DétourLes CAUE  d'Île-de-France
Détour
1,5km
1h30

Les étoiles d’Ivry, une nouvelle forme d’urbanité

Architecture
Architecture

Ce projet avant-gardiste construit entre 1966 et 1987 et dénommé les « Étoiles », suscite une certaine fascination chez les visiteurs et des passionnés d’architecture. Venez arpenter ce lieu surprenant pensé par les architectes Jean Renaudie et Renée Gailhoustet.

Parcours conçu par le CAUE du Val-de-Marne.

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Mode de mobilité
À pied

Aperçu du parcours

Étape 1

Genèse d’un projet

🔊Écoutez Serge Renaudie évoquer la conception de la rénovation du centre-ville d'Ivry.

mediaPhoto aérienne du centre- ville avant sa rénovation © Archives municipales d’Irvy-sur-Seine

La transformation du centre-ville d’Ivry-sur-Seine démarre en 1958 lorsque la DDE (Direction Départementale de l’Équipement) impose la reconfiguration et l’élargissement des voies de circulation du centre-ville.

mediaPhoto aérienne du centre- ville avant sa rénovation © Archives municipales d’Irvy-sur-Seine

La municipalité, alors dirigée par Georges Marrane depuis 1925, s’engage dans un projet de rénovation de grande ampleur afin de poursuivre une politique du logement ambitieuse et d'offrir confort et modernité à cette ville ouvrière.

mediaMaquette de projet du centre-ville d’Ivry, non daté © Archives municipales d’Irvy-sur-Seine

Roland Dubrulle est nommé architecte en chef de ce chantier de 17 hectares, et le plan masse général du projet est approuvé par la ville en 1962. En 1963, c’est l’architecte Renée Gailhoustet qui reprend la conception et le suivi du projet.

mediaPlan de masse du projet de rénovation © Fond Renée Gailhoustet

La rénovation du centre-ville subira diverses évolutions et modifications, notamment à l’arrivée de Jean Renaudie qui travaillera au côté de Renée Gailhoustet à partir de 1968.

Le projet initial, conçu selon un principe de barres et de tours sur dalle, se transforme et se complexifie au profit d’un modèle plus organique et pyramidal.

mediaVue aérienne sur le quartier du centre-ville d’Ivry en cours de rénovation © Archives municipales d’Irvy-sur-Seine

Ce projet ambitieux, prônant innovation architecturale et progrès social, n’aurait pu se faire sans le soutien de Raymonde Laluque, qui dirigea L’OPHBM (Office Municipal d’Habitations à Bon Marché) dès 1965.

mediaVue aérienne sur le quartier du centre-ville d’Ivry en cours de rénovation © Archives municipales d’Irvy-sur-Seine

Les rénovations s'étendent sur plus de vingt ans, entre 1966 et 1987.

Étape 1

Genèse d’un projet

🔊Écoutez Serge Renaudie évoquer la conception de la rénovation du centre-ville d'Ivry.

mediaPhoto aérienne du centre- ville avant sa rénovation © Archives municipales d’Irvy-sur-Seine

La transformation du centre-ville d’Ivry-sur-Seine démarre en 1958 lorsque la DDE (Direction Départementale de l’Équipement) impose la reconfiguration et l’élargissement des voies de circulation du centre-ville.

mediaPhoto aérienne du centre- ville avant sa rénovation © Archives municipales d’Irvy-sur-Seine

La municipalité, alors dirigée par Georges Marrane depuis 1925, s’engage dans un projet de rénovation de grande ampleur afin de poursuivre une politique du logement ambitieuse et d'offrir confort et modernité à cette ville ouvrière.

mediaMaquette de projet du centre-ville d’Ivry, non daté © Archives municipales d’Irvy-sur-Seine

Roland Dubrulle est nommé architecte en chef de ce chantier de 17 hectares, et le plan masse général du projet est approuvé par la ville en 1962. En 1963, c’est l’architecte Renée Gailhoustet qui reprend la conception et le suivi du projet.

mediaPlan de masse du projet de rénovation © Fond Renée Gailhoustet

La rénovation du centre-ville subira diverses évolutions et modifications, notamment à l’arrivée de Jean Renaudie qui travaillera au côté de Renée Gailhoustet à partir de 1968.

