Les secrets de la Haute-Île
Neuilly-sur-Marne






Le Département de la Seine-Saint-Denis vous invite à découvrir le parc de la Haute-Île, un espace naturel d’exception où se rencontrent nature, faune, flore et patrimoine. Ses prairies, ses bois et ses berges invitent à la promenade, à l’observation des oiseaux ou à la découverte de l’apiculture.
Ce lieu de détente et de découverte met également à l’honneur des pratiques écologiques exemplaires, telles que l’éco-pâturage et la gestion durable des ruchers. Ancien site archéologique, le parc de la Haute-Île conjugue harmonieusement préservation du patrimoine et respect de l’environnement.
Le parcours est une boucle. Commencez par le numéro le plus proche de vous !
Remarque : Une portion du parcours situé sur le chemin de la friche est inaccessible entre fin juin et début juillet en raison du passage du cheptel pour la tonte. Pour tout renseignement supplémentaire adressez-vous au écogardes du parc (numéro 06 35 18 03 77).
Attention : pour écouter les audios, le mode silencieux ne doit pas être activé sur votre smartphone.
Ce parcours a été réalisé en partenariat avec :

Remerciements
Nous remercions la Direction de la Nature, des Paysages et de la Biodiversité du Département de la Seine-Saint-Denis, et plus particulièrement Maëva Oussou-Essui, pour la co-conception de ce parcours. Nos remerciements vont également à Manon Lescene, responsable de l'archéosite, à Stéphane Guenneteau, technicien du parc, ainsi qu'aux bénévoles de la SCA, qui ont généreusement partagé leur expertise à travers les interviews à découvrir tout au long du parcours.
Aperçu du parcours
Haute-Île : entre histoire et nature
Parc de la Haute-Île vu du ciel © Jean-Louis Bellurget / Département de la Seine-Saint-Denis
Bienvenue au parc départemental de la Haute-Île !
Vous êtes ici au point de départ de votre visite. Le panneau que vous avez devant vous présente les principaux animaux qui vivent dans le parc. Il vous aidera à mieux reconnaître les espèces que vous pourrez observer au cours de votre promenade.
La Haute-Ile est un paysage façonné par la Marne et l’histoire humaine depuis des millénaires. Ce poumon vert de 65 hectares est aujourd'hui l'un des espaces naturels les plus préservés de Seine-Saint-Denis. Le parc occupe le dernier méandre non urbanisé de la Marne, niché entre le fleuve et le canal de Chelles. Cette situation insulaire a permis de sauvegarder un paysage sauvage aux portes de la ville.
Le terrain n’a pas toujours été une réserve naturelle. Autrefois rattaché au domaine de Ville-Évrard (dont l'origine remonte au Moyen Âge), il a longtemps eu une vocation nourricière. Jusqu’aux années 1980, l’hôpital psychiatrique voisin y exploitait des vergers et du maraichage.
Carte de Delagrive, détail : Ville-Evrard (1740) © Département de la culture et du patrimoine / Département de la Seine-Saint-Denis
Anciens emplacements de la Grande Noue et de la Marne Visibles grâce à l’écoulement de l’eau lors de la crue de 1983 © Département de la culture et du patrimoine / Département de la Seine-Saint-Denis
Vue aérienne du parc de la Haute-Ile en 1999 © Département de la Seine-Saint-Denis
Après son acquisition par le Département en 1983, le site est laissé en friche. Plusieurs projets d’aménagement sont envisagés dans les années 1990, mais ils suscitent l’opposition des habitants et des associations locales, qui les jugent trop lourds.
Fouille archéologique dans le parc de la Haute-Île, 2003 © Département de la Seine-Saint-Denis
Squelette découvert dans le parc de la Haute-Île, 2003 © Département de la Seine-Saint-Denis
Parallèlement, les études archéologiques et naturalistes menées entre 1999 et 2004 révèlent un patrimoine exceptionnel : un squelette datant du Mésolithique, des habitats préhistoriques ainsi qu’un passage à gué gallo-romain sont mis au jour lors des fouilles.
