Habiter et réhabiliter : métamorphoses d'un quartier
19ᵉ arrondissement






Au cœur du 19ᵉ arrondissement, le quartier de la place des Fêtes raconte, à lui seul, près de deux siècles de transformations urbaines et sociales. Situé sur la butte de Belleville, autrefois agricole et viticole, ce territoire est devenu progressivement un quartier populaire dense, façonné par l’arrivée des populations ouvrières puis par les grandes mutations architecturales du XXᵉ siècle.
Au fil de cette promenade, vous découvrirez comment les formes urbaines (maisons modestes, habitations à bon marché, grands ensembles modernes et équipements contemporains) témoignent des différentes manières de penser la ville et d’habiter Paris selon les époques. De l’hygiénisme du début du XXᵉ siècle aux enjeux actuels de participation citoyenne et de transition écologique, le quartier continue d’évoluer pour répondre aux besoins de ses habitants.
Attention, la médiathèque James-Baldwin (étapes 5 à 9) est ouverte au public :
- mardi, jeudi, vendredi de 13h à 19h
- mercredi de 10h à 19h
- samedi de 10h à 18h
- dimanche de 13h à 18h
Aperçu du parcours
Urbanisation tardive du quartier de la place des Fêtes
Le passé agricole et viticole de la butte
Le quartier de la place des Fêtes se situe au sommet de la butte de Belleville. Jusqu’à la deuxième moitié du XIXᵉ siècle, Belleville est une commune indépendante de Paris. Sa hauteur et sa distance par rapport à la capitale expliquent le caractère isolé et singulier (d’un point de vue urbain et social) de Belleville. Il y a alors très peu de zones bâties, et la butte a une fonction plutôt agricole et viticole.
La commune de Belleville vers 1850. Les bâtiments, représentés en polygones roses, sont peu nombreux : l'habitat est peu dense. Cadastre des communes annexées, Belleville, tableau d’assemblage, 1812 © Archives de Paris : D6P2/2/2/1
La densification de la butte
Dans les années 1860, Paris s’enrichit, c’est l’essor économique. Elle offre alors un grand nombre d’emplois : la ville a un besoin fort en main d’œuvre. Elle attire ainsi de nombreuses personnes vivant à la campagne, qui rejoignent Paris pour y trouver un travail (exode rural). Pourtant, l’enrichissement de la capitale entraîne une hausse des prix des loyers. C’est pourquoi la population ouvrière nouvellement arrivée s’installe aux marges de Paris, comme à Belleville. À cette époque, les habitants vivaient dans des maisons individuelles ou des habitations bon marché. Entre 1855 et 1860, la population de Belleville passe de 35 000 à 60 000 habitants.
La place des Fêtes vers 1900. Cohabitent maisons individuelles et immeubles de rapport. Cartes postales du début du XXᵉ siècle © Ville de Paris
Le quartier se densifie pendant l’entre-deux-guerres et de plus en plus de grands immeubles d’habitation sont construits, au détriment des maisons individuelles ouvrières qui ne sont plus que ponctuelles.
Le caractère ouvrier du quartier explique donc la forme de son bâti aujourd’hui. Le quartier spatialise les différentes idées en matière d’urbanisme et d’architecture qui se sont succédées depuis le XIXᵉ. Aujourd’hui, le quartier continue de se transformer pour s’adapter aux usages et aux besoins contemporains.
Moulins et fermes agricoles sur la butte de Belleville. Carte de France dite « de Cassini », établie au XVIIIᵉ siècle © Passerelles/Bibliothèque Nationale de France
Pour le quiz qui suit, observez attentivement cette carte dite « de Cassini » !
Contenus additionnels

Urbanisation tardive du quartier de la place des Fêtes
Le passé agricole et viticole de la butte
Le quartier de la place des Fêtes se situe au sommet de la butte de Belleville. Jusqu’à la deuxième moitié du XIXᵉ siècle, Belleville est une commune indépendante de Paris. Sa hauteur et sa distance par rapport à la capitale expliquent le caractère isolé et singulier (d’un point de vue urbain et social) de Belleville. Il y a alors très peu de zones bâties, et la butte a une fonction plutôt agricole et viticole.
