DétourLes CAUE  d'Île-de-France
Détour
3,2km
1h30

Grands ensembles et renouvellement urbain à Vitry-sur-Seine

Vitry-sur-Seine

Urbanisme
Urbanisme

À la découverte de l’histoire de la ville de Vitry-sur- Seine, à travers les projets d’aménagements ambitieux qui ont et vont modeler son paysage urbain.

Parcours conçu par le CAUE du Val-de-Marne avec le soutien de la Direction régionale des affaires culturelles d’Île-de-France.

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Mode de mobilité
À pied
Type de parcours
Promenade

Aperçu du parcours

Étape 1

Place de la Heunière

media© CAUE 94

Cette place carrée, plantée de tilleuls et au caractère pittoresque a relativement peu changé depuis le début du XXᵉ siècle.

mediaAngle de la place de la Heunière et de la rue Audigeois, début du XXᵉ siècle © Service Archives-Documentation Vitry-sur-Seine, 59FI7n3

La place est bordée par trois bâtiments, datant du milieu du XIXᵉ siècle aux typologies différentes : une maison bourgeoise et son extension, un immeuble d’angle de deux étages en briques et, le plus ancien, un bâtiment de trois niveaux avec des combles à la Mansart. Ce bâtiment sur cour possède de larges baies à encadrements et allèges de briques, savamment ordonnancées.

mediaLe pensionnat Gabriel Favrin, au numéro 36 de la rue Audigeois (actuellement Maison de la Vie Associative), 1910 © Service Archives-Documentation Vitry-sur-Seine, 59Fi7n5

Construit dans les années 1830-1850, il est occupé par un pensionnat de jeunes filles puis de jeunes garçons jusqu’à la Première Guerre mondiale.

Il abrite par la suite une fabrique et des logements puis un orphelinat et enfin une maison pour personnes âgées.

Entre 1969 et 1974, le bâtiment est rénové sous la direction de Mario Capra puis de René Sarger et André Frischlander dans le cadre de la rénovation urbaine du centre-ville.

mediaVue du bâtiment aujourd’hui, depuis la place de la Heunière, Aujourd’hui © CAUE 94

La ville acquiert le bâtiment en 1966 et décide d’en faire un équipement à vocation culturelle : d’abord une bibliothèque, puis un foyer regroupant le centre culturel de Vitry et les Écoles artistiques municipales (déplacées en 2005 dans un ancien orphelinat au 71 rue Camille Groult). À nouveau rénové en 2007, le bâtiment abrite aujourd’hui la Maison de la Vie associative.

Étape 1

Place de la Heunière

media© CAUE 94

Cette place carrée, plantée de tilleuls et au caractère pittoresque a relativement peu changé depuis le début du XXᵉ siècle.

mediaAngle de la place de la Heunière et de la rue Audigeois, début du XXᵉ siècle © Service Archives-Documentation Vitry-sur-Seine, 59FI7n3

La place est bordée par trois bâtiments, datant du milieu du XIXᵉ siècle aux typologies différentes : une maison bourgeoise et son extension, un immeuble d’angle de deux étages en briques et, le plus ancien, un bâtiment de trois niveaux avec des combles à la Mansart. Ce bâtiment sur cour possède de larges baies à encadrements et allèges de briques, savamment ordonnancées.

mediaLe pensionnat Gabriel Favrin, au numéro 36 de la rue Audigeois (actuellement Maison de la Vie Associative), 1910 © Service Archives-Documentation Vitry-sur-Seine, 59Fi7n5

Construit dans les années 1830-1850, il est occupé par un pensionnat de jeunes filles puis de jeunes garçons jusqu’à la Première Guerre mondiale.

Il abrite par la suite une fabrique et des logements puis un orphelinat et enfin une maison pour personnes âgées.

Entre 1969 et 1974, le bâtiment est rénové sous la direction de Mario Capra puis de René Sarger et André Frischlander dans le cadre de la rénovation urbaine du centre-ville.

mediaVue du bâtiment aujourd’hui, depuis la place de la Heunière, Aujourd’hui © CAUE 94

La ville acquiert le bâtiment en 1966 et décide d’en faire un équipement à vocation culturelle : d’abord une bibliothèque, puis un foyer regroupant le centre culturel de Vitry et les Écoles artistiques municipales (déplacées en 2005 dans un ancien orphelinat au 71 rue Camille Groult). À nouveau rénové en 2007, le bâtiment abrite aujourd’hui la Maison de la Vie associative.

Étape 2

Séquence Urbaine

media© CAUE 94

La rue Germain Defresne, donne à voir quelques vestiges de l’ancien bourg de Vitry-sur-Seine.

media© CAUE 94

Aux numéros 44 et 46 : deux maisons, typiques de la fin du XIXᵉ début XXᵉ siècle conservent les caractéristiques du bâti de cette période avec notamment leur maçonnerie en meulières et briques apparentes et leur implantation en recul.

media© CAUE 94

Au numéro 42 : un petit hôtel particulier, également de la fin du XIXᵉ siècle, dont la façade a été très remaniée avec un enduit ciment. Ces maisons étaient souvent dotées d’un parc incarnant à l’époque le confort moderne. La densification à souvent réduit les parcelles de ces habitations.

mediaAncienne mairie, Place Saint-Aubin, rue de la Barre (actuellement avenue Youri Gagarine). Présence d’un tram de la ligne Châtelet-Vitry, 1908 © Service Archives-Documentation Vitry-sur-Seine, 59FI N°6

Ce n’est qu’à la fin du XIXᵉ siècle que le quartier du centre commence à se développer, notamment grâce au renforcement des liaisons vers Paris. Ainsi, en 1878, une ligne d’omnibus sur rails est mise en service, favorisant l’extension de l’habitat et l’installation d’usines le long de la route de Choisy. Cette liaison est renforcée en 1904, lorsque la ligne de tramway Concorde-Gare de Vitry est prolongée jusqu’à la place de l’église.

