Le Val-de-Fontenay
Fontenay-sous-Bois




Aujourd’hui et dans les années à venir, le quartier du Val-de-Fontenay, en pleine transformation, embrasse les enjeux de l’urbanisme contemporain : construction bas-carbone, renaturation, transformation plutôt que démolition.
Caractérisé par la présence de grands ensembles de logements et du premier quartier d'affaires de l’Est parisien, le territoire du Val-de-Fontenay compte également des constructions emblématiques et expérimentales des années 1970.
Venez découvrir les projets d’architectes ayant marqué la deuxième moitié du 20ème siècle mais aussi de nouveaux équipements contemporains, en passant par des allées vertes plus confidentielles.
Parcours conçu par le CAUE du Val-de-Marne et réalisé dans le cadre de la collection Archipel Francilien des CAUE d'Île-de-France, avec le soutien de la Direction Régionale des Affaires Culturelles Île-de-France.

Ressources
L’architecture moderne en France, Tome 3, De la croissance à la compétition, Gérard Monnier, 2000.
Oscar Niemeyer en France, un exil créatif, éditions du patrimoine, centre des monuments nationaux, Vanessa Grossman, Benoit Pouvreau, 2021.
Modèles innovation, les derniers modernes, éditions du patrimoine, centre des monuments nationaux, Richard Klein, Caroline Bauer, 2023.
Site des Archives municipales de Fontenay-sous-Bois : https://archives.fontenay-sous-bois.fr/
Remerciements
Archives Municipales de la ville de Fontenay-sous-Bois
Établissement de Communication et de Production Audiovisuelle de la Défense (ECPAD)
Bibliothèque Kandinsky, Centre de recherche du Musée national d'art moderne
TVK, Architectes
Raphaëlle Bernabei, directrice générale, SPL Marne-Au-Bois
Nicolas Reymond Architecture et Urbanisme (NRAU)
Epicuria Architectes
Marie Aeberli, co-présidente de l’association Asterre
Archi5 Architecture et Paysage
Engasser + Associés, Architecture et Urbanisme
Wilmotte & Associés, Architecture
Aperçu du parcours
Évolution du Val-de-Fontenay
De la ZUP aux nouveaux enjeux contemporains
La station du RER, structure hexagonale métallique singulière et autonome, aujourd’hui noyée au milieu des immeubles de bureaux et des infrastructures routières, 2026 ©Martin Argyroglo
Le parcours démarre à la station RER du Val-de-Fontenay, inauguré en 1977 après une longue bataille menée par les habitants et les élus pour obtenir la réalisation de cette voie en souterrain.
Gare RER, 1977 © Archives de Fontenay-sous-Bois
Ce territoire, construit à partir des années 1960 en lien avec le programme des Zones d’Urbanisation Prioritaire et les infrastructures franciliennes (A86, RER), a connu différentes étapes de développement et doit répondre aujourd’hui aux nouveaux défis de la ville durable.
Plan de zonage de la ZUP, tracé du RER, autour de 1960 © Archives de Fontenay-sous-Bois
Le Projet de la ZUP (Zone à urbaniser en Priorité) du Val-de-Fontenay naît de la nécessité établie par l'État de créer un nombre de logements important en réponse à la crise du logement qui fait rage après la seconde guerre mondiale.
Plan masse du projet d’aménagement de la ZUP de Fontenay, 1964 ©Archives de Fontenay-sous-Bois
Elle est créée officiellement le 13 janvier 1960.
Sur d’anciens terrains agricoles, la ZUP prévoit 12 000 à 14 000 logements prenant la forme d’un urbanisme de « grand ensemble », avec de hautes tours et de grandes barres disposées sur une dalle surélevée du sol. S’inspirant des principes de la charte d’Athènes (manifeste de l’architecture moderne), l’architecte Marcel Lods, proche de Le Corbusier, en est le concepteur.
Fontenay-sous-Bois (94). Zone à urbaniser en priorité (7 000 logements), 1970. Au premier plan, terrains agricoles, au second plan, le quartier des Larris © Collections La Documentation francaise/Interphotothèque/Photo : Brigaud, Michel-SODEL/ECPAD/Défense
Louis Bayeurte, élu maire de Fontenay-sous-Bois en 1965, remet en cause ce modèle urbain et impose les conditions de la poursuite du projet. Militant pour une ville à échelle humaine et mixte, il fait modifier le plan masse. Le nombre de logements est réduit de moitié, des zones d’activité, équipements publics et immeubles de bureaux intègrent le projet, les formes architecturales sont retravaillées en se démarquant de celles d’origine.
Plan masse du projet d’aménagement de la ZUP de Fontenay, 1985. Les formes urbaines se complexifient par rapport au premier plan masse © Archives de Fontenay-sous-Bois
Au-delà de deux programmes déjà en cours de conception avancée et qui seront construits (la cité Romain Rolland et le quartier des Larris), le Val-de-Fontenay regroupe aujourd’hui des opérations qui font date dans l’histoire des formes architecturales des années 1970. Accueillant le premier pôle tertiaire de l’Est parisien, ce morceau de ville va encore évoluer avec l’arrivée du tramway en 2029 et de la ligne 15 du métro en 2030.
