'actuelle basilique, où il est enterré.
Vie de Saint Denys - Parchemin enluminé daté du XIIIe siècle. Bibliothèque nationale de France. Département des Manuscrits. NAF 1098 / Bibliothèque nationale de France
Une première église fut construite à cet emplacement au Ve siècle sous l'impulsion de Sainte-Geneviève. Elle fut détruite pour laisser place à une église abbatiale au VIIe siècle, sous l'impulsion du roi Dagobert Ier, qui en fait alors le lieu de sépulture des rois et reines de France. Dans le sillage de ce choix royal, Saint-Denis devient progressivement un centre politique, intellectuel et religieux pour le royaume de France.
Un chef-d'œuvre de l'architecture gothique
La transformation qui élèvera le prestige de l'édifice est la révolution architecturale impulsée par l'abbé Suger (1081-1151). Personnalité singulière, né dans une famille de paysans, Suger est doté d'un fort sens politique et fera de l'abbatiale de Saint-Denis l'un des plus beaux exemples d'art gothique au monde. Grâce à sa bonne gestion du domaine, il parvient à améliorer les finances de l'abbaye et à financer une transformation radicale de l'ancienne abbaye carolingienne.
L'abbé Suger par Simon Vouet (vers 1633) / Musée des Beaux-Arts de Nantes
Il pose les fondements du style « gothique », un espace où la lumière joue un rôle central. La lumière est perçue comme un moyen d'élévation de l'âme, lui permettant de se rapprocher de la vérité divine. Le recours aux croisées d'ogives permet d'augmenter sensiblement le volume et la hauteur de l'édifice, lui conférant sa monumentalité. Suger est sculpté au pied du Christ sur le tympan à l'entrée de la basilique.
Dessin à la plume et lavis à l'encre brune de la Basilique de Saint-Denis, par Christophe Civeton (1796-1830). On aperçoit à gauche la base de la tour Nord qui fut démontée par Viollet-le-Duc
En novembre 1846, Eugène Viollet-le-Duc prend la direction du chantier de restauration de l'abbatiale de Saint-Denis, et son premier soin est d'entreprendre le démontage de la tour nord. Restaurateur aux méthodes souvent discutées, il a mené tout au long de sa carrière une œuvre marquée par une interprétation très personnelle de l'histoire de l'art (Notre-Dame de Paris en est sans doute l'exemple le plus célèbre), n'hésitant pas à transformer profondément l'apparence des monuments qu'il traite. On lui doit également l'église Saint-Denys-de-l'Estrée, située face à la basilique, à l'autre extrémité de la rue de la République.
La Fabrique de la Flèche
Avec le concours du Centre des Monuments Nationaux, la flèche nord de la basilique, démontée au XIXe siècle, est en train d'être remontée. L'association « Suivez la Flèche » anime ce chantier remarquable qui accueille plus de 130 artisans et compagnons du devoir. Les techniques et les matériaux utilisés sont ceux d'origine.

Pour présenter ce projet hors norme, un espace muséal et pédagogique a été aménagé dans le jardin Pierre-de-Montreuil, où sont animés des ateliers, des conférences et de nombreux dispositifs pédagogiques. Le chantier-école de « Suivez la Flèche » est ouvert à tous et contribue au rayonnement de ce patrimoine exceptionnel. La Basilique-Cathédrale de Saint-Denis est un lieu central de l'histoire de France et de son église, mais elle reste aujourd'hui cent fois moins visitée que Notre-Dame de Paris.
🎧 En écoute
Pour en savoir plus : écouter l’interview de Nicolas Matyjasik, directeur général de l'association « Suivez la Flèche » qui pilote la reconstruction de la tour nord et de la flèche de la basilique-cathédrale de Saint-Denis.
L’Îlot Cygne
L’îlot Cygne et la “maison-échafaudage”,, conçue par les architectes Patrick Bouchain et Loïc Julienne (atelier Construire) avec Pierre Schneider et François Wunschel (1024 architecture) © Martin Argyroglo / CAUE 93
Un îlot révélateur de la richesse de l'histoire de la ville
L'histoire de Saint-Denis est longue et riche. La ville a plusieurs fois changé de périmètre, son développement s'accélérant après la fondation de l'abbaye royale par le roi Dagobert au VIIe siècle. Ville marchande, connue dans toute l'Europe pour sa foire du Lendit — l'une des plus grandes du continent au Moyen Âge —, elle deviendra également une ville industrielle au XIXe siècle, tirant profit de sa proximité avec Paris et du canal Saint-Denis.
Le bâti du centre-ville ne permet pourtant pas de voir facilement le passé médiéval de Saint-Denis. La démolition de son centre-ville, accélérée par la rénovation urbaine de la ZAC Basilique (1975-1994), n'a pas laissé de traces facilement identifiables de ce passé, à l'exception notable de la basilique. Outil de médiation archéologique à l'échelle de la ville, l'îlot Cygne permet de visiter, via un parcours suspendu, deux maisons préservées, datant des XVe et XVIIIe siècles.
Le chantier de fouille de l'îlot Cygne, commencé en 2009, se situe à un endroit révélateur des transformations successives de Saint-Denis. Il est, selon les services d'archéologie de la ville, situé à « un carrefour entre les remparts de la ville carolingienne et l'ancienne rivière urbaine présente depuis le haut Moyen Âge et jusqu'au milieu du XXe siècle ». L'îlot a été transformé en un outil de médiation archéologique remarquable, notamment avec l'ajout de sa « maison-échafaudage » (arch. Atelier Construire & 1024 Architecture).
Le coeur de l’îlot Cygne et l’ancien passage du Croult © Hugo Trutt / CAUE 93
Un outil monumental de découverte de l'archéologie
La présence de l'archéologie est centrale à Saint-Denis depuis les années 1970, où des enjeux majeurs de préservation patrimoniale se sont présentés avec l'arrivée du métro ligne 13 (1973) et la construction d'un nouveau centre-ville (ZAC Basilique). L'unité archéologique municipale a été créée en septembre 1982 : elle intervient encore pour des fouilles préventives et programmées, et propose de nombreuses visites de l'îlot Cygne.
L'îlot Cygne est typique de l'organisation urbaine du vieux Saint-Denis : un îlot au cœur peu ou pas bâti. Dans la cour au centre de l'îlot, une fouille préventive a été réalisée, mettant notamment au jour le passage du Croult, rivière urbaine canalisée à l'époque carolingienne.
