V2_Du village de Cergy à la ville nouvelle de Cergy-Pontoise
Cergy
Dans le cadre des Journées Nationales d'Architecture 2026, nous allons (re)découvrir ensemble la ville nouvelle de Cergy-Pontoise à travers différents lieux qui en offrent différentes facettes.
Lors de création de Cergy-Pontoise, cinq autre villes nouvelles se développent en parallèle, fixant toutes les mêmes objectifs : - le choix du site déterminant ; - une qualité de vie associée aux services de proximité (quartiers) et au paysage (ville-nature) ; - l'objectif d'un ... pour un emploi afin d'être la production de villes dortoirs.
De l'utopie de la ville nouvelle aux projets de renouvellement urbain : comment l'héritage architectural et urbain de Cergy est-il réinterprété aujourd'hui ?

Parcours réalisé dans le cadre de la collection Archipel Francilien des CAUE d'Île-de-France, avec le soutien de la Direction Régionale des Affaires Culturelles Île-de-France.
Remerciements
La Communauté d'Agglomération de Cergy-Pontoise.
Alessandro Gess, architecte associé à l'AUC.
Aperçu du parcours
Cergy Grand centre : héritage urbain et transformation contemporaine
Cergy-Préfecture constitue l'une des pièces majeures de la composition urbaine de la Ville Nouvelle. Conçu comme un centre d'agglomération, le quartier rassemble équipements culturels, commerces, enseignement supérieur, bureaux, logements et infrastructures de transport.
Cergy-Préfecture depuis l'hôtel d'agglomération © Martin Argyroglo
Cette centralité s'appuie sur plusieurs principes caractéristiques de l'urbanisme de la seconde moitié du XXe siècle. L'un des plus visibles est la séparation des circulations qui a pour but de faciliter les déplacements. Infrastructures routières, transports collectifs et cheminements piétons sont organisés selon différents niveaux, donnant naissance à un système complexe de dalles, de passerelles et d'espaces publics superposés.
La dalle et les espaces publics
La dalle de Cergy-Préfecture © Martin Argyroglo
La dalle de Cergy-Préfecture, sur laquelle vous vous trouvez, traduit cette volonté de séparation des flux. En superposant les différents modes de déplacement, elle libère de vastes espaces dédiés aux piétons et relie entre eux les équipements publics, commerces, lieux d'enseignement et espaces de rencontre. L'espace public devient ainsi un véritable élément de composition, où les usages collectifs occupent une place centrale.
Architecture, composition urbaine et paysage
Alignement des immeubles de logement de Cergy-Préfecture © Martin Argyroglo
Les bâtiments du quartier forment un ensemble cohérent, organisé par des alignements, des perspectives et des séquences spatiales de bâti et d'espace "naturel". La composition urbaine s’inscrit dès l’origine dans le paysage : topographie, vues lointaines et grandes perspectives structurent l’organisation de la ville. Cette relation au paysage constitue un fondement du projet de Cergy. Elle trouve son expression la plus aboutie dans l'Axe Majeur, vers lequel le parcours se dirige progressivement.
Le patrimoine urbain en transformation
Aujourd'hui, ces espaces font l'objet d'une nouvelle phase de projet. Les transformations engagées dans le cadre de Cergy Grand Centre interrogent la capacité des formes urbaines héritées de la Ville Nouvelle à répondre aux enjeux contemporains. Comment adapter des espaces, conçus entre 1960 et 1978, aux attentes actuelles en matière d'usages, de mobilité, de confort climatique ou de qualité résidentielle ?
Coupe longitudinale du centre préfecture, dans la revue Techniques et Architecture n°301, novembre 1974
Les opérations en cours apportent une réponse fondée sur la transformation plutôt que sur le remplacement. Elles s'appuient sur les qualités existantes du site — sa centralité, son accessibilité, la générosité de ses espaces publics, la présence du paysage — pour faire évoluer le quartier. La question n'est plus seulement celle de la conservation du patrimoine architectural, mais celle de l'actualisation du fonctionnement de la ville nouvelle.
Axonométrie du projet Cergy Grand Centre, dans la revue D'Architectures n°279, mars 2020
Cergy Grand Centre apparaît ainsi comme un laboratoire de la transformation de ville moderne : un lieu expérimental où l'héritage urbain, architectural et paysager se mêle aux préoccupations des projets contemporains.
Cergy Grand centre : héritage urbain et transformation contemporaine
Cergy-Préfecture constitue l'une des pièces majeures de la composition urbaine de la Ville Nouvelle. Conçu comme un centre d'agglomération, le quartier rassemble équipements culturels, commerces, enseignement supérieur, bureaux, logements et infrastructures de transport.
Cergy-Préfecture depuis l'hôtel d'agglomération © Martin Argyroglo
Cette centralité s'appuie sur plusieurs principes caractéristiques de l'urbanisme de la seconde moitié du XXe siècle. L'un des plus visibles est la séparation des circulations qui a pour but de faciliter les déplacements. Infrastructures routières, transports collectifs et cheminements piétons sont organisés selon différents niveaux, donnant naissance à un système complexe de dalles, de passerelles et d'espaces publics superposés.