Fontenay-sous-Bois. En bas à gauche le groupe scolaire Edouard Vaillant entouré par des ensembles de logements. Au-dessus le centre commercial © Collections La Documentation française/Interphotothèque/Photo : Verney, Jean-Pierre/ECPAD/Défense
Un projet de rénovation à horizon 2035 porté par la Société Public Local d’aménagement Marne-au-Bois prévoit la renaturation des espaces publics et le rééquilibrage de l’offre de logements, bureaux et activités afin d’apporter de la mixité fonctionnelle.
Écoutez Raphaëlle Bernabei, directrice générale de la SPL Marne-au-Bois présenter le projet.
Périmètre d’opération, projet de renaturation du Val-de-Fontenay ©TVK
©TVK
Devant passer d'une superficie de 7 000 m² à 18 400 m², le parc des Olympiades fait actuellement l'objet d'un projet de transformation en un vaste parc urbain, avec l'accueil d'installations sportives extérieures venant compléter l'existant.
Constitué aujourd’hui d’un espace public très minéralisé et d’un bâti tertiaire vieillissant et déserté à la suite du départ de grandes entreprises, notamment au sein de locaux neufs situés à l’Est de l’A86, le quartier au pied du RER est amené à muter.
Édifié entre 1975 et 1982, le centre d'affaires profite de la desserte par le RER A et l’autoroute A86 nord © Collections La Documentation française/Interphotothèque/Photo : Verney, Jean-Pierre/ECPAD/Défense
Au sein de la copropriété de bureaux dite Salengro, jusqu’alors vacante à près de 80 %, et avant sa transformation, l’urbanisme transitoire a permis l’installation de la coopérative Plateau Urbain, qui occupe, en 2025, 3 500 m² et rassemble près d’une centaine de structures.
Ensemble de bureaux Salengro faisant l’objet d’une occupation temporaire en 2026 et voué à être transformé dans les années à venir ©Martin Argyroglo
Évolution du Val-de-Fontenay
De la ZUP aux nouveaux enjeux contemporains
La station du RER, structure hexagonale métallique singulière et autonome, aujourd’hui noyée au milieu des immeubles de bureaux et des infrastructures routières, 2026 ©Martin Argyroglo
Le parcours démarre à la station RER du Val-de-Fontenay, inauguré en 1977 après une longue bataille menée par les habitants et les élus pour obtenir la réalisation de cette voie en souterrain.
Gare RER, 1977 © Archives de Fontenay-sous-Bois
Ce territoire, construit à partir des années 1960 en lien avec le programme des Zones d’Urbanisation Prioritaire et les infrastructures franciliennes (A86, RER), a connu différentes étapes de développement et doit répondre aujourd’hui aux nouveaux défis de la ville durable.
Plan de zonage de la ZUP, tracé du RER, autour de 1960 © Archives de Fontenay-sous-Bois
Le Projet de la ZUP (Zone à urbaniser en Priorité) du Val-de-Fontenay naît de la nécessité établie par l'État de créer un nombre de logements important en réponse à la crise du logement qui fait rage après la seconde guerre mondiale.
Plan masse du projet d’aménagement de la ZUP de Fontenay, 1964 ©Archives de Fontenay-sous-Bois
Elle est créée officiellement le 13 janvier 1960.
Sur d’anciens terrains agricoles, la ZUP prévoit 12 000 à 14 000 logements prenant la forme d’un urbanisme de « grand ensemble », avec de hautes tours et de grandes barres disposées sur une dalle surélevée du sol. S’inspirant des principes de la charte d’Athènes (manifeste de l’architecture moderne), l’architecte Marcel Lods, proche de Le Corbusier, en est le concepteur.
Fontenay-sous-Bois (94). Zone à urbaniser en priorité (7 000 logements), 1970. Au premier plan, terrains agricoles, au second plan, le quartier des Larris © Collections La Documentation francaise/Interphotothèque/Photo : Brigaud, Michel-SODEL/ECPAD/Défense
Louis Bayeurte, élu maire de Fontenay-sous-Bois en 1965, remet en cause ce modèle urbain et impose les conditions de la poursuite du projet. Militant pour une ville à échelle humaine et mixte, il fait modifier le plan masse. Le nombre de logements est réduit de moitié, des zones d’activité, équipements publics et immeubles de bureaux intègrent le projet, les formes architecturales sont retravaillées en se démarquant de celles d’origine.
Plan masse du projet d’aménagement de la ZUP de Fontenay, 1985. Les formes urbaines se complexifient par rapport au premier plan masse © Archives de Fontenay-sous-Bois
Au-delà de deux programmes déjà en cours de conception avancée et qui seront construits (la cité Romain Rolland et le quartier des Larris), le Val-de-Fontenay regroupe aujourd’hui des opérations qui font date dans l’histoire des formes architecturales des années 1970. Accueillant le premier pôle tertiaire de l’Est parisien, ce morceau de ville va encore évoluer avec l’arrivée du tramway en 2029 et de la ligne 15 du métro en 2030.
