DétourLes CAUE  d'Île-de-France
Détour
10,5km
5h

Paris/Meudon, les plis du fleuve

Paris / Issy-les-Moulineaux / Clamart / Meudon

Paysage
Etang de la Garenne. CAUE-IDF, Archipel francilien, 2025 © Martin Argyroglo.
Paysage
Etang de la Garenne. CAUE-IDF, Archipel francilien, 2025 © Martin Argyroglo.

Au sortir de Paris, la Seine dessine la boucle de Boulogne, premier des méandres du fleuve à l’ouest de la capitale. Sculptant les coteaux calcaires et sableux, cette large étendue d’eau à ciel ouvert, façonne le relief marqué du territoire auquel le département doit son nom, « les hauteurs sur la Seine ».

Du pont du Garigliano, à Paris, jusqu’à la terrasse de l’Observatoire, à Meudon, en passant par Issy-les-Moulineaux et Clamart, ce voyage suit le tracé de la Seine puis, en filigrane, celui du ru d’Arthelon, l’un de ses petits affluents aujourd’hui canalisé. Au long de rives, vallons, crêtes et forêts, les plis du fleuve se découvrent. La déambulation invite à une ascension sensible où se croisent les grands usages de la ville : transport, industrie, assainissement, habitat, nature et plaisirs d’agrément.

Crédits

Conception itinéraire : Conseil d’architecture, d’urbanisme et de l’environnement des Hauts-de-Seine (CAUE92) Rédaction : Jaouida Zehou, architecte Relectures et révisions : Laure Waast et Yasmine Tandjaoui, architectes - CAUE92 Recherches, documentation et iconographie : Jaouida Zehou, architecte Photographies: Martin Argyroglo Partenaires et remerciements : Ambroise Tézenas et Jérémie Léon (photographes, auteurs de l'Observatoire photographique des paysages de la vallée de la Seine francilien), Alain His et Damien Tiberghien (habitants, co-fondateurs de la Maison du Val), Mathilde Baudrier (cheffe du pôle Eau, milieux humides, écopâturage à l'association Espaces).

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Mode de mobilité
À pied
Type de parcours
Randonnée

Aperçu du parcours

Étape 1

Point de vue du Garigliano

mediaPoint de vue du Garigliano. CAUE-IDF, Archipel francilien, 2025 © Martin Argyroglo.

Avant-dernier pont de Paris en aval, le pont du Garigliano est construit entre 1963 et 1966 par l’architecte Davy et l’ingénieur Thenault. Il remplace un imposant ouvrage en maçonnerie, appelé « viaduc du Point-du-Jour », démoli en 1958. Passerelle métallique de 25 m de large, posée sur deux piliers massifs en béton, elle enjambe la Seine sur une longueur de 209 m. Avec ses 18 m au-dessus du niveau du fleuve (dont l'altitude est de 26 m), il est le plus haut pont de Paris. Il offre, à l’est, un point de vue remarquable sur l’horizon urbain parisien : la clarté des façades haussmanniennes, le pont Mirabeau et la tour Eiffel. Vers l’ouest, s’ouvre un panorama sur les coteaux boisés de Meudon et la terrasse de l’Observatoire. En contrebas, le pont du Garigliano donne à voir différents usages de la Seine : industriels (transport, production et stockage de matériaux de construction), résidentiels (bateaux logements) et de loisirs. Bascule paysagère entre Paris et les Hauts-de-Seine, le pont constitue le point d’origine de l’observatoire photographique des paysages de la vallée de la Seine francilien.

mediaCarte postale de l'ancien pont du Garigliano, 1880-1945 © Ville de Paris / Bibliothèque historique, CPA-4807.

Un itinéraire Paris — Moisson Observatoire photographiques des paysages de la vallée de la Seine francilien Photographes : Ambroise Tézenas et Jérémie Léon

mediamediaBoulogne-Billancourt, Courbe du viaduc de l’autoroute A13 et vue sur les coteaux étagés de Saint-Cloud. Le 08 décembre 2020 et le 03 mai 2024. OPP de la vallée de la Seine francilien © Ambroise Tézenas et Jérémie Léon.

111 images collectées dans les paysages de la Seine en aval de Paris, entre Issy-les-Moulineaux et les portes de la Normandie, constituent l’Observatoire photographique des paysages de la vallée de la Seine francilien. Parmi celles-ci, 65 vues sont destinées à être rephotographiées à l’identique à intervalle de temps régulier afin de suivre l’évolution des milieux et des territoires. Suivant la Seine et ses berges (130 km de fleuve, 260 km de berges, 130 km supplémentaires avec les îles), les photographies sensibles d’Ambroise Tézenas et Jérémie Léon révèlent la diversité des paysages — coteaux calcaires, forêts, zones industrielles, ports, autoroutes, espaces de loisirs ou émergences urbaines comme celles de La Défense — en cherchant à atteindre à l’essentiel du territoire. Le projet est porté par les CAUE des Yvelines (pilote de projet), des Hauts-de-Seine, du Val-d’Oise ainsi que par la Région Île-de-France. Cet observatoire, débuté en 2020, est conçu en collaboration avec, et dans la continuité de, l'Observatoire photographique des paysages de la vallée de la Seine normand. Ces deux Observatoires constitueront ensemble l'Observatoire photographique des paysages de la vallée de la Seine.

Qu’est-ce qu’un Observatoire photographiques des paysages ?