Le projet initial, conçu selon un principe de barres et de tours sur dalle, se transforme et se complexifie au profit d’un modèle plus organique et pyramidal.

mediaVue aérienne sur le quartier du centre-ville d’Ivry en cours de rénovation © Archives municipales d’Irvy-sur-Seine

Ce projet ambitieux, prônant innovation architecturale et progrès social, n’aurait pu se faire sans le soutien de Raymonde Laluque, qui dirigea L’OPHBM (Office Municipal d’Habitations à Bon Marché) dès 1965.

mediaVue aérienne sur le quartier du centre-ville d’Ivry en cours de rénovation © Archives municipales d’Irvy-sur-Seine

Les rénovations s'étendent sur plus de vingt ans, entre 1966 et 1987.

Étape 2

La tour Raspail

mediaTour Raspail, non daté © Archives municipales d’Irvy-sur-Seine

La tour Raspail est le premier bâtiment édifié dans le cadre du projet de rénovation du centre-ville d’Ivry-sur-Seine. Construit entre 1966 et 1968, il est conçu par Renée Gailhoustet dans le cadre d’un premier projet urbain adopté par la municipalité en 1962 et largement modifié par la suite.

mediaTour Raspail, maquette © Archives municipales d’Irvy-sur-Seine, François Cherrier

L’ensemble comprend deux corps de bâtiments décalés et reliés par un noyau central de circulation verticale desservant les logements

L’architecte, soucieuse de proposer des espaces collectifs et mixtes, aménage des commerces au rez-de-chaussée, des ateliers d’artistes et un atelier collectif aux derniers niveaux, et une terrasse plantée accessible à tous sur le toit.

Ces idéaux communautaires ont du mal à perdurer dans le temps, la buanderie et les ateliers pour enfants, initialement aménagés dans les étages, ont aujourd’hui disparu.

mediaFaçade de la tour © 9b+

D’inspiration moderniste, les façades principales en béton brut sont rythmées par l’alternance de loggias et de fenêtres en bandeau. Les façades latérales, plus fermées, soulignent l’agencement des niveaux par la mise en place de joints creux dans le béton.

À la brutalité du béton se mêle le travail des détails. Systèmes d’évacuation d’eau, garde-corps, trame du coffrage sont dessinés et réalisés sur-mesure et avec une esthétique soignée.

mediaEntrée de la tour Raspail, non daté © Fonds Gailhoustet, DAU, SIAF/Cité de l’architecture et du patrimoine / Archives d’architecture contemporaine

La tour Raspail est la plus aboutie des quatres tours d’un point de vue architectural et spatial. Elle est inscrite au titre des Monuments Historiques en 2021 et fait l’objet d’une étude visant à développer un dispositif de ventilation naturelle. Cette démarche fait partie d’une réflexion globale sur la réhabilitation thermique de cette œuvre remarquable qui témoigne aujourd’hui encore de la pertinence de sa conception.

Les appartements de la tour Raspail, une innovation dans le logement social

mediaCoupe de la tour Raspail © Fonds Gailhoustet, DAU, SIAF/Cité de l’architecture et du patrimoine / Archives d’architecture contemporaine

La tour Raspail comprend 96 logements dont 76 qui sont agencés selon un astucieux principe d’imbrication. En semi-duplex, ils s’intercalent les uns par rapport aux autres et sont desservis par des coursives tous les trois niveaux.

mediaIntérieur d’un logement © Recherche et architecture, année 1970, Jean Biaugeaud

À l’époque, c’est un immeuble de logement social inédit en France.