Fontenay-sous-Bois. En bas à gauche le groupe scolaire Edouard Vaillant entouré par des ensembles de logements. Au-dessus le centre commercial © Collections La Documentation française/Interphotothèque/Photo : Verney, Jean-Pierre/ECPAD/Défense
Un projet de rénovation à horizon 2035 porté par la Société Public Local d’aménagement Marne-au-Bois prévoit la renaturation des espaces publics et le rééquilibrage de l’offre de logements, bureaux et activités afin d’apporter de la mixité fonctionnelle.
Écoutez Raphaëlle Bernabei, directrice générale de la SPL Marne-au-Bois présenter le projet.
Périmètre d’opération, projet de renaturation du Val-de-Fontenay ©TVK
©TVK
Devant passer d'une superficie de 7 000 m² à 18 400 m², le parc des Olympiades fait actuellement l'objet d'un projet de transformation en un vaste parc urbain, avec l'accueil d'installations sportives extérieures venant compléter l'existant.
Constitué aujourd’hui d’un espace public très minéralisé et d’un bâti tertiaire vieillissant et déserté à la suite du départ de grandes entreprises, notamment au sein de locaux neufs situés à l’Est de l’A86, le quartier au pied du RER est amené à muter.
Édifié entre 1975 et 1982, le centre d'affaires profite de la desserte par le RER A et l’autoroute A86 nord © Collections La Documentation française/Interphotothèque/Photo : Verney, Jean-Pierre/ECPAD/Défense
Au sein de la copropriété de bureaux dite Salengro, jusqu’alors vacante à près de 80 %, et avant sa transformation, l’urbanisme transitoire a permis l’installation de la coopérative Plateau Urbain, qui occupe, en 2025, 3 500 m² et rassemble près d’une centaine de structures.
Ensemble de bureaux Salengro faisant l’objet d’une occupation temporaire en 2026 et voué à être transformé dans les années à venir ©Martin Argyroglo
Ensembles Jean Zay, Olympiades
Le logement, matière première de la ZUP
Ensemble Maillard, 2026 ©Martin Argyroglo
Au tournant des années 1960-1970, les formes urbaines de l’architecture moderne sont remises en cause. La circulaire Guichard (ancien ministre de l’aménagement, du territoire et de l’équipement), sortie en mars 1973, entérine la fin de la politique de construction des grands ensembles.
Couverture de la publication « Modèles innovation 1973 & 1974 », publiée par la Direction de la Construction du Ministère de l’Aménagement du Territoire, de l’Équipement et des Transports, 1974 © Direction de la Construction -Ministère- 1973-74
Le Plan Construction créé en 1971 a pour ambition de renouveler le logement collectif. Les « Modèles Innovation » sont nés de cette nouvelle politique publique.
Le patrimoine du Val-de-Fontenay en constitue un exemple exceptionnel avec la construction de plusieurs ensembles d'habitations faisant preuve d’une inventivité formelle et fonctionnelle typique des années 1970.
Maquette, ensemble Maillard, 1976. Les modules s’organisent de manière proliférante ©Archives de Fontenay-sous-Bois
Ces ensembles reposent le plus souvent sur de nouveaux procédés industriels de préfabrication.
Architecture ordinaire mais singulière faite de modules assemblés et articulés de manière pyramidale, l’ensemble avenue des Olympiades est construit en 1975 suivant le modèle Maillard.
Couverture de la plaquette de présentation du modèle Maillard, 1974 © Direction de la Construction -Ministère- 1974
Le modèle Maillard repose sur le principe d’un tabouret structurel composé de quatre poteaux, quatre poutres et une prédalle produisant des immeubles polycubiques, reconnaissables au traitement de l’angle rentrant de leur structure verticale. il est le Modèle innovation le plus répandu en France, avec la construction de près de 10 000 logements. Il a été mis au point par l’architecte Henri-Pierre Maillard et l’entreprise SAE.
Photo du chantier, ensemble Maillard, 1976 ©Archives de Fontenay-sous-Bois
Extrait de la plaquette de présentation du modèle Maillard, 1974, présentation du système technique © Direction de la Construction -Ministère- 1974
Le modèle Maillard définit une pièce de base de 20,25 m² (surface des appartements supérieur de 8% aux surfaces de référence des HLM de l’époque), une organisation en L autour d’une ou plusieurs terrasses (d’un demi-module ou d’un module complet) permettant au logement d’avoir un rapport à l’extérieur.
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Extrait de la plaquette de présentation du modèle Maillard, 1974, plan d’un logement © Direction de la Construction -Ministère- 1974
Les constructions des années 1970 reflètent les recherches autour d’une nouvelle conception de l’habitat, capable de concilier les avantages économiques de la construction industrialisée et de répondre à des besoins nouveaux : espaces non déterminés, flexibilité, espaces extérieurs privatifs.
Au-delà des attentes fonctionnelles et morphologiques, le logement social est l’objet de recherche sur sa capacité à produire de la socialisation et une nouvelle urbanité.
Ensemble Maillard, 1988 ©Archives de Fontenay-sous-Bois
« Cependant la tentative fut de courte durée et Henri-Pierre Maillard lui-même révisa ses positions et ses espérances. Il déclarait : « Le système tabouret disparaît et c’est normal parce qu’il ne correspond plus aux recherches actuelles {…} Le système tabouret appartient à une phase de transition. Ce n’était pas la voie. » Extrait du livre Modèles innovation, 2023.