La découverte du Hibou des marais, espèce rare en halte migratoire en Seine-Saint-Denis, a immédiatement conduit à l’arrêt des terrassements dans la zone concernée. Cette richesse exceptionnelle a orienté la gestion du site vers une approche douce, respectueuse de la nature, et a permis l’inscription de la Haute-Île au réseau Natura 2000, qui protège les milieux naturels les plus remarquables d’Europe.
Ce classement confère au Département la responsabilité de préserver durablement les habitats et les espèces d’intérêt communautaire, garantissant ainsi la conservation de ce trésor écologique unique.
Création d’une zone humide lors des travaux en 2003 © Département de la Seine-Saint-Denis
Travaux de création des zones humides en 2003 sur le parc de la Haute-Ile © Département de la Seine-Saint-Denis
Entre 2005 et 2008, le parc est aménagé avec l’agence Signes. Les anciens chenaux de la Marne sont recréés, la friche centrale est maintenue grâce au pâturage et les zones humides sont restaurées. Les déblais sont évacués par péniches pour limiter les impacts du chantier et la faune est prise en compte à chaque étape : présence du Hibou des marais, de l’Épervier d’Europe, ou découverte archéologique majeure.
Construction d’un observatoire au parc de la Haute-Île en 2007 © Département de la Seine-Saint-Denis
Observatoire du parc de la Haute-Île en 2008 © Département de la Seine-Saint-Denis
En février 2008, une première partie du parc ouvre au public, intégrant postes d’observation, sentiers et zones humides restaurées.
Aujourd’hui, la Haute-Île est l’un des rares espaces naturels de la région où coexistent patrimoine archéologique et biodiversité.
Contenus additionnels

Haute-Île : entre histoire et nature
Parc de la Haute-Île vu du ciel © Jean-Louis Bellurget / Département de la Seine-Saint-Denis
Bienvenue au parc départemental de la Haute-Île !
Vous êtes ici au point de départ de votre visite. Le panneau que vous avez devant vous présente les principaux animaux qui vivent dans le parc. Il vous aidera à mieux reconnaître les espèces que vous pourrez observer au cours de votre promenade.
La Haute-Ile est un paysage façonné par la Marne et l’histoire humaine depuis des millénaires. Ce poumon vert de 65 hectares est aujourd'hui l'un des espaces naturels les plus préservés de Seine-Saint-Denis. Le parc occupe le dernier méandre non urbanisé de la Marne, niché entre le fleuve et le canal de Chelles. Cette situation insulaire a permis de sauvegarder un paysage sauvage aux portes de la ville.
Le terrain n’a pas toujours été une réserve naturelle. Autrefois rattaché au domaine de Ville-Évrard (dont l'origine remonte au Moyen Âge), il a longtemps eu une vocation nourricière. Jusqu’aux années 1980, l’hôpital psychiatrique voisin y exploitait des vergers et du maraichage.
Carte de Delagrive, détail : Ville-Evrard (1740) © Département de la culture et du patrimoine / Département de la Seine-Saint-Denis
Anciens emplacements de la Grande Noue et de la Marne Visibles grâce à l’écoulement de l’eau lors de la crue de 1983 © Département de la culture et du patrimoine / Département de la Seine-Saint-Denis
Vue aérienne du parc de la Haute-Ile en 1999 © Département de la Seine-Saint-Denis
Après son acquisition par le Département en 1983, le site est laissé en friche. Plusieurs projets d’aménagement sont envisagés dans les années 1990, mais ils suscitent l’opposition des habitants et des associations locales, qui les jugent trop lourds.
Fouille archéologique dans le parc de la Haute-Île, 2003 © Département de la Seine-Saint-Denis
Squelette découvert dans le parc de la Haute-Île, 2003 © Département de la Seine-Saint-Denis
Parallèlement, les études archéologiques et naturalistes menées entre 1999 et 2004 révèlent un patrimoine exceptionnel : un squelette datant du Mésolithique, des habitats préhistoriques ainsi qu’un passage à gué gallo-romain sont mis au jour lors des fouilles.
