Construire, aménager et prendre soin de la ville
Rambouillet
Bienvenue à Rambouillet, « ville à la campagne », connue pour son château et sa forêt historiques. Dans ce cadre naturel et préservé, l’arrivée du chemin de fer au XIXème siècle donne à la ville un nouveau visage : habitations, infrastructures, équipements administratifs, activités économiques et industrielles. Au fil du temps, elle hérite d’un patrimoine remarquable varié, mis en valeur grâce au label Ville d’art et d’histoire. Au travers de ce parcours, nous vous invitons à découvrir cette richesse architecturale dans une ville en constante évolution, et les différents acteurs qui en prennent soin. Pour compléter les information sur votre balade, profitez des stèles « Ville d'art et d'histoire » mentionnées sur certains points du parcours.
Dans le cadre des Journées Nationales d'Architecture 2026.

Parcours réalisé dans le cadre de la collection Archipel Francilien des CAUE d'Île-de-France, avec le soutien de la Direction Régionale des Affaires Culturelles Île-de-France, et en partenariat avec le Service du Patrimoine de la ville de Rambouillet.
Ressources
Service patrimoine de la Ville de Rambouillet
Archives communales de la ville de Rambouillet
Archives départementales des Yvelines
Centre d'archives d’architecture contemporaine - Cité de l'architecture et du patrimoine
Thierry Liot - Le domaine et la ville de Rambouillet. Histoire d'un héritage royal, impérial et présidentiel - PARR, 2024, 160 p.
PARR... chemin, n°24 - PARR, 2026, 62 p.
Aperçu du parcours
La gare et sa place : une histoire en mouvement
> Gare de Rambouillet
La gare de Rambouillet, 2026 © Martin Argyroglo
L'ouverture de la ligne Paris-Rennes
Très attendue, l'ouverture au public de la ligne Paris-Rennes par la Compagnie des chemins de fer de l'Ouest permet de faciliter les échanges avec la capitale. À cette fin, la gare sera construite en 1849 au croisement de plusieurs axes de circulation et à proximité de châteaux d'eau pour l'alimentation des locomotives. Parallèlement, la voie ferrée traverse et coupe la ville d'ouest en est. Elle franchit l'imposant pont Hardi, puis continue sa route sur un haut talus qui se poursuit jusqu'à la sortie de la ville après avoir franchi deux autres ponts situés rues Lenôtre et d’Arbouville.
André Castaigne, Retour de chasse du Président Félix Faure, 1898 © Ville de Rambouillet, collections municipale
Rambouillet, située à environ 50 km de Paris, représente un territoire de chasse fréquenté historiquement par les souverains et les chefs d'État. Le château devient résidence présidentielle de 1896 à 2018 et la gare qui accueille un salon présidentiel voit défiler de nombreux ministres et chefs d'États. Un train présidentiel assure même la liaison Paris-Rambouillet. Pendant cette période, Rambouillet doit se faire discrète pour accueillir sereinement ses hôtes prestigieux.
Une architecture classique du Second Empire
La gare © Archives départementales des Yvelines (3Fi202 310)
L'architecture de cette première gare se caractérise par un long volume en pierre meulière au milieu duquel émerge un pavillon central coiffé d'une horloge. Au rez-de-chaussée, les arcades en plein cintre rappellent celles des halles qui sont toujours visibles le long des voies. Les gares de Versailles Chantiers, Trappes, Épernon, Fontainebleau et bien d'autres sont construites sur le même modèle. Elles sont souvent l'œuvre d'un même architecte qui est missionné par la Société des chemins de fer.
Halle le long des voies, 2026 © CAUE 78
Une gare, vecteur de développement
L'hôtel de la gare depuis le parking du Sequoia, 2026 © CAUE 78
Avec l'arrivée du train, quelques activités de transport à cheval périclitent, mais d'autres prospèrent. En ville, fleurissent de nombreux hôtels et café-restaurants qui accueillent les visiteurs. Si vous regardez autour de la place, vous pouvez voir l'historique Café de la Gare et, en face, le fronton d'un ancien hôtel. Sa typographie élégante et son ornementation sont typiques des années 1930 : ils sont réalisés sur du béton frais, une technique économique et novatrice de l'époque. Aujourd'hui encore, la présence de la gare qui permet de relier facilement Paris ou Chartres constitue un atout majeur pour les nouveaux habitants.
Le Café de la Gare © Collection particulière, DR
Le bombardement du 12 août 1944
Rambouillet, quartier de la gare années 1950 © Archives départementales des Yvelines (15Fi 486)
La première gare est détruite par un bombardement américain en août 1944. Le chef de gare, Fernand Prud’homme, en est une des victimes et donnera son nom à la place. Sur la vue aérienne, à droite, vous pouvez voir la halle en pierre et bois, seul élément qui persiste de la gare d'origine. Pendant douze ans, un baraquement - visible au centre de cette même photo - fera office de gare.
Autre époque, autre style
Rambouillet 1972, La gare vue de nuit © Archives départementales des Yvelines (4Fi 4474)
La gare actuelle, construite en 1956, appartient à la génération des gares de la Reconstruction. La nouvelle gare se caractérise par une architecture fonctionnelle et moderne avec une structure en béton armé et une maçonnerie enduite ou en pierre reconstituée couramment utilisée dans les constructions des années 1950. Des menuiseries métalliques encadrent de grandes baies vitrées. La toiture du bâtiment principal couvre un long volume et abrite les nombreux usagers et les guichets. Ces choix reflètent les principes de l’architecture des Trente Glorieuses : fonctionnalité, économie, durabilité et standardisation, la lumière et les ouvertures y tiennent une place importante. Sur le côté, un passage souterrain conduit aux quais et à la deuxième gare routière située de l'autre côté.
Place de la gare, 2026 © CAUE 78
Sur le côté ouest, l'horloge et le blason de Rambouillet animent et signalent discrètement le bâtiment. Juste en face, le Café de la Gare et les commerces qui le jouxtent adoptent le même habillage de pierre, harmonisant l'ensemble. À ce même moment, la route nationale 10 qui traversait le centre contourne maintenant la ville par l'est.
La place de la gare
La place Fernand-Prud'homme, débarrassée des voitures en stationnement, est livrée aux terrassiers, 1989 © L'Écho républicain juillet 1989, Archives communales
Dans les années 90, la place Prud'homme, saturée par le stationnement des voitures, accueille un parking souterrain de trois niveaux (400 places). Aujourd'hui, la gare et sa place sont situées dans un espace assez contraint par les axes de circulation et les constructions. De son côté, la place Prud'homme concentre le flux des bus, des voitures, des cyclistes, des trottinettes et des piétons qui s'y côtoient aux heures de pointe.
Un secteur en réflexion
La place de la gare, 2026 © Martin Argyroglo
Depuis la reconstruction de la gare, l'aménagement de la place n'a jamais vraiment bénéficié d'une réflexion globale mais plutôt d'aménagements au coup par coup. Manque de lisibilité, de signalétique, place peu végétalisée, encombrée..., les voyageurs qui sortent de la gare sont un peu désorientés. De fait, par sa situation excentrée, la relation avec la ville n'est pas évidente. Comment mieux orienter et accueillir dans de meilleures conditions les 5,6 millions de voyageurs annuels vers le centre ville et les lieux culturels ? La ville réfléchit actuellement à un aménagement à l'échelle du quartier de part et d'autre de la gare qui permettrait de fluidifier les déplacements.
La gare et sa place : une histoire en mouvement
> Gare de Rambouillet
La gare de Rambouillet, 2026 © Martin Argyroglo
L'ouverture de la ligne Paris-Rennes
Très attendue, l'ouverture au public de la ligne Paris-Rennes par la Compagnie des chemins de fer de l'Ouest permet de faciliter les échanges avec la capitale. À cette fin, la gare sera construite en 1849 au croisement de plusieurs axes de circulation et à proximité de châteaux d'eau pour l'alimentation des locomotives. Parallèlement, la voie ferrée traverse et coupe la ville d'ouest en est. Elle franchit l'imposant pont Hardi, puis continue sa route sur un haut talus qui se poursuit jusqu'à la sortie de la ville après avoir franchi deux autres ponts situés rues Lenôtre et d’Arbouville.
