Montfermeil, ville de patrimoine
Montfermeil




Découvrez Montfermeil à travers un parcours consacré à ses grands témoins patrimoniaux. De l’Arboretum au Musée des Métiers, de la fontaine Jean Valjean au moulin du Sempin, l’itinéraire relie des lieux emblématiques et des paysages urbains qui racontent l’évolution de la ville.
Cette promenade offre une première approche de l’histoire montfermeilloise : celle d’un ancien village marqué par les activités agricoles et forestières, les savoir-faire artisanaux, les transformations urbaines et la mémoire de ses habitants. Un parcours accessible pour comprendre, au fil des rues et des sites remarquables, ce qui fait l’identité singulière de Montfermeil.
La balade s’étend sur 4.7 kilomètres, avec quelques rues à forte déclivité.
Parcours conçu par le CAUE 93 en partenariat avec :

Ressources
- Archives de la Seine-Saint-Denis
- Archives de la ville de Montfermeil
- Gallica / BNF
- Département de la Seine-Saint-Denis
- Association Montfermeil et sa région – Musée des métiers – Société historique
Remerciements
Remerciement à Mme Céline Rouquette et au service Archives de la Ville de Montfermeil, ainsi qu’à l’équipe de Mme Corinne Pulicani, directrice des Affaires Culturelles et des Grands Evènements à la Ville de Montfermeil.
Aperçu du parcours
Le Musée des métiers (ou la maison de l’horloge)
Le musée des Métiers de Montfermeil, depuis le portail © Hugo Trutt / CAUE 93
Le Musée des Métiers, anciennement connu sous le nom de Musée Charles-Peyre, est installé dans l’une des dépendances de l’ancien ensemble agricole de la seigneurie de Montfermeil.
Aujourd’hui, on peine à imaginer l’ampleur de cette ferme, qui comptait à son apogée de nombreux hangars, des bergeries, des écuries, une étable, une laiterie, des poulaillers et un colombier, presque tous détruits depuis.
Sur cette carte postale ancienne (début XXe siècle), la légende mentionne “”. La maison de l’horloge est reconnaissable sur la droite de l’image à son clocheton (Archives ville de Montfermeil)
Au début du XXᵉ siècle, la ferme est encore exploitée, même si l’urbanisation de la banlieue rend progressivement l’activité agricole plus difficile et les terres moins accessibles. Dans les années 1940, l’exploitation cesse et une partie des bâtiments est détruite par le nouveau propriétaire.
Laissé dans un état préoccupant, le grand bâtiment de ferme qui accueille aujourd’hui le Musée des Métiers est racheté par la municipalité en 1976. Après des travaux de restauration structurelle, la ville y installe le siège de l’Office de tourisme, du Syndicat d’initiative et du musée régional des outils et métiers d’autrefois.
Carte Postale représentant le musée, après la rénovation de 1989. Editée en 1990 par la ville de Montfermeil (Archives. Ville de Montfermeil)
La collection présentée au musée a été réunie par Charles Peyre, historien local et président de l’association « Vieux Montfermeil et sa région », qui l’a patiemment constituée avec ses membres. À son décès, le musée prend le nom de Musée Charles-Peyre en hommage. Rebaptisé « Musée des Métiers » en 2020, il rassemble aujourd’hui plusieurs milliers d’outils témoignant de plus de 70 métiers.
Au rez-de-chaussée, les collections évoquent les travaux agricoles, de la préparation des sols à la récolte, ainsi que l’usage de la traction animale. Elles présentent aussi les métiers liés à la forêt et au travail du bois, particulièrement présents à Montfermeil en raison de la proximité de la forêt de Bondy.
Le premier étage est dédié aux activités artisanales, aux métiers du bâtiment et aux travaux domestiques : couture, lavage, dentelle ou encore fabrication de fleurs artificielles.
La restauration de la charpente a révélé des marques qui suggèrent qu’il pourrait s’agir d’une charpente de réemploi provenant d’un autre bâtiment. Visible à l’étage du musée, elle pourrait dater du XIIIᵉ siècle.
La charpente du musée (Société d’Archéologie de Montfermeil)
L’édifice doit son surnom de « maison de l’Horloge » à son clocheton. L’horloge actuelle n’a été ajoutée qu’en 1990, à la suite de travaux de rénovation.
Le clocheton du Musée des métiers © Hugo Trutt / CAUE 93
Le Musée des métiers (ou la maison de l’horloge)
Le musée des Métiers de Montfermeil, depuis le portail © Hugo Trutt / CAUE 93
Le Musée des Métiers, anciennement connu sous le nom de Musée Charles-Peyre, est installé dans l’une des dépendances de l’ancien ensemble agricole de la seigneurie de Montfermeil.
