DétourLes CAUE  d'Île-de-France
Détour
2,4km
2h30

Quartier Opéra : Les fastes d'une époque

9ᵉ arrondissement

Architecture
Coupole du Printemps © CAUE de Paris
Architecture
Coupole du Printemps © CAUE de Paris

Plongez dans l’effervescence du quartier Opéra-Chaussée d’Antin et découvrez les fastes de la Belle Époque aux Années folles, lors d’une promenade hors du temps !

Laissez-vous guider par un jeune lycéen de l’époque, qui vous contera, au détour des rues, les grandes innovations de la période, le développement du spectacle, l’éclectisme architectural et bien plus encore !

Savez-vous ce que sont la Belle Époque et les Années folles ?

La Belle Époque (fin du XIXᵉ siècle - 1914) désigne une période de renouveau et de progrès, marquée par la stabilité politique, l'amélioration du niveau de vie moyen des Français, de développement des loisirs.

Les Années folles (1919-1929) période d'effervescence culturelle, artistique et sociale, succédent à la première guerre mondiale et se terminent avec la grands crise économique annoncée par le krach de Wall Street en 1929.

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Ce parcours a été réalisé en partenariat avec le conseil de Quartier Opéra-Chaussée d'Antin de la mairie du 9ᵉ arrondissement.

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Mode de mobilité
À pied
Type de parcours
Promenade

Aperçu du parcours

Étape 1

Le lycée Condorcet

media Façade contemporaine de l’ancien couvent des Capucins © CAUE de Paris

Réputé pour avoir formé d'illustres élèves, le lycée Condorcet n'a pas toujours été un établissement scolaire !

L'écrivain Marcel Proust, l'aviateur Louis Charles Breguet, le peintre Henri de Toulouse-Lautrec… le lycée Condorcet a vu évoluer nombre de personnalités représentatives de la Belle Époque.

En 1779, Louis XVI demande le transfert de la communauté religieuse des Capucins du faubourg Saint-Jacques au nouveau quartier de la Chaussée d’Antin, qui ne dispose encore d’aucun lieu de culte. Il leur fait construire un couvent : le couvent des Capucins. Il est aujourd’hui en partie classé monument historique.

mediaDessin, élévation à la plume, encre de chine et aquarelle, couvent des Capucins © gallica.bnf.fr/Bibliothèque nationale de France

Un couvent au style néo-classique

Les bâtiments du couvent sont édifiés dans le style néo-classique par Alexandre Brongniart, plus tard architecte du siège de la Bourse de Paris. Ce courant architectural, apparu à la fin du XVIIᵉ siècle, s’exprime à travers l'utilisation d’éléments de l’architecture antique. On peut observer, au centre, l’entrée du couvent marquée par un portique reposant sur des colonnes à chapiteaux doriques. Aux extrémités de la façade sont placés deux pavillons surmontés d’un fronton triangulaire. Celui de gauche abrite la chapelle devenue l’église paroissiale Saint-Louis d’Antin en 1795. Celui de droite est le parloir des moines. Une corniche saillante unifie la façade.

media Lithographie, Jules Arnoult © Paris Musées / Musée Carnavalet - Histoire de Paris

Du couvent au lycée

Après la Révolution française, les bâtiments deviennent une imprimerie, puis un hospice. Dans le même temps, l’État prend possession des anciens locaux du couvent pour y établir en 1802 un lycée, institution qu’il vient de créer. L’établissement devient l’un des quatre plus vieux lycées parisiens et ouvre ses portes sous le nom de lycée de la Chaussée d’Antin. Il change plusieurs fois de nom, au fil des différents régimes et prend définitivement celui de Lycée Condorcet en 1883.

mediaSortie du lycée © Ville de Paris / BHVP

Entre 1805 et 1808, Alexandre Brongniart se remet à l’ouvrage, construit un quatrième corps de bâtiment fermant le cloître devenu la cour du lycée, surélève l’édifice et l’orne d’un clocheton, désormais inséparable de la silhouette du bâtiment. En 1865, l’architecte Jean-Louis Duc construit les bâtiments de l'actuel lycée donnant sur la rue du Havre. L’entrée du lycée se fait aujourd’hui par cette rue et non plus par la rue de Caumartin.

Étape 1

Le lycée Condorcet

media Façade contemporaine de l’ancien couvent des Capucins © CAUE de Paris

Réputé pour avoir formé d'illustres élèves, le lycée Condorcet n'a pas toujours été un établissement scolaire !

L'écrivain Marcel Proust, l'aviateur Louis Charles Breguet, le peintre Henri de Toulouse-Lautrec… le lycée Condorcet a vu évoluer nombre de personnalités représentatives de la Belle Époque.