La dalle et les espaces publics
La dalle de Cergy-Préfecture © Martin Argyroglo
La dalle de Cergy-Préfecture, sur laquelle vous vous trouvez, traduit cette volonté de séparation des flux. En superposant les différents modes de déplacement, elle libère de vastes espaces dédiés aux piétons et relie entre eux les équipements publics, commerces, lieux d'enseignement et espaces de rencontre. L'espace public devient ainsi un véritable élément de composition, où les usages collectifs occupent une place centrale.
Architecture, composition urbaine et paysage
Alignement des immeubles de logement de Cergy-Préfecture © Martin Argyroglo
Les bâtiments du quartier forment un ensemble cohérent, organisé par des alignements, des perspectives et des séquences spatiales de bâti et d'espace "naturel". La composition urbaine s’inscrit dès l’origine dans le paysage : topographie, vues lointaines et grandes perspectives structurent l’organisation de la ville. Cette relation au paysage constitue un fondement du projet de Cergy. Elle trouve son expression la plus aboutie dans l'Axe Majeur, vers lequel le parcours se dirige progressivement.
Le patrimoine urbain en transformation
Aujourd'hui, ces espaces font l'objet d'une nouvelle phase de projet. Les transformations engagées dans le cadre de Cergy Grand Centre interrogent la capacité des formes urbaines héritées de la Ville Nouvelle à répondre aux enjeux contemporains. Comment adapter des espaces, conçus entre 1960 et 1978, aux attentes actuelles en matière d'usages, de mobilité, de confort climatique ou de qualité résidentielle ?
Coupe longitudinale du centre préfecture, dans la revue Techniques et Architecture n°301, novembre 1974
Les opérations en cours apportent une réponse fondée sur la transformation plutôt que sur le remplacement. Elles s'appuient sur les qualités existantes du site — sa centralité, son accessibilité, la générosité de ses espaces publics, la présence du paysage — pour faire évoluer le quartier. La question n'est plus seulement celle de la conservation du patrimoine architectural, mais celle de l'actualisation du fonctionnement de la ville nouvelle.
Axonométrie du projet Cergy Grand Centre, dans la revue D'Architectures n°279, mars 2020
Cergy Grand Centre apparaît ainsi comme un laboratoire de la transformation de ville moderne : un lieu expérimental où l'héritage urbain, architectural et paysager se mêle aux préoccupations des projets contemporains.
Les architectures emblématiques du Grand Centre
L'hôtel d'agglomération, la tour EDF et la préfecture © Martin Argyroglo
Un laboratoire architectural à ciel ouvert
Le Grand Centre de Cergy rassemble plusieurs bâtiments devenus emblématiques de la Ville Nouvelle et qui participent à la construction de son identité. Leur architecture témoigne d'une période où Cergy constitue un terrain d'expérimentation pour les architectes qui cherchent à inventer de nouvelles formes urbaines et architecturales, au service des quartiers en transformation.
La préfecture : une architecture-signal
La préfecture du Val-d'Oise constitue le premier grand équipement réalisé à Cergy et marque symboliquement la naissance du nouveau département et de la Ville Nouvelle. Conçue par l'architecte Henry Bernard, assisté de Pierre Mougin et Robert Décosse, elle est inaugurée en 1970.
Vue aérienne de la préfecture achevée, 1970 © Documentation française, Ecpad
Remarquez la forme spectaculaire de pyramide inversée, une architecture héritée de la tradition des Beaux-Arts. Le bâtiment est composé d'un vaste socle carré de près de 60 mètres de côté, sur lequel viennent se superposer quatre niveaux de bureaux en encorbellement successifs.
Vue de la préfecture achevée, 1970 © Alain Betry, CACP
Son vaste hall traversant, largement vitré à l'origine, était conçu comme un lieu de passage et de rencontre, illustrant l'ambition de créer une administration plus accessible et davantage intégrée à la vie quotidienne de la ville.
L'Hôtel d'agglomération : la mixité des usages
Le centre culturel et administratif (actuel Hôtel d'agglomération), juillet 1978 © CACP
Conçu par les architectes Claude Vasconi et Georges Pencreac'h et achevé au milieu des années 1970, l'Hôtel d'agglomération est pensé pour être capable d'accueillir une grande diversité de fonctions et d'usages. En traversant le lieu, vous pourrez remarquer que des équipements administratifs, espaces culturels, commerces, logements et lieux de loisirs cohabitent au sein d'un même ensemble architectural, ce qui traduit l'ambition de créer un centre-ville vivant tout au long de la journée.
Couverture de la place des Arts par une verrière, juillet 1978 © CACP
Le bâtiment se distingue par une composition volumétrique complexe, faite d'emboîtements, de terrasses et de niveaux superposés qui répondent à l'organisation de la dalle. Les façades, les menuiseries et certains éléments de structure utilisent des teintes vives. Cet usage de la couleur participe à l'identité visuelle du Grand Centre.
Les tours : transformer sans effacer
La tour des Cerclades © Martin Argyroglo
La tour des Cerclades, conçue par Martine et Philippe Deslandes et achevée en 1974, adopte une forme radiale en « fleur », organisée autour d’un noyau central regroupant escaliers et ascenseurs. Depuis ce cœur, les logements se déploient en périphérie comme des pétales, offrant une grande diversité d’orientations et de vues. Les habitations, compactes, sont pensées pour des ménages en début de parcours résidentiel, notamment jeunes couples ou étudiants, d'où le surnom de « tour des Jeunes Mariés ».