La tour Raspail fait alors l’objet de nombreuses publications dans des revues d’architecture mais aussi dans la presse non spécialisée.

mediaAxonométrie d’un logement © Fonds Gailhoustet, DAU, SIAF/Cité de l’architecture et du patrimoine / Archives d’architecture contemporaine

Les logements sont répartis sur trois niveaux. Au niveau le plus bas se trouve l’entrée qui connecte l'appartement aux coursives de distribution. Le séjour et la cuisine, prolongés d’une loggia, constituent le niveau intermédiaire, tandis que les chambres et la salle de bain sont affectées au niveau supérieur. C’est la seule des quatre tours à disposer de cet agencement des logements en semi-duplex.

mediaIntérieur d’un logement en 2021 © Robin Leroy

Cette disposition permet de différencier les espaces communs et intimes sans pour autant les séparer visuellement, tout en évitant les couloirs.

Renée Gailhoustet dit du principe d’aménagement en duplex :

“Il a surtout un intérêt dans l’intérieur même du logement, parce qu'il permet de faire arriver la lumière très différemment d’un logement à plat, parce qu'il permet la visibilité d’une partie du logement par rapport à l’autre (...) Dès qu’on a un duplex, on a une possibilité d’organisation beaucoup plus sensible où la lumière et la vue jouent leur rôle.”

mediaVue d’une loggia © Robin Leroy

Étape 3

Le Centre Jeanne Hachette

media© Robin Leroy

Le centre Jeanne Hachette est l’ensemble le plus emblématique du projet de rénovation du centre ville d’Ivry-sur-Seine.

Conçu par Jean Renaudie et construit entre 1970 et 1975, il témoigne de la volonté de l’architecte de créer un ensemble architectural et urbain combinant les différents éléments constitutifs de la ville.

mediaMaquette de la rénovation du centre-ville © Archives municipales d’Irvy-sur-Seine, Dusantier

Dépassant le concept du “zoning”, principe de séparation des fonctions prôné par le Mouvement moderne, Jean Renaudie cherche à prendre davantage en compte la complexité de la ville.

Selon lui “la ville est une combinatoire”, un organisme vivant qui doit permettre aux différentes fonctions (travailler, habiter, se divertir, ..) et aux différentes échelles (collective, individuelle) de se lier et d’interagir entre elles.

mediaCoupe du centre Jeanne Hachette © Fonds Jean Renaudie

Destiné à accueillir à la fois commerces, bureaux, parkings et logements, l’ensemble prend la forme d’une colline urbaine recouverte d’une végétation foisonnante.

Les différents volumes se décalent d’un niveau à l'autre, créant ainsi une multitude de terrasses extérieures.

media© Robin Leroy

Prouesse technique et architecturale, l’ensemble comporte une multitude de circulations et d’accès publics, privés et logistiques.

Le projet a suscité et suscite encore aujourd’hui de nombreux débats. Les difficultés financières et administratives se mêlent aux réticences et freinent quelque peu l’évolution du centre commercial.

media© Robin Leroy

L’ensemble est reconnaissable par ses volumes aux angles aigus rappelant la forme d’étoiles.

Les façades alternent les trames verticales et horizontales. Le dessin des garde-corps, les fenêtres en bois allant jusqu'à six mètres de hauteur et la matérialité du béton caractérisent cette architecture surprenante et différente à chaque point de vue.

media© Robin Leroy

Le végétal est également un élément primordial de composition, laissé aux mains des habitants. Le centre Jeanne Hachette a été labellisé Architecture Contemporaine Remarquable en 2008 par le Ministère de la Culture.

mediaPlan d’un logement de 4-5 pièces du centre Jeanne Hachette, 97,24 m² intérieur et 124,55 m² de terrasse © La logique de la complexité, Jean Renaudie, 1992, p.149

Le centre Jeanne Hachette comprend 40 logements en accession à la propriété.

Aménagés en duplex, les appartements sont tous différents et disposent d’une ou plusieurs terrasses de pleine terre.

Jean Renaudie a privilégié le plaisir d’habiter à la pure fonctionnalité.

L’organisation des logements suscite l’inattendu, la découverte et la diversité, influant ainsi directement sur les manières de vivre et incitant les habitants à s’approprier leurs logements.