Un observatoire photographique des paysages est un outil mis en place pour évaluer de manière sensible les évolutions d’un territoire. Imaginé par le ministère de l’Environnement dès les années 1990, il s’appuie sur un protocole précis : cadrages fixes, règles techniques, comités de pilotage et participation d’experts variés. L’objectif est de créer un corpus d’environ cent clichés, dont 40 à 60 sont sélectionnés pour leur valeur esthétique et leur capacité à informer sur les problématiques paysagères. Ces photographies sont régulièrement refaites dans les mêmes conditions (cadrage, hauteur, focale) selon le principe de la reconduction photographique. Ce processus inscrit l’observation dans la durée et offre une vision dynamique de la transformation des paysages, dépassant la simple comparaison entre passé et présent.

🔊 Capsule sonore

Photographier la Seine

Interview de Ambroise Tézenas et Jérémie Léon, auteurs de l’observatoire photographique des paysages de la vallée de la Seine francilien.

—> Pour écouter le podcast, désactivez le mode silencieux de votre téléphone puis cliquez sur l'icône "haut-parleur" à droite du titre de l'étape.

Autre architecture remarquable

Siège social de Safran

2 bd du Général Martial-Valin, Paris 15

mediaSiège social pour la SNECMA (aujourd'hui Safran), photographie Yves Guillemaut © Fonds Dufau. Académie d'architecture / Cité de l'architecture et du patrimoine / Archives d'architecture contemporaine.

À proximité immédiate de la Seine et du périphérique, sur un terrain limitrophe des Hauts-de-Seine, le siège social de la SNECMA - devenue Safran – fait écho à l’histoire de l’industrie aéronautique dans le département du 92. La Société nationale d’étude et de construction de moteurs d’aviation, créée par nationalisation en 1945, est issue de la fusion des sociétés Gnôme et Rhône, installées notamment à Gennevilliers et Colombes. Le bâtiment, conçu en 1976 par l’architecte Pierre Dufau (1908-1985), adopte un style moderne. Trois volumes horizontaux juxtaposés composent sa silhouette originale, inspirée des technologies et matériaux aéronautiques. Ses façades associent verre clair et fumé à des panneaux arrondis d’aluminium blanc ou anodisé, évoquant les empennages d’avion, tandis que des pare-soleil rappellent des ailerons. Le couronnement arrondi du toit suggère, quant à lui, un fuselage. L’ensemble, réalisé à partir d’éléments préfabriqués, illustre une approche innovante déjà mise en œuvre par l’architecte pour l’hôtel Pullman Montparnasse.

Étape 1

Point de vue du Garigliano

mediaPoint de vue du Garigliano. CAUE-IDF, Archipel francilien, 2025 © Martin Argyroglo.

Avant-dernier pont de Paris en aval, le pont du Garigliano est construit entre 1963 et 1966 par l’architecte Davy et l’ingénieur Thenault. Il remplace un imposant ouvrage en maçonnerie, appelé « viaduc du Point-du-Jour », démoli en 1958. Passerelle métallique de 25 m de large, posée sur deux piliers massifs en béton, elle enjambe la Seine sur une longueur de 209 m. Avec ses 18 m au-dessus du niveau du fleuve (dont l'altitude est de 26 m), il est le plus haut pont de Paris. Il offre, à l’est, un point de vue remarquable sur l’horizon urbain parisien : la clarté des façades haussmanniennes, le pont Mirabeau et la tour Eiffel. Vers l’ouest, s’ouvre un panorama sur les coteaux boisés de Meudon et la terrasse de l’Observatoire. En contrebas, le pont du Garigliano donne à voir différents usages de la Seine : industriels (transport, production et stockage de matériaux de construction), résidentiels (bateaux logements) et de loisirs. Bascule paysagère entre Paris et les Hauts-de-Seine, le pont constitue le point d’origine de l’observatoire photographique des paysages de la vallée de la Seine francilien.

mediaCarte postale de l'ancien pont du Garigliano, 1880-1945 © Ville de Paris / Bibliothèque historique, CPA-4807.

Un itinéraire Paris — Moisson Observatoire photographiques des paysages de la vallée de la Seine francilien Photographes : Ambroise Tézenas et Jérémie Léon

mediamediaBoulogne-Billancourt, Courbe du viaduc de l’autoroute A13 et vue sur les coteaux étagés de Saint-Cloud. Le 08 décembre 2020 et le 03 mai 2024. OPP de la vallée de la Seine francilien © Ambroise Tézenas et Jérémie Léon.

111 images collectées dans les paysages de la Seine en aval de Paris, entre Issy-les-Moulineaux et les portes de la Normandie, constituent l’Observatoire photographique des paysages de la vallée de la Seine francilien. Parmi celles-ci, 65 vues sont destinées à être rephotographiées à l’identique à intervalle de temps régulier afin de suivre l’évolution des milieux et des territoires. Suivant la Seine et ses berges (130 km de fleuve, 260 km de berges, 130 km supplémentaires avec les îles), les photographies sensibles d’Ambroise Tézenas et Jérémie Léon révèlent la diversité des paysages — coteaux calcaires, forêts, zones industrielles, ports, autoroutes, espaces de loisirs ou émergences urbaines comme celles de La Défense — en cherchant à atteindre à l’essentiel du territoire. Le projet est porté par les CAUE des Yvelines (pilote de projet), des Hauts-de-Seine, du Val-d’Oise ainsi que par la Région Île-de-France. Cet observatoire, débuté en 2020, est conçu en collaboration avec, et dans la continuité de, l'Observatoire photographique des paysages de la vallée de la Seine normand. Ces deux Observatoires constitueront ensemble l'Observatoire photographique des paysages de la vallée de la Seine.