Aujourd’hui, on peine à imaginer l’ampleur de cette ferme, qui comptait à son apogée de nombreux hangars, des bergeries, des écuries, une étable, une laiterie, des poulaillers et un colombier, presque tous détruits depuis.
Sur cette carte postale ancienne (début XXe siècle), la légende mentionne “”. La maison de l’horloge est reconnaissable sur la droite de l’image à son clocheton (Archives ville de Montfermeil)
Au début du XXᵉ siècle, la ferme est encore exploitée, même si l’urbanisation de la banlieue rend progressivement l’activité agricole plus difficile et les terres moins accessibles. Dans les années 1940, l’exploitation cesse et une partie des bâtiments est détruite par le nouveau propriétaire.
Laissé dans un état préoccupant, le grand bâtiment de ferme qui accueille aujourd’hui le Musée des Métiers est racheté par la municipalité en 1976. Après des travaux de restauration structurelle, la ville y installe le siège de l’Office de tourisme, du Syndicat d’initiative et du musée régional des outils et métiers d’autrefois.
Carte Postale représentant le musée, après la rénovation de 1989. Editée en 1990 par la ville de Montfermeil (Archives. Ville de Montfermeil)
La collection présentée au musée a été réunie par Charles Peyre, historien local et président de l’association « Vieux Montfermeil et sa région », qui l’a patiemment constituée avec ses membres. À son décès, le musée prend le nom de Musée Charles-Peyre en hommage. Rebaptisé « Musée des Métiers » en 2020, il rassemble aujourd’hui plusieurs milliers d’outils témoignant de plus de 70 métiers.
Au rez-de-chaussée, les collections évoquent les travaux agricoles, de la préparation des sols à la récolte, ainsi que l’usage de la traction animale. Elles présentent aussi les métiers liés à la forêt et au travail du bois, particulièrement présents à Montfermeil en raison de la proximité de la forêt de Bondy.
Le premier étage est dédié aux activités artisanales, aux métiers du bâtiment et aux travaux domestiques : couture, lavage, dentelle ou encore fabrication de fleurs artificielles.
La restauration de la charpente a révélé des marques qui suggèrent qu’il pourrait s’agir d’une charpente de réemploi provenant d’un autre bâtiment. Visible à l’étage du musée, elle pourrait dater du XIIIᵉ siècle.
La charpente du musée (Société d’Archéologie de Montfermeil)
L’édifice doit son surnom de « maison de l’Horloge » à son clocheton. L’horloge actuelle n’a été ajoutée qu’en 1990, à la suite de travaux de rénovation.
Le clocheton du Musée des métiers © Hugo Trutt / CAUE 93
Le Petit-Château
Le Petit-Château, photographié en 1905. (Archives Montfermeil)
Le Petit-Château de Montfermeil, aussi appelé maison de Bourlon, est la plus ancienne demeure de Montfermeil. Son domaine commence à se constituer vers 1622 et le bâtiment est construit entre 1625 et 1635. Il aurait été édifié sur le site d’une ancienne léproserie médiévale.
S’il porte le nom de « château », le Petit-Château est avant tout une demeure bourgeoise, et non un grand château monumental comparable au Grand Château voisin, aujourd’hui démoli. Selon les premières descriptions connues, il s’agit d’un ensemble assez sobre, doté de dépendances agricoles : « une grande maison constituée en plusieurs corps de logis et autres bâtiments, deux grandes cours et jardins enclos de murs ». Mêlant les fonctions résidentielles et d’exploitation, l’architecture de la maison de Bourlon privilégie la simplicité et la fonctionnalité.
Le Petit-Château et ses nombreuses dépendances agricoles, aujourd’hui partiellement détruites. Le château est visible à gauche, derrière le toit de la maison de l’horloge (actuel musée des métiers). Carte postale de 1905 (Ville de Montfermeil)
Au XVIIIᵉ siècle, le Petit-Château est lié au domaine seigneurial de Montfermeil. Il est notamment occupé par Jacques Le Carlier, beau-père de François Poisson, lui-même père de la marquise de Pompadour. En 1742, Jean Hyacinthe Hocquart réunit le Petit-Château au marquisat de Montfermeil. Après la Révolution, le domaine est transféré à la République.