Découvrez l’évolution du quartier en photographies aériennes :

mediaRue germain Deferesne, carte IGNF, 1925

De nouveaux quartiers résidentiels apparaissent dans ce territoire encore essentiellement agricole.

mediaRue germain Deferesne, carte IGNF, 1956

mediaRue germain Deferesne, carte IGNF, 2018

Cette séquence urbaine est aujourd’hui un des seuls héritages de la première vague d’urbanisation qu’a connue Vitry-sur-Seine et de l’engouement pavillonnaire en région parisienne durant l’entre-deux-guerres.

L’ancien centre très vétuste qui l’entourait, ne put quant à lui résister aux assauts de la rénovation entreprise en 1960 avec l’édification des « grands ensembles », lors de la seconde vague d’urbanisation.

Étape 3

Église Saint-Germain

media© CAUE 94

Au Moyen-Âge, le petit village de Vitry se développe principalement autour de ses deux églises, situées non loin l’une de l’autre : Saint-Gervais-et-Saint-Protais et Saint-Germain. Ce cœur historique, au bâti ancien et vétuste, va être entièrement transformé dans les années soixante, au profit d’un centre-ville moderne et dense.

mediaVue panoramique de la ville prise du Coteau, vers 1900 ©Service Archives-Documentation Vitry-sur-Seine, 41 Fi (R) 1 n.4

En 1462, Vitry compte environ 200 habitants. Le village est environné de champs, de vignes et de vergers cultivés sur des terres appartenant à quelques seigneurs et ordres religieux. En 1710, François Paparel, trésorier des guerres de Louis XIV, fait construire un château non loin des églises (sur l’îlot de l’actuelle place Jean Martin).

La Révolution française met fin au système féodal et rattache la paroisse Saint-Gervais-et-Saint-Protais à Saint-Germain.

La première église est démolie en 1797, seule subsiste celle consacrée à Saint-Germain.

mediaVue du château et de l’église Saint-Germain à partir de l’avenue Dubois (actuelle avenue Danielle Casanova, début XXe siècle © Service Archives-Documentation Vitry-sur-Seine, 53 Fi (R) 1 n.3

Église remarquable d’Île-de-France, l’église Saint-Germain est construite entre les XIIème et XIVème siècles. L’édifice a été classé Monument historique en 1862. Édifiée durant 130 ans, l’église Saint-Germain présente différents styles architecturaux : fin du roman pour le clocher d’origine, gothique pour la construction des vaisseaux actuels caractérisé par une partie voutée à l’intérieur de la chapelle, gothique rayonnant pour le chœur et néo-gothique pour l’orgue construit par les frères Stoltz en 1878.

mediaVue d’ensemble de l’église Saint-Germain © Service Archives-Documentation Vitry-sur-Seine, 41 Fi (R) 1 n.18

La charpente apparente de la nef, partie centrale de la chapelle où se rassemblent les fidèles, a été réalisée par les ouvriers employés sur le chantier de Notre-Dame de Paris, d’où les similitudes des têtes de colonne appelées chapiteaux.

À l’intérieur, les chapiteaux sont ornés de sculptures gothiques. Ce sont essentiellement des motifs floraux, particulièrement utilisés en Île-de-France, entre les XIIᵉ et XIVᵉ siècles.

mediaVue intérieure de l’église Saint Germain, Début XXe siècle © Archives départementales du Val-de-Marne, 51Fi1n20

Le plan présente, le déambulatoire, une galerie qui dessert 5 chapelles rayonnantes. Cette partie termine le chœur de la chapelle qui est l’espace dédié à l’autel permettant de célébrer la messe.

mediaPlan schématique de l’église Saint-Germain, non daté © Société d’histoire de Vitry-sur-Seine

La nef partie centrale de l’église est comprise entre les murs latéraux. La nef transversale coupe à angle droit la nef principale nommé transept. La croisée du transept centrale qui est l’intersection entre le transept et la nef est la partie la plus ancienne de l’église datant du XIIème siècle participe à la solidité de l’église et forme symboliquement une croix latine.

mediaVue du clocher de l’Église Saint Germain © Service Archives-Documentation Vitry-sur-Seine, 1Fi1059

Le clocher qui est une tour élégante de quatre niveaux dont la partie inférieure est voûtée, culmine à 36 mètres.

Il a été restauré à maintes reprises. Endommagé par la foudre, il a dû être reconstruit en 1432, puis entièrement démoli et rebâti en 1857 car il menaçait de s’effondrer. La tempête de 1999 décapite le haut d’un des quatre pyramidions du sommet du clocher.

mediaVue intérieure de l’église Saint Germain, Début XXe siècle © Service Archives-Documentation Vitry-sur-Seine, 51Fi1

D’autres travaux sont entrepris dans les années 1970, la réfection de l’intérieur de l’église consiste à effacer les traces du XVIIIème siècle, afin de retrouver son architecture médiévale.