Qu’est-ce qu’un Observatoire photographiques des paysages ?

Un observatoire photographique des paysages est un outil mis en place pour évaluer de manière sensible les évolutions d’un territoire. Imaginé par le ministère de l’Environnement dès les années 1990, il s’appuie sur un protocole précis : cadrages fixes, règles techniques, comités de pilotage et participation d’experts variés. L’objectif est de créer un corpus d’environ cent clichés, dont 40 à 60 sont sélectionnés pour leur valeur esthétique et leur capacité à informer sur les problématiques paysagères. Ces photographies sont régulièrement refaites dans les mêmes conditions (cadrage, hauteur, focale) selon le principe de la reconduction photographique. Ce processus inscrit l’observation dans la durée et offre une vision dynamique de la transformation des paysages, dépassant la simple comparaison entre passé et présent.

🔊 Capsule sonore

Photographier la Seine

Interview de Ambroise Tézenas et Jérémie Léon, auteurs de l’observatoire photographique des paysages de la vallée de la Seine francilien.

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Autre architecture remarquable

Siège social de Safran

2 bd du Général Martial-Valin, Paris 15

mediaSiège social pour la SNECMA (aujourd'hui Safran), photographie Yves Guillemaut © Fonds Dufau. Académie d'architecture / Cité de l'architecture et du patrimoine / Archives d'architecture contemporaine.

À proximité immédiate de la Seine et du périphérique, sur un terrain limitrophe des Hauts-de-Seine, le siège social de la SNECMA - devenue Safran – fait écho à l’histoire de l’industrie aéronautique dans le département du 92. La Société nationale d’étude et de construction de moteurs d’aviation, créée par nationalisation en 1945, est issue de la fusion des sociétés Gnôme et Rhône, installées notamment à Gennevilliers et Colombes. Le bâtiment, conçu en 1976 par l’architecte Pierre Dufau (1908-1985), adopte un style moderne. Trois volumes horizontaux juxtaposés composent sa silhouette originale, inspirée des technologies et matériaux aéronautiques. Ses façades associent verre clair et fumé à des panneaux arrondis d’aluminium blanc ou anodisé, évoquant les empennages d’avion, tandis que des pare-soleil rappellent des ailerons. Le couronnement arrondi du toit suggère, quant à lui, un fuselage. L’ensemble, réalisé à partir d’éléments préfabriqués, illustre une approche innovante déjà mise en œuvre par l’architecte pour l’hôtel Pullman Montparnasse.

Étape 2

Unité de production de béton

mediaUnité de production de béton. CAUE-IDF, Archipel francilien, 2025 © Martin Argyroglo.

Profitant de l’approvisionnement par la Seine, les sites de production de béton et de stockage de matériaux de construction s’égrènent le long du fleuve. Cette activité s’inscrit dans la longue histoire du transport de matériaux de construction par voie fluviale : bois, sables, cailloux, briques, tuiles ; et plus récemment voussoirs, rails et traverses des futures lignes du Grand Paris Express. L’unité de production Cemex de Port Victor, implantée sur le quai d’Issy-les-Moulineaux depuis les années 1980, est la plus grande centrale à béton Cemex de France et l’une des plus importantes du groupe, en capacité de production, en Europe. Sa rénovation, réalisée de 2014 à 2017 par l’Atelier de l’Île, a permis l’amélioration de l’accès des riverains aux bords de Seine en dehors des horaires d’ouverture du site. Elle manifeste la volonté de développer un « port urbain », associant un usage industriel des berges et à un espace public.

Étape 3

Île Saint-Germain

media Parc de l'île Saint-Germain et Tour aux Figures de Jean Dubuffet. CAUE-IDF, Archipel francilien, 2025 © Martin Argyroglo.

Première île en aval de Paris, l’île Saint-Germain résulte de la réunion de l’île Chabanne et de l’île du Dauphin. Formés par l’accumulation d’alluvions charriés par la Seine, ces îlots ont été regroupés par l’homme pour faciliter la circulation fluviale. L’île est représentative de la cohabitation des multiples activités occupant les bords de Seine. Au début du XIXe siècle, son cadre naturel foisonnant est apprécié pour les loisirs nautiques et les ginguettes, dont le célèbre bar-restaurant de Robinson. Au début du XXᵉ siècle, l’industrialisation de l’île Seguin, marquée par l’implantation des usines Renault, transforme l’Île-Saint-Germain. Elle se dote de dépôts et hangars, installés le long du fleuve, pour soutenir les activités industrielles voisines. Dans les années 1970, s’opposant à un projet d’établissement d’une zone portuaire pour le stockage du sable et du ciment, le département des Hauts-de-Seine et les communes de Boulogne-Billancourt, Issy-les-Moulineaux et Meudon choisissent d’y installer un grand parc paysager de 12 ha. Ouvert en 1980, il accueille en 1988, la première commande publique faite à Jean Dubuffet, la Tour aux Figures : une sculpture monumentale de 24 m de haut.

Tour aux Figures de Jean Dubuffet

mediaPortrait de l'artiste Jean Dubuffet, 1954 © Donation Denise Colomb, Ministère de la Culture (France), Médiathèque du patrimoine et de la photographie, diffusion GrandPalaisRmn Photo.