La rénovation dont a fait l'objet l'ensemble du quartier des Olympiades a fait disparaître les caractéristiques de l'architecture d'origine, ce qui démontre bien qu'une meilleure compréhension de ces ensembles est nécessaire.
Ensemble Maillard, 2026 ©Martin Argyroglo
La visibilité de la trame structurelle et des éléments constructifs constituait l’intérêt architectural de l’ensemble. Le remplissage, parfois en brique, entre les éléments structurels, permettait d’apporter couleur et relief.
Ensemble Maillard Sud au Bois Cadet, 1993 ©Archives de Fontenay-sous-Bois
Rue Jean Zay, un autre ensemble de logements collectif construit dans les années 1970 présente une morphologie particulièrement intéressante avec ses terrasses et escaliers extérieurs permettant d’accéder de manière privilégiée à certains logements. Un exemple d’habitat intermédiaire, qui par ses dispositions (espaces privatifs extérieures importants, accès individualisés, hauteurs variées) offre une variante entre le logement individuel et collectif.
Ensemble de logements, rue Jean Zay, 2026 ©Martin Argyroglo
Le Niemeyer
Transformation de bureaux en logements
Immeuble Niemeyer 1 en cours de transformation, 2026 ©Martin Argyroglo
Au début des années 1980, au cœur du nouveau pôle tertiaire du Val-de-Fontenay, Oscar Niemeyer, célèbre architecte brésilien expatrié en France, conçoit, à la demande de la ville, un ensemble de plusieurs bâtiments de bureaux pour une filiale de la BNP.
Plaquette de présentation du projet, 1985 ©Archives de Fontenay-sous-Bois
Dans son projet initial se déploient trois grandes barres ondulées (à l’image de celle qu’il construit pour le siège du Parti Communiste Français à Paris) et cinq autres barres à simple courbure.
Le projet est arrêté mais quelques années plus tard, en 1987, un immeuble se construit sans que l’architecte brésilien suive le projet. Une seconde barre et un restaurant d’entreprise complèteront l’ensemble en 1992; un chantier alors suivi par l’architecte d’opération Jean-Maur Lyonnet, désigné par Oscar Niemeyer.
Le Niemeyer 2, dans les années 1990 ©Ville de Fontenay-sous-Bois
Ces deux bâtiments de neuf étages de forme concave ainsi que le bâtiment circulaire sur deux niveaux à leur pied évoque l’architecture moderniste d’Oscar Niemeyer.
Connu pour la construction de la ville nouvelle Brasilia, l’architecte brésilien utilise des formes simples, des courbes et privilégie l’utilisation du béton.Contrairement aux autres œuvres du Brésilien, à Fontenay-sous-Bois, la façade à vitrages miroirs dissimule un mur en béton percé.
Image du projet, façade avant. L’aspect architectural du bâtiment est conservé ©NRAU
En 2024 la SPL Marne Au Bois rachète un des deux bâtiments inutilisés pour y abriter des logements sociaux.
Face à la forte nécessité de produire du logement et à la vacance des locaux tertiaires (6 millions de m² de bureaux disponibles en Île-de-France fin 2025, donnée Immostat), la reconversion de bâtiments déjà existants répond aux enjeux de réduction de l’empreinte carbone de la construction. Elle valorise le patrimoine immobilier déjà existant sans urbaniser les sols libres de construction et favorise la mixité fonctionnelle.
Image du projet, façade arrière avec l’ajout de balcons filants équipés de stores ©NRAU
Les architectes de l’agence Nicolas Reymond Architecture & Urbanisme (NRAU) sont en charge de la reconversion du Niemeyer 1. Le chantier qui commence devrait s’achever à l’automne 2027.
Écoutez Jules Armbruster, architecte parler du projet.
Bâtiment de la Rotonde ayant servi de restaurant d’entreprise et aujourd’hui voué à être transformé en équipement public, 2024 ©Myr Muratet
La SPL prévoit également de réhabiliter l’ancien restaurant inter-entreprise associé aux immeubles de bureaux. Sa transformation en équipement collectif permettra notamment de contribuer au projet de revalorisation de l’espace public.
Le groupe scolaire Paul Langevin
Une école bas-carbone
Groupe scolaire Paul Langevin, 2026 ©Martin Argyroglo
Le groupe scolaire Paul Langevin vient s’insérer au cœur du quartier des Larris, premier quartier à être construit dans le cadre de la ZUP du Val-de-Fontenay et composé de grandes tours d’habitation.
« Le parti pris était de construire un bâtiment qui contraste, bas carbone, chaleureux et lumineux permettant de renouer avec la nature. » précise l’agence Epicuria architectes.
Le groupe scolaire comporte 10 classes maternelles, 13 classes élémentaires, une restauration et 2 centres de loisirs. Le bâtiment des maternelles est séparé de celui des élémentaires par des cours et une rue intérieure.
Cour de récréation, groupe scolaire Paul Langevin, 2026. La cour très minéralisée devrait faire l’objet d’une végétalisation dans les années à venir © Pierre-Yves Brunaud
Les matériaux naturels sont privilégiés pour la construction.