André Castaigne, Retour de chasse du Président Félix Faure, 1898 © Ville de Rambouillet, collections municipale
Rambouillet, située à environ 50 km de Paris, représente un territoire de chasse fréquenté historiquement par les souverains et les chefs d'État. Le château devient résidence présidentielle de 1896 à 2018 et la gare qui accueille un salon présidentiel voit défiler de nombreux ministres et chefs d'États. Un train présidentiel assure même la liaison Paris-Rambouillet. Pendant cette période, Rambouillet doit se faire discrète pour accueillir sereinement ses hôtes prestigieux.
Une architecture classique du Second Empire
La gare © Archives départementales des Yvelines (3Fi202 310)
L'architecture de cette première gare se caractérise par un long volume en pierre meulière au milieu duquel émerge un pavillon central coiffé d'une horloge. Au rez-de-chaussée, les arcades en plein cintre rappellent celles des halles qui sont toujours visibles le long des voies. Les gares de Versailles Chantiers, Trappes, Épernon, Fontainebleau et bien d'autres sont construites sur le même modèle. Elles sont souvent l'œuvre d'un même architecte qui est missionné par la Société des chemins de fer.
Halle le long des voies, 2026 © CAUE 78
Une gare, vecteur de développement
L'hôtel de la gare depuis le parking du Sequoia, 2026 © CAUE 78
Avec l'arrivée du train, quelques activités de transport à cheval périclitent, mais d'autres prospèrent. En ville, fleurissent de nombreux hôtels et café-restaurants qui accueillent les visiteurs. Si vous regardez autour de la place, vous pouvez voir l'historique Café de la Gare et, en face, le fronton d'un ancien hôtel. Sa typographie élégante et son ornementation sont typiques des années 1930 : ils sont réalisés sur du béton frais, une technique économique et novatrice de l'époque. Aujourd'hui encore, la présence de la gare qui permet de relier facilement Paris ou Chartres constitue un atout majeur pour les nouveaux habitants.
Le Café de la Gare © Collection particulière, DR
Le bombardement du 12 août 1944
Rambouillet, quartier de la gare années 1950 © Archives départementales des Yvelines (15Fi 486)
La première gare est détruite par un bombardement américain en août 1944. Le chef de gare, Fernand Prud’homme, en est une des victimes et donnera son nom à la place. Sur la vue aérienne, à droite, vous pouvez voir la halle en pierre et bois, seul élément qui persiste de la gare d'origine. Pendant douze ans, un baraquement - visible au centre de cette même photo - fera office de gare.
Autre époque, autre style
Rambouillet 1972, La gare vue de nuit © Archives départementales des Yvelines (4Fi 4474)
La gare actuelle, construite en 1956, appartient à la génération des gares de la Reconstruction. La nouvelle gare se caractérise par une architecture fonctionnelle et moderne avec une structure en béton armé et une maçonnerie enduite ou en pierre reconstituée couramment utilisée dans les constructions des années 1950. Des menuiseries métalliques encadrent de grandes baies vitrées. La toiture du bâtiment principal couvre un long volume et abrite les nombreux usagers et les guichets. Ces choix reflètent les principes de l’architecture des Trente Glorieuses : fonctionnalité, économie, durabilité et standardisation, la lumière et les ouvertures y tiennent une place importante. Sur le côté, un passage souterrain conduit aux quais et à la deuxième gare routière située de l'autre côté.
Place de la gare, 2026 © CAUE 78
Sur le côté ouest, l'horloge et le blason de Rambouillet animent et signalent discrètement le bâtiment. Juste en face, le Café de la Gare et les commerces qui le jouxtent adoptent le même habillage de pierre, harmonisant l'ensemble. À ce même moment, la route nationale 10 qui traversait le centre contourne maintenant la ville par l'est.
La place de la gare
La place Fernand-Prud'homme, débarrassée des voitures en stationnement, est livrée aux terrassiers, 1989 © L'Écho républicain juillet 1989, Archives communales
Dans les années 90, la place Prud'homme, saturée par le stationnement des voitures, accueille un parking souterrain de trois niveaux (400 places). Aujourd'hui, la gare et sa place sont situées dans un espace assez contraint par les axes de circulation et les constructions. De son côté, la place Prud'homme concentre le flux des bus, des voitures, des cyclistes, des trottinettes et des piétons qui s'y côtoient aux heures de pointe.
Un secteur en réflexion
La place de la gare, 2026 © Martin Argyroglo
Depuis la reconstruction de la gare, l'aménagement de la place n'a jamais vraiment bénéficié d'une réflexion globale mais plutôt d'aménagements au coup par coup. Manque de lisibilité, de signalétique, place peu végétalisée, encombrée..., les voyageurs qui sortent de la gare sont un peu désorientés. De fait, par sa situation excentrée, la relation avec la ville n'est pas évidente. Comment mieux orienter et accueillir dans de meilleures conditions les 5,6 millions de voyageurs annuels vers le centre ville et les lieux culturels ? La ville réfléchit actuellement à un aménagement à l'échelle du quartier de part et d'autre de la gare qui permettrait de fluidifier les déplacements.
Le plateau pavillonnaire : un pan d'histoire du logement
> Rue Sadi Carnot
Ensemble d'habitations rue Sadi Carnot, 2026 © Martin Argyroglo
Vous pénétrez dans une des parties emblématiques de la ville de Rambouillet : le plateau pavillonnaire. Ce quartier offre un parfait aperçu d'un pan de l'histoire du logement du XIXème siècle à nos jours !
La bourgeoisie s'installe à Rambouillet
Chalet Nivière au 32 rue Sadi Carnot, fin XIXème siècle © Ville de Rambouillet
À partir du XIXème siècle, la classe bourgeoise parisienne se structure comme corps social. Elle partage des intérêts économiques (développement de l'industrie, investissement dans la presse), un mode de vie et un goût affirmé pour les activités de loisirs (course de chevaux, promenade et chasse en forêt, etc.). À la fin du XIXème siècle, désireuse de s'affranchir du mode de vie urbain, elle décide de s'installer en périphérie de Paris en profitant du développement du chemin de fer. La proximité de la gare constitue un point d'attractivité pour le développement de ce quartier. C'est la naissance de l'architecture dite de « villégiature ».
La villégiature : un certain style !
Rue Sadi Carnot, 2026 © CAUE 78
Ces maisons partagent des caractéristiques communes : elles sont adaptées à la vie familiale et entretiennent une forte relation avec le jardin qui les entoure. Leur style peut cependant varier comme le veut l'éclectisme de l'époque : s'inspirer des styles du passé (antiquité, renaissance, gothique, régionaliste) en les mélangeant et en les réinterprétant pour aboutir à de nouvelles formes. Au tournant du XXème siècle, elles partagent le recours aux matériaux « modernes » de l'époque : structure plus ou moins visible de béton et de fer, parement en meulière, silex ou brique polychrome et décors (marquises, ferronneries, céramique émaillée).
Maison inspiration Art déco au 10 rue Madame de Maintenon (à gauche), 2026 © Martin Argyroglo
Levez les yeux le long de la rue Sadi Carnot puis rue Ferdinand Dreyfus, voyez comment certaines villas à pans de bois s'inspirent des maisons normandes, mais aussi de l'architecture balnéaire. Dans un autre style, remarquez la maison inspiration Art déco au 10 rue Madame de Maintenon.
Maîtrise du foncier et planification des quartiers
Vue aérienne sur la résidence Yvelines, 1950 © Archives départementales des Yvelines (15Fi 486)
Peu à peu, plusieurs hameaux et d'anciennes terres agricoles sont bâtis. Les maisons bourgeoises se sont multipliées au gré des opportunités sans planification urbaine préalable. De nouvelles lois entre 1919 et 1924 permettent de mieux encadrer la construction afin que les lotissements (division d’un terrain en lots constructibles vendus à plusieurs acquéreurs) s'intègrent plus harmonieusement dans les quartiers. En parallèle, dans la période de l'entre-deux guerres, une population croissante, moins fortunée, a également besoin de se loger. La ville décide donc de réserver des emplacements pour la construction de lotissements (ex : quartier Beausoleil, 1926) et de logements sociaux.