Dernière grande réalisation de Jean Dubuffet (1901-1985), la Tour aux Figures est conçue dès 1967 sous la forme d’une maquette en polystyrène. Elle est inaugurée 15 ans plus tard, en 1988, après la mort de l’artiste. À l’extérieur, un totem de 24 m de haut, sur une base carrée de 12 m s’orne de lignes courbes noires et d’aplats rouges, bleus et blancs. À l’intérieur, le Gastrovolve déroule un labyrinthe vertical en spirale de 117 m de rampe, recouvert de plâtre blanc strié de traits noirs, offrant au visiteur une ascension continue et vertigineuse. Classée Monument historique en 2008, l’œuvre s’inscrit dans le cycle de l’Hourloupe (1962-1974), aux côtés d’autres créations emblématiques : la Closerie Falbala, la Chambre au lit sous l’arbre ou encore le Jardin d’émail.

Étape 4

Station Vaugirard

mediaStation Vaugirard. CAUE-IDF, Archipel francilien, 2025 © Martin Argyroglo.

Composante du vaste réseau d’assainissement des eaux, l’usine hydraulique Vaugirard est l’une des stations de pompage départementales essentielle à la lutte contre les crues de la Seine. Pour éviter les inondations lors des fortes pluies, elle collecte le surplus des eaux pluviales et usées, pour qu’elles ne soient pas déversées dans la Seine. En 2015, dans le cadre du projet de réaménagement et d’embellissement des voies sur berges « Vallée rive gauche », le site a été réhabilité par les architectes des Ateliers Lion. Le projet sur berges, portant sur le réaménagement de la RD7 et la création d’une promenade le long de la Seine entre Paris et Sèvres, conduit par les paysagistes de l’agence Ilex, a établi une continuité des circulations douces, piétonnes et vélos, et a renforcé la requalification écologique et paysagère.

Principe d'assainissement des eaux

L’assainissement de l’eau regroupe l’ensemble des techniques de collecte, de transport et de traitement des eaux usées avant leur rejet en milieu naturel. En Île-de-France, le réseau d’assainissement repose sur quatre types d’infrastructures : les usines d’épuration ou de dépollution, les usines de prétraitement, les stations de pompage et les bassins de stockage. Les six usines d’épuration du SIAAP (Syndicat interdépartemental pour l’assainissement de l’agglomération parisienne) récupèrent les eaux usées, pluviales et parasites (eaux indésirables qui s’infiltrent dans le réseau), acheminées par un réseau de canalisations souterrain de 480 km. Un prétraitement mécanique est effectué à l’aide de tamis et bassins de décantation afin de filtrer les matières flottantes (objets, feuilles mortes, graisses, …), les matières lourdes (sable, graviers) et les matières en suspension. Les eaux sont ensuite traitées biologiquement, avant d’être clarifiées puis rejetées dans la Seine ou la Marne. En parallèle, les usines de prétraitement permettent de supprimer certains polluants avant l’arrivée des eaux dans l’usine d’épuration. Les bassins de stockage et les stations de pompage anti-crues ou de relèvement participent à la régulation des débits d’eaux dans le réseau. La station Vaugirard a pour seule fonction la lutte contre les crues, tandis que celle de Clichy cumule les fonctions de pompage et de prétraitement.

Autre architecture remarquable

Folie Huvé

13 rue de Vaugirard, Meudon

mediaMaison de l'architecte J. J. Huvé, 1994 © Philippe Ayrault, Région Île-de-France.

Architecte, Grand Prix de Rome et inspecteur des Bâtiments royaux de Louis XVI à Versailles, Jean-Jacques Huvé (1742-1808) construit pour son usage personnel une maison de plaisance à Meudon entre 1785 et 1788. Lieu de réception pour l’aristocratie, typique par son décor et sa conception des Folies de la fin du XVIIème, la demeure s’élevait au milieu d’un parc qui s’étendait en pente jusqu’à la route des Gardes. Sa forme symétrique, organisée autour d’une rotonde centrale semi-inscrite dans un rectangle, illustre l’influence du style palladien. Sa façade nord, ornée d’une frise en terre cuite représentant le Triomphe des Arts, puise dans le style néoclassique, soulignant l’orientation artistique du lieu. Vendue en 1793, la maison voit son parc amputé lors de la construction de la voie ferrée du Bas-Meudon, actuelle ligne T2 du tramway. Elle est classée Monument historique en 1945.

Autre architecture remarquable

Maison Mauriange-Auboyer

20 boulevard Anatole France, Meudon

Conçue entre 1960 et 1964 par Claude Parent (1923-2016), la maison Mauriange-Auboyer incarne l’audace d’une figure majeure de l’expérimentation spatiale, théoricien du déséquilibre, du mouvement et de la fluidité. Implantée dans le quartier résidentiel de Bellevue, sur les hauteurs de Meudon, elle tire parti du relief en coteau, ouvrant un large panorama sur Paris et la Seine. Initialement pensée pour accueillir deux familles, elle se compose de deux volumes de trois niveaux reliés par un espace de distribution commun. Sa géométrie, aux lignes orthogonales marquées, puise dans l’esthétique néoplastique du mouvement De Stijl, porté par Mondrian et Theo van Doesbourg (maison-atelier située au 29 rue Charles Infroit à Meudon). Le jeu de piliers saillants et de poutres en porte-à-faux évoque la maison Schröder de Gerrit Rietveld. Cette réalisation préfigure les recherches que Parent mènera ensuite avec l’architecte et philosophe Paul Virilio, autour de la « fonction oblique », théorie qui rompt avec l’horizontalité et ouvre l’architecture au mouvement. À Meudon, on lui doit également la maison Herzèle (1954) et la maison du gardien d’André Bloc (1956).

mediaPortrait de l'architecte Claude Parent, 1967 © Donation Jean et Madeleine Pottier, Ministère de la Culture (France), Médiathèque du patrimoine et de la photographie, diffusion GrandPalaisRmn Photo.