Plan d'un étage courant © Philippe Deslandes, architecte
La couleur bleue de son enveloppe, renouvelée lors des campagnes de réhabilitation thermique menées par Val d’Oise Habitat dans les années 2010, contribue à son identification immédiate dans la composition urbaine. Cette intervention, conduite par l’agence d’architecture Antoine Felletin, a permis d’améliorer les performances énergétiques du bâtiment tout en conservant son identité architecturale caractéristique.
La tour EDF : transformer un repère de la Ville Nouvelle
Tour EDF © Martin Argyroglo
Conçue par l’architecte Renzo Moro et réalisée en 1974, la tour EDF traduit une autre ambition de la Ville Nouvelle : accueillir sur place emplois et activités économiques.
Aujourd’hui, l’édifice fait l’objet d’un projet de transformation majeur confié à l’architecte Pablo Katz (agence NODOS), porté par Linkcity.
Axonométrie de principe des démolitions © Pablo Katz
L’intervention s’inscrit dans une logique de réemploi du bâti existant en réduisant la hauteur du bâtiment. Les niveaux supérieurs et les éléments techniques sont supprimés pour des raisons de sécurité incendie, ce que l'architecte regrette, mais cela lui permet d’améliorer les performances énergétiques de la tour et de lui ajouté un couronnement végétalisé.
Les usages sont aussi convertis vers un programme mixte associant bureaux, logements étudiants et services, en lien direct avec les flux du Grand Centre.
Vue perspective du projet fini © Pablo Katz
Ces transformations invitent à considérer l’architecture de la Ville Nouvelle comme un patrimoine vivant, dont la valeur réside autant dans sa capacité d'évolution que dans son héritage historique.
Le parc de la Préfecture: le paysage comme structure urbaine
Le parc de la préfecture © Martin Argyroglo
Un vide urbain au coeur de la Ville Nouvelle
Le parc de la Préfecture, à l’origine aménagé en 1974 par D. Lovejoy, S. Provost et J. Waley, s’étend en contrebas de la préfecture. Il fait le lien entre la dalle, très urbanisée, et un espace vert aéré. Aussi appelé parc François Mitterrand, il illustre la logique de la Ville Nouvelle : le paysage comme élément actif de la composition urbaine. Plus qu’un simple espace vert, c’est un vide structurant l'organisation du Grand Centre.
Immeubles du Chemin Dupuis © Martin Argyroglo
Des immeubles du Chemin Dupuis ont une vue magnifique sur le parc.
L’ESSEC : une grande école dans la Ville Nouvelle
Vue aérienne de l'ESSEC, 1979 © Image Sol'Air 95
L’installation de l’ESSEC à Cergy en 1973 constitue un événement majeur dans la construction de la Ville Nouvelle : il s’agit de la première grande école à quitter Paris pour s’implanter en périphérie, amorçant ainsi la constitution d’un véritable pôle universitaire.
Le campus est conçu par l’architecte Yvan Seifert, dans une logique d'ouverture sur le parc et la dalle. L’ensemble est organisé en volumes bas, en briques peintes en blanc, percés de larges baies, qui s’insèrent dans le paysage. Cette implantation repose sur la relation entre les espaces d’enseignement et le parc, prolongée par des passerelles qui relient le campus aux quartiers voisins.
Vue aérienne de l'ESSEC en 2022 © Laurent Grandguillot, REA
Au fil du temps, le site connaît plusieurs extensions, traduisant l’évolution de l’école et de ses besoins. L’une des principales campagnes d’agrandissement est réalisée par Marc Seifert, fils de l’architecte initial. De 19 000 m² au départ, l’ensemble atteint aujourd’hui près de 60 000 m².
Aujourd’hui, l’ESSEC s’inscrit pleinement dans la dynamique du Grand Centre comme un campus métropolitain intégré, en lien avec les projets de renouvellement urbain et de consolidation du pôle d’enseignement supérieur de Cergy.
L’ENSAPC : un campus en transformation
L’École nationale supérieure d’arts de Paris-Cergy s’installe à Cergy en 1975, dans un premier temps au sein de locaux provisoires liés à l’enseignement de l’architecture. Elle occupera ensuite un bâtiment spécifique construit à proximité du parc de la Préfecture.
Hall de l'ENSAPC en 2011 © Philippe Ayrault
Le parti pris de l'architecte Jean-Pierre Buffi est de donner à l’établissement une présence publique dans la rue. Le bâtiment se distingue par une façade extérieure sobre mais monumentale, une cour intérieure profonde, qualifiée de « basilicale » par l’architecte, et un réseau élaboré de circulations reliant les espaces intérieurs entre eux et à l’extérieur. Le hall d’entrée joue un rôle central : il sert à la fois de seuil transparent entre la rue et la cour, de lieu d’accueil et de nœud des parcours dans l’école.
Mais rapidement, les limites du premier édifice apparaissent : manque de flexibilité des espaces, insuffisante adaptation aux pratiques pédagogiques contemporaines et difficultés liées à la conception initiale des volumes et des grandes baies vitrées.
Le projet actuel prévoit la construction d’un nouvel équipement, mieux adapté aux pratiques de l’enseignement artistique contemporain : ateliers évolutifs, espaces de travail modulables et relation plus directe avec les espaces extérieurs.