Étape 4

La Cité Spinoza

media© Robin Leroy

L’ensemble Spinoza, bien qu'étant hors du périmètre de la rénovation du centre-ville d'Ivry-sur-Seine, répond à la même logique architecturale et urbaine. Il est construit entre 1968 et 1972 à la suite des tours Raspail et Lénine.

media© Robin Leroy

L’architecte Renée Gailhoustet y met en œuvre sa vision du logement collectif et communautaire. L’immeuble de 79 logements HLM (Habitation à Loyer Modéré) regroupe alors plusieurs services communs dont une bibliothèque pour enfants, un centre médico-psycho-pédagogique, des ateliers municipaux, des locaux d’activités, une crèche et un foyer de jeunes travailleurs.

media© Robin Leroy

Pour la conception de la Cité Spinoza, Renée Gailhoustet s’inspire de l’architecture de Le Corbusier, et notamment de l’Unité d'habitation de Marseille, référence majeure du mouvement Moderne.

mediaPlan du rez-de-chaussée, Spinoza © Eloge du logement, Renée Gailhoustet, 1993, p.18

Le bâtiment, composé de trois barres formant un gigantesque T, est surélevé par une série de portiques cintrés implantés selon différents angles et permettant aux passants de parcourir le rez-de-chaussée librement.

media© Robin Leroy

La déambulation sous cette imposante silhouette de béton permet d’apprécier les différents et étonnants points de vue sur cette architecture à l’allure singulière.

mediaSpinoza, coupe sur aile ouest © Collection Frac Centre-Val-de-Loire, donation Renée Gailhoustet

Les logements sont distribués par des coursives intérieures situées le long de la façade.

media© Robin Leroy

Ces tubes hexagonaux percés de longues fenêtres et insérés dans l’élévation des portiques évoquent un vaisseau.

media© Robin Leroy

Ces rues intérieures, implantées tous les 3 niveaux, desservent les logements en duplex.

media© Robin Leroy

Dans une partie du jardin, détachés de l’immeuble, de petits hexagones en béton de hauteurs variables accueillent la bibliothèque et le centre médico-psycho-pédagogique.

Modulaire, ce concept devait permettre d’adapter et d'agrandir le bâtiment selon les besoins. Aujourd’hui altérés, ces bâtiments n’abritent plus la bibliothèque.

La crèche se trouve au dernier niveau.

media© Robin Leroy

Le profil du bâtiment, bien qu’imposant, s’insère relativement discrètement dans le paysage urbain alentour.

media© Robin Leroy

Étape 5

La tour Lénine

mediaTour Lénine © 9b+

La tour Lénine, conçue par Renée Gailhoustet, est construite entre 1968 et 1970 à la suite de la tour Raspail.

Comme les 4 tours, la tour Lénine est dotée d’une écriture architecturale inspirée des réalisations du Mouvement moderne des années 1950.

mediaTour Lénine, non daté © Archives municipales d’Irvy-sur-Seine

Haute de 18 étages et comprenant 105 logements HLM (Habitat à Loyer Modéré), elle dispose de commerces au rez-de-chaussée, d’ateliers d’artistes aux derniers niveaux, de loggias, et d’une terrasse plantée sur le toit.

En dépit de sa ressemblance avec la tour Raspail, la tour Lénine présente un agencement intérieur différent. Les logements sont également en demi-niveaux mais sans visibilité entre les niveaux.

mediaConstruction de la tour Lénine © Jean Biaujeaud, Archives municipales d’Ivry-sur-Seine

À l’image de la tour Lénine, l’architecture de Renée Gailhoustet met en valeur le béton dans ses différentes expressions esthétiques. Les surfaces lisses des éléments préfabriqués dialoguent avec la rugosité du béton coulé sur place, laissant apparaître la matérialité des planches de coffrage.

Les façades de la tour Lénine sont rénovées en 2016 par Pierre-Antoine Gatier, Architecte en Chef des Monuments Historiques, dans le respect de la qualité plastique de l’œuvre de Renée Gailhoustet.