La découverte du Hibou des marais, espèce rare en halte migratoire en Seine-Saint-Denis, a immédiatement conduit à l’arrêt des terrassements dans la zone concernée. Cette richesse exceptionnelle a orienté la gestion du site vers une approche douce, respectueuse de la nature, et a permis l’inscription de la Haute-Île au réseau Natura 2000, qui protège les milieux naturels les plus remarquables d’Europe.
Ce classement confère au Département la responsabilité de préserver durablement les habitats et les espèces d’intérêt communautaire, garantissant ainsi la conservation de ce trésor écologique unique.
Création d’une zone humide lors des travaux en 2003 © Département de la Seine-Saint-Denis
Travaux de création des zones humides en 2003 sur le parc de la Haute-Ile © Département de la Seine-Saint-Denis
Entre 2005 et 2008, le parc est aménagé avec l’agence Signes. Les anciens chenaux de la Marne sont recréés, la friche centrale est maintenue grâce au pâturage et les zones humides sont restaurées. Les déblais sont évacués par péniches pour limiter les impacts du chantier et la faune est prise en compte à chaque étape : présence du Hibou des marais, de l’Épervier d’Europe, ou découverte archéologique majeure.
Construction d’un observatoire au parc de la Haute-Île en 2007 © Département de la Seine-Saint-Denis
Observatoire du parc de la Haute-Île en 2008 © Département de la Seine-Saint-Denis
En février 2008, une première partie du parc ouvre au public, intégrant postes d’observation, sentiers et zones humides restaurées.
Aujourd’hui, la Haute-Île est l’un des rares espaces naturels de la région où coexistent patrimoine archéologique et biodiversité.
Contenus additionnels

Haute-Île : entre ruches et vestiges
Ruches dans le parc de la Haute-Île © SCA/Département de la Seine-Saint-Denis.
Le parc s'étend sur 65 hectares, mais saviez-vous que 25 hectares forment un sanctuaire secret, fermé aux visiteurs pour laisser la nature s'épanouir en toute liberté. C’est dans ce contexte de sérénité absolue que s'est installé le rucher du parc, un poste d’observation privilégié pour découvrir l’apiculture. Niché au cœur d’un environnement naturel abondant en tilleuls et en fleurs sauvages, il offre un cadre propice à l’observation des abeilles et à la compréhension de leur rôle fondamental dans l’équilibre des écosystèmes.
Les colonies sont majoritairement composées d’abeilles noires locales, auxquelles s’ajoutent des caucasiennes, des Italiennes et des buckfast, reconnues pour leur excellente production de miel. Cette diversité génétique peut, au fil des générations, entraîner des phénomènes d’hybridation. L’apiculture pratiquée sur le site est à la fois biologique et traditionnelle, exclusivement dédiée à la production de miel. À la différence d’autres exploitations, aucune récolte de cire ou de propolis n’est effectuée, l’attention étant entièrement portée sur la qualité du miel.
Abeilles © Gauthier Malherbe / Département de la Seine-Saint-Denis
Ce miel polyfloral est issu du nectar de nombreuses espèces florales butinées au fil des saisons. Il peut ainsi contenir des notes de tilleul, d’acacia, de romarin, de tournesol, de chèvrefeuille ou de ronce, traduisant la grande diversité botanique du site.
Au-delà de sa vocation productive, le rucher remplit une mission pédagogique. Il accueille chaque année des classes dans le cadre de visites et d’ateliers éducatifs, offrant aux enfants l’opportunité de découvrir le fonctionnement d’une ruche, le rôle des pollinisateurs et l’importance de leur préservation.
Chantier de fouille parc de la Haute-Île, 2023 © Département de la Seine-Saint-Denis
Sur votre gauche à quelques mètres du rucher, vous trouverez l’entrée de la pâture archéologique. En 1999, des fouilles archéologiques préventives ont été menées sur ce site, révélant des vestiges datant du Mésolithique. Aujourd’hui, cet espace est actuellement une pâture fermée au public afin de préserver la richesse de ce patrimoine et de protéger la biodiversité qui s’y développe. En fonction des saisons vous pourrez y voir des animaux pâturés la parcelle.