Affiche publicitaire pour le lotissement Beausoleil, 1926 © Archives départementales des Yvelines (27Fi 33)
L'essor du pavillon de banlieue
L'extension des villes vers leurs périphéries et la recherche d'un mode de vie urbain proche de la nature vont également pousser les classes moyennes vers la maison individuelle. Des entreprises proposent la vente sur catalogue de modèles-types de pavillons. L'emploi de matériaux modernes comme l'acier et le béton contribue à rendre la construction plus rapide et donc plus économique.
Un quartier en évolution
Architectures à « pans de bois », 2026 © Martin Argyroglo
Aujourd'hui encore, le quartier continue d'évoluer et d'attirer de nouveaux habitants. De nombreuses extensions viennent compléter les villas de manière plus ou moins heureuse. De grandes parcelles sont divisées pour la construction de nouvelles maisons. Rue Sadi Carnot, une récente opération de logements collectifs pastiche le style des maisons voisines : faux-pans de bois peints, soubassement en parement de pierre meulière et piliers de portail en briquette. Au-delà de la volonté d'intégrer esthétiquement les nouvelles opérations, on peut s'interroger sur la perte d'autres caractéristiques des logements de cette époque : relation entre architecture et jardin, qualité et pérennité des matériaux d'origine.
🎧 Écoutez Anne Humbert, architecte de la ville de Rambouillet, à propos de l'évolution de l'habitat (en haut de page).
Le saviez-vous ?
Villa Clairbois, 1978 © Archives départementales des Yvelines (4Fi 4476)
Rambouillet comporte de grandes villas remarquables comme la Villa Clairbois de l’architecte Quételard (1933). En 1922, Le Corbusier a même dessiné une esquisse non réalisée pour une « Maison de week-end » !
Les équipements scolaires rambolitains
> École du Centre
École du Centre, 2026 © Martin Argyroglo
Éduquer et former sous l’Ancien Régime
La création de structures éducatives est très ancienne à Rambouillet. La Sainte-Enfance, première école entièrement dédiée aux filles est créée en 1686 par Mademoiselle de Godard de Barisseuse. Réglementée par l’Église, cette école permettait à la fois de dispenser une éducation religieuse tout en développant des compétences pour la tenue du foyer (cuisine, couture…).
Dans les années 1770, la famille des Bourbon-Penthièvre, propriétaire du Domaine de Rambouillet, poursuit cette démarche en créant « la Filature », une structure destinée à l’éducation des métiers de l'artisanat des jeunes garçons et filles. Dans le même sens, l'école des bergers est fondée en 1794 dans la ferme royale commandée par Louis XVI. Cette formation figure toujours au programme de l'actuelle Bergerie nationale.
La bergerie et la ferme nationale : l'internat – Mérinos descendant des troupeaux espagnols importés en 1786 – Un pavillon – L'entrée © Archives départementales des Yvelines (4Fi 4501)
Foch et Gambetta, deux écoles du XIXème siècle
École Gambetta, 2026 © Martin Argyroglo
Les lois scolaires sous la Troisième République poussent à développer les édifices dédiés à l'instruction. Afin d’accueillir les élèves dans un établissement adapté, l'architecte Charles Trubert imagine dès 1893 deux bâtiments à la volumétrie monumentale et sur le même modèle : une école de filles rue Gambetta et une école de garçons rue Foch. Ces dernières déploient un vocabulaire classique empruntant au château ou à la maison bourgeoise : alternance de brique et de pierre (1), toit d’ardoise (2), campanile (3), corniche (4) et chaînage d’angle (5).
Éléments de façade © CAUE 78
Ce projet s’inscrit dans les préoccupations hygiénistes et éducatives de l’époque : un environnement immédiat sain, une grande cour pour les élèves et de grandes salles lumineuses.
Projet de l'école de filles, façade principale, Charles Trubert, 1893 © Archives communales de Rambouillet [4M7]
La maternelle du Centre, une école du XXème siècle
École du Centre, 2021 © Ville de Rambouillet
En 1951, la ville dépose une autorisation de construire une école maternelle rue Dubuc. Le projet est confié à un duo de maîtres d'œuvres : Marcel Trubert, architecte de la ville et Roland Lenoble, architecte indépendant. Composé d’un bâtiment principal accueillant les classes et d’une cour à l’arrière, la façade côté rue est élevée en pierres calcaires blondes, avec un encadrement en béton qui anime les ouvertures.
Le cerf et sa harde par l’artiste rambolitain Gaston Lebourgeois, 1953 © Ville de Rambouillet
Ajoutés à ce décor, des bas-reliefs représentant un cerf, sa harde et un lapin ont été sculptés par l’artiste rambolitain Gaston Lebourgeois en 1953. Il s’agit du « 1% artistique » de l’établissement : depuis le décret de 1951 du même nom, 1% du coût total de construction d’un bâtiment public est dédié à la réalisation d’une œuvre par un artiste contemporain.
S’adapter au XXIe siècle : construction, extension, rénovation
Afin d’accueillir au mieux les élèves, les bâtiments anciens s’adaptent aux nouveaux enjeux et besoins. L’école du Centre a bénéficié en 1995 d’une extension, menée par l’architecte de la ville Xavier Huret et le cabinet Ada. Le projet a permis de réunir les salles de classes et le bâtiment dédié à la restauration scolaire en l’ajoutant à la façade nord du bâtiment existant. Au début des années 2020, face aux normes de sécurité Vigipirate, une clôture avec pare-vue a été installée.
Travaux de l'école Gambetta, 2023 © Ville de Rambouillet
Entre 2021 et 2022, afin de réduire les coûts énergétiques, l’école Gambetta a bénéficié, quant à elle, d’une rénovation. Des travaux de sécurisation ont d’abord eu lieu (désamiantage, réfection des faux plafonds). La deuxième phase a permis la réfection de la toiture (dont la restauration du campanile), la charpente, les éléments porteurs et la cave. Pour une gestion plus quotidienne, l’éclairage des classes a été remplacé par des LEDs et le chauffage modernisé.
Des établissements scolaires d’intérêt patrimonial
Lycée Louis Bascan, 2016 © Laurent Kruszyk, Région Île-de-France
De par leur histoire, leur qualité architecturale et leur implantation dans le tissu urbain, deux établissements à Rambouillet bénéficient de labels. L’école Gambetta a obtenu en 2021 le label « Patrimoine d’intérêt régional ». Décerné par la Région Île-de-France, il permet de valoriser des bâtiments qui ne sont pas protégés au titre des Monuments historiques mais qui présentent un intérêt patrimonial et régional. Le lycée Louis Bascan, situé rue du Général Leclerc, est le lycée le plus vaste d’Île-de-France. Construit à partir des années 1950 par l’architecte Jacques Barge, il a obtenu quant a lui le label « Architecture contemporaine remarquable » en 2020, décerné par le ministère la Culture, afin de remettre sur le devant de la scène les architectures du XXème siècle.
Chapeau L'Usine !
> L'Usine à Chapeaux
L'Usine à Chapeaux, 2026 © Martin Argyroglo
En 1910, deux parisiens créent la société Corbin & Donné qui a pour objet « l’exploitation d’une fabrique de chapeaux pour dames et fillettes ». En complément de ses bureaux parisiens, elle s'installe dès 1913 rue Gambetta à Rambouillet dans des locaux de fabrication de balais de bouleau.
Du chapeau cloche au casque colonial
Plan des locaux des années 1930 à la fermeture en 1951 © X. Huret
Les plans ci-dessus montrent les nombreux ateliers qui correspondent aux étapes de fabrication des couvre-chefs. Chapeaux de feutre, de paille puis caque colonial, la production s'adapte à la mode et à la demande. Les vastes espaces de travail sont disposés de part et d'autre d'un passage intérieur. Ces locaux tout en longueur accueillent au rez-de-chaussée les différentes grandes machines et, à l'étage, les ateliers de coutures avec de nombreuses ouvertures afin d'apporter plus de luminosité. L'ensemble (parking compris) représente une superficie de 2275 m2 environ. La société Corbin exploitera les locaux jusqu’en 1951 puis un collège s'y installera en 1956.