À la fin du XXᵉ siècle, de nombreuses pierres et sculptures sont à nouveau dégradées par la pollution. De nombreux travaux sont entrepris entre 2010 et 2015

Étape 4

Logement HBM

mediaLogement HBM Ambroise Croizat, 2022 © CAUE 94

Au XXᵉ siècle, les familles vitriotes sont logées dans des logements parfois précaires et bâtis dans un contexte d’urbanisation anarchique. La période de l’entre-deux guerres permet le développement de la construction de pavillons et de logements sociaux. Apparaissent ainsi les premières habitations collectives et les premiers HBM (Habitations à bon marché) comme la Cité Désiré Granet ou encore la Cité du Moulin Vert.

mediaVue extérieure d'immeubles de la cité-jardin, situés rue Maurice Coquelin (1er plan) et rue Frédéric Mistral (2nd plan), reproduction 1960 © Service Archives-Documentation Vitry-sur-Seine, 67Fi2n3

C’est l’OPHDS (Office Public d’Habitation à bon marché du Département de la Seine) qui fait édifier ces immeubles au début des années 1930, sur la base de plans établis en 1927 par les architectes Paul Pelletier et Arthur Teisseire.

Les bâtiments, de 5 étages et d’une densité importante, sont implantés sur les limites d’une parcelle irrégulière.

mediaPhotographie des immeubles HBM Ambroise Croizat, 1993 © Service Archives-Documentation Vitry-sur-Seine, 27Fi15n147

Le HBM est une réponse architecturale du mouvement hygiéniste contre l’insalubrité régnant à cette époque.

L’ensoleillement et la ventilation des logements sont optimisés. Les cours intérieures sont agrandies permettant d’espacer les bâtiments les uns des autres. Les architectes enrichissent les façades de plus grandes fenêtres et de bow-windows, éléments en saillies des façades accueillant les entrées et des fenêtres jumelées permettant d’optimiser l’éclairage naturel dans le logement.

mediaLes façades du HBM, 2022 © CAUE 94

Le traitement soigné des ouvertures et les éléments décoratifs reprennent sobrement le style Art Déco apparu dans les années 1920. Ce style se caractérise par des lignes géométriques, et des angles coupés ou arrondis et une simplification des formes.

mediaEntrée de l’immeuble, 2022 © CAUE 94

Étape 5

Groupe scolaire Jean Moulin

media© CAUE 94

Ce groupe scolaire dessiné par Mario Capra est construit en 1972 dans le cadre du “Grand Ensemble” de Vitry-sur-Seine.

media© Service Archives-Documentation Vitry-sur-Seine, 25Fi15n15,

La particularité de son architecture réside dans l'utilisation de panneaux préfabriqués en béton.

A la fin de la seconde guerre mondiale, cette technique rapide et bon marché permet de répondre au besoin massif de construction de logements et d’équipements.

mediaLivraison de module préfabriqué © Service Archives-Documentation Vitry-sur-Seine, 25Fi15n6,

Ce procédé, par la suite décrié pour son aspect sériel et monotone, présente néanmoins une certaine originalité et pérennité puisque les façades sont aujourd’hui encore en très bon état.

mediaDétail de façade du groupe scolaire © Service Archives-Documentation Vitry-sur-Seine, 25Fi15n23

Zoom sur l’architecte du grand ensemble de Vitry :

mediaMario Capra, non daté © Service Archives-Documentation Vitry-sur-Seine, 27 FI 20 n.1

Né le 19 décembre 1924 en Italie, Mario Capra décède le 9 mars 1971, à l’âge de 47 ans.

Il a étudié à l’Institut Technique de Milan puis arrive en France avec sa famille qui fuit le fascisme.

Il travaille dans la construction avec son père, ouvrier-plâtrier, puis entame des études d’architecture en 1949 à l’École Nationale des Beaux-Arts de Paris dans l’atelier d’André Leconte. Il obtient son diplôme d’architecte en 1953.

mediaExposition d'urbanisme de la SEMISE, Oscar Niemeyer architecte, Mario Capra architecte et Georges Gosnat député ,1969-1970 © Service Archives-Documentation Vitry-sur-Seine, HAD n.34 1971

Mario Capra était en relation avec le cercle des architectes communistes militants, dont Oscar Niemeyer, célèbre architecte brésilien du mouvement moderne, faisait partie. Ces derniers se sont imposés dès 1950 et ont participé à la réalisation de nouveaux logements et équipements publics de la région parisienne.

mediaPlace Publique du Grand Ensemble Mario Capra, non daté © Service Archives-Documentation Vitry-sur-Seine, 27 Fi 21 n.8

On peut facilement supposer que c’est par le biais de son engagement au sein du Parti communiste, que Mario Capra est sollicité en 1957, peut-être même dès 1956 pour participer, en collaboration avec le Service d’Architecture de la ville de Vitry-sur-Seine et l’Office Public d’HLM, aux études visant à déterminer les besoins de la ville en matière de Services Publics, notamment pour le Programme de Centre administratif.

mediaMarcel Rosette, Mario Capra et Georges Gosnat, lors de la pose de la première pierre de l’opération Rénovation urbaine, 1967 © Service Archives-Documentation Vitry-sur-Seine, 27 FI 15 n.2

Mario Capra devient ensuite l’architecte des opérations concernant le Grand ensemble et la rénovation urbaine. À partir de 1960, il est accompagné, pour le projet de la ZUP (Zone à Urbaniser en Priorité), par l’architecte urbaniste André Remondet, premier grand prix de Rome et qui intervient en tant qu’architecte conseil.

Étape 6

Le "Grand ensemble"

mediaLa dalle Robespierre, 2022 © CAUE 94

« Le Grand Ensemble » de Vitry (Est et Ouest) voit le jour dès 1958. Il est complété par les dispositifs mis en place par l’État dans le cadre de la création de zones à urbaniser en priorité (ZUP) ainsi qu’une opération de rénovation urbaine du centre-ville qui conduira à la démolition d’une grande partie du centre ancien et à la construction de la dalle Robespierre, dans les années 1970.