Étape 5

Colline Rodin

mediaColline Rodin. CAUE-IDF, Archipel francilien, 2025 © Martin Argyroglo.

Juchée à 76 m d’altitude, la colline des Brillants a longtemps tiré son intérêt de ses profondeurs. À partir des années 1870, son relief est transformé de l’intérieur. Un gigantesque réseau de 8 km de galeries sur 3 niveaux de 7 à 10 m de hauteur, allant jusqu’à 22 m de profondeur, est créé, pour permettre l’extraction de cette craie caractéristique des reliefs de bords de Seine, plus connue sous le fameux nom de blanc de Meudon. S’apparentant à des cathédrales avec voûtes en plein cintres et croisées d’ogives, le site, par sa qualité architecturale et son intérêt géologique, constitue en outre un patrimoine scientifique, social, technique et esthétique de premier plan. Fermées en 1974, après leur exploitation comme champignonnières, les carrières Arnaudet sont protégées par l'État pour leur intérêt scientifique et artistique depuis 1986. Surplombée par le musée Rodin, dans lequel l’artiste vécut ses dernières années (1895-1917), la colline est rebaptisée colline Rodin.

Le blanc de Meudon

Le blanc de Meudon, également appelé blanc d’Espagne, désigne une craie naturelle purifiée, composée de carbonate de calcium et d’argile. Formée dans une mer peu profonde il y a environ 65 millions d’années, cette craie est un calcaire tendre. Dans le bassin parisien, un plissement des couches géologiques, l’anticlinal de Meudon, et l’érosion due à la Seine font affleurer ce minéral, permettant son exploitation dans des carrières souterraines à partir du XIXᵉ siècle. La production du blanc de Meudon suivait plusieurs étapes : la craie, d’abord extraite et broyée, était débarrassée de ses impuretés par décantations successives dans des bassins. La pâte blanche et fine obtenue était ensuite séchée sur des tables avant d’être réduite en poudre. Aujourd’hui, le procédé s’est industrialisé. Largement utilisé en peinture, le blanc de Meudon sert aussi en gravure, dorure ou pour blanchir les vitrines et devantures de commerce en rénovation.

Le musée Rodin

mediaTombeau de Rodin à Meudon, 1922. Auteur : agence Rol. Source gallica.bnf.fr / BnF.

En 1893, Auguste Rodin s’installe à Meudon, dans la villa des Brillants, demeure du XVIIIᵉ siècle qu’il achète en 1895. Lieu de vie, de création et de sociabilité, il y développe la sculpture, entouré de modèles, praticiens, écrivains et artistes. Le jardin, espace ouvert sur la vallée de la Seine, lui sert à la fois de lieu d’expérimentation et d’exposition. Son importante collection de marbres et sculptures antiques l‘amène, en 1900, à construire un espace pour les accueillir. Parallèlement, il fait transférer à Meudon le pavillon de l’Alma, conçu pour sa première grande rétrospective, organisée en marge de l’Exposition universelle. À sa mort en 1917, l’artiste lègue ses collections et sa maison à l’État. La Galerie des plâtres, édifiée autour de la façade du château d’Issy, en remplacement du pavillon de l’Alma, abrite aujourd’hui ses œuvres les plus emblématiques : Le Monument aux bourgeois de Calais ou encore La Porte de l’Enfer. Le musée Rodin à Meudon ouvre au public en 1953, en complément de l’adresse parisienne de l’hôtel Biron (1919). Il conserve un ensemble de plus de 300 sculptures, en plâtre et en terre cuite, et une partie de la collection personnelle du sculpteur. Le tombeau de Rodin et de sa compagne, Rose Beuret, est dominé par son célèbre Penseur.

Étape 6

Viaduc de Meudon

mediaViaduc de Meudon. CAUE-IDF, Archipel francilien, 2025 © Martin Argyroglo.

Monument emblématique du paysage meudonnais le Viaduc souligne la topographie prononcée de la ville. Reliant les collines de Meudon et de Clamart, il franchit, sur 143 m de long, la vallée creusée par le ru d’Arthelon et culmine à 85 m d’altitude. Haut de 36 m, il dessert la ligne Paris-Versailles. Construit en 1840, il est le premier ouvrage d’art ferroviaire réalisé en France, soulignant l’importance croissante du réseau ferré sur ce territoire. Imaginé par les ingénieurs Payen et Perdonnet, le viaduc est composé de deux rangs d’arcades superposées, chacun comptant initialement sept arches. Les arches supérieures, d’une hauteur sous clef de 20 m, reposent sur celles inférieures, hautes de 7 m. Réalisé en pierre de taille, l’ouvrage est élargi en 1937 par des encorbellements en béton, conçus par l’architecte Urbain Cassan, pour répondre à l’accroissement du trafic ferroviaire. mediaMeudon, 1928. Photographie : André Kertész © Centre Pompidou, MNAM-CCI, Dist. GrandPalaisRmn.

mediaViaduc de Meudon, 1900 © Archives départementales des Hauts-de-Seine - cote FRAD092_9FI_MEU_0026.