De l'usine à la MJC : évolution chronologique 1960 - La Maison des Jeunes et de la Culture (MJC), association loi 1901 est créée dans le but de proposer un lieu de vie, de culture et de solidarité pour les jeunes de Rambouillet et de sa région. 1983 - La MJC s’installe dans cette friche et prend le nom « L’Usine à Chapeaux » en référence à l’histoire industrielle des locaux. 1985 - L'Usine investit les lieux et les adapte : dans la cave, le premier local de répétition est creusé à la pelle par les musiciens. 1992 - Le Café Club, salle de concert, ouvre dans l’ancien atelier de chapellerie rénové. Depuis la rue Dubuc, vous voyez que des ouvertures sont condamnées pour adapter l'espace aux besoins. 1995 - L’Usine poursuit son agrandissement sur l’ensemble immobilier de la chapellerie avec la rénovation d'une partie des locaux de stockage. À l'étage, des fenêtres sont percées pour éclairer la salle de danse. 2003 - L'ancien temple protestant, situé rue Georges Clémenceau, devient atelier d'artistes. 2011 - À la place de l'ancien débarras, le Foyer de l’Usine est aménagé en lieu d’accueil pour les 15-25 ans.
Café de l'Usine à Chapeaux, 2026 © CAUE 78
Récemment, côté parking, le Café de l'Usine s'installe à la place de l'ancien garage-atelier. Le logo de l'Usine à Chapeaux s'affiche en grandes lettres, donnant plus de visibilité à la structure. Dans la parcelle, le bâtiment en brique rouge, ancien atelier de la pédale, abrite la cantine scolaire de l'école Gambetta.
Rue intérieure de l'Usine à Chapeaux, 2026 © Martin Argyroglo
L'ancienne caserne des pompiers
Plan en élévation de l'ancien arsenal des pompiers © Collection privée
L'Usine a également investi une partie des bâtiments qui se trouvent de l'autre côté de la rue Dubuc pour y installer un Skate Park. Cette ancienne caserne de pompiers a été conçue vers 1911 par l'architecte Charles Trubert.
Une structure en constante évolution
Depuis sa création, l'association a beaucoup évolué. Elle est agréée Centre Social par la CAF des Yvelines depuis 1993, labellisée Information Jeunesse (IJ), agréée jeunesse et éducation populaire par le Ministère de l’Éducation Nationale et de la jeunesse, labellisée SMAC (Scène de Musiques Actuelles) par le Ministère de la Culture et reconnue en 2026 EVS (Espace de vie social). Elle compte plusieurs milliers d'adhérents de tous âges et ses nombreuses salles et outils itinérants accueillent les Rambolitains et les habitants de l'agglomération toute l'année. Par manque de place ou pour se rapprocher de ses adhérents, l'Usine délocalise une partie de ses activités ou noue des partenariats avec d'autres structures culturelles comme La Lanterne. Avec toutes ces actions, le nom d'Usine est toujours bien porté !
Les fresques
Cette œuvre d'art urbaine créée en 2010 est signée par l'artiste Celiny Watkin suite à un concours lancé par la ville de Rambouillet sur la thématique « La culture en mouvement ». En contraste avec la discrète façade de la rue Gambetta, elle permet, grâce à ses couleurs et ses lignes dynamiques, de signaler la présence de l'Usine.
Pendant les horaires d'ouverture, profitez-en pour traverser les lieux et rejoindre la rue Gambetta depuis le passage intérieur de l'Usine à Chapeaux !
La place Thome-Patenôtre : un plateau administratif
> Place Thome-Patenôtre
Place Thome-Patenôtre, 2026 © Martin Argyroglo
Rambouillet, sous-préfecture
Au début du XIXème siècle, Rambouillet devient un véritable pôle administratif. En 1811, elle est nommée sous-préfecture de l'ancien département de la Seine-et-Oise*. Prévalant à ce nouveau rang, elle se dote d’équipements publics tout en répondant aux besoins d'une population grandissante. Le site choisi, sur les hauteurs de la ville, est composé de vignes et de vergers et plus tard dans l'axe direct de la gare. On l'appelle aujourd'hui le « plateau ».
Palais de Justice, 2026 © CAUE 78
Aujourd'hui, cette place a la particularité d’accueillir des équipements publics d’époques et de fonctions très différents (scolaire, judiciaire, religieux, administratif, culturel, commémoratif) dans une véritable cohérence architecturale et urbaine : couleurs, matériaux et volumes se répondent.
De la rue historique au « plateau »
Affiche d'inauguration de l'école de filles, école de garçons, palais de Justice et dépendances, 1896 © Archives communales de Rambouillet [4M7]
Progressivement, les monuments anciens disparaissent ou se transforment pour accueillir au mieux les habitants. L’un des exemples les plus caractéristiques est celui de l’église Saint-Lubin. Constatant une montée démographique importante, la municipalité fait le choix de détruire l’église d’origine près du château, pour en créer une plus grande en 1871 qui surplombe le plateau. Autre exemple : en 1894, l’ancien bailliage (aujourd’hui l’hôtel de Ville) perd sa fonction judiciaire et ses prisons pour être transférée dans un tout nouveau palais de Justice sur le plateau, construit par Albert Petit et inauguré en 1896. Peu à peu, les équipements publics passent de la rue historique au « plateau », qui a l’avantage d’avoir plus de place et permet aux architectes une plus grande liberté de création.
Des architectes au service de la commune
Projet non réalisé de l'Hôtel des Postes, Charles Trubert, 1806 © Archives communales de Rambouillet [1M22]
Les municipalités qui se succèdent sont des commanditaires très prolifiques. Elles font appel à différents architectes habitués aux commandes publiques. Par exemple, Charles Trubert travaille pour la ville de Rambouillet de 1884 aux années 1910. Il dresse les plans des bâtiments à construire, coordonne les travaux, fait le lien entre la Ville et les entrepreneurs en relation directe avec le maire. Presque trente ans de réalisations lui permettront d’imaginer des projets sur le long terme, dont certains ont vu le jour, comme la gendarmerie en 1888 (aujourd'hui détruite), et d’autres qui ont préfiguré de futurs équipements, comme le projet de l’hôtel des Postes en 1906. D’autres architectes sont à citer, comme Albert Petit, Henri Avril ou encore Léon Marie Isabey.
Des styles architecturaux qui se répondent
1935-1937. Bureau de poste, Rambouillet : élévation partielle de la façade (éch. 1/200e) et détails des décors en pâte de verre (éch. 1/10e). N.d © Cité de l'architecture et du patrimoine [274 AA 19]
En plus de créer chacun leurs projets répondant à un besoin spécifique, les architectes s’inspirent de leurs prédécesseurs. Prenons l’exemple du palais de Justice et de l’hôtel des Postes : on ne peut pas passer à côté de leurs grandes colonnades donnant toute leur hauteur à ces deux équipements. Pour son palais de Justice, Albert Petit s’inspire de l’architecture antique : le fronton surmonte les colonnes aux chapiteaux de style corinthien. Joseph Bukiet, lorsqu’il imagine son hôtel des Postes quarante ans plus tard en 1937, reprend ces codes en créant lui aussi des colonnades ornées de mosaïque, marquant l’entrée monumentale d’origine.
Axes et perspectives depuis la place
Une des perspectives de la place vers le collège Sainte-Thérèse, 2026 © CAUE 78
Au fur et à mesure, les bâtiments s’organisent autour de cette place arborée appelée aujourd’hui place Thome-Patenôtre. En son centre, sous les platanes, six chemins rayonnent et offrent différentes perspectives. Au nord-est, les pavillons et les villas résonnent avec les équipements publics administratifs, comme le palais de Justice, la gendarmerie et l’Hôtel des Postes. Au sud-est, on reconnait à travers les arbres la silhouette de l’église Saint-Lubin composée de briques et de pierre meulière. Au sud-ouest, deux équipements en longueur se répondent par leurs volumes et leurs ouvertures : le collège Sainte-Thérèse et le pôle culturel la Lanterne, marqué par son entrée monumentale.