En 1779, Louis XVI demande le transfert de la communauté religieuse des Capucins du faubourg Saint-Jacques au nouveau quartier de la Chaussée d’Antin, qui ne dispose encore d’aucun lieu de culte. Il leur fait construire un couvent : le couvent des Capucins. Il est aujourd’hui en partie classé monument historique.

mediaDessin, élévation à la plume, encre de chine et aquarelle, couvent des Capucins © gallica.bnf.fr/Bibliothèque nationale de France

Un couvent au style néo-classique

Les bâtiments du couvent sont édifiés dans le style néo-classique par Alexandre Brongniart, plus tard architecte du siège de la Bourse de Paris. Ce courant architectural, apparu à la fin du XVIIᵉ siècle, s’exprime à travers l'utilisation d’éléments de l’architecture antique. On peut observer, au centre, l’entrée du couvent marquée par un portique reposant sur des colonnes à chapiteaux doriques. Aux extrémités de la façade sont placés deux pavillons surmontés d’un fronton triangulaire. Celui de gauche abrite la chapelle devenue l’église paroissiale Saint-Louis d’Antin en 1795. Celui de droite est le parloir des moines. Une corniche saillante unifie la façade.

media Lithographie, Jules Arnoult © Paris Musées / Musée Carnavalet - Histoire de Paris

Du couvent au lycée

Après la Révolution française, les bâtiments deviennent une imprimerie, puis un hospice. Dans le même temps, l’État prend possession des anciens locaux du couvent pour y établir en 1802 un lycée, institution qu’il vient de créer. L’établissement devient l’un des quatre plus vieux lycées parisiens et ouvre ses portes sous le nom de lycée de la Chaussée d’Antin. Il change plusieurs fois de nom, au fil des différents régimes et prend définitivement celui de Lycée Condorcet en 1883.

mediaSortie du lycée © Ville de Paris / BHVP

Entre 1805 et 1808, Alexandre Brongniart se remet à l’ouvrage, construit un quatrième corps de bâtiment fermant le cloître devenu la cour du lycée, surélève l’édifice et l’orne d’un clocheton, désormais inséparable de la silhouette du bâtiment. En 1865, l’architecte Jean-Louis Duc construit les bâtiments de l'actuel lycée donnant sur la rue du Havre. L’entrée du lycée se fait aujourd’hui par cette rue et non plus par la rue de Caumartin.

Étape 2

Le Printemps Haussmann

mediaFaçade contemporaine du Printemps Haussmann © CAUE de Paris

Le magasin Printemps est fondé en 1865, par Jules et Augustine Jaluzot, un couple visionnaire. Le quartier est encore périphérique et peu commerçant, le Palais Garnier n’est qu’un vaste chantier et la proximité d’une gare est jugée bruyante, voire dangereuse. Le magasin est inauguré le 3 novembre 1865. Ses architectes sont Sédille, père et fils.

mediaVue de la façade du Printemps Haussmann, photographie, 1883 © Collection Printemps Héritage

Innovation commerciale

Le Printemps s’inscrit dans la lignée des quelques autres grands magasins existants, où se développe un nouveau système commercial : entrée libre (sans obligation d’achat), vente à prix fixe (le marchandage est interdit), échange d’articles. Le couple Jaluzot innove en inventant le concept des soldes de fin de saison. Le succès est tel que quatre bâtiments supplémentaires sont mis en service en 1874, le grand magasin absorbe peu à peu les immeubles voisins. Des ponts de fer sont construits pour relier les bâtiments entre eux et, clou du spectacle, le Printemps devient le premier grand magasin équipé d’ascenseurs.

mediaCatalogue Soldes, 1866 © Collection Printemps Héritage

mediaIllustration « Les ascenseurs de Vienne » publié dans L’Univers Illustré n°1026, 1874 © Collection Printemps Héritage

mediaVue des ascenseurs panoramiques d’un des halls des Nouveaux Magasins, photographie, années 1920 © Collection Printemps Héritage

Incendies et renouveaux

En 1881, un incendie ravage le magasin, alors éclairé au gaz et à la chandelle. Il est reconstruit dans un style néo-classique par Paul Sédille, déjà en charge du premier magasin., il est considéré comme le prototype du grand magasin moderne. Le Printemps inspire la cathédrale du commerce décrite par Émile Zola dans Au bonheur des dames, paru l'année suivante.

À partir de 1883, le Printemps adopte un système d’éclairage électrique destiné à valoriser davantage les produits en renforçant la sécurité. La Ville de Paris viendra à l'éclairage électrique avec parcimonie seulement à partir de 1889.

mediaVue du hall Charras, photographie, années 1910 © Collection Printemps Héritage

Celui que l’on nomme à l’époque « Le Nouveau Magasin » est construit par l’architecte René Binet à l'angle des rues Caumartin et de Provence de 1907 à 1910. Par souci d’homogénéité, son style est assez proche de celui du bâtiment de Paul Sédille : rotondes, coupoles dorées, mosaïques, structure métallique, ferronnerie, jeux de courbes et éléments caractéristiques de l’Art nouveau (statues de femmes et présence du végétal) s'y trouvent. Ce bâtiment est lui aussi détruit par un incendie en 1921, puis reconstruit à l’identique par Georges Wybo qui y ajoute toutefois des techniques de sécurité américaines d'avant-garde, un escalier monumental ainsi que des escalators.

media Incendie du Printemps 1921 © gallica.bnf.fr/Bibliothèque nationale de France

La coupole, un joyau Art déco

La coupole est créée en 1923 par le maître-verrier Eugène Brière. Dans un style Art déco, caractérisé par des références au végétal, elle représente un ciel fleuri : le thème du Printemps. L’ensemble des panneaux de verre sont démontés en 1939, juste avant le début de la Seconde Guerre mondiale, par peur des bombardements. Ils sont stockés, réassemblés et restaurés en 1973 puis en 2021.