Ces transformations illustrent une évolution importante du Grand Centre : les équipements de la Ville Nouvelle, initialement conçus dans une logique expérimentale et programmatique forte, doivent aujourd’hui s’adapter à des usages plus variés, plus hybrides et plus évolutifs.
Les passerelles : relier la ville en superposition
Passerelle piétonne © CAUE 95
Le système de passerelles constitue l’un des dispositifs caractéristiques de Cergy-Préfecture. Il permet d’assurer la continuité des déplacements piétons en franchissant les infrastructures routières et les différences de niveau entre la dalle, les équipements et le parc. Ces ouvrages participent à la lecture du site : en surplomb du parc, ils offrent des points de vue sur les bâtiments majeurs du centre et révèlent la composition en strates de la Ville Nouvelle. Empruntez ces passerelles pour vous rendre au prochain point !
Habiter le Ponceau : cohésion de quartier et réhabilitation thermique
Le quartier du Ponceau aujourd'hui © Martin Argyroglo
Le quartier du Ponceau, situé au nord du village de Cergy, forme une zone de transition entre le village ancien et la Ville Nouvelle. Il s’étire sur environ un kilomètre le long de l’avenue du Nord. Construit en 1978, il s’inscrit dans les réflexions du Plan Construction des années 1970, qui cherche à proposer des alternatives aux grands ensembles, tout en intégrant des préoccupations liées à la qualité de vie et son environnement.
Retrouver une échelle domestique
Issu des expérimentations du concours Programme Architecture Nouvelle (PAN), le projet est conçu par l’agence ETRA, lauréate en 1973. L’ensemble propose une architecture originale pour l’époque : volumes imbriqués, rues à différents niveaux, terrasses, petits espaces variés, et couleurs vives (rose, bleu, jaune), inspirée notamment des villages perchés du sud de la France. Cette esthétique a pu surprendre, voire choquer, lors de sa construction.
Système constructif mis en œuvre © ETRA Architectes
Cette approche de volumes fortement découpés a été rendue possible en appliquant le procédé constructif « Coignet » : la trame de base est un module carré dont la structure en béton permet de distribuer librement les cloisonnements intérieurs. Elle permet de réaliser à l'extérieur les retraits des terrasses.
Le quartier mêle différents types de logements : environ deux tiers en copropriété et un tiers de logements sociaux. Il comprend aussi quelques équipements (école, crèche, maison des associations, terrain de sport) ainsi qu’un immeuble de bureaux. En revanche, peu de commerces ont été réalisés, car les pôles commerciaux voisins sont facilement accessibles à pied.
Le projet repose sur plusieurs principes : offrir, même en habitat dense, des conditions proches de la maison individuelle (espaces extérieurs, logements spacieux), créer un quartier vivant, avec des rues, places et espaces verts favorisant la vie de quartier, assurer une cohérence architecturale grâce à l’usage de mêmes matériaux et formes et utiliser des procédés constructifs standardisés mais adaptés selon les situations.
Rue haute, passerelle reliant les différents îlots de l'opération © Martin Argyroglo
Enfin, en mélangeant les types de logements et les niveaux de revenus, en organisant les circulations de manière à favoriser les rencontres entre habitants, grâce à des rues piétonnes, placettes et espaces partagés, le Ponceau vise une certaine mixité sociale et urbaine.
Des difficultés financières
Depuis sa construction, le quartier a subi de nombreuses opérations de rénovation mais la situation financière de la copropriété fragilise d’années en années la situation de cet habitat groupé. Différents travaux de ravalement et d’isolation ont grandement modifié l’aspect initial du quartier en recouvrant certaines façades d’un nouveau parement.
Projet de réhabilitation de 1994, traitement chromatique de la façade sud-est © Atelier F&M Cler
Une fiche de l’observatoire revient plus en détails sur ces différents travaux de rénovation.
Habiter le village de Cergy : un avant/après de la ville nouvelle
Village de Cergy © Martin Argyroglo
Noyau ancien de Cergy
Vous vous trouvez maintenant à Cergy Village qui correspond au bourg historique de Cergy. Son origine remonte à plusieurs siècles, bien avant la Ville Nouvelle. Implanté sur le bord de l’Oise, il était autrefois composé de plusieurs hameaux le long de la rue Nationale.
Carte postale ancienne du village de Cergy, actuelle rue de Neuville © B.F., Paris
Le site est longtemps resté un petit village agricole et maraîcher, organisé autour de la rivière et de terres fertiles de la vallée de l’Oise. Ce tissu ancien subsiste aujourd’hui au sein de la ville contemporaine : ruelles, bâti ancien, anciens murs d’enceinte et vestiges du domaine religieux. Avec la création de Cergy-Pontoise, le village devient un point de repère historique de ce qui a précédé, que l’urbanisation contemporaine a en partie intégrée sans effacer.
L’architecture rurale
Rue nationale © CAUE 95
Le village de Cergy conserve plusieurs exemples de corps de ferme reconvertis en habitations ainsi que des demeures bourgeoises le long de la rue Nationale. Ces constructions anciennes présentent une réelle unité d’ensemble : maisons et fermes s’alignent sur la rue, à hauteur homogène, avec des corniches formant un fil continu d’un bâtiment à l’autre. Les demeures bourgeoises font toutefois exception à cette composition, en s’implantant en retrait, libérant des jardins d’agrément en façade.