Chantier de fouille parc de la Haute-Île, 2023 © Département de la Seine-Saint-Denis
Les fouilles ont mis au jour quatre sépultures mésolithiques uniques, datées de 6500 av. J.-C., avec des corps disposés dans de petites fosses ovales et parfois accompagnés d’objets de parure comme des coquillages. Ces découvertes font de la Haute-Île l’une des rares nécropoles mésolithiques connues en France, aux côtés de sites célèbres comme Téviec et Hoëdic en Bretagne. Aujourd’hui, la zone des fouilles est devenue une friche naturelle, composée de prairies, fourrés et plantes sauvages, entretenue par éco-pâturage. Un verger pédagogique installé en 2024 complète cet espace, transformant l’ancien site archéologique en un lieu vivant, où l’histoire ancienne et la biodiversité actuelle se rencontrent.
Squelette découvert lors des fouilles préventive au parc de la Haute-Île © Département de la Seine-Saint-Denis / DNPB
🎧 En écoute
Pour en savoir plus écouter l’interview des bénévoles de la SCA sur le rucher du parc.
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Éco-pâturage et biodiversité à la Haute-Île
Vue d’une pâture, Parc départemental de la Haute-île © Département de Seine-Saint-Denis
Le parc est géré selon une approche écologique et différenciée, adaptée à chaque type de milieu. Les prairies, par exemple, ne sont pas tondues intégralement et certaines herbes sont fauchées tardivement, après le cycle de vie des plantes, puis laissées en tas. Cette gestion différenciée favorise la biodiversité en offrant des refuges aux insectes et en maintenant un aspect naturel du paysage.
Les zones boisées bénéficient d’un traitement spécifique : les arbres tombés sont laissés sur place pour protéger le sol, limiter les intrusions et soutenir les micro-habitats. L’eau des chenaux, régulièrement contrôlée, est utilisée pour abreuver les animaux pâturant les friches, intégrant ainsi la gestion de l’eau à la stratégie écologique du site. Des aménagements ciblés, comme des nichoirs pour les faucons crécerelles, des îlots pour les Sternes pierregarins et des plantations de roselières, viennent compléter cette gestion différenciée en faveur de la faune.
Agropastoralisme au Parc départemental de la Haute-île © Franck Rondot / Département de la Seine-Saint-Denis
L’éco-pâturage constitue le cœur de l’entretien des pâtures du parc. Les troupeaux de vaches, moutons et brebis interviennent en rotation sur sept parcelles, permettant de maintenir l’ouverture des milieux naturels tout en respectant les équilibres écologiques du site et le classement Natura 2000. Cette approche naturelle limite l’usage d’engins mécaniques et de produits chimiques, favorise la diversité floristique, empêche l’envahissement par certaines espèces et valorise les races locales adaptées aux conditions du parc.
Agropastoralisme au Parc départemental de la Haute-île © Franck Rondot / Département de la Seine-Saint-Denis
La gestion différenciée combinée à l’éco-pâturage permet ainsi de préserver la richesse naturelle du site tout en réduisant l’empreinte écologique et les coûts d’entretien. Elle offre également une expérience éducative au public, en renforçant le lien avec la nature et en sensibilisant à des pratiques de gestion durable. L’équilibre entre ovins, caprins et bovins, ajusté régulièrement, garantit un maintien harmonieux des milieux tout en optimisant la biodiversité.
Agropastoralisme au Parc départemental de la Haute-île © Franck Rondot / Département de la Seine-Saint-Denis
🎧 En écoute
Pour en savoir plus écouter l’interview de Stéphane Guenneteau, technicien du parc de la Haute-Île, qui explique la mise en œuvre de l’écopâturage sur le parc.