media Coupole du Printemps © CAUE de Paris

Étape 3

L’ancien hammam de la rue des Mathurins

mediaFaçade contemporaine, n°18 rue des Mathurins © CAUE de Paris

Une étonnante façade d'inspiration mauresque se dresse au n°18 rue des Mathurins. Les architectes William Klein et Albert Duclos y construisent, en 1876, un hammam dans un style néo-mauresque, dans une période où l’orientalisme et l'exotisme sont à la mode.

mediaFaçade, n°18 rue des Mathurins, 1919 © Charles Lansiaux / DHAAP

Une façade néo-mauresque

L’architecture néo-mauresque émerge au XIXᵉ siècle. Ce style combine des éléments de l'architecture mauresque à ceux de l’architecture européenne. On peut citer les arcs en fer à cheval, les fenêtres marquées par des encadrements en pierre, les motifs floraux sculptés et les ferronneries des balcons inspirées des moucharabiehs.

media Détails de la façade, motifs fleuris et ferronnerie © CAUE de Paris

Un lieu de soins et de mondanités

À l'origine, le hammam de la rue des Mathurins témoigne à la fois du goût de l'orientalisme, diffusé par la peinture d'Ingres, Delacroix, mais également des théories hygiénistes de la fin du XIXᵉ siècle. Les bains turcs proposent de nombreux services et prestations : massages, hydrothérapie, piscine…

Lieu de soins, il est aussi un lieu de délassement pour les aristocrates, politiciens, banquiers et artistes. Il aurait accueilli Léon Gambetta, le baron Haussmann, le prince de Galles ou encore le baron de Rothschild…

mediaIntérieur du hammam © Charles Lansiaux / DHAAP

mediaAffiche publicitaire, 1876 © gallica.bnf.fr/Bibliothèque nationale de France

Célèbre établissement de la Belle Époque, "Le hammam, bains turco-romains", inauguré en 1876, ferme définitivement en 1954. L'intégralité des décors intérieurs ont disparu à la suite d'un changement d'usage du lieu. La façade est le dernier témoin de cet établissement célèbre en son temps.

Étape 4

L’ancien Eden-Théâtre

mediaVue du square Athénée Louis-Jouvet © CAUE de Paris

Vous voici devant le square de l’Opéra-Louis-Jouvet. Cette voie privée a été ouverte en 1896, sur l’emplacement du somptueux Eden-Théâtre au n°5 rue Boudreau. Elle doit son nom au voisinage de l’Opéra ; on lui a ajouté en 1955 celui du comédien Louis Jouvet, directeur du théâtre voisin du même nom.

mediaÀ gauche, vue de l'Eden-Théâtre, 1880 © Paris Musées / Musée Carnavalet - Histoire de Paris À droite, vue vers le square Athénée Louis-Jouvet © CAUE de Paris

Un théâtre grandiose

William Klein et Albert Duclos, les architectes du hammam de la rue des Mathurins, édifient en 1876, dans le même style orientaliste, une salle de spectacle, à l’allure d’un temple indou, appelée l’Eden, puis le Grand-Théâtre, enfin l'Eden-Théâtre.

mediaIntérieur de l'Eden Théâtre, 1880 © Paris Musées / Musée Carnavalet - Histoire de Paris

À l’époque, c’est le plus grand théâtre parisien après le Palais Garnier, il compte 1600 places. Ce théâtre occupe une grande partie de la parcelle, notamment l'emplacement actuel du square de l’Opéra-Louis-Jouvet. Il abrite un jardin d’hiver, des restaurants et un vélodrome souterrain.

media Intérieur de l'Eden Théâtre, 1880 © Paris Musées / Musée Carnavalet - Histoire de Paris

mediaIntérieur de l'Eden Théâtre, 1880 © Paris Musées / Musée Carnavalet - Histoire de Paris

Une opération immobilière condamne le théâtre à être démoli en 1895. La voie du square de l’Opéra-Louis-Jouvet est percée au n°5 rue Boudreau et des immeubles sont construits de part et d'autre. L’actuel théâtre de l’Athénée Louis-Jouvet est aménagé dans l'un des foyers de l’Eden-Théâtre. Dans les sous-sols du musée Fragonard situé au n°5 rue Boudreau, la piste du vélodrome existe toujours.

Étape 5

Le théâtre de l'Athénée Louis-Jouvet

media Façade contemporaine © Dimitri Bourriau

À la fin du XIXᵉ siècle, le théâtre semble encore dominer la vie culturelle en France. Les créations s’enchaînent à un rythme soutenu, portées par des vedettes de la scène et de grands auteurs.

En 1893, une salle est aménagée dans un des foyers de l’Eden théâtre sous le nom de Comédie parisienne.

media Lithographie de 1876 © gallica.bnf.fr/Bibliothèque nationale de France

Elle est définitivement inaugurée comme théâtre sous le nom d’Athénée-Comique en 1896. La façade principale est alors déplacée de la rue Boudreau au square de l’Opéra-Louis Jouvet, pour se préserver de l’agitation urbaine.

media Détail de la façade © CAUE de Paris

Classée monument historique, cette façade est érigée dans un style Art nouveau, caractérisé, entre autres, par la présence de formes courbes que l'on retrouve par exemple dans les menuiseries en bois ou les garde-corps. Au rez-de-chaussée, un bossage continu anime la façade de part et d'autre de deux baies en arc en anse de panier. Le niveau est couronné d’une marquise, soutenue par 5 consoles ornées de motifs organiques. Dans les étages supérieurs, on retrouve des pilastres, couronnés de corniches.