Un exemple de demeure bourgeoise se trouve au 51 Rue nationale et un exemple de corps de ferme reconverti au 28 Rue nationale.
Cergy-Village : un village historique conservé
Mairie-école © CAUE 95
Si vous souhaitez faire un détour par la gauche, vous pourrez trouver le village historique de Cergy-Village et ses édifices anciens. La mairie-école de Cergy, inaugurée en 1912, illustre l’organisation typique des édifices publics de la IIIe République. Elle associe un corps central dédié à la mairie, encadré par les écoles de filles et de garçons, conformément aux principes éducatifs de l’époque. L’édifice connaît une première extension en 1958 puis une reconstruction en 1993, dans un style respectueux du caractère vernaculaire du village. Aujourd’hui devenue mairie annexe, elle conserve une vocation mixte, témoignant de la continuité des usages publics au cœur de Cergy-Village.
L’église Saint-Christophe
Église Saint-Christophe et le village © Martin Argyroglo
L’église Saint-Christophe de Cergy est le principal monument du village et l’un des édifices les plus anciens du Val-d’Oise. Son histoire est complexe et s’étend sur plusieurs siècles, ce qui explique son aspect fragmenté et incomplet.
L’église se distingue par la superposition de trois grandes strates architecturales avec une base romane (XIe–XIIe siècle) dont subsiste le clocher qui est l’un des plus anciens de la région, des extensions gothiques liées au développement du chœur et des espaces liturgiques ainsi qu’une façade et des ajouts Renaissance dont un portail monumental inachevé. La disparition de la nef au début du XXe siècle laisse un espace ouvert entre les parties conservées. L’église apparaît ainsi comme un bâtiment partiellement « inachevé » ou « déconstruit », où les différentes périodes restent visibles sans fusion harmonieuse.
Portail de l'église © Archives de la ville de Cergy
Longtemps centre de la vie villageoise, l’église Saint-Christophe perd son rôle structurant avec la création de la Ville Nouvelle. Elle devient progressivement un objet patrimonial isolé, entouré par des aménagements contemporains. Ce statut en fait un élément clé de la stratégie de mise en valeur du « vieux Cergy ». À partir des années 1970-1980, les urbanistes cherchent à intégrer ce patrimoine ancien dans la lecture d’ensemble de la Ville Nouvelle, afin de maintenir un lien entre histoire locale et projet urbain contemporain.
Le potager urbain et le Projet Alimentaire Territorial
Vue aérienne de la boucle de l'Oise, vers 1970 © Archives municipales de Cergy
Longtemps marqué par une activité agricole et maraîchère, le territoire de Cergy-Pontoise voit aujourd’hui émerger de nouvelles formes d’agriculture urbaine. Le potager Label Vie en constitue un exemple : installé sur une ancienne friche qui accueillait autrefois un stade sportif, il témoigne du retour de la production agricole au cœur de la ville.
Du passé agricole au retour de l’agriculture en ville
Créé en 2021 à l’initiative de la maraîchère Delphine Tavernier, dans le cadre d’un appel à projets de la Ville de Cergy, le potager Label Vie s’étend aujourd’hui sur 1,3 hectare. Il fonctionne selon les principes de l’agroécologie et de la permaculture, en s’appuyant sur les cycles naturels et la préservation de la biodiversité. On y cultive des légumes de saison, des fleurs comestibles et des plantes sauvages, dans une démarche attentive à la qualité des sols et aux équilibres entre les différents êtres vivants.
Potager Label Vie © Ville de Cergy - Céline Sturm
La production est commercialisée localement, en vente directe et en circuit court. Mais le potager ne se limite pas à sa fonction productive : il constitue également un lieu de transmission, de sensibilisation et de rencontre. Des visites scolaires, des ateliers, des journées d’immersion et différentes animations y sont organisés autour du sol, des plantes, des saisons et du vivant. L’agriculture devient ainsi un support pédagogique et un moyen de reconnecter les habitants aux conditions de production de leur alimentation.
L’agroécologie désigne une manière de produire qui s’inspire des fonctionnements naturels et cherche à maintenir un équilibre entre la terre, les plantes, les animaux et les humains. Elle permet d’apporter des réponses aux enjeux environnementaux liés à l’agriculture et à l’alimentation, tout en prenant en compte leurs dimensions sociales et économiques.
Une agriculture pensée à l’échelle du territoire
Le potager Label Vie s’inscrit également dans une réflexion plus large portée par le Projet Alimentaire Territorial (PAT) de Cergy-Pontoise / Vexin Français. Celui-ci vise à accompagner la transition agricole et alimentaire du territoire en rapprochant les différents acteurs de la chaîne alimentaire : producteurs, transformateurs, distributeurs et consommateurs.
Parc Naturel Régional du Vexin français © Ville de Cergy
L’objectif est notamment de développer les circuits courts et les filières locales, d’améliorer la qualité et l’accessibilité de l’alimentation et de répondre aux enjeux environnementaux et socio-économiques propres au territoire. Le PAT s’appuie sur un diagnostic agricole et alimentaire réalisé fin 2020, qui a permis d’identifier les ressources, les besoins et les dynamiques existantes.