Les fouilles archéologiques se sont développées sur le site à partir de 2009, alors que naissait l'idée d'installer dans l'un de ses bâtiments le Centre d'interprétation de l'architecture et du patrimoine (CIAP). Le projet ayant été mis en pause, il n'y a aucune contrainte temporelle pour la libération de cet îlot.
La libération de la charpente et son analyse ont permis de retracer l'histoire des deux maisons situées sur le terrain, en remontant jusqu'au XVe siècle. L'intérêt pédagogique résidant principalement dans l'étude de sa charpente, les architectes Loïc Julienne et Patrick Bouchain (Atelier Construire) et François Wunschel (1024 Architecture) ont proposé une solution radicale : permettre aux visiteurs de s'en rapprocher et de se déplacer dans l'espace grâce à un échafaudage métallique couvert d'une bâche qui assure la préservation du bois.
La vue depuis le sommet de la “maison-échafaudage” : la place Victor-Hugo et l'Hôtel-de-Ville © Hugo Trutt / CAUE 93
L'aspect ludique de cette grande bâche blanche couverte de points rouges lui donne un air de « champignon », surnom officieux de la maison-échafaudage dans la ville. Cette allure foraine est emblématique du travail d'architecte de Patrick Bouchain et de Loïc Julienne, qui ont par ailleurs construit de nombreux bâtiments circassiens en Île-de-France (l'Académie Fratellini à Saint-Denis, le Plus Petit Cirque du Monde à Bagneux, le Théâtre Zingaro à Aubervilliers).
Structure semi-permanente, la maison-échafaudage reste en place jusqu'à ce qu'un autre projet de valorisation du site soit décidé. D'ici là, l'unité d'archéologie de Saint-Denis anime le lieu et l'ouvre très régulièrement au public. Des interventions artistiques (arts plastiques, danse, musique, théâtre) y sont parfois proposées, dialoguant avec l'histoire du lieu.
L’une des charpentes mises à jour, abritée par la bâche de la “maison-échafaudage” © Hugo Trutt / CAUE 93
La visite de la “Fabrique de la Ville” permet de voir différents signes d’évolution du bâtiment depuis le XIIIe siècle jusqu’à l’ère industrielle. La volumétrie actuelle du bâtiment est celle du XVe siècle. L’une des charpente est datée de 1481 pour ses éléments les plus anciens, l’autre de 1543.
On observe des changements d’usage, si le bâtiment a été utilisé comme vacherie (étable), avec du fourrage à l’étage, elle est transformée en 1830-1840 pour accueillir des ouvriers pendant la révolution industrielle.
🎧 En écoute
Pour en savoir plus : écouter l’interview de Claude Héron, chef de service de l'Unité d’archéologie municipale de Saint-Denis Pierrefitte.
L'hôtel de ville et son extension
La façade principale de l’hôtel de ville de Saint-Denis, et son campanile emblématique, oeuvre de l’architecte Paul Laynaud (1883). Sur la droite, on distingue l’extension récente signée Henri Gaudin (1993), reliée à l’autre bâtiment par un pont vitré © Martin Argyroglo / CAUE 93
Une architecture néo-Renaissance (1878-1883), témoignage de la réussite industrielle de la ville
Construit par l'architecte communal Paul Laynaud, l'hôtel de ville tranche par l'aspect richement décoré de sa façade, typique des grandes réalisations municipales de la IIIe République. Réalisée majoritairement en pierre de taille et couverte d'ardoise, l'hôtel de ville incarne la réussite économique de la ville pendant la révolution industrielle, au même titre que d'autres bâtiments élégants datant de la fin du XIXe siècle, comme le théâtre Gérard-Philipe (1902) ou la halle du marché (1893).
On peut noter que partout sur le territoire de Saint-Denis, de nombreuses usines et constructions affiliées témoignent encore de cette expansion industrielle remarquable, comme les anciennes usines Christofle (1877), les « Cathédrales du rail » (1874) ou les logements sociaux pionniers de « La Ruche » (1894, Georges Guyon, arch.). En 1902, Saint-Denis possède 80 établissements industriels, dont 17 usines métallurgiques et 29 usines chimiques et gazières.
Une vue générale de l’usine Mouton installée à La Plaine Saint-Denis (1895). Industrie lourde : aciéries, laminoirs et tréfileries / Archives Municipales de Saint-Denis
L'architecte Paul Laynaud (1839-1908) s'inscrit dans la tradition académique de l'enseignement de l'architecture au XIXe siècle. Il suivra à l'école des Beaux-Arts de Paris les enseignements de l'architecte Victor Baltard, connu pour avoir dessiné les grandes Halles du centre de Paris. Il est professeur à l'École spéciale d'architecture, et l'hôtel de ville de Saint-Denis est sa principale réalisation connue.
Hôtel de ville depuis la place Victor-Hugo (1905), sur une carte postale ancienne / Archives Municipales de Saint-Denis
Le carillon de l'hôtel de ville
Particularité architecturale : le bâtiment principal de l'hôtel de ville est surmonté d'un carillon (ou campanile), à la forme inspirée des grands beffrois de Flandre. Le symbole n'est pas neutre : les beffrois représentent l'émancipation des villes face aux pouvoirs seigneuriaux et féodaux.
Le carillon, détruit en 1988 par un incendie mais reconstruit depuis, sonne à chaque heure deux airs. Résonnent alternativement dans les rues de Saint-Denis « Le bon roi Dagobert », chanson populaire à l'honneur de celui qui fit de Saint-Denis le tombeau des rois et reines de France, et l'hymne communard « Le Temps des cerises » de Jean-Baptiste Clément, qui témoigne quant à lui du caractère social et révolutionnaire de la ville.
Visuel annonçant la reconstruction à l'identique du campanile de l'hôtel de ville, à l’été-automne 1988 / Archives Municipales de Saint-Denis
Une extension moderne remarquable : l'annexe de l'hôtel de ville d'Henri Gaudin (1993)
Devenu trop petit, l'hôtel de ville est augmenté d'une extension lors du réaménagement de son centre-ville durant la ZAC Basilique (1974-1995). Parmi l'ensemble des îlots concernés par la rénovation, la construction de la mairie est la seule à donner lieu à un concours d'architecture. C'est le projet d'Henri Gaudin (1933-2021) qui est retenu, soutenu par le maire, devant celui du Cubain Ricardo Porro.