Les Kiosques

media© Robin Leroy

Deux kiosques en coque de plastique à la géométrie originale, conçus par Renée Gailhoustet, ont été réalisés aux pieds des tours Raspail et Lénine entre 1968 et 1970. Autrefois notamment occupé par une librairie, aujourd’hui par une galerie, ces espaces sont pensés pour animer l’espace public.

Étape 6

L’ensemble Casanova

media© Robin Leroy

L’ensemble Casanova inaugure le concept de terrasses étagées en forme d’étoiles, qui deviendra par la suite un motif récurrent dans l'œuvre de Jean Renaudie, décliné dans plusieurs de ses projets.

mediaEnsemble Casanova, vue aérienne © 9b+

Construit entre 1970 et 1972, c’est le premier bâtiment conçu par Jean Renaudie dans le cadre du projet de rénovation du centre-ville d’Ivry-sur-Seine sur lequel il commence à travailler dès 1968.

mediaVue de la cour intérieur, ILN Casanova © Robin Leroy

L’ensemble comprend 82 logements sociaux, des parkings en sous-sol, des commerces au rez-de-chaussée et des bureaux dans une partie des premier et deuxième étages.

media© Robin Leroy

Le bâtiment présente une façade plutôt lisse à l’alignement de la rue alors que sa partie arrière, plus déstructurée, développe de généreux espaces plantés.

mediaPlan d'un logement © Jean Renaudie par Pascale Buffard, 1992, p.68-70

Engagé dans une démarche sociale, Jean Renaudie est soucieux d’offrir aux habitants un cadre de vie surprenant, foisonnant et flexible.

La structure du bâtiment est constituée d’une série de poteaux disposés tous les 5 mètres. S’affranchissant ainsi de murs porteurs intérieurs, l’architecte aménage les logements plus librement en bannissant la répétition.

Il conçoit des appartements tous différents, ce qui constitue une particularité étonnante pour un immeuble de logements collectifs.

mediaPlans d'appartements © Jean Renaudie par Pascale Buffard, 1992, p.61

En introduisant des diagonales dans ses plans, Jean Renaudie conçoit des espaces inédits. Les formes triangulaires dynamisent l’espace et allongent les façades.

Les appartements disposent, par ailleurs, de plusieurs terrasses plantées, prolongeant le logement à l’extérieur, dégageant des vues lointaines et donnant une sensation d’espace. Les habitants apprécient tout particulièrement la qualité du cadre de vie engendrée par ces aménagements.

mediaILN Casanova, 1972 © Archives municipales d’Ivry-sur-Seine

Les façades reprennent les diagonales initiées en plan. La grande variété de formes de fenêtres, les porte-à-faux, les joints creusés dans le béton et les angles saillants rendent l’ensemble particulièrement original.

mediaDétail des façades © Robin Leroy

Témoignant d’un concept architectural novateur et présentant des espaces intérieurs et extérieurs d’une rare qualité pour des logements sociaux, l’ensemble est inscrit au titre des Monuments Historiques en 2021.

Aujourd’hui vieillissant, cette distinction pourrait, entre autres, permettre, grâce à l’obtention de financements spécifiques, de procéder à sa rénovation et son entretien.

mediaDétail des piliers © Robin Leroy

Étape 7

L’école Einstein

media© Robin Leroy

Inaugurée en 1982, l’école reste fidèle au projet initial de Jean Renaudie mort en 1981.

Elle comprend 12 classes toutes différentes et un centre de loisirs.

Caractérisée par l’émergence de nombreux lanterneaux dirigés vers le ciel, elle se fond dans le paysage des logements qui l’enserrent, favorisant ainsi les échanges entre la vie du quartier et celle de l’école.

media© Archives municipales d’Ivry-sur-Seine

Conçu en collaboration avec l’équipe pédagogique et les enfants, l’école présente une grande variété de formes et d’espaces inattendus.

media© Robin Leroy

Un vaste cheminement en pente, partant du niveau haut de l’entrée pour rejoindre la cour en contrebas, dessert les salles de classes et se transforme, en s’évasant, en une étonnante bibliothèque-amphithéâtre. Espace de déambulation à l'opposé du banal couloir de distribution, ce parcours est ponctué de petits patios et de larges percements en toiture faisant entrer nature et lumière au cœur de l’école.

media© Robin Leroy

D’une incroyable richesse spatiale, l’école offre aux enfants un cadre d’apprentissage unique.