Le rez-de-chaussée est entièrement construit en terre crue par des compagnons bâtisseurs renouant ainsi avec des techniques traditionnelles. Mélangée à de l’eau et compactée dans des coffrages, la terre, idéalement argileuse, devient une structure dense et solide. Cette résistance est comparable à celle de matériaux plus conventionnels comme la brique ou le parpaing.
Toutefois, il est essentiel de protéger la terre contre une exposition prolongée à l’eau ; c’est pourquoi le mur en pisé est assis sur un soubassement en béton et protégé par une large casquette afin d’éviter sa dégradation.
Écoutez Marie Aeberli, co-présidente de l'association Asterre, parler de la terre dans la construction.
Rez-de-chaussée du groupe scolaire, mur en pisé sur sous-bassement en béton © Pierre-Yves Brunaud
Au-dessus, le bâtiment est composé d’une structure et d’une façade en bardage bois.
Livré en 2020, l’équipement est certifié Haute Qualité Environnementale.
Le bâtiment profite de l’énergie gratuite et naturelle. Alimenté par le réseau de chaleur urbain de la commune, ses besoins en électricité sont en grande partie couverts par des panneaux photovoltaïques intégrés à la toiture.
Au sud, un mur « trombe » en terre est disposé derrière la façade vitrée. Celui-ci permet de capter la chaleur pour la restituer dans la salle polyvalente. Des ouvertures hautes et basses permettent à l’air de circuler entre le mur en terre et le vitrage et de se réchauffer.
Mur trombe en façade sud © Pierre-Yves Brunaud
A contrario, pour protéger le bâtiment des surchauffes en été, de larges casquettes protègent les vitrages.
L’apport de lumière est maximisé avec la mise en place d’ouverture shed en toiture permettant un éclairage optimal des salles de classes.
La toiture est de plus végétalisée et partiellement accessible aux enfants pour différentes activités pédagogiques.
Serre pédagogique sur le toit du groupe scolaire © Pierre-Yves Brunaud
« Après deux années d’exploitation, les usagers témoignent d’un grand confort pour cet équipement, y compris en période caniculaire, grâce aux protections solaires extérieures et à la ventilation naturelle traversante. » Extrait d’un témoignage recueilli dans le cadre de l’accompagnement « Bâtiment Durable Francilien »
Les « Maisons gradins »
Un modèle d’habitat intermédiaire
Ensemble Avenue du Maréchal Joffre, 2026©Martin Argyroglo
Les « maisons gradins jardins » des architectes Andrault et Parat sont un des modèles les plus représentatifs de l’habitat intermédiaire construit dans les années 1970 en France.
Coupe d’un bâtiment faisant apparaître les terrasses en périphérie et les parkings au centre, 1978 ©Archives de Fontenay-sous-Bois
Le principe, qui se décline sous forme pyramidale ou linéaire, se caractérise par la superposition de logements en gradins permettant l’aménagement de terrasses pour tous les logements et d’un parking intégré au bâtiment dans les niveaux bas non éclairés.
Schéma de principe des terrasses du modèle Maisons Gradins Jardins ©Bibliothèque Kandinsky
L’ensemble entre l’avenue Joffre et l’avenue Rabelais comporte 79 logements organisés en deux bâtiments linéaires.
Photo à la livraison, dans les années 1980. Les plantations du talus ont depuis mis à distance les bâtiments de l’avenue ©Archives de Fontenay-sous-Bois
Chaque appartement dispose d’une entrée individuelle. Des escaliers extérieurs sont insérés entre des blocs de bâtiments, permettant de dissocier les volumétries et d’éviter l’effet barre.
Le modèle s’est ici adapté à la forte déclivité du terrain en aménageant un niveau habitable de plus dans la pente.
Ensemble Avenue du Maréchal Joffre, 2026. Les palissades en bois rappellent les clôtures de jardins ©Martin Argyroglo
Une autre opération d’une plus grande importance est construite sur ce modèle dans la ZUP de Fontenay, rue de la Fontaine.
Ensemble rue de la Fontaine, 2026. Les palissades en bois rappellent les clôtures de jardins ©CAUE94
Caractéristiques de l’architecture des « maisons gradins », des jardinières garde-corps en béton brut d’une largeur de 90 cm permettent l’installation de plantations diverses et foisonnantes (arbustes, fleurs) et protègent l’intimité de l’espace privatif. Le remplissage en brique des façades apporte colorimétrie et relief à l’écriture architecturale.
Les logements, dont la plupart sont en duplex, disposent d’une large entrée, de rangements, d’une cuisine éclairée naturellement.
Plan d’un étage, ensemble rue de la Fontaine, 1978. On peut apprécier la proportion généreuse des terrasses ©Archives de Fontenay-sous-Bois
Il est à noter que plusieurs opérations du modèle Maisons Gradins Jardins sont labellisées « Architecture Contemporaine Remarquable » en France, comme la Pyramide 14 à Evry, qui constitue le plus grand modèle jamais construit avec 7 000 logements.
Les architectes Andrault et Parat sont par ailleurs les concepteurs de nombreux bâtiments remarquables, dont le centre Pierre Mendès France dans le 13ème arrondissement de Paris ou la tour Totem sur le Front de Seine.