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Une zone humide sculptée par l'Histoire
Parc départemental de la Haute-Île situé à Neuilly-sur-Marne. Lieu d'observation des oiseaux. Canal de Chelles. © Nicolas Moulard
L’île éponge
Saviez-vous que sous vos pieds, la terre travaille ? Ici, la Haute-Île porte fièrement son label Natura 2000, un titre d'excellence européen. Mais au-delà des mots, c’est une véritable renaissance : Ce site a été pensé comme une renaissance des paysages alluviaux de la Marne, agissant comme une éponge naturelle capable d'absorber les crues saisonnières pour maintenir des écosystèmes humides d'une grande richesse.
Parc de la Haute-Île - Été © Nicolas Moulard Vue d’un observatoire depuis la zone humide © Département de la Seine-Saint-Denis
L’art de devenir invisible
L'architecture du parc a été étudiée pour permettre une cohabitation harmonieuse entre les visiteurs et la vie sauvage. Le site dispose de six observatoires dont la conception en bois s'intègre parfaitement au paysage. Ces structures sont essentielles car elles favorisent une observation privilégiée de la faune et de la flore tout en agissant comme des écrans phoniques. En réduisant considérablement la propagation du bruit et en masquant la présence humaine, ces observatoires garantissent le calme nécessaire aux oiseaux, évitant ainsi de les perturber durant les périodes sensibles de nidification.
Parc départemental de la Haute-Île © Nicolas Moulard / Département de la Seine-Saint-Denis
Parc départemental de la Haute-Île © Nicolas Moulard / Département de la Seine-Saint-Denis
Des jardiniers… à quatre pattes !
Cette quiétude profite à des espèces emblématiques comme le Blongios nain, le Martin-pêcheur, le Héron cendré**** ou la Gallinule poule-d ‘eau, qui trouvent refuge dans les vastes roselières et la ripisylve environnante.
La flore, composée de saules, d'aulnes et de plantes rares, s'épanouit dans ce sanctuaire protégé. Enfin, pour préserver cet équilibre fragile sans l'usage de machines bruyantes, l'entretien des prairies humides est assuré par l'éco-pâturage de vaches Highland Cattle et de moutons, une méthode douce qui respecte le silence et la biodiversité du site.
Avant de continuer vers le prochain point, essayez de rester 30 secondes sans parler et sans bouger. Quel est le premier son que vous identifiez ?
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Quand la Marne déborde : 1910 et 2018
Le petit Journal, Supplément Illustré, « Encore les Inondations », Pour la seconde fois en dix mois les riverains de la Seine sont forcés de fuir leur logis, Dimanche 27 novembre 1910 © Bibliothèque Nationale de France
Regardez le totem devant vous. Levez la main à la hauteur de la crue de 2018, puis celle de 1910. Laquelle vous dépasse ? Imaginez-vous avec de l'eau jusqu'à ce niveau à l'endroit exact où vous vous tenez.
Neuilly-sur-Marne, Inondations 1910, Vue prise de la Terrasse du Dépot des Tramways © Archive du Département du Val-d'Oise
En janvier 1910, la Marne connaît une crue exceptionnelle qui participe à la grande inondation de Paris. L’hiver est particulièrement pluvieux, les sols sont saturés d’eau et la fonte des neiges accentue encore la situation. Les vallées de la Marne sont largement submergées. De nombreuses communes sont touchées : habitations, voies ferrées et réseaux de transport sont inondés, contraignant les habitants à se déplacer en barque. Cette crue alimente directement la montée de la Seine à Paris, qui atteint 8,62 mètres au pont d’Austerlitz, un niveau record depuis le XVIIᵉ siècle.
Si le nombre de victimes reste limité, les dégâts matériels sont immenses et l’impact économique considérable. Les images de rues transformées en canaux marquent durablement les esprits et font de 1910 une référence majeure dans l’histoire des crues.ux marquent durablement les esprits et font de 1910 une référence majeure dans l’histoire des crues.
Crue de la Marne au parc de la Haute-Île © Jean-Louis Bellurget
Un siècle plus tard, entre décembre 2017 et janvier 2018, des pluies exceptionnelles s’abattent encore sur le bassin de la Marne, avec près de 475 mm de précipitations en un mois, un record depuis plus de 60 ans. Le parc de la Haute-Île se situe dans le lit majeur de la Marne, une zone naturelle d’expansion des crues.