Chaque classe dispose d’un patio et d’un petit amphithéâtre. Des “grottes” permettent de se cacher ou de discuter, les élèves peuvent grimper sur les toits de l’école ou se nicher sous les arches du préau aménagées en périphérie de la cour.

media© Robin Leroy

« Il n’y a pas d’architecture sans conséquences.. » disait Jean Renaudie.

Les grands principes de construction doivent ainsi stimuler chez l’enfant “la sensibilité à l’espace et le développement de l’imagination et de la personnalité”.

Étape 8

La Cité du parc

media© Robin Leroy

Livrée en 1983 et conçue par l’Atelier Jean Renaudie, la Cité du parc comprend 147 logements PLA (prêt locatif aidé) et quelques commerces. Elle s’étend de la rue Danielle Casanova jusqu’au parc des Cormailles, à l’ombre de la Cité Maurice Thorez.

media© Robin Leroy

L’ensemble reprend les formes en étoiles caractéristiques de l’architecture de Jean Renaudie dans une conception plus intimiste et vernaculaire.

media© Robin Leroy

Le quartier, à l’image d’un labyrinthe végétal ou d’un petit village, s'organise autour de multiples cheminements piétonniers et placettes.

media© Archives Municipales d’Ivry-sur-Seine

Dans une ambiance pittoresque, des bancs et pergolas, aujourd’hui en partie disparus, offraient des espaces de repos tandis que des jardins se développent en rez-de-chaussée.

media© Archives Municipales d’Ivry-sur-Seine

Les murets en pierres, récupérés sur un chantier, apportent chaleur et authenticité à la rudesse du béton.

Des escaliers hélicoïdaux ponctuent, ça et là, ce dédale urbain.

À la différence des opérations Danielle Casanova et Jeanne Hachette, les façades paraissent plus fermées. Cela est notamment dû aux nouvelles normes thermiques qui imposent de réduire la taille et la variété des fenêtres.

Étape 9

Le Liégat

🔊Écoutez une habitante du Liégat nous parler de son appartement et de son attachement à l'architecture du centre-ville.

mediaVue du Liégat © 9b+

Le Liégat, conçu par Renée Gailhoustet et construit entre 1971 et 1982, est un ensemble de 136 logements et 25 ateliers.

Il présente un caractère remarquable et inédit dans l’architecture du centre-ville. La qualité des espaces intérieurs, les vastes patios plantés et l’imaginaire poétique et intimiste qui s’en dégage en font un lieu particulier.

La Cité du Liégat a été labellisée “Architecture Contemporaine Remarquable” par le Ministère de la culture en 2022.

mediaMaquette des appartements en double hauteur à terrasses-jardins et à patio du Liégat © Renée Gailhoustet,

Cette opération reprend les principes d’échelonnement en gradins développés par Jean Renaudie sous une forme inédite.

media© Fonds Renée Gailhoustet / SIAF / Cité de l’Architecture et du Patrimoine / Archives d’architecture du XXème siècle

Des volumes hexagonaux, superposés et décalés, s’articulent autour de creux formant des terrasses.

mediaVue en chantier du Liégat © Archives Municipales d’Ivry-sur-Seine

“Il y a de nombreuses manières de traiter les terrasses. Il ne s’agit pas d’imposer un modèle, mais au contraire de multiplier les possibilités de choix. Les terrasses de Renaudie sont très ouvertes, projetées sur l’extérieur avec des volumes extrêmement dynamiques. En ce qui me concerne, je cherche souvent à organiser des logements qui se replient autour de leur terrasses, en créant des vis-à-vis entre les différentes pièces d’un même logement, cela accroît l’intimité, le sentiment de protection. La terrasse permet d’échapper à la présence du vide, elle sécurise. “ Renée Gailhoustet, La ville est à nous, Ne pas plier.