La salle prend ensuite le nom de Théâtre de l’Athénée, auquel s’ajoute bien plus tard celui de Louis Jouvet, son célèbre directeur de 1934 à 1951.

media Vue intérieure de la salle de spectacle © Dimitri Bourriau

L’intérieur du bâtiment, quant à lui, est ainsi conçu dans le style néo-rococo, très décoré. Au plafond, des motifs indiens subsistent, derniers vestiges de l’Eden-Théâtre**** 

On y retrouve l’organisation typique des théâtres à l’italienne : des galeries organisées en fer à cheval et une répartition des spectateurs selon leurs places dans la société, l’aménagement vise à voir et être vu. Les règles sociales se retrouvent dans les différents espaces codifiés : les loges, les balcons, le parterre, etc. ****

Étape 6

Le théâtre Édouard VII

mediaFaçade contemporaine du théâtre Édouard VII © CAUE de Paris

La construction du Théâtre Édouard VII est au centre d'une opération immobilière réalisée de 1911 à 1913 sous la direction de l'architecte Henri Nénot. La place Édouard VII est ouverte sur un emplacement occupé par la compagnie générale des voitures qui y logeait 500 chevaux et 200 fiacres. L'opération a pour but d'aménager la rue et la place Édouard VII pour y construire des bureaux, un hôtel, des commerces et un théâtre.

mediaFiacre, taximètre, Compagnie générale des voitures à Paris © Paris Musées / Musée Carnavalet - Histoire de Paris

Un théâtre anglais

Le Théâtre Édouard VII est construit par l'architecte britannique W.G.R. Sprague en 1913 en hommage au roi Édouard VII d’Angleterre, amoureux de la France. Une sculpture équestre à l'effigie du roi, trône au centre de la place. Cette statue en bronze a été réalisée par Paul Landowski, sculpteur devenu célèbre pour avoir réalisé la statue du Christ sur Le Corcovado de Rio de Janeiro.

mediaStatue de Paul Landowski représentant le roi Édouard VII © Charles Lansiaux / DHAAP

Le temps du cinéma

Avant d'être un théâtre, la salle ouvre d’abord comme cinéma : on y projette des films en kinémacolor. Inventé par Charles Urban, ce procédé révolutionnaire, permet à l'aide de filtres de restituer à l’écran des images en couleur.

mediaProgramme du Kinémacolor, 1913 © Charles Urban, Science Museum Group

Le Kinémacolor est remplacé par un théâtre en 1916. Le théâtre connaît son heure de gloire dans les années 1920. Pendant une dizaine d’années y règne le trio que Sacha Guitry compose avec son père Lucien et sa deuxième épouse Yvonne Printemps. Le théâtre redevient une salle de projection en 1931. Depuis 1940, la salle est de nouveau un théâtre. Le lieu est transformé en une salle de 700 places.

Étape 7

L'Olympia

media Façade contemporaine © CAUE de Paris

Une salle mythique aux multiples vies

Connu pour avoir accueilli les plus grands, depuis son ouverture (Mistinguett, Yvonne Printemps, etc) jusqu'à aujourd'hui, l’Olympia n’a pas toujours été une salle de spectacle !

media Estampe de 1885 © gallica.bnf.fr/Bibliothèque nationale de France

Joseph Oller, futur créateur du Moulin rouge, commence par édifier sur un terrain vague les Montagnes russes. Le parc d’attractions, construit en bois, est interdit par la Préfecture par crainte d’incendie.

À la place, Oller inaugure en 1893 la salle de l’Olympia. L’ouverture d’un musical-hall s’inscrit dans un contexte d'apparition de spectacles non-théâtraux, alors très populaires.

media Photographie de la façade en 1914 © gallica.bnf.fr/Bibliothèque nationale de France

C’est une salle luxueusement décorée, au-dessus de laquelle s'étend une salle de billard et de restaurant. Un musée de cire est installé en sous-sol. Sur scène, des revues de music-hall se succèdent. La façade de l’Olympia indique alors timidement les artistes à l’affiche, bien avant de devenir la mythique façade aux néons rouges que l’on connaît aujourd’hui. En 1929, la salle est transformée en cinéma sous le nom Théâtre Jacques-Haïk

En 1954, Bruno Coquatrix, nouveau directeur, rend la salle essentiellement à la chanson. Tous les grands s’y produisent : Gilbert Bécaud, Dalida, Brel, Trénet, Piaf, Ferré, Gréco, Johnny Halliday, mais aussi Billie Holiday, Sidney Bechet, les Beatles, les Rolling Stones…

Menacé par un projet immobilier dans les années 1990, l’Olympia est finalement sauvé. La salle de spectacle est reconstruite à l’identique, quelques mètres plus loin, au bout d’un long couloir. Ce sauvetage est permis notamment grâce à l'inscription aux Monuments historiques d’une partie du bâtiment, dont sa façade.