Le bâtiment annexe dessiné par Henri Gaudin témoigne du grand lyrisme de cet architecte, qui tirait de son expérience de la navigation un goût affirmé pour des formes évoquant des voilages. Au moment du concours, il est au faîte de sa carrière, avec les Archives de Paris à Paris 19e (1989) ou le stade Charléty à Paris 13e (Équerre d'argent, 1994). Architecte reconnu, lauréat de nombreuses distinctions, Gaudin est un architecte consensuel qui permet de concilier la nécessité de modernisation souhaitée par la mairie de Saint-Denis tout en garantissant le respect des abords de la basilique.
L’annexe d’Henri Gaudin, vue depuis le Jardin Pierre-de-Montreuil. Sur la gauche, l’église des Trois-Patrons intégrée dans l’édifice contemporain © Martin Argyroglo / CAUE 93
Son projet intègre dans son bâti les ruines de l'église des Trois-Patrons, datée de 1600 et inscrite au titre des monuments historiques, désormais englobée dans le centre administratif. Ce collage d'architectures de formes et d'époques très diverses est emblématique du retour de la préoccupation historique de la postmodernité architecturale dans les années 1980-1990, où les architectes s'évertuent à relancer le dialogue entre les strates historiques de la ville.
Le projet d'Henri Gaudin est qualifié par son auteur de « discret » et « modeste », par ce grand connaisseur de l'histoire de l'architecture. Il reste une intervention massive, à proximité immédiate du jardin Pierre-de-Montreuil et de l'aile de la cathédrale. Fasciné par les architectures du sacré, Henri Gaudin a consacré en 2014 un livre à celle de l'abbaye cistercienne du Thoronet.
L’abside de l’ancienne église paroissiale des Trois Patrons, photographiée en 1901. Les ruines d'ancienne église ont été transformée en maison d'habitation, devant lequel un jardin est cultivé / Archives de la Ville de Saint-Denis
La place du Caquet
La place du Caquet est le coeur de la “ZAC Basilique” (1975-1994), projet urbain de réaménagement des abords de la Basilique de Saint-Denis. Le projet final, réalisé par la SEM SODEDAT 93, divise le quartier en une douzaine d’îlots réalisés par des architectes aux sensibilités diverses © Martin Argyroglo / CAUE 93
La ZAC Basilique : un projet plusieurs fois retardé
À la sortie de la Seconde Guerre mondiale, le centre-ville de Saint-Denis est constitué d'immeubles principalement destinés à loger les ouvriers du grand bassin industriel que représente la ville. Les constructions, réalisées majoritairement au XIXe siècle avec des matériaux bon marché, sont précaires, et l'état du centre-ville est préoccupant quand la municipalité communiste reprend le pouvoir à la Libération.
Les travaux de modernisation du centre-ville n'ont pas été effectués pendant la parenthèse politique honteuse du maire Jacques Doriot, représentant français d'une tendance collaborationniste. La situation d'insalubrité du centre-ville, où les statistiques de circulation de la tuberculose sont parmi les pires du département, est désastreuse, mais elle perdurera jusqu'aux années 1970, retardée par des contre-projets urbains.
Auguste Gillot est nommé maire de la ville à Libération et pose ici avec ses adjoint.e.s devant l’Hôtel de Ville, autour du 31 aout 1944. Cadre du PCF, il sera maire de la ville de 1944 à 1971 et aura notamment pour mission de tourner la page de la parenthèse “Doriotiste” et de moderniser la ville / Archives Municipales de Saint-Denis
Plusieurs projets seront évoqués successivement jusqu'à celui de la ZAC Basilique, finalement réalisé de 1975 à 1994. C'est d'abord André Lurçat qui proposera une construction sur le modèle de ses Unités de quartier, expérimentées sur la cité Paul-Langevin, jusqu'à longer la basilique. Ce premier projet sera refusé par la Commission des abords, qui veille à l'intégration respectueuse des monuments historiques français, tout comme des projets postérieurs d'architecture « proliférante », eux aussi abandonnés.
Finalement, c'est l'arrivée de la ligne 13 du métro parisien qui précipite la modernisation de la ville : en 1973, le nouveau métro arrive, et dans son sillage un nouveau centre-ville pour Saint-Denis. Une politique assez systématique de démolition-reconstruction est mise en place, dont seuls quelques bâtiments furent épargnés : le séchoir à indiennes dit « Maison des Arbalétriers », l'église des Trois-Patrons (intégrée dans la nouvelle mairie) et le moulin de Choiseul (finalement démoli).
Vue aérienne de Saint-Denis, prise en ballon autour de 1900. On observe bien à l’avant-plan les rues issues de tracés médiévaux sur laquelle la ZAC Basilique a été réalisée, après une démolition systématique de ce quartier réputé insalubre / Archives de la ville de Saint-Denis
La ZAC Basilique : une collection d'architectures emblématique du communialisme municipal séquano-dyonisien
La ZAC Basilique est menée par la SODEDAT 93, société d'économie mixte (SEM) créée en 1994, qui joue un rôle majeur de promotion d'une nouvelle architecture audacieuse en Seine-Saint-Denis. Dirigée par Jean-Pierre Lefebvre, directeur aux goûts architecturaux affirmés, la SODEDAT 93 fait le choix d'aménager le cœur de Saint-Denis autour d'un plan en îlots dont certaines rues et passages reprennent le tracé viaire médiéval.
Sur la douzaine d'îlots, on invitera presque autant d'architectes, qui représentent trois grandes orientations : des camarades de route des municipales de la Ceinture rouge (Jean et Maria Deroche, Renée Gailhoustet, etc.), des figures établies pour les îlots à proximité de la basilique (Henri Gaudin, Roland Simounet, Oscar Niemeyer) et de jeunes architectes (Bernard Paurd, dont c'est la première réalisation).
Couverture du livret de l’exposition présentant les futures réalisations de la ZAC Basilique. Le titre “Une rénovation pas comme les autres” indique l’ambition de la municipalité de faire patrimoine lors de cette opération / Archive personnelle
Plus de trente ans après la réalisation du quartier, l'extrême diversité des réalisations est frappante. S'y déploient des constructions très variées et des approches totalement différentes du rapport à la ville ancienne : si certaines réalisations citent directement l'architecture de la basilique (comme l'îlot n°1 signé par Roland Simounet, ou les façades de Francis Gaussel sur l'îlot 9), d'autres témoignent surtout d'une pratique architecturale engagée (l'îlot 8 de Renée Gailhoustet) ou d'un style personnel.