Le contexte de construction des « grands ensembles »

Construits entre 1950 et 1970, les « grands ensembles » s’inspirent des préceptes de la Charte d’Athènes. Ce manifeste du mouvement moderne prône un urbanisme fonctionnel qui sépare les différentes fonctions: l'habitat, les loisirs, le travail et les circulations. Les logements, majoritairement constituée de barres et de tours disposées au milieu d’espaces libres, peuvent être disposés en hauteur, sur dalle, afin de libérer le sol et ainsi différencier la circulation piétonne et automobile.

mediaHabitats précaires dans le centre-ville de Vitry, année 1960 © Service Archives-Documentation Vitry-sur-Seine, 27 Fi 16 n.61

Après la seconde guerre mondiale, La France subit une crise du logement sans précédent. De nombreuses constructions ont été détruites et le patrimoine bâti ancien, offre peu de confort. Vitry est également confrontée à cette crise du logement. Pour y faire face, la municipalité décide d’amorcer la rénovation du centre vieillissant et la construction d’un grand nombre de logements pour une population aux revenus limités.

mediaDémolition du centre-ville de Vitry-sur-Seine, vers 1960 © Service Archives-Documentation Vitry-sur-Seine, 27 Fi 15 n.91

L’habitat ancien est démoli, les rues étroites sont supprimées et 1 700 nouveaux logements sont construits.

mediaVue d’ensemble, 1969 © Service Archives-Documentation Vitry-sur-Seine, 27 Fi 1 n.5

L’objectif est de construire vite et en grand nombre.

Les constructions prennent de la hauteur. Le « Grand Ensemble » apparaît être la réponse pour moderniser la ville et donner accès à tous au confort et à l’hygiène.

mediaPlan masse, Mario Capra, 1959 © Service Archives-Documentation Vitry-sur-Seine

Largement décriés par la suite, les grands ensembles ont cependant permis aux population les plus modestes, (vivant dans les habitats insalubres, rapatriés ou encore main d’œuvre des grandes industries), un très large accès au confort moderne (eau courante, chauffage central, sanitaires, ascenseur, etc.)`

mediaPrésentation du Grand Ensemble Est, février 1969 © Service Archives-Documentation Vitry-sur-Seine, HAD, n°16, février 1969

La municipalité de Vitry-sur-Seine s’implique pleinement dans cet effort de construction pour résoudre le problème du mal logement. Une vaste opération de création de logements sera ainsi projetée le long de la RN 305 sur près de 100 hectares.

mediaConstruction des immeubles de la dalle Robespierre, 1972 © Service Archives-Documentation Vitry-sur-Seine, 1FI1066

Les deux tours les plus emblématiques dites de « La Petite Faucille », de 15 et 26 étages, sont achevées en 1978. Le projet d’origine de ces deux tours est signé Mario Capra. Devant les balcons sont disposés des croisillons métalliques donnant un caractère original et typique des années 1970 à ces hauts édifices.

mediaImmeuble de la dalle Robespierre en construction de la dalle Robespierre et des tours, 1974-1978 © Service Archives-Documentation Vitry-sur-Seine, 27Fi15n207

Suite au décès de Mario Capra en 1971, l’atelier d’architecture CARSAF reprend le projet et modifie légèrement les plans. Pour cause de problèmes financiers, ils suppriment notamment les balcons et les croisillons jusqu’au cinquième et aux deux derniers étages. Les appartements, de 2 à 5 pièces, comptent parmi les logements les plus vastes.

Témoignage d’une certaine prouesse technique pour l’époque, la « Tour Robespierre », est d’une hauteur inégalée dans le centre-ville. Elle culmine à une hauteur d’environ 80 mètres, ce qui la définit comme un IGH (Immeuble de Grande Hauteur) c’est à dire de plus de 50 mètres de haut et régit par des normes de sécurité spécifiques.

Étape 7

La dalle Robespierre

mediaVue aérienne montrant l’emplacement de la future dalle Robespierre occupée par des maisons individuelles et l’emplacement de la future mairie sur un vaste terrain vide, 1961 © Service Archives-Documentation Vitry-sur-Seine, ETU 011

La dalle occupe une surface de 25 000 m² de plain-pied et dessert 633 logements.

Caractéristique de l’urbanisme d’après-guerre, le projet consiste à créer un sol artificiel et à séparer les différentes fonctions : habitat, commerce, circulation, etc. La dalle, réservée uniquement aux piétons, est fermée à la circulation automobile.

À l’origine, cette dalle a pour vocation de relier la RN 305 et la rue Audigeois, menant à l’ancien centre-ville par un escalator, aujourd’hui disparu, qui constituait un des accès à la dalle en plus des escaliers.

mediaMaquette de la dalle Robespierre, pour l’exposition d’urbanisme 1969-1970 © Service Archives-Documentation Vitry-sur-Seine, 27 Fi 21 n.61

L’ensemble comprend des logements, des bureaux, un centre commercial, une cafétéria, une salle polyvalente et un parking souterrain.

Construits entre 1974 et 1978 les immeubles comprennent 8 à 15 étages.

Le projet de coloration des immeubles de la dalle

mediaMaquettes présentant le projet de la dalle en couleur de Biagio Pancino, dessiné par Mario Capra, 1968 © SEMISE, Dossier Polychromie

L’ensemble des immeubles de la dalle prend dans le langage des Vitriots, le nom de « Perroquets » en raison des couleurs vives des façades (violet, orange, vert, jaune, etc.). La commande est passée à l’artiste peintre et sculpteur Biagio Pancino, au titre du 1% artistique de l’opération.

mediaConstruction de la dalle Robespierre, non daté © Service Archives-Documentation Vitry-sur-Seine, 27 Fi 15 203

Il travaille en collaboration avec l’architecte de l’ensemble Mario Capra qui apprécie son travail et le soutient face aux critiques d’autres peintres chargés d’intervenir pour réaliser des fresques sur la dalle.