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media Photographies contemporaines © CAUE de Paris

Redécouverte d’une ancienne salle de billard

L’Olympia possède en son sein un trésor insoupçonné : une ancienne salle de billard, également classée Monument historique. Avec 6 mètres de hauteur sous plafond, cette salle est ornée de boiseries sculptées et de céramiques de Sarreguemines. Elles dateraient du XIXᵉ siècle et auraient été réalisées en hommage à Édouard VII, prince de Galles puis roi d’Angleterre. En surplomb de la porte, on aperçoit les armoiries royales et des paysages évocateurs du Royaume-Uni et de l'Irlande sont représentés sur différentes travées.

Elle est aujourd’hui ouverte pour des évènements exceptionnels.

Étape 8

L’Intercontinental Paris Le Grand, ancien Grand Hôtel

mediaFaçade contemporaine © CAUE de Paris

Édifié entre 1861 et 1862 à l’initiative des frères Pereire, en prévision de l’Exposition universelle de 1867, le Grand-Hôtel est situé sur la même place que le Palais Garnier. Ses façades, qui s’étendent sur plusieurs centaines de mètres, reproduisent l’architecture réglementaire des immeubles qui entourent l’Opéra. Le bâtiment occupe à lui seul un îlot triangulaire dessiné par les grands travaux d’Haussmann. Il est inauguré en 1862, en présence de l’impératrice Eugénie.

media Photographie de 1919 © Charles Lansiaux / DHAAP

C’est un hôtel de voyageurs de grande capacité, plus de 800 chambres, et doté d’un grand confort, qui annonce une révolution dans la manière de voyager. Il accueille un public haut de gamme, qu’il soit simple Parisien, homme d’affaires ou riche touriste.

media Photographie de la verrière en 1919 © Charles Lansiaux / DHAAP media Photographie de la verrière en 2024 © CAUE de Paris

À l’image du Crystal Palace de Londres, bâtiment emblématique de l’architecture du XIXᵉ siècle, le Grand-Hôtel associe le fer et le verre, notamment avec la verrière qui surplombe la cour d’honneur. Aujourd’hui, cette dernière a été remplacée par une autre verrière pyramidale très épurée, qui maximise l'ensoleillement de la pièce.

Très au fait des progrès de leur époque, les frères Pereire équipent le lieu d’une multitude d’innovations : des “monte-voyageurs”, synonymes de nouveauté et ancêtres de nos ascenseurs, un chauffage général pour les espaces de circulation, des pendules qui fonctionnent à l’électricité et un système de communication pneumatique avec la Bourse de Paris.

L’établissement est aujourd’hui connu sous l'enseigne InterContinental Paris le Grand.

Étape 9

Le Shack, ancien siège de la maison d'édition Calmann-Levy

mediaFaçade contemporaine © CAUE de Paris

La maison d’édition Calmann-Levy est fondée en 1836 par les frères Levy, de leurs prénoms Michel et Kalmus, dit Calmann. Ils éditent notamment Balzac, George Sand, Baudelaire, Flaubert, Proust…

La maison d’édition est la première à s’installer sur la rive droite de la Seine, dans un quartier en pleine mutation, terre d’élection de la presse. Michel Levy, l’un des deux fondateurs, achète en 1868 un terrain vague de plus de 1300m², afin d’y construire un immeuble de rapport (un immeuble appartenant à un unique propriétaire, destiné à rapporter des loyers) et un nouveau siège couplé à une librairie.

C’est à l’architecte méconnu Henri Fèvre qu’est confiée la construction de la maison d’édition. La façade principale est conçue dans un style classique en pierre de taille. Elle est composée de 3 travées, délimitées par des pilastres (1) à chapiteaux corinthiens (2). Au rez-de-chaussée, on trouve 3 baies en arc plein cintre (3), surmontées de clés de voûte (4) ornementées de volutes et de motifs végétaux. L’entrée est marquée par deux colonnes à chapiteaux corinthiens (5), composés de feuilles d’acanthe et de laurier. À l’étage, on trouve 3 baies avec balustres, surmontées de frontons (6), triangulaire pour la travée centrale et rectangulaires pour les travées extérieures. Chaque niveau est marqué par une corniche (7) et le bâtiment est couronné d’un attique (8).

media Façade contemporaine © CAUE de Paris

La façade principale du siège donne sur l’impasse Sandrié. La visibilité du commerce importe peu car il est destiné principalement aux professionnels et l’implantation en impasse offre des facilités de livraisons.

Depuis l’extérieur, rien ne laisse deviner l'architecture de fer et de verre, qui prend place à l’intérieur. Et pourtant, le bâtiment est couronné d’une verrière qui culmine à 24 mètres de hauteur et qui éclaire le lieu sur plusieurs niveaux, tout en permettant la surveillance du magasin.

Aujourd'hui le bâtiment accueille un lieu polyvalent appelé Le Shack, qui regroupe restaurant, bar et espace de co-working.

Étape 10

Palais Garnier

mediaPlace de l'Opéra Garnier, 1921 © gallica.bnf.fr/Bibliothèque nationale de France

Édifice emblématique, le Palais Garnier a vu le jour dans un contexte menaçant. Le 14 janvier 1858, alors qu’il arrive devant l’Opéra Le Peletier, Napoléon III est pris pour cible par des révolutionnaires italiens.