L’îlot Michelet
Architecture contemporaine de bois et d’aluminium
Ensemble de logements rue Lesage, 2026 ©Martin Argyroglo
L’ensemble de l’îlot Michelet, livré en 2020 par l’agence Archi5 Architecture et Paysage, se déroule le long de la rue Lesage sur une profondeur de 50 mètres environ, dans un langage architectural contemporain.
Vue d’ensemble de l’îlot Michelet, 2020 ©Sergio Grazia, Archi5
Dans un quartier résidentiel et arboré, l’opération se compose d’un immeuble de quatre étages sur rue dont les façades sont revêtues d’aluminium, tandis que des ensembles de logements indépendants à deux étages en bois s’installent au fond de la parcelle pour faire la transition avec le tissu pavillonnaire.
Des jardins publics et privés séparent les deux ensembles à l’intérieur de l’îlot.
Logements indépendants à l’arrière de la parcelle, 2020 ©Sergio Grazia, Archi5
« Cet espace permet de perpétuer la tradition maraîchère du quartier en lien avec les riverains et les écoles à proximité (jardin potager public et vergers pédagogiques). Une venelle piétonne transversale permet de desservir l’ensemble des constructions tout en faisant pénétrer la nature au cœur de l'îlot. Soulignée par une strate arborée et arbustive foisonnante, elle garantit un paysage dégagé au cœur du quartier et offre un cadre de vie de qualité aux habitants. » Endroits en vert, paysagiste.
Petit jardin public à la liaison entre la venelle piétonne en cœur d’îlot et la rue Michelet ©CAUE 94
L'opération réunit des programmes fonctionnellement indépendants : logements sociaux, logements en accession progressive, commerces et équipements dont une école d’art et les locaux du service municipal de la jeunesse.
Plan de masse et organisation de la parcelle ©Archi5
L’opération comprend également 11 appartements conçus selon le modèle de l’habitat participatif.
Ce modèle permet à un groupe de citoyens de concevoir, créer et/ou gérer leur habitat collectivement pour mieux répondre à leurs besoins. L’ensemble comprend des espaces communs : un grand jardin, une salle commune, une chambre d’amis et une petite buanderie.
Façade à l’intérieur de l’îlot Michelet, 2020 ©Sergio Grazia, Archi5
Les toitures en pente, la présence de loggias, les grandes pergolas ainsi que l’aménagement de grandes terrasses en angle abaissant le niveau des constructions, permettent de varier la volumétrie et de donner une échelle domestique à l’opération.
L’opération a également permis de réaménager l’espace public au droit de l’école Jules Michelet et du collège Joliot Curie.
Ces aménagements, aussi couramment appelés « rues aux enfants » permettent de promouvoir le partage de l‘espace public, de renforcer les circulations douces et de sécuriser les abords des écoles.
L’Hôtel de ville
Modernisme, verre et acier
Façade de l’Hôtel de ville, 2026 ©Martin Argyroglo
L’hôtel de ville est édifié dans le prolongement du projet de ZUP au début des années 1970, afin de relier symboliquement l’ancien bourg et les nouveaux secteurs urbanisés.
Il est implanté sur une grande dalle regroupant également d’autres services municipaux.
Il est conçu par l’architecte Henri Beauclair, associé à Marcel Lods et Paul Depondt, avec lesquels ils fondent le Groupement d'Études pour une Architecture Industrielle en 1964. Ils développent durant plusieurs années l’utilisation de structures métalliques dans la construction et notamment des solutions utilisant des éléments préfabriqués. Ils réalisent notamment la Maison des Sciences de l’Homme dans le 6ème arrondissement de Paris, un bâtiment labellisé Architecture Contemporaine Remarquable.
L’Hôtel de Ville, dans les années 1980. Intégrée à la façade, l’œuvre d’art cinétique conçue par Yvaral a aujourd’hui disparue ©Archives de Fontenay-sous-Bois
Construit dans la lignée des hôtels de ville modernistes des années 1970, celui-ci se démarque par son étonnante structure métallique composé de poteaux et de poutres en acier d’une grande finesse.
La tour en béton brut visible à l’extérieur intègre les circulations verticales et permet de conforter l’ensemble.
Chantier de l’hôtel de ville faisant apparaître la structure métallique, 1972 ©Archives de Fontenay-sous-Bois
Les façades, alors dénommées « murs rideaux » au regard de leur fonction non porteuse, sont composées de grandes baies vitrées de 5 m de haut et de 80 cm de large et de panneaux en aluminium de 40 cm de large.
Lors de l’inauguration du bâtiment en 1973, le maire Louis Bayeurte, parle d’une « maison de verre au service de la population ».
L’Hôtel de ville, vue depuis le parc, dans les années 1980 ©Archives de Fontenay-sous-Bois
Profitant de la pente du terrain, le bâtiment développe un niveau en rez-de-jardin ouvert sur le parc accueillant la restauration, les archives et les locaux techniques.