Peu de photos subsistent de l’état initial de ces immeubles, seules des photos de maquettes, réalisées au début des années 1970, nous permettent de visualiser l'ampleur et l’originalité du projet d'origine.

mediaMaquettes présentant le projet de la dalle en couleur de Biagio Pancino, dessiné par Mario Capra, 1968 © SEMISE, Dossier Polychromie

mediaTravaux de réhabilitation de la Petite Faucille, 1980-1990 © SEMISE

Dans les années 1980 puis 1990, la réhabilitation et l’isolation thermique des bâtiments a malheureusement fait disparaître les couleurs de ces bâtiments.

mediaLa dalle Robespierre, 2022 ©CAUE94

Étape 8

Les 3 Cinés

media© CAUE 94

Le 3 Cinés Robespierre ouvre ses portes en 1982 le long de l’avenue Maximilien Robespierre.

mediaDalle Robespierre, cafétaria, 27 Fi 15 n.215, SAD Vitry © Service Archives-Documentation Vitry-sur-Seine, 27 Fi 15 n.215

Un centre commercial et une cafétéria agrémentent également cet espace appelé le « Bunker » par les habitants, en raison de son aspect très fermé et minéral

Le programme d’origine permet néanmoins une vie de quartier de 1977 à 1982.

mediaLe cinéma « 3 Cinés Robespierre », vers 1982 © SEMISE

Il est détruit en 2005, libérant plus de 2 200 m² de surface sur la dalle avec la volonté de rénover le bâti.

mediaLe « Bunker » avant destruction, en 2005 © SEMISE

mediaLe « Bunker » après sa destruction, en 2005 © SEMISE

Dans les années à venir la municipalité souhaite redonner à Vitry une vraie centralité en requalifiant la dalle Robespierre. le cinéma « 3 Cinés Robsepierre » sera reconstruit à proximité avec toutes les activités liées à l’animation d’un quartier : cafés, restaurants, etc....

Étape 9

L’ancienne Mairie

mediaAncienne mairie, 2022 © CAUE 94

Ce bâtiment de la deuxième moitié du XVIIᵉ siècle est intimement lié à l’histoire de la ville. Ancienne maison de maître, il est acquis en 1856 par la municipalité pour y installer la mairie. L’édifice fut profondément modifié en 1886 et au début des années 1920, par l’architecte communal Jules Claude, afin de répondre à cette nouvelle affectation.

mediaFaçade principale de l’ancienne mairie, fin XIXe début XXᵉ © Service Archives-Documentation Vitry-sur-Seine, 2Fi43

Jusqu’au milieu du XXᵉ siècle, le bâtiment est entouré d’un jardin. Avec la modification de la voirie engendrée par le projet du Grand Ensemble et l’élargissement de la RN 305, son environnement est complètement bouleversé. En 1986, l’ancienne mairie est déplacée de 19 mètres pour permettre l’élargissement de la nationale.

mediaDéplacement de l'ancienne mairie, non daté © SEMISE

Aujourd’hui elle accueille la Maison de la jeunesse.

Étape 10

Le théâtre Jean Vilar

media© CAUE 94

Le théâtre Jean Vilar voit le jour en 1972.

Confié à l’architecte Pierre Braslavsky et au scénographe Bernard Guillaumot, ce projet a été mené en étroite collaboration avec le premier adjoint à la culture de l’époque, Jean Collet.

La Ville avait la volonté de créer un espace polyvalent, pouvant proposer des expositions, spectacles ou encore des colloques.

mediaEntrée du théâtre, 1972 © Service Archives-Documentation Vitry-sur-Seine, 29Fi2n6

L’idée était de s’inspirer du studio-théâtre de Vitry fondé par Jacques Lasalle pour offrir aux habitants un lieu dédié aux arts vivants, très présents dans la municipalité, mais jusqu’alors accueillis dans les gymnases et les écoles de la commune.

L’emplacement, proche de l’Hôtel de ville, donnait également l’occasion de dynamiser le centre-ville et l’esplanade, qui jouxte le théâtre, celle de favoriser les rassemblements.

mediaExtrait du bulletin municipal, n°32 décembre 1970 © Service Archives-Documentation Vitry-sur-Seine, n°32

Pierre Braslavsky et Bernard Guillaumot conçoivent le théâtre comme un espace entièrement modulable : le hall d’accueil complètement ouvert sur l’esplanade permettait de prolonger les animations vers l’extérieur.

La salle de spectacle pouvait être aménagée de différentes façons à l’aide de panneaux mobiles. Ces derniers permettaient également de modifier les caractéristiques acoustiques de la salle mais aussi de jouer avec l’espace architectural en fonction des besoins.

mediaPlan général de la salle polyvalente - Livret de présentation du Théâtre Jean Vilar édité par la Ville, 1972 © Service Archives-Documentation Vitry-sur-Seine

En 1997, des travaux d’extension sont lancés et confiés à l’architecte Jean-Christophe Tougeron.

Comme le projet initial de Pierre Braslavsky, l’extension propose une grande polyvalence des espaces intérieurs avec la création d’une nouvelle salle permettant de diversifier les scénarios d’utilisation. Elle peut servir de salle de répétition, ou se déployer en prolongement de l’entrée en version cabaret, ou encore servir de scène à la grande salle dont la capacité peut alors être augmentée (jusqu’à 1 400 personnes). Un système de panneaux mobiles permet de retrouver la configuration initiale.

mediaPlan de l'extension du théâtre, rez-de-chaussée, Partie transformées et ou agrandies coloré © Service Archives-Documentation Vitry-sur-Seine,Droit des sols

L’extension présente une façade plus linéaire et mieux identifiée au cœur du grand îlot de logements. Le béton blanc est employé en façade et à l’intérieur.