La commune de Belleville vers 1850. Les bâtiments, représentés en polygones roses, sont peu nombreux : l'habitat est peu dense. Cadastre des communes annexées, Belleville, tableau d’assemblage, 1812 © Archives de Paris : D6P2/2/2/1
La densification de la butte
Dans les années 1860, Paris s’enrichit, c’est l’essor économique. Elle offre alors un grand nombre d’emplois : la ville a un besoin fort en main d’œuvre. Elle attire ainsi de nombreuses personnes vivant à la campagne, qui rejoignent Paris pour y trouver un travail (exode rural). Pourtant, l’enrichissement de la capitale entraîne une hausse des prix des loyers. C’est pourquoi la population ouvrière nouvellement arrivée s’installe aux marges de Paris, comme à Belleville. À cette époque, les habitants vivaient dans des maisons individuelles ou des habitations bon marché. Entre 1855 et 1860, la population de Belleville passe de 35 000 à 60 000 habitants.
La place des Fêtes vers 1900. Cohabitent maisons individuelles et immeubles de rapport. Cartes postales du début du XXᵉ siècle © Ville de Paris
Le quartier se densifie pendant l’entre-deux-guerres et de plus en plus de grands immeubles d’habitation sont construits, au détriment des maisons individuelles ouvrières qui ne sont plus que ponctuelles.
Le caractère ouvrier du quartier explique donc la forme de son bâti aujourd’hui. Le quartier spatialise les différentes idées en matière d’urbanisme et d’architecture qui se sont succédées depuis le XIXᵉ. Aujourd’hui, le quartier continue de se transformer pour s’adapter aux usages et aux besoins contemporains.
Moulins et fermes agricoles sur la butte de Belleville. Carte de France dite « de Cassini », établie au XVIIIᵉ siècle © Passerelles/Bibliothèque Nationale de France
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Habitations Bon Marché (HBM) de la rue de Cambo
L'HBM de la rue des Bois © CAUE de Paris
Cet ensemble de 258 logements est un groupe d'Habitations à Bon Marché (HBM) construit en 1927.
Suite à la loi Siegfried en 1894, dans un contexte de crise du logement, l’État et la Ville de Paris engagent, dans les années 1920, un vaste programme d’assainissement et de construction de logements à destination des classes populaires : ce sont les Habitations à Bon Marché (HBM). L’objectif des HBM était aussi de densifier le quartier qui attirait de plus en plus d'habitants. Ces logements sociaux se multiplient, mais on juge alors qu'ils n’ont pas leur place au centre de Paris, réservé aux plus aisés. Les HBM sont relégués aux arrondissements périphériques, comme c’est le cas de Belleville.
Des ornements en façade
Finement travaillées, les façades d'HBM sont reconnaissables par plusieurs caractéristiques architecturales :
- La brique est omniprésente. C'était un matériau bon marché, très utilisé dans la construction des HBM. Les architectes se mettent au défi de réaliser des HBM aux esthétiques variées malgré l'utilisation d'un unique matériau.
Alternance de briques rouges et de briques bleues au premier étage de l'HBM © CAUE de Paris
- Ici, plusieurs couleurs de briques sont utilisées. Cela s'appelle la polychromie. Au premier étage, l'alternance de briques rouges et bleues permet de créer un motif qui se répète comme une frise, tout du long du bâtiment. Ces ornements en façade ne sont pas seulement créés à partir des couleurs mais aussi de la manière dont sont disposées les briques. Au quatrième étage, les briques sont agencées de manière à créer des variations de façade à l'échelle du détail, rompant avec la monotonie de certains autres bâtiments.
Schéma d'un linteau, au-dessus d'une fenêtre © CAUE de Paris
- La structure apparente du bâtiment participe également à ces variations de façade : les linteaux clairs se distinguent très bien de la couleur orangée de la brique et créent des motifs.