L’attentat manqué précipite l’annonce d’un concours pour la construction d’un nouvel opéra qui doit permettre la sécurité du chef d'État. Napoléon III veut édifier une salle somptueuse à sa gloire et marquer son passage dans l’architecture de Paris. En 1861, le jeune Charles Garnier remporte le concours à l’unanimité parmi 171 propositions.

mediaAvenue de l'Opéra, 1922 © gallica.bnf.fr/Bibliothèque nationale de France

De multiples innovations

Non seulement le Palais Garnier est à l’époque le plus grand du monde, puisqu’il peut accueillir plus de 2000 spectateurs, mais il est aussi le premier opéra électrifié au monde. Une centrale électrique est même aménagée au sous-sol. Cette nouveauté va bouleverser l'écriture du spectacle vivant. Avant l’arrivée de l'électricité, c'est aux chandelles qu'on éclairait la scène. Ainsi, le découpage en actes des pièces était calculé sur le temps de consommation des bougies.

C’est aussi au Palais Garnier qu’est expérimenté le phonographe, machine permettant d’enregistrer des sons.

mediaMonographie imprimée, centrale électrique de l'Opéra Garnier, 1895 © gallica.bnf.fr/Bibliothèque nationale de France

Un édifice se démarquant par la couleur

Charles Garnier est attiré par la couleur, il prétend aller à l’encontre de « la tristesse de l’urbanisme haussmannien ». Le marbre est une pierre aux multiples teintes qui est peu employé à l’époque. Ce matériau trouve ici une place de choix. Sur la façade principale, six marbres et six pierres différentes sont employés, auxquels viennent s’ajouter les mosaïques, le bronze doré et la fonte peinte ; au total, dix-sept matériaux sont utilisés.

C'est de l'homogénéité des immeubles environnants que le Palais Garnier tire une partie de son effet : les immeubles haussmanniens deviennent un simple fond mettant en valeur les surfaces colorées conçues par Garnier.

mediaCartographie lithologique de la façade principale de l'Opéra Garnier, 1998 © ministère de la Culture et de la Communication, Service national des travaux, Alain-Charles Perrot

mediaÀ gauche, projet pour le plafond de la salle. À droite, projet pour une des deux portes de la loggia, étude pour les rideaux du grand foyer, Charles Garnier 1860-1865 © gallica.bnf.fr/Bibliothèque nationale de France

Un édifice se distinguant du nouveau Paris haussmannien

Le bâtiment, au style éclectique, est imaginé pour se détacher du paysage urbain environnant. Charles Garnier a même modifié la hauteur de l'édifice en apprenant que les nouveaux immeubles avoisinants devaient s'élever d’un étage supplémentaire. La construction d'immeubles, dans le cadre du nouveau système haussmannien, est soumise à des conditions particulières sur la hauteur, l'aspect des façades et la pente des toitures. Le règlement de 1859 permet d'augmenter les façades jusqu'à 20 mètres de hauteur. Il est également décidé qu’aucun arbre ne sera planté sur l’avenue menant à l’opéra afin que rien n’en entrave la perspective. La construction, plusieurs fois interrompue, commença en 1862 et s’acheva 12 ans plus tard. Avec l’avènement de la IIIe République, c’est ainsi le président Mac Mahon qui inaugura l’édifice napoléonien le 5 janvier 1875.

mediaVue aérienne de l'Opéra Garnier © Paris Musées / Musée Carnavalet - Histoire de Paris

Une référence

Le Palais Garnier a en effet eu une influence incontestable sur les opéras construits dans les années suivantes. On peut citer le Théâtre Amazonas de Manaus, au Brésil, le projet initial du Théâtre Colón de Buenos Aires… Il est classé monument historique depuis 1923.

media À gauche, le projet de Garnier pour l’Opéra de Paris. À droite, le projet de Francesco Tamburini pour le Teatro Colón © Wiki Commons

Étape 11

Le Pathé Palace

media Façade contemporaine © CAUE de Paris

Aujourd’hui rénové par le célèbre architecte génois Renzo Piano, le cinéma Pathé Palace était autrefois un théâtre.

media Théâtre de Vaudeville, 1919 © Charles Lansiaux / DHAAP

Le théâtre de Vaudeville est construit en 1868 par l’architecte Auguste-Joseph Magne. L’angle de la façade était richement décoré, on y retrouvait notamment trois médaillons représentant des personnalités du théâtre : Collé, Scribe et Désaugiers. À l'étage supérieur, on retrouvait 4 cariatides, les statues tenant lieu de colonne et soutenant les balcons, réalisées par le sculpteur Salmson, figurant la Folie, la Musique, la Satire et la Comédie.

media Pavillon de Hanovre © Ville de Paris / Bibliothèque historique, 1-EST-00707.

Contraint par la parcelle, l’architecte construit le théâtre en symétrie avec le pavillon de Hanovre, situé en face à l’époque. Il aménage l’angle de la rue avec une rotonde, surplombée d’une coupole et d’un lanterneau, encastrée entre deux bâtiments le long des boulevards. Ces façades reprennent les codes des compositions des édifices situés à proximité du Palais Garnier.

media Cinéma Paramount, 1929 © Edouard Desprez / DHAAP

En 1925, le théâtre est racheté par la firme américaine Paramount. Des travaux commencent afin de le transformer en cinéma, entraînant notamment la modification de la façade de la rotonde.