Le nouveau théâtre ouvre en 1998, après un an de travaux.

mediaNouvelle façade du théâtre, non daté © Service Archives-Documentation Vitry-sur-Seine, 189A3814

Étape 11

La cité de l’espace

media© CAUE94

La résidence de l’Espace, de taille plus modeste que les autres programmes du “Grand ensemble” construite dans le périmètre de la ZUP (Zone à urbaniser en priorité) est réalisée par les architectes Georges Massé, Pierre Bigot et Fernand Roy en 1965.

mediaCité de l’Espace, 1972 © Service Archives-Documentation Vitry-sur-Seine, 1Fi1057

La Cité de l’Espace est un bon exemple de ce que Mario Capra propose dans son plan masse directeur.

En effet, le projet d’aménagement de la ville de Vitry, publié par Mario Capra en 1965, prévoyait le long de la RN 305, des « placettes, bassins, massifs de fleurs, tapis de circulation, plantation, jeux ». Implantés entre la voie de circulation automobile et les bâtiments construits en retrait, ces aménagements devaient permettre de créer une « atmosphère diversifiée et agréable ».

mediaPlan masse de la Cité de l’espace, non daté © Service Archives-Documentation Vitry-sur-Seine

Seulement quelques fragments de ces propositions initiales ont été finalement retenus.

La majeure partie des surfaces situées devant les immeubles sont par ailleurs aujourd’hui clôturées et ne permettent pas d'accueillir les activités initialement prévues.

mediaBrochure de présentation de la cité Dalou par la SEMISE et le Ministère de la Construction (159 logements) © Service Archives-Documentation Vitry-sur-Seine, NC 730

Malgré ces modifications, l’implantation des immeubles, avec des tours près de la nationale et des barres en retrait, crée des espaces plantés intéressants relativement protégés de la nationale et démontre la qualité de certaines propositions du plan d’aménagement initial.

mediaLes espaces plantés de la Cité de l’espace, 2022 © CAUE94

Comme pour les autres Bâtiments du “Grand ensemble”, la cité de l’Espace est conçue en béton préfabriqué avec le procédé « Foulquier » qui consiste à assembler des panneaux de façade et des cloisons en béton préfabriqués. Les plans des étages des logements sont de ce fait similaires. Néanmoins le travail soigné sur les parements revêtus de mosaïques, les dispositions des loggias et les entrées des immeubles contribuent à la qualité du bâti.

mediaFaçade de la Cité de l’espace, 2022 © CAUE94

Étape 12

Le Clos Langlois

media© CAUE 94

Conçu dès 1958, Le Clos Langlois est la première réalisation de l’architecte Mario Capra, dans le cadre de la rénovation urbaine de Vitry-sur-Seine.

mediaClos Langlois, 1980 © Service Archives-Documentation Vitry-sur-Seine

Les bâtiments, conçus sous forme de barres, sont composés de centaines d’appartements, dont les plans, répétitifs, permettent une rapidité d’exécution.

Lumineux et spacieux, les appartements sont équipés de tout le confort moderne (chauffage central, eau courante, sanitaires, ascenseur, etc.), ce qui constitue un grand progrès pour l’époque.

mediaExtrait d’un plan d’étage du Clos Langlois avec trois appartements © Techniques et architecture, n°4, 1961, 21e série, p.118

À Vitry, les procédés de construction les plus utilisés sont le procédé « Foulquier » qui consiste à utiliser des panneaux de façade et des cloisons préfabriqués en béton ou encore le système de préfabrication de la « Porte des Lilas », qui se compose d’une ossature en acier et de planchers en béton.

Le Clos Langlois est la première réalisation pour laquelle le procédé dit « Porte des Lilas » a été employé.

mediaProcédé constructif « Porte des Lilas », brevets Lefaure – Quillery – Schmid © CNAM, Ensembles urbains, 1940-1977. Les ressorts de l’innovation constructive, 2009 p. 99

mediaClos Langlois, espaces extérieurs, années 1960 © Service Archives-Documentation Vitry-sur-Seine

La variété colorimétrique des façades sur rue, qui décorait notamment des commerces aujourd'hui disparus, rompt quelque peu la rigueur de l'écriture architecturale.

mediaClos Langlois, espaces extérieurs, 2022 © CAUE 94

La façade arrière est animée par des balcons, aujourd’hui fermés par des baies vitrées suite à la réhabilitation des trois immeubles entre 1997 et 1999 par l’atelier d’architecture Annie Brigitte et Louis Soria.

Étape 13

L’hôtel de ville

media© CAUE 94

La première pierre de l’hôtel de ville est posée le 28 mai 1983 et l’inauguration a lieu le 30 novembre 1985.

Le bâtiment, qui rompt totalement avec l’architecture du Grand Ensemble et fait preuve d’une certaine originalité, s’impose par sa structure en béton hexagonal recouverte de briques rouges et d’une toiture en zinc qui domine.

mediaChantier de construction de l’hôtel de Ville, 1984 © Service Archives-Documentation Vitry-sur-Seine,87 Fi 1 n.2

La contrainte parcellaire imposant un pan coupé au bâtiment à l’angle des rues donne naissance aux formes hexagonales du bâtiment. C’est la raison pour laquelle les formes deviennent le fil conducteur du projet. Déclinaison qui peut être observé à l’intérieur comme à l’extérieur du bâtiment.