Les niches d'angles, au croisement des rues des Bois et du Docteur-Potain © CAUE de Paris
- La variation de façade est assurée par les ouvertures (les fenêtres), notamment par la présence de bow-windows (fenêtre en saillie) qui créent un décalage en façade, ainsi que des fenêtres (angle des rues Cambo et des Bois) et niches d'angles (angle rues des Bois et du Docteur-Potain).
Les bow-windows de l'HBM, rue du Docteur-Potain © CAUE de Paris
Une architecture qui sert la pensée de l'époque
Dans une pensée hygiéniste, les médecins du XIXᵉ siècle prônait la circulation naturelle de l’air dans les appartements et l'exposition maximal à la lumière du soleil afin d’éviter les maladies. L’architecture des HBM s’en inspire directement :
- La rue de Cambo est une « rue de propreté », c’est une voie étroite qui facilite le nettoyage, l’entretien et l’accès aux services (comme les poubelles ou les livraisons). Cela permettait de garder les espaces extérieurs propres et aérés.
La rue de Cambo, une « rue de propreté » © CAUE de Paris
- Les bâtiments possèdent désormais toujours une orientation nord/sud pour créer des appartements exposés à la lumière (est/ouest).
- Les architectes cherchent à rendre les habitations bien ventilées : ils abandonnent la forme fermée des ensembles d’immeubles, qui créaient autrefois des cours intérieures complètement encloses. Ici, le passant peut voir la cour de l’HBM car elle est seulement semi-fermée : il n’y a pas de quatrième bâtiment pour la cacher. Cette cour joue un rôle important, car elle offre un espace calme où l’on peut se reposer, jouer ou discuter.
La cour semi-fermée de l'HBM © CAUE de Paris
- La hauteur des bâtiments n’est pas trop importante. La mise en place d'un dispositif à redans (façades en avancées et retraits) casse la monotonie et permet au plus grand nombre de logements d’avoir une vue directe sur l’extérieur et d’assurer un bon ensoleillement à chaque étage.
Schéma du dispositif à redans © CAUE de Paris
Rendez-vous au n°27 de la rue du Docteur-Potain et observer attentivement le revêtement bleu-vert qui orne la loge du gardien.
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Barre d’immeuble moderne
La barre d'habitation du n°10 rue du Docteur-Potain © CAUE de Paris
À partir des années 1950, les besoins en logement évoluent fortement par rapport à la fin du XIXᵉ siècle. Après la Seconde Guerre mondiale, la France traverse une importante crise du logement : la population augmente rapidement, notamment en raison du baby-boom, et de nombreux habitants peinent à trouver un domicile. Il devient alors indispensable de construire un grand nombre de logements, et surtout de les réaliser rapidement.
Pour répondre à cette urgence, les architectes développent, dans les années 1950 et 1960, le modèle des grands ensembles. Ces nouveaux ensembles d’habitation prennent soit une forme longitudinale (les barres), soit une forme verticale (les tours) permettant d’accueillir un grand nombre d’habitants sur un même site.
L'architecture en réponse aux besoins en logement
Contrairement à l'HBM des rues des Bois et du Docteur-Potain, la façade de la barre se caractérise par une grande sobriété. Plane, uniforme et entièrement réalisée en béton banché, elle ne présente presque aucune variation décorative.
Alignement de fenêtres sur la façade de la barre d'immeuble © CAUE de Paris
Les fenêtres, très nombreuses, sont alignées de manière régulière et répétitive. Elles occupent presque toute la surface de la façade, laissant peu de place à l’ornementation. Ce choix architectural traduit une priorité nouvelle : maximiser l’apport de lumière naturelle dans les logements en augmentant le nombre d’ouvertures par pièce, afin d’améliorer le confort intérieur.
La barre est construite en béton préfabriqué, un matériau à la fois économique, rapide à produire et simple à assembler. Cette technique permet de reproduire des logements standardisés à grande échelle, tout en réduisant les coûts et les délais de construction. Elle répond ainsi à l’objectif principal de l’époque : loger le plus grand nombre de personnes dans un temps très court.