Son programme d’actions s’organise autour de cinq ambitions : maintenir une agriculture ancrée dans son territoire, accompagner la transition des systèmes agricoles afin de préserver les ressources et la santé, soutenir la création de filières locales, développer une restauration collective locale et permettre à tous l’accès à une alimentation saine et de qualité, enfin, former et créer des emplois dans les métiers de l’agriculture et de l’alimentation.
À travers le potager Label Vie comme à travers le PAT, l’agriculture n’est donc plus uniquement envisagée comme une activité périphérique. Elle redevient une composante du territoire urbain, participant à la fois à sa production alimentaire, à son économie locale, à son paysage et à la sensibilisation des habitants.
Les sentes de Cergy
Vue sur le quartier préfecture depuis l'entrée des sentes © Martin Argyroglo
Les sentes du vieux village de Cergy constituent un élément patrimonial majeur, même si elles sont souvent moins connues que l'église Saint-Christophe ou les grandes réalisations de la Ville Nouvelle. Leur histoire est intimement liée à la topographie du coteau dominant l'Oise, et à l'ancienne économie viticole du village.
Un réseau hérité du village médiéval
Le vieux Cergy s'est développé sur le versant de la boucle de l'Oise. Contrairement à un village organisé selon un plan régulier, son tissu urbain s'est constitué progressivement autour d'une rue principale, complétée par un maillage très dense de ruelles reliant les anciens hameaux associés, de passages et de sentes entre maisons, jardins, vignes et berges de l'Oise.
Les sentes et la viticulture
Jusqu'au XIXᵉ siècle, Cergy est essentiellement un village viticole. Les coteaux bien exposés étaient couverts de vignes. Les sentes permettaient d'accéder à une multitude de petites parcelles souvent closes de murs.
Après la crise du phylloxéra, les vignes furent progressivement remplacées par des vergers, des prairies puis des jardins. Beaucoup de ces parcelles sont encore visibles aujourd'hui derrière les fronts bâtis, desservies par les mêmes sentes historiques.
Un patrimoine remarquablement conservé
Le choix de la Ville Nouvelle de contourner le village a permis de conserver les murs en pierre, les escaliers, les passages étroits, les venelles plantées et les petits jardins en terrasse.
Sente arborée © CAUE 95
Le réseau de sentes est aujourd'hui considéré comme un élément structurant du paysage historique du village. Depuis plusieurs années, la ville cherche à remettre en valeur ce maillage piétonnier en faisant des sentes un parcours de découverte reliant les bords de l’Oise au village et aux équipements structurants de Cergy.
Ces sentes racontent encore aujourd'hui l'organisation de l'ancien village et ses hameaux. En les parcourant, on peut presque lire les différentes couches de son histoire, à savoir les chemins agricoles hérités de la viticulture, les parcours de l'eau (sources, fontaines, lavoirs), les limites des anciennes propriétés et des jardins.
Lavoir de la sente des roches
Lavoir de la sente des roches © CAUE 95
En empruntant la Sente des Roches, près du sentier, il est possible de voir un lavoir de style rocailleur. Ce style utilise du béton qui imite le bois par des couches successives travaillées alors que le matériau est encore frais. Ce lavoir servait à rincer le linge après l’avoir lavé et témoigne des nombreuses sources émergeant du coteau du village.
Maison et parc Anne et Gérard Philipe
Accès à l'Oise depuis les sentes © CAUE 95
A la fin des sentes on retrouve la maison Anne et Gérard Philipe. Cette maison bourgeoise du XIXe siècle a appartenu à l’acteur Gérard Philipe, qui en fait sa maison de campagne à partir de 1954 et y installe son cabinet de travail pour écrire entre deux tournages et tournées théâtrales. Vendue en 1973 à l’EPA de Cergy-Pontoise, elle devient un lieu de mémoire, de rencontres et d’expositions, avant d’être rachetée par la ville en 2000, qui l’ouvre ensuite au public pour des animations consacrées à l’acteur. Labellisée « Patrimoine d’intérêt régional » en 2021, elle fait aujourd’hui l’objet d’une réhabilitation soutenue par la Fondation du Patrimoine afin d’accueillir à nouveau du public. Orienté vers l'Oise, le parc continue par ailleurs d’accueillir des événements tels que La Guinguette de Cergy.
Habiter le lotissement des Bellevues, vue vers l’Axe Majeur
Lotissement des Bellevues, rue du Pampre d'Or © Martin Argyroglo
Le lotissement des Bellevues est conçu au cours de la seconde moitié des années 1970 par l’architecte Georges Pappas. Il compte alors parmi les nombreux architectes sollicités par l’EPA de Cergy-Pontoise pour réaliser des opérations de logements de taille moyenne.
Pappas intervient parallèlement dans plusieurs villes nouvelles — Cergy-Pontoise, Marne-la-Vallée, Évry ou encore Melun-Sénart. Son architecture cherche un équilibre entre une organisation fonctionnelle des logements, une écriture sobre mais expressive et une maîtrise des coûts de construction.
Une architecture à échelle domestique
Lotissement des Bellevues, rue du Pampre d'Or © Martin Argyroglo
Livré en 1983, le lotissement des Bellevues se distingue des grandes opérations monumentales qui apparaissent à la même période, notamment celles de Ricardo Bofill ou d’Henri Ciriani. Ici, l’ambition est au contraire de conserver une échelle domestique et une image proche du quartier pavillonnaire.