L’architecte a également travaillé avec l’artiste Valério Adami pour dessiner les vitraux colorés de l’hôtel de ville et faire de ce lieu un espace baigné de couleurs qui symbolise la politique culturelle de la ville.

media© CAUE 94

Les dessous du projet de conception de l’Hôtel de ville :

L’histoire de la construction de l’hôtel de ville a connu de nombreux rebondissements.

Un premier projet, confié dans les années 50 à l'architecte Francis Bonneric puis à l'ingénieur Lucien Metrich est abandonné en raison de nombreuses difficultés administratives (délais, programmation...)

mediaEmplacement du futur hôtel de Ville, terrain vide, non daté © Service Archives-Documentation Vitry-sur-Seine, 4 Fi 612

La municipalité fait ensuite appel à l’ingénieur Lucien Metrich et l’architecte Mario Capra pour l'élaboration d'un second projet, plus ambitieux, et regroupant plusieurs équipements administratifs. C'est à cette occasion que la municipalité collabore avec Mario Capra, qui deviendra par la suite l’architecte en chef du Grand Ensemble de Vitry-sur-Seine.

mediaProjet de l’hôtel de ville de Mario Capra présenté sous forme de maquette lors de la rénovation du centre ville, 1965 © Service Archives-Documentation Vitry-sur-Seine, 27 Fi n.1

Mario Capra imagine alors un imposant centre administratif. composés d’un hôtel des postes, d’un centre commercial, d’une salle des fêtes, d’une caserne des sapeurs-pompiers, d’une gendarmerie, d’un centre de Sécurité sociale, de bureau pour les Ponts et Chaussées et l’OPHLM de Vitry.

mediaSchéma d'aménagement des alentours de l'hôtel de Ville, 1969 © Service Archives-Documentation Vitry-sur-Seine, HAD n.28, mai 1970

Cet aménagement prévoit une grande place publique sur dalle surplombant la RN 305, et assurant la liaison entre les ensembles Est, Ouest et le centre ancien. Ce projet ambitieux, présenté en 1969, ne sera finalement pas réalisé en raison de son coût trop élevé et du décès de Mario Capra en 1971.

mediaMaquette du projet de l’hôtel de ville de Mario Capra, exposition avril 1969 © Service Archives-Documentation Vitry-sur-Seine,27 Fi 21 n.18

En 1974, la mairie valide un nouveau projet, porté par le cabinet d’architecture CARSAF. Il s’agit d’un bâtiment en métal et en verre teinté, s’élevant sur 5 niveaux. Des raisons financières entraîneront son abandon en 1978 et c’est finalement à un autre architecte, François Girard, que sera confiée la construction de l’hôtel de ville actuel.

mediaMaquette du projet d'hôtel de ville de l’atelier d’architecture CARSAF, non daté © Service Archives-Documentation Vitry-sur-Seine, 400 W 160, 1 Fi 44

Étape 14

Le NPNRU

Découvrez le Nouveau Programme du Renouvellement Urbain de Vitry-sur-Seine présenté par Nicolas Ermisse en 2022. © Prise de son et réalisation : Noémi Quesnay, habillage musical : Taïssia Froidure

mediaLa dalle Robespierre, 2020 © CAUE 94

Les objectifs du projet de Grand Ensemble n’ont pas tous été atteints. Bien souvent décriées, ces constructions ont toutefois permis de répondre aux besoins croissants de logements et ont contribué au développement d'un style architectural et de techniques de construction. Autant d'éléments qui ont favorisé l'extension et l'essor des villes.

mediaLe périmètre du NPNRU et les quartiers concernés, mars 2018 © COBE, document de synthèse du NPNRU

L’enjeu du renouvellement urbain aujourd’hui est donc de répondre aux nouveaux besoins des habitants.

Vitry-sur-Seine fait partie du nouveau programme national de renouvellement urbain (NPNRU) soutenu et financé par l’ANRU (Agence nationale pour la rénovation urbaine) permettant à certains secteurs de la ville, notamment le centre-ville, d’être désignés quartiers à enjeux pour une rénovation visant à améliorer le cadre de vie des habitants.

Les secteurs concernés par ce renouvellement urbain sont : le centre-ville avec la dalle Robespierre et les quartiers de Fresnes, le square de l’horloge et le 8 mai 1945.

mediaLe périmètre du NPNRU et les premiers scénarios de projet, octobre 2017 © COBE, document de synthèse du NPNRU, bureau municipal

Les objectifs du nouveau programme national de renouvellement urbain (NPNRU) sont :

- Favoriser le développement économique et améliorer l’accès à l’emploi,

- Améliorer la qualité de l’habitat et répondre à la diversité des besoins,

- Conforter les lieux de vie dans les quartiers,

- Favoriser les déplacements et les cheminements inter-quartiers.

mediaTramway de Vitry-sur-Seine, 2022 © CAUE 94

Aujourd’hui, la municipalité, désireuse de redonner à Vitry une vraie centralité grâce à la requalification de la dalle Robespierre, se félicite de l’arrivée du tramway et prochainement de la ligne 15 du Grand Paris express. Ces projets devraient permettre de créer un cœur de ville répondant aux enjeux actuels et futurs.