La séparation des fonctions
Rez-de-chaussée surélevé de la barre d'immeuble © CAUE de Paris
On observe que le rez-de-chaussée est légèrement surélevé par rapport au niveau du sol naturel. Ce dispositif permet d’abord de limiter les risques d’humidité, mais il marque également une distinction claire entre l’espace commun et l’espace privé des habitants.
Ces espaces intermédiaires peuvent néanmoins être accueillir différents usages collectifs. On y trouve par exemple des commerces, des associations ou des services municipaux, comme ici l’association Des cris des villes ou encore la Fabrik coopérative qui participent à la vie sociale du quartier.
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Rue aux écoles et parvis de la médiathèque
Entrée de la « Rue aux écoles » Jean-Quarré © CAUE de Paris
Suite à la pandémie de 2020 et au déconfinement, certaines rues deviennent piétonnes. Ce dispositif initié par la Ville de Paris est appelé « Rue aux écoles ». Le projet a pour but d’améliorer l’environnement, de favoriser le partage de l’espace public entre tous ses usagers, et de sécuriser le trajet quotidien des enfants, des jeunes et des familles : les véhicules motorisés n’ont alors plus le droit d’y circuler. Les nouveaux aménagements qui sont mis en place permettent aussi de diversifier les fonctions de la rue pour l’ensemble des habitants du quartier. En semaine comme le week-end, on peut y jouer, s’y rencontrer, s’y asseoir, y prendre son goûter, etc.
La rue Jean-Quarré, aménagée en aire piétonne fermée en 2024, fait partie de ce projet municipal.
Plan schématique de la rue Jean-Quarré et du parvis de la médiathèque © CAUE de Paris
La rue Jean-Quarré en détail
La rue Jean-Quarré est aujourd’hui une « Rue aux écoles ». La transformation de la rue fait écho à l'aménagement ambitieux du parvis de la médiathèque James-Baldwin - Maison des réfugiés, réalisé par l'agence de paysage Mutabilis, ainsi qu'au réaménagement de la place des Fêtes voisine.
Dans la rue, la végétation (arbres, jardinière, et bandes plantées) contribue à rafraîchir l’espace public. L’ombre des arbres limite le réchauffement du sol, tandis que le phénomène d’évapotranspiration participe au rafraîchissement de l’air : les plantes puisent l’eau dans le sol et la libèrent sous forme de vapeur lorsqu’elles ont chaud.
Le tapis végétalisé et ses arbres et arbustes, sur le parvis de la médiathèque James-Baldwin © CAUE de Paris
Du nouveau mobilier urbain a également été installé sur le parvis de la médiathèque. Bancs, poubelles, fontaine à eau ou encore table de tennis de table invitent à de nouveaux usages.
Le nouveau mobilier urbain : en premier plan, de nouveaux bancs ; en arrière plan, une fontaine à eau et une table de tennis de table © CAUE de Paris
Les marquages au mur et au sol encouragent le jeu, apportent de la couleur et participent à rendre l’espace plus chaleureux et convivial.
La co-conception de la « Rue aux écoles » avec les habitants du quartier
La manière d’aménager la ville au XXIᵉ siècle diffère profondément de celle des périodes précédentes. Aujourd’hui, les habitants sont davantage associés aux projets urbains afin de prendre en compte leurs usages, leurs expériences et leurs connaissances du quartier : on parle alors de co-construction.
Dans le cas de la rue Jean-Quarré, le collectif Approche.s! , en partenariat avec les associations du quartier, a mené un travail d’observation des pratiques quotidiennes, complété par des micro-trottoirs et des entretiens avec les usagers. Une attention particulière a été portée à la présence des jeunes femmes dans l’espace public. Plus visibles en journée, elles deviennent moins nombreuses à la tombée de la nuit. La fresque participative réalisée avec des collégiennes de l’établissement Guillaume-Budé symbolise ainsi la place des femmes dans l’espace public et affirme leur légitimité à l’occuper. La fresque apporte de la couleur et participe à rendre l’espace plus chaleureux et convivial.