En 1869, le Petit-Château devient le terminus du monorail Larmanjat, une expérience ferroviaire expérimentale reliant Le Raincy à Montfermeil. Il s’agit de la première ligne de train reliant Montfermeil. La locomotive à trois roues « L’Hirondelle », conçue par Jean Larmanjat, ne reste en service que deux ans, car elle a la fâcheuse tendance à dérailler.
Dessin technique de L’Hirondelle, la locomotive du monorail Larmanjat, dont la ligne de démonstration se terminait au Petit-Château (pendant 2 ans seulement !). Publié dans la presse spécialisée ferroviaire et technique (Source : Engineering magazine, publication anglaise, 1870, domaine public)
De 1930 à 1952, le bâtiment accueille l’institution scolaire privée Saint-Paul, une école de garçons. Racheté ensuite par le Département, il est réhabilité et devient un établissement public autonome placé sous la tutelle de l’Aide sociale à l’enfance (ASE). Le Petit-Château accueille aujourd’hui des adolescents de 14 à 18 ans en difficulté ou en rupture familiale.

Vues postales de l’école Saint-Paul. Le porche monumental a disparu aujourd'hui (Archives : Ville de Montfermeil)
La maison de Bourlon est partiellement inscrite au titre des monuments historiques depuis 1984 : son portail d’entrée, ses façades ainsi que les toitures des communs sont protégés.
La ferme seigneuriale voisine, dont il ne reste qu’un bâtiment, abrite désormais le Musée des Métiers. L’ancienne maison du jardinier, dite « le Vieux-Logis », accueille aujourd’hui une crèche municipale.
Le portail actuel du “Petit Château” laisse apparaître les bâtiments occupés par l’ASE © Hugo Trutt / CAUE 93
Le château des Cèdres
Le Château des Cèdres, vu depuis l’Arboretum © Hugo Trutt / CAUE 93
Le château des Cèdres est un rare témoin de l’architecture seigneuriale du XVIIᵉ siècle à Montfermeil. Construit vers 1640 pour Denis Néret, procureur à la Chambre des comptes de Paris, il doit son nom aux grands cèdres qui ornaient autrefois son parc.
Le Château des Cèdres, vue depuis la cour (Ville de Montfermeil)
Son architecture, caractéristique du classicisme sous Louis XIII, repose sur une composition sobre et symétrique. La façade, scandée de travées régulières, est animée par un avant-corps central encadré de pilastres ioniques et couronné d’un fronton percé d’un oculus.


Détails et décors à l’intérieur du château (Ville de Montfermeil, 2007)
Malgré des transformations aux XVIIIᵉ et XIXᵉ siècles, le château conserve sa silhouette et plusieurs éléments remarquables, dont une rampe d’escalier en fer forgé du XVIIᵉ siècle, inscrite au titre des monuments historiques.
Les Cèdres sous la neige (Années 90, Archives Montfermeil)
Le château des Cèdres est le seul des grands châteaux historiques de Montfermeil à subsister. Il a survécu à deux voisins aujourd’hui disparus : le château de Montfermeil, situé sur l’actuelle avenue Jean-Jaurès et détruit en 1925, ainsi que le château des Perriers, immortalisé par Jean Cocteau dans Thomas l’Imposteur en 1964-1965, puis démoli pour laisser place à une résidence moderne.
Le Grand-Château de Montfermeil, détruit en 1925, comme le Chateau des Cèdres, l’une des grandes demeures de Montfermeil. Trop couteuse à entretenir, il tombera en ruine et sera démoli (Ville de Montfermeil)
Les décors intérieurs comprennent également des bas-reliefs néoclassiques en gypse, réalisés au début du XIXᵉ siècle. Sauvé de la ruine par Émile Hovelaque, inspecteur général de l’Instruction publique et défenseur du patrimoine montfermeillois, le château a connu plusieurs usages : élevage d’oiseaux, puis centre de protection de l’enfance. La Ville l’acquiert finalement avec son parc en 1994. Le domaine accueille aujourd’hui le spectacle "sons et lumières" de la ville et son arboretum est ouvert au public.
L’Arboretum
Théâtre de verdure, dans l’Arboretum des Cèdres, Août 2026 © Hugo Trutt / CAUE 93
À Montfermeil, les parcs Jean-Valjean et du château des Cèdres ont été réunis pour former un arboretum municipal de 11 hectares. La paysagiste Ursula Kurz, de l’agence PASODOBLE, y a conçu un parcours pédagogique retraçant l’évolution des végétaux, du ginkgo biloba aux plantes cultivées par l’homme, à travers 97 essences d’arbres et d’arbustes.