Une place appelée « Thome-Patenotre »
Monument aux morts de 1919 © CAUE 78
Après avoir été imaginé près de l’hôtel de Ville ou de l’église, c’est finalement sur cette place que la municipalité décide d’ériger en 1919 son monument aux morts. Réalisé par Paul Tournon (architecte) et Antoine Sartorio (sculpteur), il est composé de cinq figures ailées, chacune représentant une année de guerre, de 1914 à 1918. À leurs pieds, sont gravés les noms des soldats morts pour la France. Sous la date « 1916 » est inscrit le nom du Sous-Lieutenant André Thome, député de l’arrondissement de Rambouillet. André Thome est le père de Jacqueline Thome-Patenôtre, maire de Rambouillet de 1947 à 1983. Père et fille ont donné leur nom à la place en 1996. Par ailleurs, ce monument est le premier à Rambouillet à obtenir le label « Patrimoine d’Intérêt régional » en 2018.
S’adapter aux nouveaux usages : l’hôtel des Postes
Hôtel des Postes, 2026 © CAUE 78
Les usages de l’hôtel des Postes ont beaucoup évolué depuis sa construction en 1937. Anciennement P.T.T. (Poste, Téléphone, Télégraphe), le bâtiment proposait des services de communication. Ces enseignes ont par ailleurs été retirées, certainement quand ces usages ont disparu. L’entrée principale en façade a également été déportée sur une entrée latérale. Ces différents changements se poursuivent encore aujourd’hui sur ce bâtiment classé au titre des Monuments historiques depuis 1999. Les travaux de rénovation débutés en 2024 sont un bon exemple. Certaines réalisations permettent de remettre en état le bâti, comme le ravalement des façades et le remplacement des couvertures en zinc. D’autres permettent de s’adapter à la réglementation, comme le déplacement du GAB (guichet automatique de vente) en conformité à la réglementation d’accueil des personnes à mobilité réduite, tout en étant reconstruit dans des matériaux blindés qui conviennent au nouvel usage bancaire développé par la Poste depuis 2005.
Un air de fête
« Good Vibes », août 2026 © Ville de Rambouillet
La piétonnisation de la rue de La Légion d'Honneur a apaisé cet espace qui fait le lien entre la place et l'équipement. La limite entre les deux est gommée constituant ainsi un vaste espace où les habitants viennent se poser ou jouer. La place et la rue sont investies lors de manifestations organisées par la Ville (festivals, expositions, spectacles vivants...) lui donnant un air de fête.
*Seine-et-Oise : Ancien département français de la région parisienne créé en 1790 et dissous en 1968. Six nouveaux départements sont créés, dont les Yvelines.
La Lanterne : un « village culturel »
> Pôle culturel La Lanterne
Entrée de La Lanterne, 2026 © Martin Argyroglo
Une première étape : la bibliothèque Florian
Vue aérienne, 1997 © Archives départementales des Yvelines (31Fi 94)
Poursuivant le développement du « plateau » en 1986, il est décidé d'implanter la bibliothèque Florian rue Gautherin. Ce nouveau bâtiment, réalisé par les architectes Odile Bermond et Jean-Paul Porchon, permet de faire le lien entre les équipements de la place et les commerces de la rue du Général de Gaulle en contrebas. La parcelle en pente invite à travailler un bâtiment sur plusieurs niveaux : une entrée commune rue Gautherin, et à l'étage l’ensemble des fonctions de prêt et de consultation. Des puits de lumière apportent un éclairage naturel. Pour gagner de l'espace, le stationnement est placé au sous-sol, permettant de ménager un jardin à l'avant. Livré en 1988, le bâtiment est d'inspiration moderniste (béton blanc, fenêtres en bandeau, plan libre, toit-terrasse) et classique (colonnes, corniches). On note le travail des ferronneries (portail et garde-corps), l'encorbellement sous le porche d'entrée et le bel escalier extérieur sur la gauche !
Médiathèque, 2026 © Martin Argyroglo
Une réflexion d'ensemble pour installer le « village culturel »
Bâtiments existants avant La Lanterne, actuelle rue de la Légion d'Honneur, 2001 © CAUE 78
Au tournant des années 2000, il est décidé de développer l'activité artistique de la ville en complétant la bibliothèque par un nouveau programme : le village culturel dans ce qui est appelé le « Quadrilatère de la bibliothèque ». Cependant, les abords de la place sont déjà partiellement bâtis (trésorerie générale, crèche et CCAS) et il ne reste que peu d'espace pour la réalisation d'un tel programme. La collectivité s'interroge également comment sur la façon de relier au mieux ce nouvel équipement à la bibliothèque existante.
Extrait de l'étude de faisabilité CAUE, 2001 © CAUE 78
C'est ainsi qu'en 2001, une étude de faisabilité est confiée au CAUE 78 pour interroger la possibilité de conserver ou non les bâtiments existants dans le projet. L'extrait de l'étude ci-dessous permet de voir que les bâtiments épars et hétérogènes ne permettent pas une lecture cohérente de la place et obligent à disperser le programme en différents endroits. La décision est prise de les démolir pour donner plus de liberté au nouveau projet.
Projet non réalisé, extrait de l'étude de faisabilité CAUE, 2001 © CAUE 78
Un unique bâtiment pour structurer la place
La Lanterne depuis la place, 2026 © CAUE 78
« Ce bâtiment est à l’échelle d’un quartier où il fallait entrer dans la logique de cette place, jouer avec elle et articuler le pôle culturel avec l’échelle hétérogène et fragmentée des volumes qui la composent », Jean-François Milou architecte.
En 2011, c'est l'agence Studio Milou qui remporte le concours, avec pour programme : une grande salle de spectacle modulable (250-900 places), un petit amphithéâtre (126 places), une salle d’exposition et un café. Pari gagné pour ce projet qui réussit à la fois à être ouvert sur la place et tourné vers l'intérieur de la parcelle grâce à un patio. Les architectes jouent sur des effets plastiques : l'utilisation d'un grand mur-écran qui fait le tour du bâtiment, interrompu par des brèches le long de la rue Nicolas Potocki et l'entrée du côté de la place.
La Lanterne, un monde à part
Patio de La Lanterne depuis le toit, 2026 © Martin Argyroglo
Cette horizontalité permet de faire ressortir le volume de la grande salle de spectacle. Couronnée d'un matériau translucide et soulignée d'un bandeau vitré, on imagine aisément d'où lui vient son nom « la Lanterne ». Lorsqu'on franchit le seuil vers le patio, on passe d'un univers minéral à une ambiance plus douce marquée par la présence du verre, de l'eau et du ciel. Pour accentuer cet effet, les architectes font appel à un nombre restreint de matériaux : le béton, la pierre de Bourgogne et le verre. La trace des banches (marques laissées par le coffrage du béton) laisse apparaître les agrégats de calcaire et vient accentuer l’horizontalité du bâtiment.
Détail du béton banché, 2026 © CAUE 78
Le portail monumental
En 2012, parallèlement au projet architectural, est lancé un appel à candidature pour la réalisation d'un portail dans le cadre du 1% artistique. Les portes monumentales (8m) qui complètent le bâtiment ont été réalisées par l'artiste Antoine Dorotte. Recouvertes d'une membrane de zinc qui contraste avec la pierre, elles viennent renforcer la sensation de fermeture que procure le bâtiment depuis l'extérieur.
Les portes du 1% artistique, 2016 © Ville de Rambouillet
Même si les portes ne sont plus présentes aujourd'hui, on imagine aisément leur ampleur grâce aux arcs de cercle métalliques ancrés dans le sol, probablement un clin d’œil à la manière de représenter une porte sur les plans d'architecte !
Il y a 10 ans déjà !
La Lanterne est inaugurée en janvier 2016. La même année, parachevant le lien entre la bibliothèque devenue médiathèque et le nouvel équipement, la jeune agence d'architecture Lambert Lénack est sélectionnée pour la réhabilitation. Le principal enjeu de cette intervention est de créer un passage traversant pour le relier à La Lanterne. Le 1% artistique de Claude Cussinet (1990), anciennement disposés de part et d'autre du portail d'entrée, a été restitué sur la droite du parvis. C'est également l'occasion d'adapter le bâtiment aux nouvelles normes dans le respect du projet d'origine : accessibilité des personnes à mobilité réduite, confort acoustique, utilisation de peintures écologiques, mobilier en bois et meilleure gestion des déchets.