Fresque participative à l'initiative du collectif Approche.s! © Atelier Approche.s! et Clara Jung
Le réemploi dans la « Rue aux écoles »
Avant la transformation de la rue, le parvis de la médiathèque et la chaussée constituaient deux espaces distincts, clairement séparés. Les urbanistes (de la Ville de Paris et de Mutabilis) ont travaillé de concert afin de créer une continuité entre ces lieux, au point qu’il est aujourd’hui difficile de distinguer leurs limites.
Le sol du parvis et celui de la rue sont désormais identiques. Les dalles en béton utilisées proviennent des anciens planchers intérieurs de la médiathèque, lorsqu’elle était encore un lycée. Plus de 200 dalles ont ainsi été extraites, découpées puis réutilisées pour réaliser le dallage du parvis. Ce réemploi permet de valoriser des matériaux existants, de limiter les déchets et de réduire l’utilisation de nouvelles ressources.
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Réemploi à la médiathèque James-Baldwin
La médiathèque James-Balwin © CAUE de Paris
La médiathèque James-Baldwin est un exemple de bâtiment bas-carbone. Construite en 2024 par l’architecte Philippe Madec, elle a été imaginée sur le site d’un ancien lycée hôtelier.
L'ancien lycée hôtelier et la nouvelle médiathèque © CAUE de Paris
Lors des travaux de construction, la structure en béton de l’ancien bâtiment est conservée, l’intérieur est transformé et un nouveau bâtiment appelé le « Lien » est ajouté. Plutôt que de détruire complètement le bâtiment originel pour le reconstruire à neuf, la partie de la structure en bon état est réutilisée. Cela évite de consommer de nouveaux matériaux et limite les déchets générés par la destruction. La structure porteuse du bâtiment, qui peut être considérée comme son squelette, a donc servi de base pour ériger la nouvelle médiathèque.
Le reste des matériaux existants en bon état sont aussi utilisés lors des travaux. De cette façon, le bâtiment devient sa propre ressource de matière première.
La structure en béton conservée © CAUE de Paris
À l’intérieur du bâtiment, cette opération de réemploi a permis de créer des doubles hauteurs entre les différents étages de la médiathèque. Ce choix architectural révèle les poutres en béton de la structure originelle.
La double hauteur entre l'accueil et le premier étage © CAUE de Paris
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Matériaux bio-sourcés de la médiathèque
Le lien, construit en poteaux-poutre bois et en terre crue © CAUE de Paris
Les matériaux utilisés pour construire les bâtiments ont une grande importance. En choisissant de construire avec des matériaux durables, on peut réussir à réduire l’impact environnemental d’une construction, c’est-à-dire à rendre moins polluants les bâtiments.
Les matériaux qui composent ce bâtiment sont essentiellement le bois et la terre crue. Ce sont des matériaux dits biosourcés. Il s’agit de matériaux issus de la matière organique renouvelable, animale ou végétale. Le bois peut s’employer de différentes manières dans un bâtiment et faire appel à des techniques de constructions variées. Selon l’usage, on peut le retrouver au sol, au plafond, en façade… Ici, le bois a été utilisé pour la structure porteuse en poteaux-poutres, au niveau des menuiseries, des planchers ou encore des plinthes.
Dans le Lien, le bois sert également de coffrage pour faire le montage des murs en torchis. Il s’agit d’une technique ancienne qui consiste à mélanger de la terre, de la fibre de bois et de la paille, pour créer une mixture dense et compacte qui s’applique en remplissage de mur.
Matériaux utilisés pour le montage du mur en torchis : la terre et le bois © CAUE de Paris
Ce mur en torchis est visible à tous les étages de la médiathèque, depuis le Lien.
Les avantages de cette technique traditionnelle sont nombreux :
- Un matériau de construction durable et résistant. Dans le bâti ancien, il existe des constructions en torchis de plusieurs siècles.
- Une construction peu coûteuse, grâce à des matériaux locaux et peu utilisés. Ici, la terre du Grand Paris a été récupérée et mélangée à du bois broyé.
- Des murs sains pour un environnement sain. La terre crue est un matériau naturel qui respire, de façon à absorber l’humidité de l’air et l’assainir.