Ce nouveau cinéma s’impose comme l’un des plus confortables et luxueux d’Europe. Il est aménagé selon les progrès de son époque, notamment en termes de ventilation. Les 25 000 m³ d’air sont entièrement renouvelés six fois par heure, afin d’assurer un maximum d’hygiène et de sécurité. Après différents rachats et évolutions, le cinéma est restructuré et rouvert en 2024 sous le nom de Pathé Palace.

Étape 12

Le siège de la Société Générale

mediaFaçade contemporaine, siège de la Société Générale © CAUE de Paris

Fondée en 1864, la Société Générale déménage en 1906 de ses locaux rue de Provence pour un bâtiment beaucoup plus grand. Son choix se porte sur un vaste îlot, construit de 1867 à 1871, par l’architecte Charles Rohault de Fleury. La banque charge l’architecte Jacques Hermant de la réalisation d’importants travaux d’aménagements.

mediaFaçade, 1913, siège de la Société Générale © gallica.bnf.fr/Bibliothèque nationale de France

Du façadisme à l'Art nouveau

L’architecte procède à l’un des premiers cas de « façadisme » dans Paris. L’extérieur de l'îlot est très peu modifié alors que les intérieurs sont intégralement remaniés. Hermant fait démolir entièrement les maçonneries et planchers intérieurs, ne laissant donc intactes que les façades.

L'intérieur du bâtiment est reconstruit dans un style Art nouveau. Jacques Hermant utilise des matériaux nobles comme le marbre, la mosaïque et le bronze, mais également innovants comme l’acier et le béton armé. L’édifice possède également le chauffage central et l'électricité à tous les étages. En 1912, après six années de travaux, le siège est inauguré.

mediaCoupe du bâtiment après travaux, la coupole et la salle des coffres © Monumentum, sous licence Creative Commons

La coupole du grand hall

La coupole est l’œuvre du maître verrier Jacques Galland. Elle culmine à 23 mètres et sa rosace centrale s'étend sur un diamètre de 18 mètres. Elle surplombe le vaste comptoir circulaire accueillant des bureaux ouverts. La coupole est suspendue à une structure extérieure en charpente métallique, une ossature invisible depuis l'intérieur du bâtiment.

La coupole représente, sur ses quatre grandes arcades, les quatre villes principales du pays de l'époque : Paris, Lyon, Marseille et Bordeaux. Des écussons arborant le monogramme « SG » sont intégrés au dessin de la verrière.

mediaIntérieur de la Société Générale, 2019 © Wafflegun - Stéphane Allagnon

mediaCoupole, 2019 © Wafflegun - Stéphane Allagnon

Ouvert sur quatre niveaux, le grand hall central est décoré de ferronneries représentant des motifs de feuilles de chêne, de glands et de feuilles d’acanthe. Le sol en mosaïque est l’œuvre des céramistes Alphonse Gentil et François-Eugène Bourdet. Douze plaques de cuivre circulaires ajourées dissimulent les buses de chauffage et d’aération.

mediaSol, mosaïque et cuivre, 2019 © Wafflegun - Stéphane Allagnon

La salle des coffres

Entièrement en acier, les salles des coffres se situent sur les quatre niveaux de sous-sol. Le plus bas est à 11 mètres sous terre. L'entrée des coffres est matérialisée par une imposante porte circulaire conçue par la maison Fichet. Elle pèse 18 tonnes ! En 1919, une mezzanine est ajoutée pour installer des bureaux supplémentaires. Le bâtiment est inscrit à l'inventaire des Monuments historiques par arrêté du 30 décembre 1977.

mediaSalle des coffres, 1919 © Charles Lansiaux / DHAAP

Étape 13

Les Galeries Lafayette Haussmann

mediaFaçade contemporaine des Galeries Lafayette © CAUE de Paris

À l’origine, la première boutique des Galeries Lafayette se situe au n°1 rue Lafayette, d’où son nom, les garde-corps toujours installés à ce numéro en témoignent. Théophile Bader et Alphonse Kahn, les deux fondateurs, veulent démocratiser la mode, la rendre accessible à tous. Lorsque la boutique ouvre en 1894, elle ne fait que 70 m². Aujourd’hui, on compte plus de 70 000 m² répartis dans les bâtiments de la rue Lafayette, de la rue de la Chaussée d’Antin et du boulevard Haussmann.

mediaVue vers les Galeries Lafayette © gallica.bnf.fr/Bibliothèque nationale de France

Extensions et innovations commerciales

Au départ, il s'agit d'une mercerie où y sont vendues des fournitures pour la couture : dentelles, rubans, voilettes… Les Galeries Lafayette sont ainsi le plus récent des grands magasins parisiens. De 1899 à 1902, la boutique s’agrandit sur tous les étages de l’immeuble. C’est le début d’une extension qui englobera tout le pâté de maisons compris entre le boulevard Haussmann et la rue de la Chaussée d’Antin.

mediaFoule devant l'entrée des Galeries Lafayette © gallica.bnf.fr/Bibliothèque nationale de France

Le « bazar de luxe »