Urbanisme et développement ferroviaire à Meudon

Jusqu’à la fin du XVIIIᵉ siècle, Meudon connaît une croissance limitée, structurée par les grands domaines royaux des anciens châteaux de Meudon et de Bellevue et l’axe Nord-Sud de la Grande Perspective. L’avènement de la révolution industrielle au XIXᵉ siècle dessine les premières ébauches d’un urbanisme planifié sur les vestiges de ces grands domaines, démantelés par la Révolution française : trame en damier à Bellevue, trame en étoile à Arthelon. L’arrivée du chemin de fer et des infrastructures ferroviaires renforce l’identité du paysage meudonnais. La gare de Meudon (1840) puis celle de Bellevue (1842), constituent les premiers pôles ferroviaires, bientôt complétés par Bas-Meudon (1887), aujourd’hui gare de Meudon-sur-Seine – ligne T2, et Meudon Val-Fleury (1902). La ville s’impose alors comme une destination privilégiée pour la bourgeoisie parisienne en quête de villégiature. Au XXᵉ siècle, villas, lotissements arborés et jardins d’agrément se multiplient, façonnant durablement son identité.

Étape 7

Maison du Val

mediaMaison du Val. CAUE-IDF, Archipel francilien, 2025 © Martin Argyroglo.

Construite en 1980, la maison du Val regroupe dix familles autour d’un projet d’habitat autogéré fondé sur la coopération et la participation active de ses habitants. Le programme s’inspire de la Maison des Jardies (1975), une opération pionnière en matière d’habitat participatif à Meudon et de la résidence des Murs Blancs à Châtenay-Malabry. Ces initiatives trouvent racines dans le « personnalisme communautaire » d’Emmanuel Mounier (1905-1950), philosophe et fondateur de la revue Esprit.  Dessiné par l’architecte Jacques Bon, à l’origine de plusieurs opérations d’habitat participatif, la maison du Val se fond dans le quartier. A contrario, le bâtiment en forme de M s’ouvre sur un jardin intérieur commun foisonnant, sur lequel donnent les coursives, balcons et espaces collectifs. La richesse de ce projet réside dans un fonctionnement concerté et mutualisé entre habitants et dans un programme qui donne une place significative à des espaces partagés qualitatifs. Une grande salle polyvalente, une salle des fêtes, deux petits ateliers, une cuisine et un salon communs, deux chambres d’amis partagés occupent 280 m², soit 10% de la surface totale de l’ensemble d’habitations.

🔊 Capsule sonore

Un habitat autogéré

Interview de Alain His et Damien Tiberghien, habitants et co-fondateurs de la Maison du Val

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Étape 8

Gare de Meudon Val Fleury

mediaGare de Meudon Val Fleury. CAUE-IDF, Archipel francilien, 2025 © Martin Argyroglo.

Desservie par quatre gares, dont Meudon Val-Fleury, la ville de Meudon s’est urbanisée en lien étroit avec le développement ferroviaire. Construite pour la ligne Invalides-Versailles (RER C actuel), en prévision de l’Exposition universelle de 1900, la gare n’ouvre qu’en 1902 en raison de nombreuses difficultés techniques. À l’orée du XXᵉ siècle, l’urbanisation de la banlieue accompagne l’exode rural : les lotissements pavillonnaires fleurissent, répondant au besoin d’un accès rapide à Paris. Pensée pour s’harmoniser à son environnement champêtre, la gare de Meudon Val-Fleury adopte une architecture rustique. Ses façades, remarquables par leur polychromie, alternent briques claires, meulières et frise en faïence. Le pont, situé à 76 m d’altitude, traversant les voies ferrées en contrebas, offre vers le nord, un panorama sur le viaduc de Meudon et, au-delà, la tour Eiffel. Sur sa portion meudonnaise, le tracé de la ligne longe celui du Ru d’Arthelon.

mediaAffiche Meudon Val-Fleury. Ligne des Invalides à Versailles, 16 minutes de Paris. A vendre à l'amiable par lots beaux terrains à bâtir / J. Kern © Ville de Paris / Bibliothèque Forney. 

Autre architecture remarquable

Ensemble d’habitation type HBM

Place Henri Brousse, Meudon

mediaEnsemble d’habitations place Henri Brousse, 2012 © Jean-Bernard Vialles, Région Île-de-France.

En 1934, l’office municipale d’habitations à bon marché (HBM) de Meudon acquiert un terrain à proximité de la gare de Meudon Val-Fleury. Les architectes A. Lorenz et E. Sauron sont chargés d’y construire un ensemble de 69 logements, livré en 1938. Le projet est l’occasion d’une véritable opération d’urbanisme, intégrant la création de la place Henri Brousse, ordonnancée par ces deux nouveaux immeubles, le prolongement de la rue d’Arthelon et l’achèvement de l’îlot Banès. L’ensemble est typique des opérations de HBM de l’époque (boulevard des Maréchaux à Paris). Ses façades, compactes et denses, sont rythmées par des bow-windows, balcons et terrasses en retrait. Un jeu subtil dans l’emploi de la brique (arrondie, chanfreinée, à pan coupé…) et une grande richesse dans son appareillage nuance l’austérité des volumes et la simplicité des ouvertures. Un bas-relief du sculpteur Guy Revol orne chacune des entrées d’immeuble.

Autre architecture remarquable

Maison-atelier Theo Van Doesburg

29 rue Charles Infroit, Meudon

mediaFaçade antérieure de la maison du peintre Theo van Doesburg, 1994 © Philippe Ayrault, Région Île-de-France.