Le projet se distingue par 17 monticules paysagers, appelés « cairns », qui présentent différentes familles végétales. Reliés par un cheminement accessible et sinueux en béton désactivé, ils accompagnent le relief du site et offrent des vues vers la vallée de la Marne.
L’Arboretum, un havre de biodiversité et de fraîcheur au cœur de Montfermeil © Hugo Trutt / CAUE 93
L’aménagement comprend aussi des structures en bois inspirées de l’origami, dont un kiosque à musique, ainsi qu’une digue longue de 216 mètres.
Les “origamis en bois” qui rythment le parcours du visiteur dans l’Arboretum, signés par l’agence PASODOBLE © Hugo Trutt / CAUE 93
Celle-ci traverse le parc, retient une grande pièce d’eau et relie les parties nord et sud de la ville. Elle crée un paysage inédit aux accents portuaires et remplace l’ancien déversoir connu sous le nom d’« étang de l’Abîme ».

La digue sur la grande pièce d’eau (état actuel). Cette pièce d’eau a remplacé l’étang de l’Abîme tel qu’il était représenté sur cette carte postale du début du XXe siècle (Ville de Montfermeil) et © Hugo Trutt / CAUE 93
Les différentes séquences paysagères de l’arboretum entraînent le promeneur dans des atmosphères très variées, de la promenade sur la digue en béton blanc au caractère plus sauvage de certains sous-bois. Le réaménagement paysager s’inspire du land art : l’ambition n’est pas seulement d’entretenir un patrimoine naturel hérité, mais aussi de faire de la promenade une expérience esthétique.
Le projet s’est accompagné d’un important travail de signalétique réalisé par Régis Biecher, associé de l’agence PASODOBLE, mettant en valeur la diversité de la faune et de la flore présentes dans l’arboretum.
La fontaine Jean-Valjean
La Fontaine Jean-Valjean, en août 2026 © Hugo Trutt / CAUE 93
Montfermeil est liée à deux grands romans. On retient notamment le succès populaire de La Laitière de Montfermeil (1827), de Charles-Paul de Kock, aujourd’hui largement oublié. Mais la ville est surtout associée au livre III des Misérables de Victor Hugo, publié en 1862.
La première page illustrée de “La laitière de Montfermeil” par Ch.-Paul de Kock (réédition de 1889), l’autre grand roman qui fit connaître Montfermeil (Gallica, BNF)
Victor Hugo connaît bien Montfermeil, alors simple « village dans les bois » selon ses propres mots, pour y avoir séjourné en juillet 1845 avec Juliette Drouet. Il s’inspire des lieux pour créer certains de ses personnages les plus emblématiques : le couple Thénardier, marqué par sa cupidité, et la jeune Cosette, exploitée par les aubergistes.
De nombreuses cartes postales anciennes de Montfermeil commercialisées au début du XXe, jouent sur l’”Hugolâtrie” et le mythe des Misérables en mettant en scène les personnages du roman. Ici l’emblématique duo formé par Cosette et Jean Valjean, sur une vue colorisée de 1908 (Source : Archives de la ville de Montfermeil).
La rencontre entre Cosette et Jean Valjean, héros des Misérables, se déroule près de la fontaine du même nom, autrefois appelée fontaine Buisson puis fontaine de l’Abîme.
Une plaque apposée près du point d’eau restitue leur premier dialogue :
« La figure maigre et chétive de Cosette se dessinait vaguement à la lueur livide du ciel.
— Comment t’appelles-tu ?
— Cosette. »
(Victor Hugo)
La fontaine Jean Valjean avant sa reconstruction (Ville de Montfermeil)
Antoine Gilbert (1948-2001), jeune sculpteur de Gagny, reçoit en 1966 une commande de la ville de Montfermeil pour réaliser un bas-relief en pierre de taille. Il s’agit alors de restaurer la fontaine historique, endommagée lors de la construction de la résidence moderne voisine. Les bas-reliefs représentent plusieurs personnages centraux du roman ainsi que Victor Hugo, reconnaissable à sa barbe caractéristique.


Quelques détails de la Fontaine Jean-Valjean, dont les bas-reliefs sculptés par Antoine Gilbert (1966).
Le sentier de Cosette, itinéraire de randonnée PR19 long de 10 kilomètres, traverse Montfermeil et Coubron sur les traces du roman et passe par la fontaine Jean-Valjean.