Étape 15

L’art dans la ville

mediaGuerrier Bantu, Kouka Ntadi sur Immeuble Barbusse, non daté © CAUE 94

L’art dans l’espace public fait partie de l’identité de Vitry-sur-Seine depuis le début des années 1960. La ville est marquée par une activité artistique fructueuse. Aujourd’hui, la collection d’art dans l’espace public comprend 130 œuvres, dont une grande partie se trouve dans le périmètre du NPNRU (Nouveau Programme National pour la Rénovation Urbaine).

mediaOeuvre intitulée Horloge Biologique, réalisée dans le cadre du 1% culturel par Pierre Szekely, au square de l’Horloge (situé entre les rues Henri Vilmorin et Germain Defresne), 1998 © Service Archives-Documentation Vitry-sur-Seine, 4Fi5124n4

Le 18 mai 1951, un dispositif communément nommé le « 1% artistique » voit le jour. La formule est simple : 1% du coût total de toute opération publique d’architecture et d’urbanisme doit être destiné à la réalisation d’une ou plusieurs œuvres d’art contemporaines. Elle vise donc à promouvoir le rôle de mécène de l’État et à mettre l’art à la portée du grand public.

Les opérations de construction du Grand Ensemble et dans le secteur de rénovation urbaine ont été l’occasion de mener à bien cette politique du 1% artistique.

mediaL'art en ville, 1976 ©Service Archives-Documentation Vitry-sur-Seine, HAD, n°64, p.24 mars 1976

La première œuvre intégrée à une réalisation architecturale est celle de Balthazar Lobo en 1962, L’enfant qui marche, située dans l’école maternelle Eva Salmon construite par Boris Guimpel.

Les œuvres produites sont très diverses : sculptures, mosaïques, peintures murales, vitraux, reliefs, panneaux, collages... Une des plus connues est sans nul doute la sculpture de Jean Dubuffet, la Chaufferie avec cheminée (1970-1996) située sur le rond-point faisant face au MAC VAL.

mediaLa Chaufferie avec cheminée, Jean Dubuffet, 1970-1996 © CAUE 94

Les œuvres du 1 % artistique sont aussi le témoignage de la collaboration entre architectes et artistes. C’est le cas de la dalle Robespierre où l’artiste peintre et sculpteur Biagio Pancino a étroitement travaillé avec l’architecte Mario Capra. Certaines façades ont été ornées de fresques, de mosaïques et des sculptures ont été installées sur la dalle.

mediaProjet de la petite Faucille dessiné par Capra, novembre 1968 © Permis de construire, Archives du service Urbanisme de Vitry-sur-Seine

Hormis ces commandes publiques, l’idée que l’art est accessible à tous prend tout son sens à Vitry-sur-Seine. La ville est en effet considérée aujourd’hui comme l’une des capitales mondiales du street art. Des artistes français et étrangers y laissent leurs œuvres éphémères ou pérennes, grandioses ou intimes, par centaines, sur les murs de la ville.

mediaStreet art à Vitry-sur-Seine, Icy and Sot, Dalle Robespierre, allée du Coteau, non daté © CAUE 94

Étape 16

Le MAC VAL

mediaLe Mac Val, 2022 © CAUE 94

Le projet de construction du Musée d’art contemporain du Val-de-Marne (Mac Val) a mûri pendant près de vingt ans. Le concours est remporté en 1991 par Jacques Ripault, associé au paysagiste Gilles Vexlard. Plus de dix années s'écouleront entre les premières esquisses et l'inauguration du bâtiment en 2005.

mediaLe Mac Val vue depuis les jardins, 2022 © CAUE 94

Le volume du Mac Val se distingue de son environnement hétérogène par son horizontalité, sa blancheur et son unité. Refusant le spectaculaire, son architecture compose avec le vocabulaire moderne : béton blanc, volumes simples, fenêtres en bandes et orthogonalité. Ses lignes horizontales ancrent le musée dans le site et affirment son rapport au sol et à l’espace public.

mediaLe volume de l’administration opaque et lumineux à la fois, 2020 © CAUE 94

Implanté à l’alignement sur les deux rues qui délimitent la parcelle, le bâtiment se retire à l’un de ses angles pour laisser place au parvis. Le parvis offre un point de vue sur l’architecture et invite à pénétrer dans le musée. La galerie vitrée permet au regard de traverser le hall pour percevoir le jardin et la profondeur du terrain. Le sol est continu, du parvis au jardin en passant par le hall, ce qui génère une grande perméabilité entre l’espace public et le musée, entre le dedans et le dehors.

mediaLe dedans et le dehors, des espaces perméables © CAUE 94

Le jardin du musée est un espace public de 10 000 m². Ouvert à tous, il est à la fois lieu d’exposition et d’intervention pour les artistes contemporains, jardin pour les habitants du quartier, et chemin de traverse pour les déplacements quotidiens. Le terrain assure une continuité de plain-pied de la rue au jardin et tire parti des volumes bâtis du musée tout en se prolongeant visuellement à travers le bâtiment.

mediaVue du musée depuis le jardin, 2022 © CAUE 94

Le jardin fait également référence à l’histoire de la parcelle. Le tracé d’un chemin, autrefois loti de part et d’autre, est préservé et le jardin de rocaille d’une ancienne villa est réhabilité. Ce dernier, bordé d’un petit plan d’eau, est agrémenté d’un jeu de fontaines revêtues de schiste et souligné par une bande de plantation de prêles afin de créer une ambiance confidentielle. Il crée un événement et témoigne de l’histoire du lieu dans l’ambiance contemporaine du jardin.

mediaJardin de Rocaille, 2022 © CAUE 94

Activités annexes

Nous vous proposons de découvrir des lieux d'intérêt situés à proximité de votre itinéraire. Vous pourrez les retrouver sur la carte du parcours qui vous guidera.

Accéder au parcours

Tramway


T9, station "Mairie de Vitry-sur-Seine"

RER


RER C, station "Vitry-sur-Seine"