Vue de l’Hôtel de ville depuis le parc, 2026 ©Martin Argyroglo
A l'intérieur, l'arrivée sur une mezzanine permet d’avoir une vue dégagée et traversante vers un vaste hall d’accueil en contrebas, desservant la salle du conseil et la salle des mariages.
L’intérieur de l’Hôtel de Ville (Hall, Salle des mariages, bureau, salle de réunion), dans les années 1980 ©Archives de Fontenay-sous-Bois
Médiathèque et Théâtre
Nouveaux équipements structurants dans le quartier Rabelais
Vue aérienne du quartier de la Redoute, 2025 ©Ville de Fontenay-sous-Bois
Le projet de renouvellement urbain du secteur Rabelais a eu pour objectif de désenclaver le quartier en y apportant plus de mixité programmatique, avec la création de nouveaux équipements et commerces et en aménageant de nouveaux espaces publics ainsi que des voies de circulations piétonnes.
Le quartier accueille désormais un théâtre ainsi qu’un bâtiment regroupant un centre municipal de santé et une médiathèque : deux architectures contemporaines qui marquent le paysage.
Médiathèque Elsa Triolet et Louis Aragon
Médiathèque, 2026 ©Martin Argyroglo
Le projet, regroupant une médiathèque et un centre municipal de santé, assume un rôle de repère dans le quartier, en dialogue avec la tour d’habitation voisine. L’ensemble, conçu par l’agence d’architecture Engasser & Associés, incarne un nouvel équipement conciliant visibilité et insertion urbaine.
Le bâtiment est adossé à l’ancienne centrale téléphonique construite en 1968 par les architectes Marcel Lods, Paul Depondt et Henri Beauclair (cf. articles 1 et 7), une réalisation remarquable, témoin de l’architecture des années 1960.
Le nouveau bâtiment en reprend partiellement les codes architecturaux mais se démarque nettement par une présence plus imposante.
La centrale téléphonique construite en 1969 en béton dans un style qu’on pourrait qualifier de brutaliste ©Archives de Fontenay-sous-Bois
Médiathèque, 2025 © Agence Engasser et associés, photographe Fabrice Besson
Le nouvel édifice s’élève sur 8 étages. Au-dessus des espaces d’accueil commun, un socle minéral accueille le centre de santé tandis que la médiathèque occupe les étages supérieurs offrant des vues imprenables vers le lointain.
Vue depuis les étages supérieurs de la médiathèque, 2025 ©Martin Argyroglo
La médiathèque est construite en structure, plancher et ossature des façades en bois ce qui lui a permis d’obtenir le label Bâtiment Biosourcé valorisant l’utilisation de matériaux organiques renouvelables dans la construction. Les façades disposent de ventelles métalliques faisant office de protections solaires.
Intérieur de la médiathèque, 2025 © Agence Engasser et associés, photographe Fabrice Besson
Théâtre Jean-François Voguet
Vue sur le parvis, 2026 ©Wilmotte
Jouxtant la salle polyvalente Jacques Brel, le nouveau théâtre, inauguré en 2023, prend place dans un espace de transition entre des immeubles de grands ensembles et un tissu pavillonnaire plus ancien. Conçu par l’agence d’architecture Wilmotte & Associés, le bâtiment, d’une hauteur relativement maîtrisée, propose un rez-de-chaussée totalement vitré, se voulant symboliquement accueillant et ouvert aux habitants afin de démocratiser l’accès à la culture.
Le théâtre en premier plan et la salle Jacques Brel en second plan , 2026 ©Wilmotte
Au-dessus du rez-de-chaussée, différents volumes se détachent, formant un couronnement horizontal discontinu. les niveaux supérieurs sont revêtus d’un parement métallique perforé de couleur blanche et gris anthracite. L’architecture, volontairement simple en couleur et matériaux, présente ainsi une volumétrie plus complexe sans être trop imposante.
Salle de spectacle, 2026 ©Wilmotte
Le théâtre comprend une salle de spectacle de plus de 300 places, deux salles de répétitions, un bar et un espace d’exposition. Les espaces d’accueil, le hall et le foyer sont aménagés autour de la cage de scène qui se trouve au centre du bâtiment.
La programmation est par ailleurs élaborée pour et avec les habitants.
Théâtre Jean-François Voguet, 2026 ©Wilmotte
Le Terroir
Le logement et la place de la nature en ville
Ensemble Le Terroir, 2026 ©Martin Argyroglo
Le Terroir est un ensemble de plusieurs bâtiments construit par Georges Présenté et Philippe Roulier au début des années 1970. Ils fondent un important bureau d’études techniques qui collabore avec un grand nombre d’architecte et notamment Le Corbusier jusqu’en 1965 avant que Georges Présenté devienne architecte à son tour.
Construit en béton peint en blanc, l’ensemble présente un caractère très homogène.
Vue aérienne ensemble Le Terroir, dans les années 1990 ©Archives de Fontenay-sous-Bois
Les bâtiments sont implantés en travers de la pente, formant des sortes de restanques intégrées au paysage. Leur profil légèrement pyramidal ainsi que les séparations des terrasses qui s’évasent vers le bas permettent d’adoucir l’effet de barre induit par l’implantation accolée en bande des constructions tout en assurant une certaine intimité aux logements.