Le quartier accueille quasi exclusivement du logement social (90 % des 1 600 logements reconstruits). Aujourd'hui, la place du Caquet est l'une des centralités principales du centre-ville de Saint-Denis et l'un des lieux centraux de son activité commerciale, avec l'hypermarché Carrefour, situé sous l'îlot 4, et la galerie marchande.
Devant l’îlot réalisé par Bernard Paurd, l’architecte a réalisé une arche avec des pierres de taille issue de démolition pour proposer son monument en mémoire du vieux Saint-Denis © Hugo Trutt / CAUE 93
La place du Caquet : concilier « la ville des rois morts et du peuple vivant »
La volonté de la ZAC Basilique est de réconcilier le progressisme urbain et social de la ville avec l'héritage symbolique et religieux de la basilique. Comme le résumait en 1983 Marcellin Berthellot, alors maire de Saint-Denis : « Je crois que, comme nous avons pu assumer à la fois l'identité royale et la tradition ouvrière, nous pouvons aujourd'hui confronter dans l'harmonie ce passé et la modernité. »
Si certaines rues de la ZAC reprennent des tracés historiques, la place du Caquet est une création de l'urbaniste et architecte Guy Naizot, chargé de la coordination du quartier. Il imagine ici une nouvelle grande centralité dyonisienne, très fréquentée grâce à la présence du métro.
L'entrée du cinéma "L'éclair", situé sur la place du Caquet, dans l’îlot 7, le seul qui soit dessiné par Guy Naizot lui-même © Hugo Trutt / CAUE 93
Il évoque dans l'espace public la figure et l'ombre de la basilique de Saint-Denis en proposant une place qui en a presque les dimensions. Comme le déclarait Guy Naizot, revenant sur la genèse de cette place : « Notre iconoclasme républicain nous fit inventer cette place du Caquet, cette basilique civile, grondeuse et populaire, concurrente de la grégorienne. »
Afin de travailler à la monumentalité de la place, les architectes des îlots voisins ménagent des effets de rythme avec des colonnes en béton magistrales. Les voies de sortie et les perspectives vers l'extérieur de la place sont d'ailleurs très limitées, afin de reproduire un effet d'espace clos comme on en trouve dans la basilique.
Luminaires dans la ZAC Basilique, par Guy Naizot © Hugo Trutt / CAUE 93
Les luminaires dessinés par Guy Naizot, aidé de l'architecte Eva Samuel, visibles sur la place du Caquet, se retrouvent dans l'ensemble du quartier. L'ensemble des cœurs d'îlots de la ZAC Basilique a été aménagé par lui-même, afin d'assurer une cohérence aux espaces partagés.
L’îlot 8 de Renée Gailhoustet
L’îlot 8 est l’un des îlots les plus emblématiques de la ZAC Basilique. Qualifié d’”îlot pivot”, il assure la couture entre la place du Caquet et celle du Marché. La mobilisation de ces habitants pour sa rénovation, actée en 2026 par la municipalité, a contribué à la reconnaissance de cette architecture atypique © Martin Argyroglo / CAUE 93
Un itinéraire unique dans l'architecture française au XXᵉ siècle
Renée Gailhoustet, née à Oran en 1929 et morte à Ivry-sur-Seine en 2023, est probablement la femme architecte la plus productive des Trente Glorieuses. À une époque où la pratique de l'architecture est majoritairement réservée aux hommes, elle intègre d'abord l'atelier de Marcel Lods aux Beaux-Arts (le seul atelier mixte), avant d'obtenir un statut de reconnaissance lors de la reconstruction du centre-ville d'Ivry-sur-Seine, la « capitale du communisme municipal » selon l'historien Emmanuel Bellanger, où elle réalise avec l'architecte Jean Renaudie une architecture ambitieuse, destinée à restaurer le lien social et à l'audace formelle remarquable.
Hors son travail à Ivry-sur-Seine, où elle réalise quelques-unes de ses œuvres les plus marquantes (tour Raspail, ensemble d'habitations Le Liégat, ensemble Marat) dans les années 1960-1970, elle construira beaucoup en Seine-Saint-Denis à l'invitation de la SEM départementale (SODEDAT 93), qui souhaite faire de l'audace architecturale un des piliers de son action territoriale. Sa première réalisation dans le département est la cité de la Maladrerie à Aubervilliers (1974-1984), qui lui permet de mettre en pratique, à grande échelle, ses théories urbaines et architecturales.
La cité de la Maladrerie, oeuvre majeure de Renée Gailhoustet, à Aubervilliers © Hugo Trutt / CAUE 93
Son œuvre architecturale majeure a été redécouverte grâce à de nombreux travaux de recherche en histoire de l'architecture, notamment la thèse que lui consacre la chercheuse Bénédicte Chaljub, permettant de sortir son travail singulier du vide bibliographique qui était le sien. Dans ses réalisations, aujourd'hui étudiées dans le monde entier, les architectes notent le soin apporté à la végétalisation en pleine terre des terrasses, la qualité des plans, le souci de singulariser les appartements et une figure « matrimoniale » rare dans notre histoire architecturale.
A Saint-Denis, l’architecte “combinatoire” et géométrique de Renée Gailhoustet produit des effets visuels singuliers © Hugo Trutt / CAUE 93
L'îlot 8 : un îlot-pivot
Lors de la réalisation de la ZAC Basilique, l'étude du plan-masse fait ressortir très rapidement la nécessité de faire appel à une architecte rompue aux questions urbaines. L'îlot 8 est en effet celui qui assure l'articulation entre la place du Marché, haut lieu historique de la socialisation dionysienne, et la nouvelle place du Caquet, cœur de la ZAC Basilique. Le choix est fait d'en faire un îlot poreux, qui peut être traversé à deux niveaux : celui de la rue, qui est une galerie commerciale, ou celui de la dalle haute.