Les 25 maisons sont individuelles ou groupées et organisées en petites séquences. Leur implantation permet d’atteindre une certaine densité tout en préservant l’intimité des habitants et l’accès aux espaces extérieurs privatifs. Les volumes restent simples, alternant maisons en bande et logements légèrement décalés. La hiérarchie entre les voies automobiles et les cheminements piétons contribue également à donner au quartier une échelle conviviale.
Fabriquer un quartier « village »
Cette organisation répond aux nouvelles orientations de l’EPA de Cergy-Pontoise dans les années 1970. Il s’agit désormais de concevoir des quartiers résidentiels plus diversifiés, capables de retrouver certaines qualités de la ville traditionnelle : rues étroites, stationnements discrets, petites séquences bâties et espaces publics à échelle réduite.
Lotissement des Bellevues, allée du Vent Frais © Martin Argyroglo
L’implantation des Bellevues est étroitement liée à son site. Sur un terrain bénéficiant d’une large ouverture sur la boucle de l’Oise, les maisons sont installées de manière à préserver les vues lointaines. Inversement, les toits épousent la ligne de crête des coteaux sans en perturber l'horizon. Les teintes de la brique du Nord finissent d'assurer cette insertion discrète dans le paysage.
Une opération discrète mais révélatrice
Peu documenté et rarement étudié, le lotissement des Bellevues constitue aujourd’hui un angle mort de l’histoire architecturale de Cergy-Pontoise. Il offre pourtant un contrepoint intéressant aux réalisations plus spectaculaires de la Ville Nouvelle. Par son échelle, son rapport au paysage et son attention portée aux usages quotidiens, il illustre une volonté de produire une ville résidentielle plus fine et plus « villageoise ».
Vue sur le quartier de la Défense, en bas du chemin de l'Ivraie © Martin Argyroglo
Sa qualité architecturale demeure perceptible aujourd’hui, renforcée par son implantation privilégiée à proximité de l’Axe Majeur, par son rapport aux paysages proches de la boucle de l’Oise et ceux plus lointain de la Défense. Les Bellevues montrent ainsi qu’à côté des grandes architectures qui ont fait la renommée de Cergy, une autre histoire de la Ville Nouvelle s’est construite à travers des opérations plus modestes, attentives à l’habiter et au paysage.
Habiter le quartier de Cergy Axe Majeur Horloge
Allée des Petits Pains © CAUE 95
On l’a vu, à partir de 1970, l’EPA cherche à retrouver une échelle plus domestique et « historique » dans les formes urbaines des quartiers à venir. En 1976 est lancé le concours maisons de ville qui aboutira à la création de plus d’une quinzaine de lotissements qui interroge le modèle de la maison face à l’habitat dense. En 1978, c’est un grand concours d’immeubles de ville qui est lancé.
Un concours pour tout un quartier
Ce concours propose de s'intéresser à trois îlots, qui interrogent cette ambition mixte entre maison individuelle et modèle dense. Le projet prévoit un quartier mixte comprenant maisons, appartements, commerces, équipements collectifs, activités économiques ainsi qu’un vaste réseau de parcs, jardins et voies plantées. L’objectif est de créer un ensemble urbain cohérent, mais suffisamment varié pour éviter toute monotonie.
Plan masse du concours lancé par l'EPA © Emilio Tempia
L’organisation générale du quartier repose sur une trame régulière, inspirée des villes anciennes et de leurs rues alignées. Cette rigueur doit toutefois être enrichie par des contrastes entre les espaces bâtis et les jardins, entre les rues urbaines et les parcs, entre les vues fermées des places et les ouvertures vers la vallée de l’Oise. Le projet cherche ainsi à associer l’ordre de la composition urbaine à une certaine liberté dans la conception des bâtiments et des espaces publics.
Langage régionaliste
Chemin des Pipeaux © Martin Argyroglo
La première opération que nous traversons a été réalisée par l’agence SOPRA (J-F. Jodry, J-P. Viguier). C'est l'îlot n°2 du concours. La première zone se compose de maisons individuelles organisées autour d’un axe piéton qui se prolonge jusqu’au cœur du quartier St-Christophe.
Façade et plans d'une unité de l'îlot n°2, lors du concours © J-F. Jodry, J-P. Viguier
Cette rue s’anime par des reculs, des pieds de façades végétalisés malgré une architecture relativement monotone avec des rappels de symboles et de couleurs provençales. Le long de l’allée des Marmoussets cette opération intègre également de l’habitat collectif dans le même esprit de classicisme.
Lecture simple des volumes
Plan masse de l'îlot n°1, lors du concours © S. Fiszer, W. Sandros
À votre droite sur cette même allée, vous pouvez ralier la Place de la Serpette pour découvrir une deuxième opération réalisée par S. Fiszer et W. Sandros, numéroté 1 sur le plan du concours. La principale obligation de ce projet est de traiter la liaison avec le parc du Pas St-Christophe derrière.
Plan de deux cellules en RDC de l'îlot n°1, lors du concours © S. Fiszer, W. Sandros
Avec 191 logements, l’idée est d’avoir un front urbain dense et dégressif sur la façade du parc. L’architecture est simple, géométrique, avec deux bâtiments singuliers qui marquent l’entrée de l’avenue par de larges cages d’escaliers vitrées.