Conçu sans constructions vulnérables, le parc joue volontairement le rôle de zone tampon. Lors de la crue de 2018, une partie du site est submergée. En accueillant temporairement les eaux, la Haute-Île permet de limiter l’aggravation des inondations dans les quartiers habités voisins. Cette stratégie illustre une approche contemporaine de gestion des risques : laisser de l’espace au fleuve plutôt que le contraindre.
Chemin de la friche au parc de la Haute-Île lors de la crue de la Marne en 2018 © Département de la Seine-Saint-Denis / DNPB
Pendant plusieurs semaines, certaines allées et prairies deviennent impraticables, obligeant le parc à fermer partiellement ses portes. Ces inondations ont toutefois des effets écologiques bénéfiques : elles réalimentent les zones humides, enrichissent les sols et diversifient les habitats pour les oiseaux, les amphibiens et les insectes.
Sauvetage d’Apollon par les pompiers à Perreux-sur-Marne © Département de la Seine-Saint-Denis
L’aventure d’Apollon
La crue de 2018 reste marquée par l'aventure incroyable d'Apollon,un taureau Highland Cattle. Alors que les moutons avaient été mis à l'abri au parc du Sausset, les bovins, eux, occupaient les hauteurs du site. Poussé par la curiosité, Apollon s'est approché trop près de la rive avant de basculer dans les eaux de la Marne, qui l'ont emporté sur près de 4 kilomètres. Retrouvé épuisé au Perreux-sur-Marne, il a été sauvé par les pompiers et les agents départementaux, qui ont réussi l'exploit de le hisser dans un van adapté. Après cette aventure, le rescapé a regagné la Haute-Île pour reprendre son rôle essentiel dans l'entretien écologique du parc.
Apollon dans le parc de Haute-Île © Département de la Seine-Saint-Denis
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La nidification des oiseaux
Blongios nain © Michaël Duclos
Vous vous trouvez dans un cône d’écoute, un espace privilégié pour observer et entendre les oiseaux du parc de la Haute-Île. La nidification est une étape cruciale dans le cycle de vie des oiseaux, il s’étend généralement du printemps au début de l’été, lorsque les conditions sont réunies pour élever les futurs oisillons.
Martin-pêcheur © CG93 DNPB AJ / A. Jernival
Le parc accueille une grande diversité d’espèces. Parmi elles, le Blongios nain, un petit héron discret, installe son nid au cœur des roselières denses, à l’abri des regards. Le Martin-pêcheur d’Europe, reconnaissable à son plumage bleu et orange, creuse quant à lui un terrier dans les berges sableuses pour y pondre ses œufs. La Sterne pierregarin, espèce protégée, visite également la Haute Île lors de ses haltes migratoires, profitant des zones calmes pour se reposer et se nourrir.
Héron cendré © Michaël Duclos
La réussite de la nidification dépend fortement de la tranquillité des lieux. Bruit, passages répétés ou dérangement dans les zones sensibles peuvent compromettre la reproduction. C’est pourquoi les écogardes jouent un rôle clé : ils surveillent les zones de nidification, veillent à limiter les perturbations et sensibilisent les visiteurs à l’importance de préserver ces moments fragiles.
Hibou des marais @ Département de la Seine-Saint-Denis
Depuis 2002, le parc bénéficie d’un suivi ornithologique régulier réalisé par la Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO). Entre 2002 et 2006, environ 75 espèces étaient observées chaque année. En 2013, ce chiffre est monté à 113 espèces, témoignant de l’impact positif des aménagements et de la gestion écologique du parc. Une progression d’autant plus remarquable que, partout en Île-de-France, la plupart des espèces d’oiseaux sont en déclin.
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L'archéosite
Archéosite © Département de la Seine-Saint-Denis
Zone de fouille archéologique sur le parc de la Haute-Ile au début des années 2000 © Département de la Seine-Saint-Denis.