Les appartements de l’îlot 8, vus depuis la galerie commercante © Hugo Trutt / CAUE 93
L'architecture de l'îlot est liée aux contraintes du terrain. Construit sur les parkings souterrains de la ZAC Basilique, l'îlot ne laisse pas à l'architecte la liberté de placer ses poteaux de fondation où elle le souhaite. Elle hérite ainsi d'une trame de colonnes qu'elle décide de relier dans un ensemble collinaire. De la contrainte de cette trame de colonnes, qui est structurelle, naît la forme éclatée des plans des appartements de l'îlot 8, qui ressemblent d'ailleurs formellement à ceux de Jean Renaudie, son camarade sur la réalisation du centre-ville d'Ivry-sur-Seine.
Les plans des appartements de l'îlot sont tous différents, comme dans la plupart des projets de Renée Gailhoustet. Cette volonté de singulariser les lieux de vie naît d'une révolte manifeste contre les errances de l'architecture moderne et la standardisation des espaces de vie pendant la reconstruction. Multi-orientés, les appartements de Renée Gailhoustet apportent un soin particulier à la qualité des lumières qui entrent dans l'appartement par de nombreux angles.
Les verrières de la galerie commerçante de l’îlot 8 © Hugo Trutt / CAUE 93
Fortement dégradé, l'îlot 8 est devenu un sujet politique et urbain central pour le centre-ville de Saint-Denis. En 2024, des études de résidentialisation de la dalle haute ont conduit à une mobilisation des habitants et des voisins, attachés à la conception historique de Renée Gailhoustet. À la suite du changement d'équipe municipale, l'abandon du projet de résidentialisation a été annoncé.
L’ancien Siège de l’Humanité (Oscar Niemeyer)
L’ancien siège du journal l’Humanité de l’architecte Brésilien Oscar Niemeyer est l’une des réalisations les plus marquantes de ce dernier en Seine-Saint-Denis. On retrouve ici la grande liberté formelle de celui qui souhaitait “tropicaliser” l’architecture de Le Corbusier © Martin Argyroglo / CAUE 93
Un géant de l’architecture moderne
L'architecte Oscar Niemeyer est l'une des figures majeures du XXe siècle pour la discipline. Il est rendu célèbre par ses réalisations dans les années 1950, au premier rang desquelles la construction de la nouvelle capitale Brasilia, avec l'urbaniste Lúcio Costa, à la demande du président Juscelino Kubitschek. Extrêmement documentées et partagées à travers le monde par la presse spécialisée, ces réalisations vaudront à Niemeyer un statut de célébrité internationale.
L'alternance politique au Brésil, où les amitiés communistes et socialistes de l'architecte sont alors chassées, vaudra à Oscar Niemeyer de produire pendant plusieurs décennies de sa longue carrière en France. Compagnon de route du Parti communiste français (PCF), il réalisera dans des mairies communistes plusieurs bâtiments de premier plan, comme la Bourse du Travail à Bobigny (1978), le siège du parti à Colonel Fabien, Paris 19e (1968-1980) ou la scène nationale du Volcan au Havre (1982).
L'architecte Oscar Niemeyer (1907-2012), devant le chantier de la construction de la métropolitaine Notre-Dame de l’Apparition à Brasilia (inaugurée en 1960) © Fondation Niemeyer
Parmi les traits essentiels de l'architecture d'Oscar Niemeyer figure l'utilisation de façades courbes, qui tranchent radicalement avec les angles droits des réalisations modernistes. Il revendique d'ailleurs avoir « tropicalisé [l'enseignement de] Le Corbusier » dans ses réalisations. Sa personnalité hors du commun et sa longévité (104 ans) ont achevé d'installer sa légende.
La scène nationale du Volcan au Havre, réalisé par Oscar Niemeyer et Jean-Maur Lyonnet (1982), où l’on retrouve quelques points caractéristiques de son architecture : les courbes et la “sensualité” d’un architecte-sculpteur © Hugo Trutt / CAUE 93
Un élan lyrique au pied de la cathédrale
Le bâtiment réalisé par Oscar Niemeyer, avec l'aide de son mandataire français Jean-Maur Lyonnet, s'insère en « Y » dans un espace entre trois îlots, à proximité immédiate de la basilique. Afin que l'architecte comprenne facilement ce complexe patrimonial, un film avait été tourné pour lui présenter précisément les lieux.
La structure du bâtiment s'intègre avec un certain lyrisme dans cet espace contraint, ménageant diverses séquences architecturales : comme cette entrée qui s'enroule autour d'une rotonde largement vitrée, ou comme cette percée vers la basilique, semblable à une étrave de bateau.
Le VEC (verre extérieur collé) emblématique du siège de L’Humanité © Hugo Trutt / CAUE 93
Le traitement des façades, avec le recours systématique au verre collé, donne à l'ensemble un air de kaléidoscope souhaité par l'architecte. La teinte du verre réfléchissant a été choisie par Niemeyer et Lyonnet pour se rapprocher des teintes oxydées du toit de la basilique.
Le traitement de la toiture-terrasse est aussi remarquable, avec ses vues sur l'ensemble du quartier et particulièrement sur la basilique. L'ancien siège de L'Humanité est inscrit au titre des monuments historiques depuis 2007.
Le siège de l’immeuble de L’humanité vu en face de l’ilot n°1 de Roland Simounet. Photographie prise en 2024 lors de la fin des travaux © Hugo Trutt / CAUE 93
Le siège de L'Humanité, rebondissements et renaissances
En déménageant ses locaux à Saint-Denis, le journal L'Humanité et son directeur Roland Leroy s'installent dans un bâtiment réalisé sur mesure pour leurs besoins par Oscar Niemeyer, quittant Paris pour une ville emblématique de la « banlieue rouge » et haut lieu des luttes sociales.
Le premier projet présenté est remanié suite à la publication dans Le Monde d'un article du critique d'architecture François Chaslin, qui trouve à la maquette présentée des ressemblances frappantes avec un modèle de collège préfabriqué réalisé à plusieurs dizaines d'exemplaires au Brésil par Oscar Niemeyer. Face à ce petit scandale, la décision est prise de modifier les façades en ajoutant du verre collé aux reflets bleus, comme on les voit aujourd'hui.
Le bâtiment n'accueillera pas très longtemps les équipes de L'Humanité, qui le vendront en 2007. Resté sans occupant pendant presque 20 ans, il est racheté par l'État puis rénové en 2025 (Savoir-Faire architectes, avec BET BERIM), avec le conseil scientifique de Jean-Maur Lyonnet.