Recréer des îlots fermés
École des Genottes © CAUE 95
En rejoignant l’allée pour poursuivre votre itinéraire, vous passez devant l’école des Genottes qui a été intégrée à la première opération traversée.
Plan masse de l'îlot n°3, lors du concours © J. Arbousset, J. Chopinet
Un tunnel vous mène directement à la place des Genottes, d’où vous traversez la troisième opération de ce concours, réalisée par les architectes J.Arbousset et J.Chopinet. Dans l’organisation spatiale, le projet respecte à la lettre les termes du concours en se mettant en recul pour créer des places, en proposant des fronts bâtis pour créer des rues et en formant des diagonales pour délimiter l’îlot.
Place des Genottes © Martin Argyroglo
Plan d'une cellule de l'îlot n°3, lors du concours © J. Arbousset, J. Chopinet
La qualité de cette opération procède des espaces privés traversant entre rue et jardin ainsi que les passages d’un espace public à un espace intime par des poternes, des passages, des venelles. Ce travail de séquençage se retrouve en façade avec beaucoup de relief, de petits espaces et d’ouvertures en tout sens qui donnent une identité à chaque unité d’habitation.
Cergy Saint-Christophe : la gare et l’Horloge
Rue de l'Abondance, vue sur l'horloge de la gare de Cergy Saint-Christophe © Martin Argyroglo
Cergy Saint-Christophe constitue le deuxième grand ensemble réalisé dans le cadre de la Ville Nouvelle de Cergy-Pontoise. Implanté sur le plateau de Puiseux, dans l’axe de la boucle de l’Oise, ce secteur est inscrit dès 1967 au schéma directeur d’aménagement et d’urbanisme, avec l’ambition d’en faire le centre urbain principal. Le programme initial prévoit des équipements structurants, des logements et un centre d’affaires, mais cette ambition est progressivement revue à la baisse. La présence de l’hôtel de ville à Saint-Christophe témoigne toutefois de ce projet initial.
La gare et son marché
Carte postale ancienne de l'horloge de la gare de Cergy-Saint-Christophe © CPSM 95
Aujourd’hui, le quartier est également désigné sous l’appellation « Axe-Majeur-Horloge », du fait de sa situation entre ces deux éléments de référence. La gare, reconnaissable à ses deux grandes horloges de 10 mètres de diamètre — les plus grandes d’Europe lors de leur construction — constitue un repère emblématique. La gare et son passage couvert ont été conçus en 1985. L’horlogerie, installée la même année, par l’entreprise Huchez.
Sur le parvis de la gare et dans la rue qui lui fait face, un vaste marché se déploie chaque mercredi et samedi matin. Troisième plus grand marché d’Ile-de-France, il rassemble près de 250 commerçants proposant une offre diversifiée, allant des produits alimentaires aux biens du quotidien. Il attire une fréquentation importante, bien au-delà du quartier, et participe pleinement à l’animation des espaces publics et à l’attractivité de Saint-Christophe.
Les Colonnes de Saint-Christophe par Ricardo Bofill
Première esquisse de l'ensemble © Taller de Arquitectura
Si vous êtes face à la gare, retournez vous afin d’apercevoir les Colonnes de Saint-Christophe. Ce projet emblématique du quartier, achevé en 1986 par Ricardo Bofill, occupe une position stratégique à l’extrémité du plateau de Cergy, dans le prolongement de l’axe piéton menant à la gare RER. L’ensemble, organisé autour de deux groupes de bâtiments symétriques reliés par une place centrale, s'ouvre sur un vaste hémicycle tourné vers le paysage.
Plan des logements, langage classique en façade © Taller de Arquitectura
Au centre se dresse la tour Belvédère de Dani Karavan, point de départ symbolique de l’Axe Majeur. Le dialogue entre l’architecture de Bofill et l’œuvre paysagère de Karavan confère au site une monumentalité imposante. L’articulation entre architecture et paysage en fait l’une des réalisations les plus marquantes de Cergy, fidèle à l’importance accordée au paysage dans la conception de la Ville Nouvelle depuis les années 1960.
Renouvellement du quartier, l’exemple du Douze
Le Douze et la tour Belvédère © Martin Argyroglo
Comme l’ensemble de la Ville Nouvelle, le secteur fait l’objet d’actions de réhabilitation et de valorisation. Le Douze s’inscrit dans cette dynamique en prenant sa nouvelle place de 2017 à 2022 : initialement, l’équipement regroupait un gymnase, une maison de quartier, une salle de concert (L’Observatoire) ainsi que des structures de petite enfance. La démolition de l’ancien Observatoire, remplacé par de fines tours signal, a contribué à redessiner la silhouette urbaine et à affirmer un nouveau repère architectural et culturel. Conçu par Jean-Pierre Lott, le projet actuel accueille une salle de spectacles de 1 600 places, un conservatoire et une maison de quartier organisés autour d’un vaste atrium. L’architecture, contemporaine, réinterprète l’héritage postmoderne du quartier, notamment par l’usage de la brique blanche, en écho à l’identité urbaine locale.
Activités annexes
Accéder au parcours
RER
RER A-Cergy Préfecture