Aujourd'hui, la médiathèque et la Lanterne fonctionnent comme une seule entité. Pendant les horaires d'ouverture, profitez-en pour traverser les deux bâtiments et rejoindre la rue Gautherin depuis l'intérieur de la parcelle ! Découvrez également les espaces de convivialité qui ponctuent le bâtiment.
🎧 Écoutez des agents et des usagers de La Lanterne sur leur expérience du bâtiment (en haut de page).
Jardin de la médiathèque, 2026 © Martin Argyroglo
L’entretien des bâtiments communaux : l’exemple de l’église Saint-Lubin
> Église Saint-Lubin
Église Saint-Lubin, 2026 © Martin Argyroglo
Vous vous trouvez sur la Place Jeanne-d'Arc, en face de la nouvelle église Saint-Lubin. Église à la fois romane et gothique, sa première pierre est posée en 1867 et le bâtiment est consacré en 1871. Contrairement à la majorité des églises catholiques, celle de Rambouillet n'est pas construite vers l'orient, mais dans la perspective du palais du roi de Rome. Ce choix urbanistique a été fait en lien avec l'ouverture de la rue de la République entre 1863 et 1869.
Un plan qui montre l'axe église Palais Roi de Rome ?
L’ancienne et la nouvelle Saint-Lubin
Borne commémorative à l'emplacement de l'ancienne église, 2026 © Ville de Rambouillet
L'ancienne église de Rambouillet se trouvait à proximité du bailliage royal (l’actuel hôtel de ville). Déjà à l'époque de Louis XVI, le roi envisage de reconstruire l’église médiévale, mais ce n'est qu'au XIXème siècle que ce projet voit le jour. La ville organise alors un concours public en 1864, remporté par l'architecte Anatole de Baudot, un jeune élève de Viollet-le-Duc, qui a par ailleurs réalisé l'église Saint-Jean-de-Montmartre. La nouvelle église de Rambouillet prend alors le nom de Saint-Lubin-et-Saint-Jean-Baptiste.
Extérieur de l'église, 2026 © Martin Argyroglo
Le projet de la nouvelle église était ambitieux, mais les moyens financiers étaient limités. Anatole de Baudot a dû réduire autant que possible le recours à la pierre de taille vu son prix exorbitant. Il choisit de la réserver aux éléments de l'édifice qui reprennent les principales poussées, notamment les voûtes et les murs. Cette contrainte budgétaire le conduit à utiliser des colonnes et des chapiteaux en fonte pour supporter les arcs transversaux du berceau central, ce qui permet de diminuer la quantité de pierre nécessaire.
Intérieur de l'église, 2026 © CAUE 78
Contrairement à de nombreuses églises gothiques, l'église de Rambouillet ne possède pas d'arcs-boutants, habituellement destinés à contenir la poussée des voûtes. L'architecte les remplace par de puissants contreforts intérieurs, ce qui lui permet également de réduire l'importance des contreforts extérieurs. Cette démarche s'inscrit pleinement dans le courant rationaliste, dont Viollet-le-Duc en l'un des principaux théoriciens.
Propriété de la commune depuis 1905
Carte postale de l'église Saint-Lubin © Archives départementales des Yvelines (4Fi 4510)
Depuis la loi de séparation de l’Église et de l’État du 9 décembre 1905, l'entretien de l'église revient à la ville de Rambouillet. Cette loi indique que les établissements publics affectés aux cultes ainsi que leur mobilier deviennent la propriété des communes. Ces biens restent affectés gratuitement à l’Église. La loi entraîne un travail d’inventaire des biens de l’Église sur tout le territoire français ; celui de Rambouillet date de 1906. La paroisse de Rambouillet est un acteur majeur dans la mise en valeur de cette église, mais l’entretien et le financement de l’édifice et des œuvres restent à la charge de la Ville.
Le « coup de foudre » de 1916
Le 10 septembre 1916 à 7h du matin, la foudre s’abat sur l’église et cause des dégâts sur le clocher et les orgues, nécessitant des travaux d'urgence. Une élévation de la façade du clocher, réalisée par Henri Blanchard, architecte en chef du département de Seine-et-Oise, attire l’attention sur certaines crevasses formées ainsi que des pierres abîmées. Un devis retrouvé aux archives municipales indique la nature des travaux qui portent sur une partie de la couverture et des orgues. C’est Charles Trubert qui va engager cette rénovation imprévue.
Dessin du clocher de l’église Saint Lubin, Charles Trubert, 1916-1938 © Archives communales de Rambouillet [2M8]
Un patrimoine communal protégé
L'édifice est inscrit au titre des Monuments Historiques depuis 2003. Cette protection implique que la commune a l'obligation d'entretenir le monument en faisant appel à une maîtrise d’œuvre compétente. De nombreux acteurs peuvent être associés aux services municipaux, à la fois comme conseillers et garants de sa protection :
- les CAOA (Conservateur des antiquités et objets d’arts) sont amenés à donner leur avis sur le mobilier de l’église ;
- l’ACMH (Architecte en chef des monuments historiques) peut être mandaté lorsque l’on parle de conservation et de restauration ;
- l’ABF (Architecte des bâtiments de France) est en lien constant avec l’architecte communal pour valider des travaux.
Les défis de l'entretien au XXIème siècle
Diagnostic, 2024 © Ville de Rambouillet
Afin de procéder à la restauration d'un bien historique, la première étape consiste à faire un diagnostic. Cette étude du bâti permet de constater les dommages et d'envisager les interventions nécessaires. Ensuite, des équipes techniques sont mandatées pour installer les échafaudages et les éléments de consolidation pour les parties fragilisées.
En 2026, des filets de protection ont été mis en place sur les couvertures du clocher, les coiffes des clochetons ont été retirées pour les protéger et les feuilles de zinc des abats-sons* ont subi un vissage préventif. Les experts ont relevé quelques signes d’usure, en particulier au niveau de la toiture et de la tour du clocher. Toutes ces étapes sont nécessaires afin de pouvoir intervenir et retrouver l'intégrité du monument sur les travaux à venir.
* Les abats-sons sont des lames inclinées vers le bas dans les baies du clocher afin de protéger les cloches des intempéries et diffuser le son vers le sol.
Le centre-ville fait son cinéma
> CinéParadis
À contre-courant de certaines logiques ayant poussé au développement de grandes salles multiplexes en périphérie des villes, l'histoire mouvementée et l'implication de certains acteurs engagés ont permis de conserver ce cinéma d'art et d'essai en centre-ville. Remontez le fil de son histoire !
Le cinéma arrive à Rambouillet
Rappelons qu'en 1895, les frères Lumière réalisent la première projection de film publique, propulsant le cinéma vers une exploitation itinérante. Dans la décennie suivante, sous l'influence de Charles Pathé, les premières salles de cinéma ouvrent et concurrencent l'offre itinérante des forains. Suivant cette logique, L'Excelsior, premier cinéma rambolitain, ouvre dès 1913.
Carte postale mentionnant le cinéma Excelsior © Collection particulière, droits réservés
Une architecture typique Art déco
Le cinéma semble avoir été construit de manière concomitante au bâtiment situé 67 Rue du Général de Gaulle. En effet, l'ensemble est représentatif du style Art déco avec son pignon qui se détache sur la gauche, agrémenté d'une horloge aujourd'hui disparue. Remarquez le caisson octogonal qui l'abritait et le fronton en escaliers qui le surmontait.
L'horloge disparue, 2026 © Martin Agyroglo
Une fois passé le porche, on découvrait le cinéma : un bâtiment en recul par rapport à la rue, flanqué d'un volume vitré vertical avec un beau lettrage typique des cinémas Art déco.
Cinéma Vox, 2019 © Ville de Rambouillet
Une salle à rayonnement régional
D'une capacité de 400 places, la salle de cinéma est chauffée et programme des films le dimanche matin et soir. Sa surface d'écran est importante et rivalise avec les autres salles de la région. Les enfants et les militaires bénéficient d'un tarif réduit, mais ce sont tous les Rambolitains qui fréquentent quotidiennement la salle de cinéma !