Le site accueille la DRIEETS d'Île-de-France (Direction régionale et interdépartementale de l'Économie, de l'Emploi, du Travail et des Solidarités) et ne se visite pas régulièrement. Une galerie « Pif Gadget », accessible au public, a néanmoins ouvert ses portes et accueille régulièrement des expositions thématiques.
Le Cimetière de Saint-Denis
Fondé en 1806, le Cimetière de Saint-Denis est l'un des principaux espaces verts du centre-ville de Saint-Denis. Ce cimetière, toujours en activité, présente une large typologie de sépultures et des monuments funéraires remarquables © Martin Argyroglo / CAUE 93
Le parc de la Légion d'Honneur et le cimetière de Saint-Denis sont les deux espaces verts importants du centre-ville de Saint-Denis, qui constitue un ensemble plutôt minéral. La reconstruction de la ZAC Basilique voisine est réalisée très largement au-dessus d'un espace de stationnement, rendant très difficile toute tentative de végétalisation.
Patrimoine naturel et funéraire méconnu, le cimetière de Saint-Denis mérite d'être visité pour découvrir l'extrême variété des sépultures qui se trouvent sur ses 11 hectares paysagers : tombeaux monumentaux, tombeaux militaires, rond-points mémoriels, etc. D'après l'APUR (Atelier Parisien d'Urbanisme), le cimetière communal de Saint-Denis est, avec celui de Montrouge, celui qui présente la plus forte variété de monuments funéraires de la banlieue de Paris.
Le monument aux morts de la Guerre Franco-Prussienne de 1870 est l'un plus impressionant du cimetière. On peut y lire l'inscription "La ville de Saint-Denis à ses défenseurs, victimes du siège 1870-1871" © Martin Argyroglo / CAUE 93
Parmi les figures notables, on trouve de nombreux résistants et figures du mouvement social : notamment les tombes d'Auguste Delaune (1908-1943), grand résistant, et de Pierre Degeyter (1848-1932), compositeur de la musique de l'Internationale, dont la tombe est reconnaissable à sa faucille et son marteau.
La tombe de Pierre Degeyter, parmi les plus visitées du cimetière © Hugo Trutt / CAUE 93
Le cimetière ouvre en 1806, à la place de l'ancien cimetière Saint-Rémy, soit deux ans avant le Père-Lachaise. Aujourd'hui, une partie de son activité a été transférée dans les années 1970 vers le site intercommunal des Joncherolles, situé à la frontière de la ville de Villetaneuse et de la commune déléguée de Pierrefitte, sur un nouveau cimetière remarquable conçu par l'architecte et urbaniste Robert Auzelle.
Le cimetière municipal de Saint-Denis, longtemps saturé, n'a plus accueilli de nouveaux défunts de 1977 à 2021 s'ils n'étaient pas rattachés à une concession existante. Depuis 2021, il accueille à nouveau des défunts sur des concessions libérées.
L’un des carrés militaires du Cimetière de Saint-Denis © Martin Argyroglo / CAUE 93
La Cité Paul-Langevin
La cité Paul-Langevin est l’une des réalisations les plus emblématiques de l’architecte André Lurçat à Saint-Denis. Cette “unité de quartier” expérimentale lui permet de déployer à l’échelle des théories élaborées par ce militant communiste et grand résistant lors de voyages en URSS dans les années 1930 © Martin Argyroglo / CAUE 93
André Lurçat, un architecte municipal engagé
Le Vosgien André Lurçat (1894-1970) est probablement l'un des architectes qui se sont le moins compromis pendant le régime de Vichy. C'est pourquoi il sera choisi rapidement par la municipalité pour incarner, à la Libération, la renaissance architecturale de la ville, entachée par le mandat du collaborationniste Jacques Doriot. Ce militant marxiste sans concession, grand résistant pendant la Seconde Guerre mondiale, a séjourné plusieurs années (1934-1937) en Union soviétique, où il aura l'occasion d'approfondir plusieurs de ses thèses, et notamment de développer le concept d'« unité de quartier », qu'il applique pour la première fois dans la cité Paul-Langevin.
Ses premières années d'architecte verront avant tout des commandes de maisons-ateliers individuelles pour les artistes, au premier rang desquels son frère Jean Lurçat, dont on peut voir de nombreuses réalisations villa Seurat, à proximité du parc Montsouris dans le 14e arrondissement de Paris. Il s'oriente ensuite vers des réalisations plus importantes, comme l'emblématique groupe scolaire Karl-Marx à Villejuif (1933).
Après la Seconde Guerre mondiale, auréolé de son rôle dans la Résistance, il est choisi par le Ministère de la Reconstruction et de l'Urbanisme (MRU) pour reconstruire la ville de Maubeuge — sa réalisation la plus importante — et construira plusieurs cités, des groupes scolaires et un palais des sports à Saint-Denis, dont il devient l'architecte et l'urbaniste en chef.
Le Palais des Sports Auguste Delaune. Façade principale. 1960-1961 / Archives de la Ville de Saint-Denis ©Yves Guillemault
La cité Paul-Langevin : un « kvartal » à la française
Première cité reconstruite après guerre à Saint-Denis par le MRU, la cité Paul-Langevin est un emblème de la renaissance de la ville. Son architecture et sa conception urbaine, dont les travaux sont lancés en 1946, incarnent le rêve d'une modernité positive promue par le Parti communiste français au lendemain d'une guerre dont les massacres de masse ont traumatisé les consciences.
Héritier de la pensée marxiste, Lurçat pense que l'architecture peut profondément améliorer les conditions de vie. Il propose ici de tester à l'échelle réelle son projet d'« unité de quartier », réponse urbaine à l'« unité d'habitation » de Le Corbusier, avec lequel il aura publiquement de nombreux désaccords.
Le chantier de construction de la cité Paul-Langevin en 1948. L’un des ouvriers brandit fièrement “L’Humanité” / Archives municipales de Saint-Denis
Inspirée des « kvartal » (« quartier » en russe) soviétiques, l'unité de quartier se compose d'immeubles résidentiels aux proportions contrôlées, disposés harmonieusement autour d'espaces verts, de stationnements et d'équipements partagés. Si son organisation urbaine s'inspire de l'urbanisme soviétique et des cités-jardins, le traitement des façades reste lui dans la tradition du modernisme « Beaux-Arts » français.