- Une bonne isolation thermique (température) et phonique (bruit). La paille, qui est l’un des composants du torchis, garantit sa performance en termes d’isolation. La terre régule quant à elle l’humidité et la chaleur en été.
- Une bonne inertie thermique, c’est-à-dire que le mur est capable de stocker la chaleur en journée et de la restituer la nuit. Cela limite le besoin de chauffage mécanique, et participe à réguler le climat intérieur du bâtiment, en hiver comme en été.
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Jardin partagé de la médiathèque
Le jardin partagé, accessible depuis le premier étage du Lien © CAUE de Paris
Accessible depuis le Lien, au premier étage du bâtiment, se trouve un jardin partagé. Il s'agit d’une terrasse avec des bacs à fleurs et autres plantes cultivables. Cet espace vert est cultivé et animé par l’association Le Paysan Urbain qui organise des ateliers de jardinage. En son sein, les habitants actifs et engagés du quartier sont invités à prendre soin du lieu, et à transmettre leur savoir-faire lors d’ateliers collectifs.
Cet espace vert permet de sensibiliser le jeune public aux besoins des plantes et au respect de la biodiversité. En contact direct avec la médiathèque, les enfants peuvent facilement prendre part à la vie du jardin, et se former aux gestes de jardinier.
Toit-terrasse de la médiathèque
Le toit-terrasse planté de la maison des réfugiés © CAUE de Paris
Le toit-terrasse de la médiathèque et de la Maison des réfugiés est doté d’installations favorisant la biodiversité. Tout comme les plantations dans l’espace public, les toit-terrasses végétalisés participent à créer des îlots de fraîcheur dans la ville. Leur accès restreint permet de préserver et garantir des espaces paisibles aux autres habitants de la ville (les oiseaux, les insectes, les plantes…).
Il existe plusieurs types de toitures végétalisées qui dépendent principalement de l’épaisseur du substrat (sol) mis en place. Plus la couche de terre est importante et plus il est possible de semer des espèces variées. Cette épaisseur varie selon le poids que le bâtiment est capable de supporter.
L’hôtel à insectes
Hôtel à insectes sur le toit-terrasse de la médiathèque © CAUE de Paris
En ville, dans un milieu principalement urbanisé et bétonné, ces installations sont de réels refuges pour les insectes notamment pendant la période hivernale.
Panneaux photovoltaïques
Panneaux photovoltaïques sur le toit-terrasse de la médiathèque © CAUE de Paris
Les panneaux solaires fonctionnent grâce à la lumière du soleil. Lorsqu’ils captent des rayons solaires, ils les transforment pour produire de l’électricité et de la chaleur. L’énergie produite est distribuée aux bâtiments connectés au réseau. Dans le cas d’un logement, l’électricité générée peut servir à faire fonctionner les appareils électroménagers, ou éclairer les pièces.
Cette énergie est naturelle et considérée comme inépuisable à l’échelle du temps humain, on dit que c’est une énergie renouvelable. À l’inverse d’une pile qui doit être rechargée, les énergies renouvelables sont disponibles en quasi illimitée sur notre planète, ce qui en fait une ressource gratuite et abondante ! Parmi ces énergies, on retrouve notamment :

Bien que les panneaux solaires représentent une alternative aux énergies fossiles (non renouvelables) et nucléaires (enfouissements des déchets, risques d'explosions), ceux-ci ne peuvent pas encore répondre à tous nos besoins. Il faudrait bien trop de panneaux solaires pour y répondre.
Le rendement électrique des panneaux diminue avec le temps, environ 20 % de moins au bout de 20 ans. Les panneaux contiennent des produits toxiques et la filière de recyclage ne permet pas encore leur traitement complet. En 2024, le taux de recyclage se situe entre 90 % et 94 % du poids d’un panneau.
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Patio de la médiathèque
Le patio en cœur de bâtiment © CAUE de Paris
Le vide central de la médiathèque a été utilisé afin de créer un véritable puits de lumière au cœur de la médiathèque, aussi appelé patio.