Du Vox au Cinéparadis, une histoire mouvementée
Différents propriétaires se succèdent ce qui amène un changement de nom : L'Excelsior devient le cinéma Vox. En 1968, le cinéma est racheté par le Rex d'Epernon et une deuxième salle de 70 places est installée dans l'ancien bar du cinéma. Vingt ans plus tard, le cinéma appartenant désormais à la société UGC (Union générale cinématographique) est fermé face à la forte baisse de sa fréquentation. Il ouvrira de nouveau quelques années plus tard. Après avoir connu une baisse à la fin des années 1980, le tournant des années 1990 marque le retour du public et un nouvel élan pour le cinéma.
Le nouveau cinéma, une alternative au multiplexe
Vue perspective depuis le porche de la rue du Général de Gaulle © Linéaire A
En 2019, le cinéma ferme et est vendu par la ville sous la condition que le repreneur doit réaliser un nouveau complexe cinématographique dans les 4 années suivant l'achat. La pandémie, les démolitions nécessaires et la difficulté de trouver un repreneur sérieux, oblige les Rambilotains à attendre de nombreuses années. En 2022, Judith Reynaud, engagée pour la construction et le maintien des cinémas en centre-ville et ayant développé sa propre marque CinéParadis, reprend enfin le projet. Dans l'attente, la ville décide donc de développer une offre de cinéma transitoire à la Lanterne entre 2023 et l'ouverture du nouveau cinéma.
🎧 Écoutez Judith Reynaud, directrice de CinéParadis sur le projet du cinéma (en haut de page).
Détail de l'élévation depuis le porche côté rue du Général de Gaulle © Linéaire A
Le CinéParadis comprend 5 salles de projection (595 fauteuils) et des espaces communs plus généreux. Les architectes Linéaire A installent le nouveau bâtiment sur la droite de la parcelle et dégageant une placette à l'avant. Ils conservent le principe de sente traversante présent dans d'autres secteurs du centre (ex : Passage Fleuri) avec un cheminement piéton qui remonte vers la rue d'Angiviller. Ce projet ambitieux s'installe dans un site soumis à des contraintes : parcelle étroite et en pente à proximité de bâtiments patrimoniaux.
Extrait de la coupe sur la grande salle © Linéaire A
Un des enjeux du projet a été de disposer les 5 salles de cinéma dans un volume contraint afin de respecter les gabarits prévus dans le SPR (Site patrimonial remarquable), le cinéma ne pouvant pas dépasser les bâtiments alentours. D'importants sondages de sols ont ainsi été nécessaires afin de définir la profondeur maximale des salles en sous-sol.
Le bâtiment est divisé en deux parties distinctes, séparées par un vide créant une transparence : un socle en béton banché qui fait écho à la Lanterne et la grande salle recouverte d'un bardage métallique.
Détail de la façade en béton banché, octobre 2025 © Ville de Rambouillet
Pendant le temps du chantier, une visite avait été organisée durant les journées de l'architecture 2025 afin de donner un aperçu du cinéma tant attendu !
Visite du chantier par Judith Reynaud, octobre 2025 © Ville de Rambouillet
Malgré le développement et la multiplication des salles de projection, conformément au souhait de la ville de donner accès de la culture au plus grand nombre, le cinéma conservera sa programmation d’art et d’essai généraliste !
La palais du Roi de Rome : entretenir et valoriser un patrimoine exceptionnel
> Palais du Roi de Rome
Cour du Roi de Rome depuis la rue du Général de Gaulle, 2026 © Martin Argyroglo
De l’hôtel du Gouvernement…
Plan annexé au procès-verbal d’estimation, Saunière 1796, 10 germinal an IV, 2 Q 38 © Archives départementales des Yvelines
En 1783, le roi Louis XVI fait l’acquisition du domaine de Rambouillet. Commencé dès 1784, l’hôtel destiné au logement du gouverneur du Domaine, le comte d’Angivillier, est élevé sur une partie des jardins du château, au sud de la Grande rue (la rue du Général-de-Gaulle). Conçu par l’architecte Jacques-Jean Thévenin entre cour et jardin, cet hôtel adopte un plan en U : un grand corps de logis avec deux pavillons en retour, et deux ailes basses. L’immense jardin, dessiné par le peintre Hubert Robert, s’étendait de la place du Marché-aux-Herbes (place Marie-Roux) à la place du Grand Chenil (place Félix-Faure). À la Révolution, le bâtiment est pillé et laissé à l’abandon.
… au palais du Roi de Rome
Plan de Jean-Antoine Hébert, 1833 © Collections municipales, Ville de Rambouillet
Le 25 août 1806, Auguste Famin, tout récemment nommé architecte du Domaine arrive à Rambouillet. Constatant l’impossibilité de réparer l’hôtel, il propose de reprendre les fondations et apporte des modifications. Dans le corps de logis, il ajoute des pièces côté jardin, surmonte l’édifice d’un niveau et crée un vestibule à l’italienne. Le 20 mars 1811, alors que les travaux sont en cours, le roi de Rome, fils de Napoléon Ier et Marie-Louise d’Autriche, nait à Paris. L’hôtel sera alors affecté au roi de Rome et le 2 mars apparait le titre de « pavillon » ou « palais du roi de Rome ». La distribution des pièces est retravaillée pour s’accorder à l’arrivée du jeune prince et de sa cour, qui n’y résideront jamais.
Un monument coupé en deux
Plan annexé à la vente du 27 mars 1836 par le notaire Augustin Joseph Julien Besnard, © Archives départementales, 3E33 146
En 1832, le domaine de Rambouillet sort de la liste des biens affectés à l’usage du roi Louis-Philippe. Après estimation par l’ingénieur-géomètre Jean-Antoine Hébert en 1833, l’ancien palais est mis en vente. Il est acheté en 1834 par Jean-Brutus Rattier, négociant rambolitain. Entre 1836 et 1841, Rattier fait démolir la partie centrale du corps de logis, entrainant ainsi la destruction du vestibule à l’italienne, et se fait construire au fond de la cour ce qu’on appelle le « pavillon impérial ».
Façade est du pavillon occidental, 2012 © François Delauney, Ville de Rambouillet
Les deux parties conservées du logis, appelée depuis pavillon oriental et pavillon occidental, sont revendues séparément à de multiples reprises. Les deux façades côté cour sont reconstruites, tout en gardant les décors très ouvragés qui étaient à l’intérieur du vestibule, comme, par exemple, les deux niches qui devaient accueillir les sculptures ou encore les chapiteaux et les pilastres sculptés en oves (en forme d'œuf) et feuilles d’eau.
Détails de la façade est du pavillon occidental, 2012 © François Delauney, Ville de Rambouillet
Léon Lafourcade, propriétaire passionné
Léon Lafourcade, nouveau propriétaire de la partie occidentale lui redonne toute sa grandeur. Il est artiste-peintre et membre de la Shary (Société historique et archéologique de Rambouillet et de l’Yveline). Vers 1930, il modifie la distribution des pièces et la décoration intérieure. Il agrémente son jardin d’ornements architecturaux, aux origines encore aujourd’hui inconnues. Parmi ces éléments, une plaque en marbre commémore l’Aiglon. Il souhaitait faire revenir les cendres du roi de Rome et créer un mausolée dans le jardin. Ce mausolée s’inscrit plus largement dans le projet de création d’un « musée du Roi de Rome », une idée émise par la Shary dès 1941 dans un courrier envoyé aux Services d’Architecture de la Direction des Beaux-Arts. Une idée qui mettra quarante années avant de voir le jour.
Dessin du projet de mausolée de Pierre Bodard © Collections municipales, Ville de Rambouillet
L’achat de la Ville de Rambouillet en 1989
Après un incendie en 1986, Guy de Voguë, propriétaire de 1975 à 1985, quitte le pavillon occidental, qui est racheté en 1989 par la Ville de Rambouillet. L’idée de Lafourcade prend forme avec la création d’un musée et d’un lieu d’exposition. Le jardin du roi de Rome devient accessible aux Rambolitains avec l'installation de jeux d’enfants. Au même moment, la Ville achète d’autres espaces de l’ancien palais du Roi de Rome : le pavillon du Verger et le premier étage de l’aile ouest des communs. En 2001, ce dernier devient le musée du Jeu de l’Oie puis transformé en bureaux dix ans plus tard.