Imaginée en 1929 par l’artiste, architecte et théoricien néerlandais Theo van Doesburg (1883-1931) pour lui-même et sa femme Nelly van Moorsel, la maison-atelier de Meudon est l’une des réalisations emblématiques de l’avant-garde européenne. Van Doesburg, cofondateur du mouvement De Stijl (1917-1932), qui renouvelle radicalement l’art en transposant les recherches cubistes à l’architecture, conçoit une habitation selon les principes fondamentaux du néoplasticisme, régi par les lignes et les couleurs. Modeste par ses dimensions (façade sur rue de 7,5 m et profondeur de 11,2 m), elle est composée de deux volumes cubiques emboîtés et décalés : celui côté rue pour l’habitation, l’autre côté jardin pour l’atelier. Il y développe une esthétique à l’abstraction rigoureuse, intégrant toiture-terrasse, pilotis, murs blancs, portes et fenêtres aux couleurs primaires (jaune, rouge et bleu). Theo van Doesburg meurt en 1931 avant l’achèvement des travaux de peinture et l’aménagement final. La maison-atelier, aujourd’hui propriété de l’État néerlandais, abrite la Fondation van Doesburg qui accueille chaque année des artistes en résidence. Elle est inscrite aux Monuments historiques depuis 1965.

Étape 9

Ru d'Arthelon

mediaRu d'Arthelon. CAUE-IDF, Archipel francilien, 2025 © Martin Argyroglo.

Le sud des Hauts-de-Seine est marqué par un relief contrasté, lié à la présence de la Seine et de nombreuses rivières. Ces cours d’eau ont creusé les roches de calcaire, de sables, de marnes et de craies des plateaux, sculptant les collines de Clamart et de Meudon. La plupart de ces ruisseaux, tel le ru d’Arthelon, ont été canalisés et rendus invisibles par l’urbanisation et les travaux d’hygiénisation, entre la fin du XIXᵉ et la moitié du XXᵉ siècles, visant à limiter la propagation des maladies comme le choléra. Le ru et certaines de ses sources, dont la fontaine Sainte-Marie, réapparaissent néanmoins dans la forêt domaniale de Meudon ou au parc Paumier. Canalisé entre les étangs de Chalais et de la Garenne, dans lesquels il circule en surface, il est ensuite collecté dans le réseau d’assainissement avec les eaux usées et pluviales. Il poursuit son parcours souterrain le long de la rue d’Arthelon, avant de rejoindre la station d’épuration d’Achères. Son tracé historique l’amenait à se déverser directement dans la Seine en prolongement de la rue du Ponceau à Issy-les-Moulineaux.

🔊 Capsule sonore

Le ru d’Arthelon

Interview de Mathilde Baudrier, cheffe du pôle Eau, milieux humides, écopâturage à l’association Espaces

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Autre architecture remarquable

Lycée Rabelais

6 rue Georges Langrognet, Meudon

mediaLycée Rabelais, 2020 © Stéphane Asseline, Région Île-de-France

Situé sur un terrain de l’ancien domaine royal de Meudon, le lycée Rabelais est construit en 1969 pour répondre à l’accroissement de la population, notamment liée à la création du nouveau quartier de Meudon-la-Forêt. Conçu par l’architecte Eugène Beaudoin, Grand prix de Rome, le bâtiment se compose de plusieurs unités fonctionnelles : une tour abrite les logements, un volume à niveau unique accueille l’administration, deux barres perpendiculaires sont réservées aux classes de collège et lycée, et un vaste bâtiment, surplombé d’une terrasse à portiques, abrite le gymnase et le réfectoire. L’ensemble, implanté sur un terrain en pente, profite de larges espaces extérieurs et d’une exposition favorable à la lumière, offrant des perspectives sur le paysage environnant (terrasse de l’Observatoire, grande soufflerie). Le plan développe une trame de 1,75 m imposée par l’État, favorisant la standardisation et la préfabrication des procédés afin de réduire coûts et délais d’exécution. Les façades obéissent à cette même trame. Elles adoptent une allure régulière, rythmée par trois plans successifs : corniche en béton proéminente, poteaux porteurs saillants et panneaux de remplissages en retrait bleu turquoise. En 2020, le bâtiment a reçu le label Architecture contemporaine remarquable (ACR).

Autre architecture remarquable

L'ONERA et sa Grande soufflerie

Rue des Vertugadins, Meudon

mediaONERA, 1996 © Philippe Ayrault, Région Île-de-France.

L’ONERA (Office national d’études et de recherches aérospatiales) succède en 1945 à l’Établissement central de l’aérostation militaire de Meudon-Chalais. Installé sur un terrain de 12 ha en bordure de la Grande Perspective du domaine national de Meudon, le site illustre à la fois l’histoire de l’aérostation et les débuts de la recherche aéronautique. Parmi ses bâtiments (locaux techniques, bureaux, hangar), se distingue la Grande soufflerie S1CH, remarquable par son architecture et ses dimensions. Elle est construite par les Établissements Limousin dirigés par Gaston Le Marec selon un cahier des charges établi par Antonin Lapresle. Mise en service en 1935, elle est pensée pour réaliser des essais sur les avions en grandeur réelle. Témoin essentiel de l’architecture industrielle de l’entre-deux-guerres, la soufflerie abrite une grande nef en béton armé de 20 m de large, 68 m de long et 21 m de haut. À sa suite, le diffuseur régule l’écoulement de l’air, tandis que la chambre d’aspiration, reconnaissable à ses six grandes hélices en façade, permettait de générer des vents atteignant 180 km/h. L’activité de la soufflerie cesse en 1977. Le bâtiment est classé aux Monuments historiques en 2000. Aujourd’hui, avec le départ annoncé de l’ONERA en 2027, le site fait l’objet de réflexions sur son avenir et ses nouveaux usages.