Puits de lumière naturelle
Le patio : un puits de lumière naturelle © CAUE de Paris
Ce puits de lumière permet de capter de la lumière naturelle dans les salles de lecture et de travail. Il n’est plus nécessaire d’allumer la lumière aussi souvent qu’avant. En utilisant moins d’électricité, on économise beaucoup d’énergie et on réduit les coûts liés à sa consommation.
Ventilation naturelle
La ventilation naturelle © CAUE de Paris
Le patio améliore également les dispositifs de ventilation du bâtiment. En utilisant un vide au cœur de la médiathèque, l’architecte a mis en place un système d’extraction d’air naturel. Il s’agit des gros tuyaux présents au quatre coins du patio. Ils captent l’air saturé et humide du bâtiment pour l’extraire vers l’extérieur. En parallèle, ils font entrer un air frais au sein de la médiathèque. Ce système est programmé pour se mettre en marche de manière autonome, lorsque l’air nécessite un renouvellement.
En plus de ce système, le patio permet de créer une ventilation naturelle en ouvrant simultanément les fenêtres côté patio et côté rue. Comme pour aérer chez soi, l’air traverse la pièce et circule librement pour se renouveler.
Un îlot de fraîcheur urbain
Lors des travaux, le sol du patio a été transformé en sol meuble (mou, souple, malléable) pour accueillir des plantations. Au milieu de plantes locales, se trouve un arbre particulier : un charme. Cet arbre possède des racines descendantes, qui poussent très profondément dans le sol. Cela évite que les racines ne viennent perturber les fondations du bâtiment sur ses côtés.
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Évolutions successives de la place des Fêtes
La place des Fêtes © CAUE de Paris
L'historique de la place
Construite en 1836, la place des Fêtes a connu de profondes transformations afin de s’adapter, au fil du temps, aux besoins et aux usages de ses habitants.
À l’origine, son aménagement reprend certains principes de l’urbanisme haussmannien : une forme pentagonal (cinq côtés), organisée autour d’un kiosque à musique central, accompagnée de mobilier urbain et de plantations. La place était alors bordée de tilleuls et entourée de bâtiments de faible hauteur, tandis que ses abords étaient encore occupés par des terrains horticoles et des vignobles.
Autour du square de la place des Fêtes, dont le marché au début du XXᵉ siècle s’abritait sous des auvents pérennes, la hauteur des constructions demeure très inégale / Carte postale du début du XXᵉ siècle © DHAAP - DAC - Ville de Paris
À la fin des années 1950, dans un contexte de forte croissance démographique, la place des Fêtes est jugée insuffisamment dense. Les pouvoirs publics souhaitent alors construire davantage de logements, plus modernes et adaptés aux modes de vie contemporains.
Vue du chantier de dégagement de la place des Fêtes à la fin des années 1960 © Archives de Paris : 1565/W 0032 - photo DHAAP
1958-1975 : une première rénovation qui fait table rase
En 1964, l’ensemble des immeubles bordant la place est démoli : 340 bâtiments, dont la hauteur ne dépassait pas six étages, disparaissent. Sur les 6 500 habitants vivant sur la place avant cette opération d’aménagement, seuls 200 reviendront s’y installer en 1971. Cette transformation constitue un véritable bouleversement pour les habitants.
Vue aérienne de la place des Fêtes avec ses immeubles de rapport, en août 1944 © Géoportail
La place des Fêtes en chantier dans les années 1970 © Géoportail
La place des Fêtes transformée en 1971 © Géoportail
Au début des années 1970, la place est complètement transformée. Elle est agrandie pour atteindre ses dimensions actuelles et adopte un urbanisme de dalle. Ce principe d’aménagement organise la ville sur plusieurs niveaux : les piétons circulent sur des zones surélevées, tandis que les voitures empruntent les voies situées en contrebas.
schéma urbanisme de dalle
Les différents modes de déplacement ne se croisent plus. Les habitations sont construites en hauteur afin de libérer le rez-de-chaussée, destiné notamment aux commerces alimentaires. Les fonctions urbaines (habiter, circuler, consommer) sont ainsi séparées : ce principe d’organisation est appelé zoning.