Salle de l'ancien musée du jeu de l'Oie © Ville de Rambouillet
Des campagnes de restaurations
Le pavillon du Verger au premier plan, 2026 © Martin Argyroglo
Pendant dix ans, la municipalité s’attèle à la restauration de ce patrimoine communal d’exception. Les travaux de restauration menés en 2012 sur les façades et toitures du pavillon occidental permettent de répondre aux urgences de sauvegarde du monument, tout en visant à remettre en valeur l’état historique compris entre 1809 et 1833. Cette intervention a redonné toute sa lisibilité aux décors conçus par Auguste Famin, en valorisant les techniques de construction et les matériaux utilisés.
Restauration du palais du roi de Rome, 2012 © Ville de Rambouillet
En 2019, débutent les travaux de restauration du pavillon du Verger, situé dans le jardin. Composé d’une salle décorée de médaillons représentant des jeux d’enfants, il a été commandé par le duc de Penthièvre au début des années 1770. Conforme à un inventaire de 1796, le pavillon retrouve son état XVIIIème siècle, après trois ans de travaux. Depuis 2022, à la belle saison, il est ouvert au public avec un espace de médiation.
Pavillon du Verger, salle des Médaillons, 2024 © Ville de Rambouillet
Des outils publics pour protéger le patrimoine privé
En 2012, le pavillon oriental du palais du Roi de Rome est acheté par un propriétaire privé, Bruno Ledoux. Détenteur d’une très grande collection d’objets datant du Premier et Second Empire, il projette, en accord avec la municipalité, la création d’un musée en centre-ville. Afin d’accueillir ses collections, des travaux de restauration débutent en 2018. Après quelques semaines, les travaux interrompus laissent à nu les enduits piquetés et fragilisent certaines parties de l’édifice. Afin de protéger les usagers traversant la cour, la Ville met en place un « arrêté de péril » en 2019. Il s’agit d’une décision prise par le maire lorsqu'un immeuble présente un danger en raison de son état. Un tunnel de protection est installé entre les deux pavillons.
Aile orientale © Ville de Rambouillet
En février 2022, le pavillon oriental est « classé d’office » par le ministère de la Culture. Il s’agit d’une mesure exceptionnelle visant à conserver un monument en péril. Cette protection par l'État impose au propriétaire de mettre en place des « travaux d’office », financés équitablement par les deux parties. Ces travaux permettront de consolider et de mettre en sécurité les parties classées (façades et toitures).
À la croisée des chemins
> La place Félix Faure
Place Félix Faure, 2026 © Martin Agyroglo
Vous vous trouvez sur la place Félix Faure. Entrée historique dans le centre ancien de Rambouillet, cette place constitue une place majeure du centre-ville. L’animation commerciale, le marché, le manège, les terrasses et la présence des grands arbres du parc du château font de cette place un des endroits les plus agréables de la ville.
Les formes de la ville
Carte de Cassini à recadrer ?
Après le relief géographique, largement composé de massifs forestiers, c’est avant tout le réseau viaire qui est à l’origine de la forme urbaine de la ville. Depuis l’Antiquité, Rambouillet se trouve sur la route d’Orléans. Au XVIIIème siècle, la nouvelle route de Paris à Chartres se transforme. Rambouillet quitte alors peu à peu son image de simple relais de poste et l’urbanisation commence à s’étendre.
Plan représentant les acquisitions du comte de Toulouse (1706-1727), d'après Jean Blécon, "Le palais du Roi de Rome. Napoléon II à Rambouillet", 2004 © Jean Blécon, DR
Le développement est cependant limité à l'ouest par le château et son parc, et à l'est avec la ligne de chemin de fer arrivée au XIXème siècle. En 1956, la déviation de la Nationale 10 déplace la circulation de l'actuelle rue de Gaulle en périphérie du centre. Elle coupe le territoire de Rambouillet en deux : le centre-ville et ses anciens faubourgs (Groussay, Grenonvilliers), et de nouveaux quartiers qui s’étendent à l’ouest : la Louvière dans les années 1950, la Clairière dans les années 1970 et Bel Air dans les années 1990.
Naissance d’une place
Carte postale représentant la grille du parc et la place de la Foire, 1900-1909 © Archives départementales des Yvelines [3Fi202 182]
La place Félix Faure se situe au croisement de trois grandes routes historiques : la « grande route pavée de Paris à Chartres » (rue du Général-de-Gaulle et avenue du Maréchal-Leclerc), le « chemin de Rambouillet à la Louvière » (rue Chasles) et le « chemin de Rambouillet à Orléans » (rue G. Lenôtre). Lors de l'aménagement du rondeau (« rond d’eau ») dans les jardins à la française du château, entre 1700 et 1705, le tracé de la route de Chartres est modifié, ce qui permet la création de la place Félix-Faure (ancienne place de la Foire).
Circulations à Rambouillet (Usages et usagers de la place)
Travaux de nuit, juillet 2024 © DR
La circulation à Rambouillet est multiple : piéton, vélo, voiture, bus, train. Les différents modes de déplacement y coexistent et se partagent l’espace public. Compte tenu de sa position à la convergence de plusieurs axes historiques majeurs, la place Félix Faure constitue ainsi un point d’entrée stratégique dans la ville. Chaque jour, ce carrefour accueille des flux importants d’usagers, tous modes confondus. Face à l’augmentation de ces circulations, les conditions d’accès au centre urbain se sont progressivement dégradées, rendant les déplacements moins fluides et plus difficiles.
visuel de la place avant ?
Dans ce contexte, des travaux de réaménagement se sont avérés nécessaires afin d’améliorer l’efficacité des circulations et de mieux organiser le partage de l’espace entre les différents usages. De tels travaux avaient déjà eu lieu dans les années 1990.
Travaux d'aménagements
Coulage des bétons, avril 2024 © Ville de Rambouillet
Le carrefour giratoire qui se trouve actuellement au cœur de cette place est récent (2024-2025). Ce projet d’aménagement, en plus de fluidifier la circulation automobile, a intégré les mobilités douces et des surfaces végétalisées, contribuant à une amélioration significative de la fluidité des circulations à l’échelle de la ville. Une piste cyclable a été aménagée avec un couloir dédié, tandis que de nouveaux cheminements piétons ont été créés afin de renforcer le confort et la sécurité des déplacements à pied.
Piste cyclable et entrée du parc du Château, 2026 © Martin Agyroglo
L'impact du chemin de fer sur le développement urbain de la ville
Pont Hardy, 2026 © Martin Agyroglo
Un peu plus loin, sur le chemin du retour vers la gare, vous pourrez croiser le pont Hardy. Construit entre 1840 et 1849, il permet aux voies ferrés de traverser un carrefour, autre exemple de coexistence des moyens de transport. Selon un panneau qui se trouve sur le pont, c'est la hardiesse dans sa conception, innovante pour l'époque, qui lui aurait valu son nom.
Carte postale ancienne, Le Pont de Biais dit "Pont Hardi" © Collection particulière, DR
Cet imposant pont se trouve au croisement de quatre axes principaux et constitue un point de circulation parfois encombré dans la ville. Tous ces éléments contraignent la circulation et constituent un point de rupture visuelle. Pour cette raison, des quartiers peuvent se retrouver isolés. Malgré ces contraintes, en repensant les usages et les continuités urbaines, cet espace pourrait devenir un véritable lieu de connexion favorisant à la fois la fluidité des déplacements et la qualité du paysage urbain.
Ainsi, prendre soin d’une ville ne se limite pas aux bâtiments. Il s’agit de considérer l’ensemble des éléments qui la composent afin d’offrir un cadre de vie agréable à tous les usagers, qu’ils soient habitants ou de passage !
Activités annexes
Accéder au parcours
Train
Rambouillet - Ligne N ou TER vers Chartres / Le Mans / Nogent-le-Rotrou / Paris Montparnasse