En 1912, le grand hall est inauguré. Les Galeries Lafayette prennent alors un aspect spectaculaire. Théophile Bader rêve d’un « bazar de luxe » où les vitrines illuminées et l’abondance et le luxe des marchandises tourneraient la tête des clientes.

mediaLes Galeries Lafayette illuminées © gallica.bnf.fr/Bibliothèque nationale de France

La coupole monumentale

La coupole monumentale de style Art nouveau résulte de la collaboration de trois artistes : Ferdinand Chanut pour la structure, Jacques Grüber pour les vitraux et Louis Majorelle pour la ferronnerie. La coupole culminant à 43 mètres de hauteur devient le symbole des Galeries Lafayette. En 1932, le magasin s’agrandit encore jusqu'aux rues Mogador et de Provence, tel que nous le connaissons aujourd'hui. En 2024, la façade néo-byzantine côté rue de la Chaussée d’Antin, datant de 1912, a été restaurée dans ses couleurs présumées d’origine.

mediaCoupole © CAUE de Paris

mediaCoupole © CAUE de Paris

Étape 14

Le théâtre Mogador

media Façade contemporaine © CAUE de Paris

Le Palace Théâtre est construit pendant la Première Guerre mondiale à la place d’anciennes écuries, sous l'impulsion du britannique Sir Alfred Butt, directeur de plusieurs établissements de spectacle à Londres. Son intention est double : offrir ce théâtre en cadeau à une danseuse dont il est amoureux et construire à Paris une salle aussi grandiose que celles de Londres.

Les travaux sont menés par l'ingénieur britannique Bertie Crewe et l’architecte néerlandais Édouard-Jean Niermans et poursuivis malgré les difficultés de l'époque et les bombardements de la guerre.

media Photographie de la salle, 1919 © Charles Lansiaux/DHAAP

La façade est composée de grès Carrare, fabriqué à Londres par la maison Doulton. La salle est aménagée avec les derniers perfectionnements de l’époque : deux balcons au large porte-à-faux et un lanterneau amovible, inspiré des music-halls londoniens.

media Programme de 1929 © gallica.bnf.fr/Bibliothèque nationale de France

L’établissement ouvre ses portes en 1919, en présence du président américain Woodrow Wilson. Après un succès initial prometteur, le théâtre connaît des difficultés : il est coûteux, peu rentable et a du mal à se démarquer de tous les établissements qui ouvrent durant les Années folles. En 1920, le Palace Théâtre est rebaptisé Théâtre Mogador. La salle accueille les Ballets russes de Diaghilev, les opérettes s’y succèdent, de nombreuses personnalités comme Mistinguett s'y produisent.

Aujourd'hui, la salle, qui peut accueillir plus de 1600 spectateurs, a trouvé sa place sur la scène parisienne.

Étape 15

L'église de la Sainte-Trinité

media Détail du sommet du campanile © CAUE de Paris

Classée Monument historique depuis 2016, l’église de la Sainte-Trinité est l’un des repères du 9ᵉ arrondissement.

Une église du Second Empire

Pour accompagner le développement du quartier et répondre à l’augmentation du nombre de fidèles, un modeste édifice est d’abord érigé rue de Calais. Rapidement jugé insuffisant, il est remplacé en 1951 par une seconde église en bois, construite rue de Clichy, à l’emplacement actuel du Casino de Paris. Toutefois, la population ne cessant de croître, la construction d’un nouvel édifice devient indispensable.

media Perspective vers l’église, 1919 © Charles Lansiaux / DHAAP

La conception de la nouvelle l’église, édifiée entre 1861 et 1867, est confiée à l’architecte Théodore Ballu, premier Grand Prix de Rome en 1841 et ancien élève d’Hippolyte Lebas, architecte de l'église voisine Notre-Dame de Lorette. La Sainte-Trinité, de style éclectique néo-renaissant, s’inscrit dans la perspective de la rue de la Chaussée d’Antin. Elle est couronnée à 65 mètres de haut par un campanile octogonal, ce qui la rend très visible de tous.

media Photographie © Ville de Paris / BHVP, CPA-4098/

media Photographie de Noël Le Boyer, AP43LE17536 © Ministère de la Culture (France), Médiathèque du patrimoine et de la photographie, diffusion GrandPalaisRmn Photo

L'architecte accentue la perspective de l’église en y ajoutant un parvis : le square d'Estienne-d’Orves. Ce square elliptique, planté d’un jardin anglais et clos par une balustrade en pierre, constitue la base de l’édifice.

Restaurations

Fragilisée par des pierres résistant mal aux intempéries et à la pollution de la gare Saint-Lazare, l’église de la Sainte-Trinité a rapidement fait l’objet de restaurations. Elle bénéficie de travaux exceptionnels de 2021 à 2027.

Accéder au parcours

Bus


Havre - Caumartin (ligne 32)


Haussmann - Mogador (ligne 68)


Gare Saint-Lazare (lignes 20, 26, 29, 42, 43, 80, 94)

Métro


Chaussée d'Antin Lafayette (ligne7)


Havre - Caumartin (ligne 9)


Saint Lazare (lignes 3, 12, 13, 14)

RER


Haussmann Saint-Lazare (ligne E)


Auber (ligne A)

Vélib'


Station n°9104 Caumartin - Provence


Station n°8009 Gare Saint-Lazare - Isly


Station n°9116 Victoire - Chaussée d'Antin