Une tour d'habitation et ses commerces en rez-de-chaussée © CAUE de Paris
De nombreuses critiques apparaissent rapidement après la rénovation des années 1960-1970. Une circulaire du 21 mars 1973 évoque : « l'homogénéité des types et des catégories de logements réalisés, la monotonie des formes et de l’architecture, la perte de mesure humaine dans l’échelle des constructifs ».
Brochure de l’union fédérale de défense et de participation dans l’aménagement du territoire, 1962 © Archives de Paris : 1565/W 0032
Des opérations de réaménagement ponctuelles dans les années 1990
Face à ces critiques, des interventions sont menées afin de diversifier l’image architecturale des grands ensembles et d’embellir la place. En 1995, deux œuvres artistiques sont installées : l’Obélisque de la place des Fêtes, réalisé par Zoltán Zsakó (retiré en 2019), et La fontaine-labyrinthe conçue par Marta Pan.
La fontaine-labyrinthe de Marta Pan © CAUE de Paris
L'Obélisque de la place des Fêtes de Zoltán Zsakó © CAUE de Paris
Au début des années 2000, plusieurs dysfonctionnements apparaissent : les cheminements piétons manquent de lisibilité et la place est fortement occupée par la circulation automobile. Alors que l’urbanisme des années 1960 accordait une place centrale à la voiture, les enjeux urbains évoluent progressivement vers une pacification des espaces publics, privilégiant les mobilités douces (marche, vélo, trottinette) ainsi que la végétalisation.
La place des Fêtes saturée par les automobiles qui la traversent en 1982 © Géoportail
2014-2019 : la place des Fêtes réaménagée pour répondre aux problématiques contemporaines
Entre 2014 et 2019, une importante opération de transformation est menée. Les deux-roues motorisés et les voitures sont interdits sur la place, tandis que la vitesse de circulation est limitée à 30 km/h à ses abords.
Afin de faire face aux effets du changement climatique, la place a été largement végétalisée : 460 m² de nouvelles surfaces plantées ont été créées, accompagnées de 160 m² de jardinières, de la plantation de neuf arbres et de l’aménagement de gradins enherbés au nord de la place.
Les gradins enherbés de la place des Fêtes © CAUE de Paris
La place des Fêtes végétalisée, en 2024 © Géoportail
Les transformations successives de la place. De haut en bas et de gauche à droite : 1944, 1970, 1982, 2024 © Géoportail
© CAUE de Paris
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Les usages de la place des Fêtes
Le CaPla, un espace de rassemblements citoyens © CAUE de Paris
Le CaPla (« cabanon de la place ») est un lieu conçu pour accueillir des réunions citoyennes et diffuser des informations administratives. Il a été créé dans l’objectif d’encourager de nouvelles formes d’usage de la place et de l’animer au quotidien.
À proximité du CaPla, un kiosque à jeux pour enfants a été installé. La place devient ainsi un espace ludique, où la grande fresque au sol invite petits et grands à inventer de nouveaux jeux et à interagir avec l’espace public.
Jeux pour enfants aux abords du CaPla © CAUE de Paris
Fresque colorée sur le sol de la place des Fêtes réalisée par l'artiste Da Cruz © CAUE de Paris
La conception de la place favorise également d’autres usages, comme le repos ou les échanges entre habitants. De nouveaux mobiliers urbains, similaires à ceux installés dans la « Rue aux écoles », ont été disposés : bancs en angles droits, en courbes ou circulaires, permettant de s’asseoir seul ou en groupe et de profiter de l’espace de manière flexible.
Bancs en courbe de la place des Fêtes © CAUE de Paris
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Accéder au parcours
Vélib'
Départ - Station Pré Saint-Gervais - Lilas, 27 Rue du Pré Saint-Gervais, 75019 Paris
Arrivée - Station Place des Fêtes - Solitaires, 75019 Paris
Bus
Louise Thuliez (ligne 48)
Pelleport-Belleville (lignes 20, 60)
Place des Fêtes (lignes 48, 60)
Métro
Télégraphe (ligne 11)
Place des Fêtes (lignes 7bis et 11)