media©Robin Leroy

L’ensemble contient de multiples cheminements publics en rez-de-chaussée permettant d'accéder aux différents halls d’entrées. La lumière y pénètre aux travers des évidements de cette colline urbaine, comme dans un sous-bois.

media©Robin Leroy

Les façades mêlent béton brut et panneaux de bois colorés apportant chaleur et gaieté à cet ensemble.

mediaPlan d’un logement du Liégat, Livre Éloge du logement, p. 46 © Renée Gailhoustet

Renée Gailhoustet y poursuit sa quête d’un logement social de qualité. Sur plusieurs niveaux, l’aménagement des appartements contribue à produire des espaces singuliers et surprenants, aux orientations multiples et aux vues inattendues.

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Étape 10

L'ensemble Voltaire

media©Robin Leroy

C’est l’Atelier Jean Renaudie qui réalise la Cité Voltaire, construite entre 1982 et 1985.

L’Atelier Jean Renaudie est créé par Nina Schuch, Serge Renaudie, Hugues Marcucci et Jéronimo Padron-Lopez afin de terminer les projets inachevés à la mort de Jean Renaudie, survenue en 1981.

media©Robin Leroy

Reprenant le même principe formel que le centre Jeanne Hachette et l’ensemble Casanova, l’îlot Voltaire se différencie par des volumétries plus longilignes.

media©Robin Leroy

Perché sur ses portiques bipèdes, l’ensemble s’élance en hauteur. Au rez-de-chaussée, ses galeries couvertes évoquent la nostalgie des villes anciennes, de leurs porches et arcades.

media©Robin Leroy

Les éléments de façades présentent des formes hétéroclites : modules de garde-corps pentagonaux, fenêtres aux formes inhabituelles, verrières triangulaires.

Les nombreux décrochés apportent une diversité poétique à l’ensemble.

media©Robin Leroy

Le programme comprend 132 logements sociaux, des commerces et un parking. A l’origine du projet, l’ensemble Voltaire doit être connecté au centre Jeanne Hachette via une promenée cheminant par le pont suspendu ; mais au lieu de déboucher sur la place, la circulation est finalement détournée sur l’avenue Georges Gosnat. La fluidité des circulations dans le centre-ville s’en trouve alors quelque peu altérée.

Une architecture colorée

mediaEnsemble Voltaire, non daté © Archives Municipales d’Ivry-sur-Seine

Au moment de sa livraison, la Cité Voltaire arbore des façades blanches, beiges, grises, ocres et rouges. Elle forme un ensemble coloré et vivant, bien différent des autres ensembles de logements. Les couleurs se sont estompées aujourd’hui.

La programmation initiale de l'îlot Voltaire, un projet avorté

media© Serge Renaudie, SEMI

La place Voltaire est livrée en 1985, à l’emplacement d’un projet de centre culturel dessiné par Jean Renaudie mais qui n’a jamais abouti. Un théâtre de plein-air, un pont-bibliothèque, un marché couvert et une maison de l’enfance associés aux logements, faisaient partie de la programmation initiale de l'îlot Voltaire.

Le projet du centre culturel est abandonné dans les années 1978 et laisse place à un vaste espace public de 2000 m².

media© Robin Leroy

Étape 11

Les terrasses végétalisées

media© Fonds Renaudie

Livrées avec 30 cm de terre végétale, les terrasses extérieures font partie intégrante de l’architecture du centre-ville. Le jardin normalement réservé aux maisons individuelles est, ici, étendu au logement collectif, ce qui constitue une particularité exceptionnelle pour l’époque.

media© Fonds Renaudie

L’architecte Jean Renaudie laisse le soin aux habitants de personnaliser la construction par le végétal, qui évolue au fil des saisons. En cultivant leurs potagers, et en plantant fleurs et arbustes, les habitants s’approprient en même temps leurs espaces de vie.

media© Fonds Renaudie

Traversées par un réseau de cheminements piétonniers et d'escaliers permettant aux habitants et passants de “marcher sur le dos des maisons”, Les terrasses plantées jouent, de plus, un rôle environnemental devenu, aujourd’hui, essentiel en milieu urbain.