La création du parc de la Haute-Île à la fin des années 1990 a été l’occasion de réaliser des fouilles archéologiques préventives en 1999. Ces recherches ont révélé une densité de vestiges exceptionnelle, montrant que le site a été occupé presque sans interruption pendant près de 10 000 ans, de la Préhistoire à l’époque moderne.
Parmi les découvertes majeures, une nécropole mésolithique datant d’environ 6 500 ans avant notre ère a été mise à jour. Composée de cinq sépultures, elle est la quatrième connue en France pour cette période, faisant de la Haute-Île un site de référence. Les archéologues y ont retrouvé des outils en silex, des objets en os, ainsi que des restes d’animaux sauvages comme le cerf ou le sanglier, témoignant du mode de vie de chasseurs-cueilleurs installés dans la vallée de la Marne.
Fouille archéologique sur le parc de la Haute-Ile © Département de la Seine-Saint-Denis
Aujourd’hui, la majorité de ces vestiges est invisible, les zones de fouilles ayant été rebouchées pour préserver le site. L’archéosite a pour vocation de rendre visible cet héritage enfoui. À travers des reconstitutions fondées sur les données scientifiques, il permet de transformer les résultats de la recherche en une expérience accessible et vivante.
Maison Danubienne au parc de la Haute-Ile © Département de la Seine-Saint-Denis
Le site présente notamment un campement mésolithique, avec une hutte recouverte de roseaux, des filets de pêche et des outils, ainsi qu’une maison néolithique dite “danubienne”, partiellement ouverte pour en dévoiler la structure.
L’archéosite établit ainsi un lien direct entre les zones de fouilles du parc et la vie quotidienne des populations préhistoriques, offrant aux visiteurs une immersion dans les paysages, les gestes et les savoir-faire des premiers habitants de la Haute-Île.
🎧 En écoute
Pour en savoir plus écouter l’interview de Manon Lescene, responsable de l’Archéosite au parc de la Haute-Île.
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La Sterne pierregarin au cœur du parc
Sterne pierregarin © El Golli Mohamed
L’un des secrets de biodiversité à la Haute-Ile ? Une gestion sur mesure de tous les espaces du parc.
Pour offrir un refuge à la Sterne pierregarin, une espèce protégée par le réseau Natura 2000, le parc a imaginé des solutions concrètes comme l'installation de barques de nidification. Ce dispositif porte ses fruits : depuis 2024, des observations ont confirmé que ces oiseaux s'y installent pour se reproduire.
Cette réussite repose sur un équilibre écologique global. En conservant volontairement du bois mort, en préservant les prairies et en pratiquant des coupes tardives, le site recrée un habitat sauvage et protecteur. Chaque geste de gestion transforme ainsi la Haute-Île en une zone de nidification privilégiée.
Une Sterne pierregarin en France © 4.0
Avant de poursuivre votre parcours, saisissez les jumelles mises à votre disposition et scrutez attentivement la surface de l'eau.
La sterne se reconnaît facilement à son bec rouge terminé de noir et à son vol léger au‑dessus de l’eau. Pour se nourrir, elle réalise de petits plongeons précis afin de capturer des poissons et de petits crustacés. En Île-de-France, les premières sternes arrivent dès la fin du mois de mars ou au début avril, période où l’on peut commencer à les observer en vol ou en pêche.
Elles restent visibles tout le printemps et l’été, jusqu’à leur départ en août-septembre pour rejoindre les côtes d’Afrique.
Sternepierregarin au parc de la Haute-Ile © Département de la Seine-Saint-Denis
🎧 En écoute
Pour en savoir écouter le chant de la Sterne pierregarin - Sterna Hirundo.
© Licence Creative Commons provenant de la base Xeno-canto
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Les habitants des bois
Pic vert au sol © Département de la Seine-Saint-Denis
Prenez place au cœur de ce cône acoustique, installez-vous confortablement et laissez vos oreilles devenir vos meilleurs guides.
Cette installation unique amplifie les sons subtils de la nature environnante et vous plonge dans l’intimité des boisements du parc, un habitat préservé grâce au maintien volontaire du bois mort et à une gestion diversifiée favorisant la prolifération des oiseaux.