Autre architecture remarquable

Hangar Y

Avenue de Trivaux, Meudon

mediaParc aérostatique, 1900 © Archives départementales des Hauts-de-Seine - cote FRAD092_9FI_MEU_0004.

Voisin de l’ONERA, le Hangar Y intégrait initialement le site de l’Établissement central de l’aérostation militaire de Meudon-Chalais, premier laboratoire de recherches sur l’aérostation militaire au monde, fondé en 1877 par le colonel Charles Renard (1847-1905). Le bâtiment, construit à partir d’éléments de la galerie annexe des machines de l’Exposition universelle de Paris de 1878, est installé près du bassin de Chalais en 1880. Haut de 20 m, long de 70 m et large de 24 m, l’édifice métallique est conçu par l’ingénieur Henri De Dion, dont Gustave Eiffel fut l’élève. Réalisée grâce à un système de fermes sans tirants horizontaux, sa voûte en forme de coque de bateau d’une portée exceptionnelle permettait d’accueillir des dirigeables. Deux appentis latéraux servaient d’ateliers. En 1884, Charles Renard et Arthur Krebs y font décoller « La France », premier dirigeable au monde réalisant un vol en circuit fermé au-dessus du plateau de Villacoublay. Il a également servi, dans les années 1960, à l’assemblage des panneaux peints par Marc Chagall pour le plafond de l’Opéra Garnier. Classé Monument historique en 2000, le Hangar Y a été rénové et réouvert au public en 2023. Il accueille aujourd’hui des expositions et évènements culturels.

Étape 10

Terrasse de l'Observatoire

mediaStatue de Janssen, terrasse de l'observatoire. CAUE-IDF, Archipel francilien, 2025 © Martin Argyroglo.

Ancien lieu de promenade royale, la terrasse de l’Observatoire, attenante au château neuf (1706), est devenue un site scientifique avec l’installation, en 1874, de l’observatoire d’astronomie physique sous l’impulsion de l’astronome Jules Janssen (1824-1907). D’abord aménagée par Servien, intendant des finances de Louis XIII, qui fait construire le mur de soutènement, elle est redessinée avec les jardins par le célèbre paysagiste André Le Nôtre autour de 1679. Pensée selon un axe nord-sud, elle se situe sur la Grande Perspective, œuvre paysagère et patrimoniale de 3,5 km reliant l’avenue du château au Tapis vert et, aujourd’hui, sur la crête, au quartier de Meudon-la-Forêt. À plus de 150 m d’altitude, le dispositif sculpte le rebord du vallon et offre un panorama sur l’ouest parisien d’où l’on distingue la boucle de la Seine, le viaduc de Meudon et plusieurs grands repères urbains : la tour Eiffel, le quartier de la Défense, la tour Montparnasse ou les tours du quartier des Épinettes à Issy-les-Moulineaux.

mediaObservatoire de Meudon, 1902-1903. auteur : Eugène Atget. Source : gallica.bnf.fr / BnF.

mediaTerrasse de l’Observatoire, 1900 © Archives départementales des Hauts-de-Seine - cote FRAD092_9FI_MEU_0004.

Le domaine royal de Meudon et son réseau hydraulique

media Nicolas de Poilly, Vue et perspective de la grande pièce d'eau et de l'orangerie du château de Meudon, vers 1651-1696. Cariatide, bibliothèque numérique de l'INHA, NUM VO Fra M14.

Au XVIIe siècle, le parc du château de Meudon rivalise d’originalité avec celui de Versailles, à une échelle plus réduite. Ses jardins à la française, dessinés par André Le Nôtre à la demande du marquis de Louvois, se développent en terrasses, agrémentés de jets d’eau, fontaines, cascades et bassins. Sans rivières ni sources, seule les eaux pluviales des plateaux de Clamart et de Villacoublay, situés à 165 m d’altitude, peuvent-être exploitées pour les alimenter. Les ingénieurs conçoivent alors un système unique : 40 km de rigoles, 4,5 km d’aqueducs souterrains et 4 étangs-réservoirs principaux (Tronchet, Villacoublay, le Loup Pendu, les Fonceaux) recueillent et redistribuent l’eau par gravité sur les 2000 ha du domaine. Pour alimenter les points les plus élevés des jardins, des moulins à vent élèvent l’eau, permettant le spectacle de jets jaillissants et de cascades. Après sa mort en 1691, le domaine passe au Grand Dauphin, fils de Louis XIV, qui portent l’ensemble à son apogée grâce à d’importants travaux d’embellissement et de finition. Le domaine s’organise alors autour du château vieux, hérité de la Renaissance, et du château neuf, réalisé à l’initiative du Grand Dauphin. Dès le milieu du XVIIIe siècle, le domaine décline : le château vieux est détruit par incendie et le réseau hydraulique est abandonné. Au XIXe, le château neuf est transformé en observatoire d’astrophysique. Aujourd’hui, il subsiste encore d’importantes traces du réseau hydraulique du domaine royal de Meudon.

mediaPlan général des jardins et du château de Meudon. Date & auteur inconnus. Source : gallica.bnf.fr / BnF.

Activités annexes

Nous vous proposons de découvrir des lieux d'intérêt situés à proximité de votre itinéraire. Vous pourrez les retrouver sur la carte du parcours qui vous guidera.

Accéder au parcours

Train


Arrivée : Terrasse de l’Observatoire, à 17 mn à pied de la station Meudon Val-Fleury, RER C.

Tramway


Départ : Pont du Garigliano, à 3 mn à pied de la station Pont du Garigliano, tram ligne T3a et RER C.