Elles favorisent le développement de la biodiversité en ville, permettent d’infiltrer les eaux de pluies en minimisant les rejets dans le réseau, dépolluent et rafraîchissent l’air ambiant et participent également à l’isolation thermique du bâtiment.

media© Timothée Eisenegger

Les problématiques de sécurité ont eu raison de la conception initiale des espaces extérieurs et l’ajout de portillons interdisent aujourd’hui l’accès libre à certaines terrasses. Les problématiques liées à l’entretien du bâtiment et à la gestion de l’eau ont également suscité des travaux de transformation modifiant l’aspect initial du bâtiment. La terre a été retirée sur les pourtours des terrasses et remplacée par des dalles sur plots.

Étape 12

L’ensemble Marat

media© Robin Leroy

L’ensemble Marat, conçu par Renée Gailhoustet et livré en 1986, est la dernière opération construite dans le cadre de la rénovation du centre-ville d’Ivry-sur-Seine.

Il comprend 142 logements (en location et accession), des parkings, une sortie de métro, une galerie commerciale, un supermarché et différents locaux d'activités.

media© Robin Leroy

Architecture aux formes hybrides, faite d’escaliers, de ponts habités, de porches et d’enchevêtrements, l’ensemble Marat étonne par la diversité de son écriture architecturale.

media© Robin Leroy

Tandis que certaines parties du bâtiment apparaissent comme une imposante architecture rétro-futuriste, certains logements, desservis par la terrasse Jeanne Hachette, s'apparentent à un ensemble pittoresque de maisons accolées le long d’une venelle.

mediaMaquette de la résidence Marat © Archives Municipales d’Ivry-sur-Seine

Cet ensemble est construit dans la continuité du Centre Jeanne Hachette, les promenades et franchissements sont prolongés d’une opération à l'autre de manière à former un ensemble cohérent.

media© Collection Frac Centre-Val-de-Loire, donation Renée Gailhoustet, Photographie François Lauginie

L’ensemble est reconnaissable à ses toitures inclinées s’élançant vers le ciel.

La moitié de ces toitures a été livrée recouverte de terre, afin de donner l’impression que le jardin remonte face aux fenêtres.

media© Robin Leroy

Le manque de financements et certains défauts de construction ont accéléré la dégradation du bâtiment. En 1999, des travaux ont été menés dans la partie locative : isolation extérieure de certaines parties, façades repeintes en gris clair et enlèvement de la terre des terrasses.

Ces modifications ont eu pour effet d’effacer la visibilité du béton et de “minéraliser” l’ensemble, pourtant pensé pour être largement végétalisé. Elles posent alors la question de la reconnaissance et de la préservation des qualités architecturales du projet initial.

media© Collection Frac Centre-Val-de-Loire, donation Renée Gailhoustet

L’opération s’étendant sur un vaste terrain, Renée Gailhoustet privilégie ici le patio aux terrasses, car “il permet de faire entrer profondément la lumière au cœur du logement et d’ouvrir les espaces intérieurs vers le ciel”.

Son architecture répond à une logique structurelle stricte faite de murs porteurs disposés parallèlement les uns aux autres. Cependant les dispositifs architecturaux sont variés et permettent de rendre chaque appartement unique.

mediaVue intérieure d’un appartement © Renée Gailhoustet

Double niveau, patio, jardin d’hiver, baies vitrées inclinées, oriels, duplex, double hauteur, …L’ensemble dispose d’une très grande diversité de typologies de logements présentant une richesse spatiale inédite.

media© Robin Leroy

Dans les logements en copropriété, une restauration des bétons bruts et des menuiseries a été réalisée en 2006, dans le respect du projet d’origine.

Activités annexes

Nous vous proposons de découvrir des lieux d'intérêt situés à proximité de votre itinéraire. Vous pourrez les retrouver sur la carte du parcours qui vous guidera.

Accéder au parcours

Métro


Mairie d'Ivry (ligne 7)