Dans ce havre de paix, les arbres ne sont pas de simples végétaux, mais de véritables refuges et garde-mangers pour des espèces emblématiques.
Si un rire moqueur résonne entre les troncs, il s’agit sans doute du pic vert. Ce grand oiseau, mesurant entre 30 et 36 cm pour une envergure de 42 à 45 cm, arbore un plumage vert éclatant, une calotte rouge vif sur la tête et une moustache rouge chez le mâle (noire chez la femelle). Son cri distinctif évoque souvent un rire moqueur. Contrairement à la plupart des pics, le pic vert se nourrit principalement au sol, recherchant fourmis et larves grâce à sa langue extraordinairement longue, pouvant dépasser 10 cm et s’enrouler autour de son crâne lorsqu’elle est au repos. Elle lui permet de capturer ses proies directement dans leurs galeries. Le pic vert fréquente divers habitats : forêts de feuillus, bocages, vergers, parcs et jardins. Solitaire et sédentaire, il ne se regroupe généralement qu’en période de reproduction.
Renard dans le parc de la Haute-Île © Département de la Seine-Saint-Denis
Au sol, dans l’ombre des feuillages et des herbes hautes laissées par les coupes tardives, vous aurez peut-être la chance d’observer un renard roux se faufiler discrètement. Reconnaissable à son pelage roux et sa longue queue touffue, ce mammifère rusé est un maître de la discrétion. Prédateur opportuniste, il se nourrit de petits rongeurs, d’insectes, mais aussi de fruits, contribuant ainsi à réguler les populations et à maintenir l’équilibre écologique du site. Doté d’un odorat et d’une ouïe exceptionnels, il repère ses proies même dans la pénombre. Sa présence rappelle que chaque habitant de ces boisements joue un rôle essentiel dans la vie du parc, et que la nature s’épanouit grâce à cette diversité.
Renard dans le parc de la Haute-Ile © Département de la Seine-Saint-Denis
🎧 En écoute
Pour en savoir plus écouter l'enregistrement chant du Pic vert - Picus viridis.
© Licence Creative Commons provenant de la base Xeno-canto
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Les gardiens de la nature
Vue d’un observatoire au parc de la Haute-Île © Jean-Louis Bellurget / Département de Seine-Saint-Denis
Parc de la Haute-Île © Département de Seine-Saint-Denis
Nous voici à la fin de ce parcours de découverte du parc de la Haute-Île. Avant de repartir nous vous invitons à observer une dernière fois les paysages du parc.
Souvenez-vous du panneau au début du parcours : il présentait les animaux de la Haute-Île, mais il nous incluait aussi, nous, les humains. Derrière ces fentes de bois, vous n'êtes plus un simple visiteur, mais un habitant parmi les autres, partageant ce territoire avec la Sterne pierregarin ou le Martin-pêcheur. En observant les oiseaux sans les déranger, vous pratiquez une "cohabitation passive". Ce silence que vous respectez est essentiel : il permet aux oiseaux de dépenser leur énergie pour la chasse ou la nidification plutôt que pour la fuite.
Comprendre que nous partageons les mêmes besoins (accès à l'eau, nourriture, tranquillité) est le secret pour préserver cet équilibre fragile. Le panneau de l'entrée ne mentait pas : l'Homme est bien un habitant de la Haute-Île, mais sa mission actuelle est d'en être un gardien discret.
Nous espérons que cette visite vous a plu. Pour compléter la découverte des espaces du parc départemental de la Haute-Île, nous vous invitons à consulter ces ressources en ligne.
Parc de la Haute-Île© Jean-Louis Bellurget / Département de Seine-Saint-Denis
Activités annexes
Accéder au parcours
RER
Neuilly-Plaisance (Ligne A)
Chelles – Gournay RER (Ligne E)
Train
La Ferté-Milon – Château-Thierry (Gare de l’Est)
Bus
Pointe de Gournay (Ligne 113)
Pointe de Gournay (Ligne 221)