Le cœur de la cité est extrêmement végétalisé, contrastant radicalement avec la ZAC Basilique et sa minéralité © Martin Argyroglo / CAUE 93
Un soin important a été apporté aux proportions par l'architecte, qui déclarait en 1954 au CIAM (Congrès international d'architecture moderne) : « Les distances entre les bâtiments sont justes et les dimensions des espaces libres bien à l'échelle de l'homme. »
La cité réalisée est plus modeste que les premiers plans de Lurçat, et compte 187 logements, 10 boutiques et 1 pavillon individuel réalisés (contre 240 logements sur les premiers plans du MRU). La grande qualité des espaces végétalisés et le plan d'urbanisme, qui relègue les stationnements automobiles sur les marges, en font un espace dont le fonctionnement reste très efficace plus de 80 ans après sa construction.
Les halls sont décorés, ici avec des motifs de fleurs (bleues, blanches, rouges), et traversants © Hugo Trutt / CAUE 93
Afin de singulariser les logements et d'éviter la monotonie, les halls ont été décorés par des artistes, dont Jean Amblard, également auteur d'une fresque murale monumentale dans la mairie de Saint-Denis. Ces décors animaliers et végétaux, gravés dans le ciment, ont été préservés lors des grandes campagnes de rénovation de la cité.
La cité Paul-Langevin est labellisée Architecture contemporaine remarquable. À quelques centaines de mètres de là, on peut voir d'autres réalisations plus tardives d'André Lurçat, parmi lesquelles la cité Pierre-Sémard, la cité Colonel-Fabien et la cité des Cosmonautes.
Photographie datée du 29 octobre 1946 : Les travaux d’assainissement et de canalisation de la “Vieille Mer” en prévision de la construction de la Cité Langevin / Archives Municipales de Saint-Denis
À noter : la cité Paul-Langevin est construite au-dessus de la Vieille Mer, ancien ru couvert de Seine-Saint-Denis. Si vous souhaitez découvrir cet ancien cours d'eau, retrouvez le parcours « La Vieille Mer, de la Seine au parc Georges-Valbon » sur l'application Détour.
Le Marché Couvert
Le marché de Saint-Denis est le plus fréquenté d’Île-de-France. Très vivante, sa grande halle s’ouvre le mardi, le vendredi et le dimanche matin de 7h30 à 13h30. Réalisée par Auguste-Joseph Magne en 1885, elle abrite depuis toujours les commerces de bouche permanents qui font la fierté de la ville © Martin Argyroglo / CAUE 93
Le marché à Saint-Denis, une histoire ancienne
Saint-Denis doit son prestige à sa basilique, mais ce n'est pas tout ! Depuis le Moyen Âge, la ville est connue dans l'Europe entière pour une grande manifestation marchande : la foire du Lendit (ou Landy). À l'origine, il s'agit d'un rassemblement religieux autour de deux reliques, qui fait venir à Saint-Denis les pèlerins. Progressivement, à partir du XIIe siècle, la foire devient une grande manifestation qui s'étend du deuxième mercredi de juin jusqu'au 23 juin, veille de la Saint-Jean-Baptiste. À l'occasion, des marchands de l'Europe entière viennent proposer à la vente des produits, majoritairement textiles (draps, teintures, etc.), et de nombreux animaux (moutons, chevaux, bétail).
La foire du Lendit, qui se tenait alors sur la place Panetière (aujourd'hui place Victor-Hugo), a été déménagée à son emplacement actuel lors de la construction de l'actuelle grande halle. Emblème de la ville, elle abrite le marché alimentaire et est ouverte les mardis, vendredis et dimanches. Parmi les plus actifs de la région francilienne, le marché peut attirer jusqu'à 25 000 personnes par jour. La municipalité communique sur un chiffre de 130 nationalités représentées sur les étals.
La Foire du Lendit vers 1330, sur une enluminure des “Grandes Chroniques de France” / Musée Goya de Castres- Giraudon
Un bâtiment emblématique de l'expansion des marchés couverts au XIXe siècle
Les modernisations de la région parisienne au XIXe siècle sont le résultat de politiques hygiénistes, de nouveaux moyens de production industriels et d'un certain goût bourgeois. Le marché de Saint-Denis est au cœur de ces trois préoccupations et s'inscrit dans la grande lignée des marchés couverts qui seront aménagés sur le territoire, reprenant l'exemple des grands pavillons réalisés par Victor Baltard pour les Halles de Paris (1852-1874), que Napoléon III avait qualifiés de « vastes parapluies ».
Les années qui suivent sont marquées par la multiplication de marchés couverts, remplaçant les marchés forains jugés insalubres. Les marchés couverts de l'époque ont en commun une architecture très liée aux matériaux de l'ère industrielle : la fonte, l'acier et le verre, qui permettent de créer à peu de frais des volumes remarquables. À Saint-Denis, ville densément construite, l'emplacement idéal pour un tel marché couvert sera trouvé sur un ancien îlot qui accueillait jusqu'alors une maison de répression.
Le marché vu depuis la dalle de l’îlot 7 de Francis Gaussel © Hugo Trutt / CAUE 93
La démolition de ces bâtiments pour laisser place au marché permet au passage d'assainir les circulations dans le centre-ville. La grande halle de Saint-Denis est ainsi réalisée en 1883 par Lance, l'architecte-voyer de la ville, qui couvre tout de même, sur la rue de Paris, la façade d'un mur en brique marqué du mot « Marché », qui cache la magnifique structure métallique intérieure. La façade arrière, elle, est traitée plus simplement et donne à voir sa réalité constructive.
La halle du marché est aujourd'hui dans un état proche de celui d'origine. Elle avait été modernisée par l'ajout d'auvents réalisés par Jean et Maria Deroche (AUA), associés au designer Jean Prouvé, auvents qui ont depuis été déposés.
L’intérieur de la grande halle de marché de Saint-Denis. Au mur une peinture pour les produits RIPOLIN © Martin Argyroglo / CAUE 93
Un témoignage du vieux Saint-Denis : la Maison des Arbalétriers
Construite au XVIIIe siècle, la « Maison des Arbalétriers » était à l'origine un séchoir à indiennes, du nom d'une technique de fabrication de cotons imprimés bon marché. Par les persiennes, laissées à l'air libre, l'air circulait pour sécher les étoffes teintes. Un siècle plus tard, l'ancien séchoir est transformé en habitation.
L'origine du nom est incertaine, mais il s'agit probablement d'un terme de charpente : le mot « arbalétrier » désigne aussi une poutre oblique qui fait saillie sur l'extérieur et soutient le toit.