Un bâtiment dans les années 1990 ©Archives de Fontenay-sous-Bois
Les appartements, dont la majorité sont en duplex, ont une dissociation jour/nuit très marquée : pièce de vie au niveau bas et chambres au niveau haut.
Plan des logements, niveau séjour ©Archives de Fontenay-sous-Bois
Les logements se superposent et jouissent d’espaces extérieurs de qualité malgré leur mono-orientation (jardins avec accès individualisé pour les logements au rez-de-chaussée, ou terrasses généreuses dans les étages).
Coupe sur un des bâtiments ©Archives de Fontenay-sous-Bois
La notice architecturale fait état des préoccupations de l’époque concernant la flexibilité des logements :
« la conception même du logis par sa structure doit favoriser l’isolement et en même temps la possibilité des relations familiales. Le logement doit aussi rendre possible la pratique de certaines activités, comme le bricolage, la photo, la musique, le jardinage, etc.. On a observé déjà une tendance selon laquelle il conviendrait désormais de prévoir soit l’existence d’espaces « bruts »-vierges d’équipement- soit des espaces pourvus d’équipements « flexibles ».
Plan des logements, niveau chambres ©Archives de Fontenay-sous-Bois
Les architectes prévoient dans les logements une pièce ventilée mais non éclairée qui pourrait répondre à ces besoins.
Il semblerait, cependant, que ces espaces servent plutôt de rangement comme en font mention les plans.
Ensemble Le Terroir, 2026 ©Martin Argyroglo
La place de la nature en ville est également un sujet qui préoccupe les concepteurs : « La politique des espaces doit surmonter les dichotomies admises et stérilisantes telles celle qui oppose la nature et la ville, car une telles politique porte à penser la nature hors de la ville seulement, alors qu’il n’est pas certain que demain la nature ne devra pas être réintégrée dans la ville. »
« C’est la ville verte qui donne aux habitants devant leurs portes, leurs fenêtres, une terrasse-jardin quel que soit l’étage. »
Ensemble Le Terroir, 2026 ©Martin Argyroglo
De ce point de vue, l’ensemble architectural du Terroir réussit son pari d’une architecture intégrée dans un paysage vallonné et largement arboré.
Groupe scolaire Edouard Vaillant
Une école à hauteur d’enfant
Bâtiment de la maternelle, 2026 ©Martin Argyroglo
Les années 1970 marquent une période particulière dans l’architecture scolaire, avec des propositions nouvelles et expérimentales pour l’accueil des enfants.
La rigueur et l’hygiénisme dans la conception architecturale des années précédentes cèdent la place à la flexibilité et l’inventivité.
Bâtiment de l’élémentaire, 2022 © Stéphane Asseline, région Île-de-France
Le groupe scolaire Édouard Vaillant, construit en 1977 et conçu par Aymeric Zublena, architecte de la ville nouvelle de Marne-la-Vallée, en est un parfait exemple. Il comprend 12 classes de maternelle et 22 classes élémentaires, un réfectoire, une cuisine centrale et 4 logements de fonction sur un vaste site de plus de 16 000 m².
Les bâtiments, à simple rez-de-chaussée, s’organisent autour d’une place centrale afin de desservir de manière individualisée les écoles.
Vue d’ensemble, 1974 ©Archives de Fontenay-sous-Bois
L'architecte utilise intelligemment la pente du terrain (entre 6 et 7 %) pour étager les bâtiments sur des niveaux différents. Ceux-ci s’inscrivent alors parfaitement dans le paysage vallonné.
Les espaces intérieurs, largement éclairés, présentent une variété d’ambiances étonnantes vouée à développer et satisfaire l’imaginaire des enfants.
Espace intérieur polyvalent, 2022 © Stéphane Asseline, région Île-de-France
Les espaces de circulation sont généreusement dimensionnés afin d’accueillir différents usages : espaces de jeux, petit amphithéâtre, coin lecture.
Les classes, de forme octogonale, sont groupées deux à deux et s’ouvrent sur une aire de jeux accessible de plain-pied, permettant aux enfants d’avoir une relation privilégiée à l’extérieur.
Intérieur d’une salle de classe, 2022 © Stéphane Asseline, région Île-de-France
Plan de la maternelle, 1973 ©Archives de Fontenay-sous-Bois
Entre les classes, des « tours à rêves » sont aménagées pour s’isoler, regarder le ciel, rêver.
Tour à rêve, 2022 © Stéphane Asseline, région Île-de-France
Dessin des façades et tour à rêve, 1974 ©Archives de Fontenay-sous-Bois
La volumétrie générale des bâtiments faite de petits modules assemblés, les fenêtres en forme de cercle ou de demi-cercle, les verrières, les pans coupés donnent un caractère très original à l’ensemble. Aymeric Zublena présente l’école comme « un village d’enfants ».
Détail d’une façade, 2026 ©Martin Argyroglo
Ce projet a obtenu le label Architecture Contemporaine Remarquable en 2021.
Cette distinction souligne "l'empreinte utopiste des années 1970" du bâtiment et l’érige en témoin du "renouvellement des formes et du retour à la liberté de création" de cette époque.
Accéder au parcours
RER
Val-de-Fontenay (ligne A et E)