Lors de la rénovation de la ZAC Basilique, la Maison des Arbalétriers est en ruine et menace de s'effondrer. La ville décide de procéder à sa restauration et la déplace à proximité du marché et de l'îlot réalisé par l'architecte Francis Gaussel. La charpente est démontée pièce par pièce, puis restaurée avec minutie. Afin de maintenir l'ensemble, une structure métallique est ajoutée, et la Maison des Arbalétriers est installée à son emplacement actuel en 1986. À son pied, une brasserie a été installée, donnant à l'édifice une nouvelle vie !
La maison des Arbalétriers aujourd’hui, après son sauvetage dans les années 1980 © Hugo Trutt / CAUE 93
🎧 En écoute
Pour découvrir l’ambiance du marché de Saint-Denis, écoutez les commerçants et les habitués du marché.
La rue de la république
Rue commerçante et cœur marchand du centre-ville de Saint-Denis, la rue de la République est héritière de tracés viaires médiévaux. Elle relie aujourd’hui symbolique la basilique cathédrale de Saint-Denis, qui a fait la fortune de la ville, et Saint-Denys-de-l’Estrée (1867), paroisse réalisée par Viollet-le-Duc pour les travailleurs du quartier industriel qui se développait au XIXe siècle à proximité des canaux, à l’écart du centre-ville de Saint-Denis © Martin Argyroglo / CAUE 93
En descendant vers le sud depuis la halle du marché, on arrive à un croisement emblématique de Saint-Denis : le croisement de la rue Gabriel-Péri et de la rue de la République. Le lieu-dit des « Quatre-Rues » est d'ailleurs souvent figuré sur les cartes postales anciennes.
La Pharmacie des 4 rues, en 1903, sur une carte postale ancienne de la "Belle-époque" / Archives Municipales de Saint-Denis
Ce croisement correspond à celui de deux tracés majeurs dans l'histoire de Saint-Denis.
La rue Gabriel-Péri a été connue sous plusieurs noms dans l'histoire de Saint-Denis : d'abord rue d'Enghien, rue de Paris, avenue de Saint-Denis, avant de prendre le nom de Gabriel-Péri (journaliste, homme politique et résistant, fusillé au Mont-Valérien). Son tracé reprend celui de l'ancien mur de fortifications entourant la ville de Saint-Denis.
Lors de son ouverture, pendant la première moitié du XVIIIe siècle, l'actuelle rue Gabriel-Péri était avant tout une voie de contournement permettant d'éviter la ville sans être ralenti par l'urbanisme labyrinthique de son centre-ville. Le développement urbain l'a progressivement fait passer du statut de voie de contournement à celui de boulevard urbain de Saint-Denis.
La rue Gabriel-Péri est le boulevard qui ceinture la ville médiévale. Sur cette vue, l’avenue file vers le nord, construite sur les anciennes fortifications. A gauche, la rue de la Boulangerie, issue du tissu médiéval / Archives de la ville de Saint-Denis
La rue de la République a été connue jusqu'en 1893 sous le nom de « rue Compoise », dérivation populaire de « Pontoise », vers laquelle ce chemin menait. Elle a toujours été considérée comme l'axe principal du centre-ville, menant à la Basilique-Cathédrale de Saint-Denis. Elle est historiquement un axe très commerçant, ce qui est encore le cas aujourd'hui, où de nombreux magasins indépendants et franchises y sont implantés.
Dès 1923, un journaliste écrivait au sujet de la rue de la République : « Chaque soir, sans exception, jusque vers sept heures trente, une longue file de petites voitures de légumes et de fruits s'allonge contre le trottoir, entourée d'essaims d'acheteuses pressées. Cette foule mêlée accuse la diversité d'origine de ses éléments : blonds filasse du Nord et surtout Celtes blonds émigrés de Bretagne, bruns méridionaux au verbe sonore, Italiens, Espagnols, Arabes. » (source : Archives de Saint-Denis)
Le tumulte de la rue de la république dans les années 1960. Elle n’est alors pas encore piétonnisée / Archives de la VIlle de Saint-Denis
Le long de cette rue, on peut observer plusieurs réalisations remarquables, comme le bureau de poste (1882), au n°59, très élégante réalisation qui coïncide avec la réussite industrielle de la ville. On peut aussi faire un rapide détour pour observer le parking des Chaumettes (6 rue des Chaumettes), réalisé par l'architecte Christian Devillers (1984), qui recevra une Équerre d'argent pour ce très élégant bâtiment utilitaire inspiré de la Maison de verre de Pierre Chareau (1931).
Le parking des Chaumettes : une “équerre d’argent” inattendue dans le coeur de ville !© Hugo Trutt / CAUE 93
Une église à l'autre bout de la rue : Saint-Denys-de-l'Estrée
De la rue de la République, on observe non pas une mais deux clochers ! La Basilique-Cathédrale, évidemment, mais aussi une réalisation plus récente : l'église Saint-Denys-de-l'Estrée (dite « Église Neuve »), réalisée par Eugène Viollet-le-Duc entre 1864 et 1866.
Cette église « neuve » accompagne le développement de la ville, qui se tourne alors vers le nouveau quartier de la gare pour son développement économique. Le secteur est idéalement placé pour les industries et les activités productives, avec le passage du canal Saint-Denis et celui du chemin de fer. C'est ainsi qu'on trouve rue Brise-Échalas les anciens abattoirs municipaux de Saint-Denis, et des chantiers navals à l'emplacement de l'actuel 6B.
L'église Saint-Denys-de-l'Estrée permet d'accueillir les habitants de ce nouveau quartier, d'origine modeste. L'architecte Viollet-le-Duc ne peut s'affranchir du contexte et oriente l'église pour qu'elle fasse face à la basilique, là où les conventions habituelles dans le monde chrétien auraient orienté son chevet vers le soleil levant.
Eglise paroissiale Saint-Denys de l'Estrée - Projet de construction : plan d'élévation de la façade latérale, par Eugène Viollet-le-Duc / Archives municipales de Saint-Denis (23 Fi 2 / 1861)
Accéder au parcours
Tramway
Basilique de Saint-Denis, 5 minutes de marche (Ligne T1)
RER
Saint-Denis, puis 15 minutes de marche (RER Ligne D)
Métro
Basilique de Saint-Denis, à 2 minutes du point de départ (Ligne 13)