Église Saint-Pierre-Saint-Paul
La façade principale de l’église Saint-Pierre-Saint-Paul, restaurée en 2021 © Hugo Trutt / CAUE 93
L’église Saint-Pierre-Saint-Paul se situe dans l’un des secteurs de Montfermeil où subsistent les traces les plus anciennes d’occupations humaines : de nombreux outils en silex taillés, remontant à la Préhistoire, ont été trouvés à proximité.
Dès le XIIᵉ siècle, une première communauté de moines y installe un ermitage, connu sous le nom de « Val Adam ». C’est ici qu’à partir des XIIIᵉ et XIVᵉ siècles s’élève l’église initiale, dédiée aux saints Pierre et Paul.
Le clocher de l’église Saint-Pierre Saint-Paul est l’un de ses éléments les plus anciens. Il a été conservé lors des remaniements modernes de son architecture © Hugo Trutt / CAUE 93
L’architecte Jacques Molinos, élève de Blondel, dirige la restauration de l’église entre 1817 et 1820, à la suite des dégradations de la période révolutionnaire. Avant d’être rendue aux habitants de Montfermeil en 1802, elle avait en effet commencé à être démantelée : ses matériaux étaient vendus pour la construction.


Quelques vues d’archive des abords de l’église de Montfermeil, au début du XXème siècle, ont un aspect pastoral. La place a été totalement remaniée et les dépendances ont été détruites depuis © Hugo Trutt / CAUE 93
La rénovation menée par Molinos, architecte néoclassique, ne conserve que les éléments pouvant être préservés : le clocher, le chœur et la nef. Une partie de l’architecture initiale est alors recouverte par une voûte ogivale en plâtre. Certains éléments datés du XIIᵉ siècle, relevant de la tradition gothique francilienne, sont redécouverts au XXᵉ siècle sous des couches de plâtre, notamment d’élégants chapiteaux sculptés de feuilles d’acanthe.
Les chapiteaux aux feuilles d’acanthes, aujourd’hui de nouveau visibles dans l’église © Hugo Trutt / CAUE 93
À l’intérieur, de nombreux éléments sont répertoriés à l’Inventaire général du patrimoine culturel et au titre des monuments historiques, parmi lesquels l’autel, les fonts baptismaux en marbre noir et le calvaire en bronze signé par le sculpteur François Rude, daté de 1852.
L’intérieur de l’église, vue carte postale du début du XXème siècle (Archives Municipales de Montfermeil)
L’intérieur de l’église, aux peintures très colorées, rénovées en 2021 © Hugo Trutt / CAUE 93
De grandes familles de Montfermeil ont contribué à l’architecture et au mobilier de l’église Saint-Pierre-Saint-Paul. La famille Nicolai, propriétaire du Grand Château, a ainsi offert les fonts baptismaux portant ses armes. Le fermier Jean Hyacinthe Hocquart fait don d’une cloche. L’architecte Jules Formigé, dont le nom est associé à l’ancien château des Bosquets, travaille quant à lui à la restauration de l’édifice. Les vitraux du XIXᵉ siècle ont été offerts par d’anciens maires de la commune.
En explorant l’intérieur, on remarquera également une sculpture en bois de saint Vincent, tenant une grappe de raisin à la main. Patron des vignerons, il rappelle l’importance passée de la viticulture dans l’activité agricole de la plaine de Montfermeil. Aujourd’hui presque inexistante, cette activité est toutefois évoquée par une vigne replantée en 2002 dans le parc Jean-Pierre-Jousseaume, entretenue par l’association du Clos Jean-Valjean, soucieuse de renouer avec cette tradition viticole.
Sculpture de Saint-Vincent, en bois, avec à la main une grappe de raisin © Hugo Trutt / CAUE 93
Hôtel-de-Ville de Montfermeil
La façade principale de l’hôtel de ville de Montfermeil, depuis la place Jean-Mermoz. Photographiée en août 2026 © Hugo Trutt / CAUE 93
L’actuel hôtel de ville de Montfermeil occupe la demeure de la Haute Futaie, construite en 1853 sur une partie de l’ancien domaine de la Folie Joyeuse. Celui-ci, constitué à la fin du XVIIe siècle puis développé au XVIIIe siècle, passa entre les mains de plusieurs propriétaires, dont le marquis de Joyeuse et le baron de Coqueromont, maire de Montfermeil au début de la Restauration.
Après la mort de ce dernier en 1844, le domaine fut morcelé. François-Ferdinand Decaen fit alors édifier la maison actuelle, au sein du domaine de la Haute Futaie. Lotie au début du XXe siècle, la propriété fut acquise vers 1910 par M. Murat, qui y installa une colonie scolaire.
Le fronton de l’actuel hôtel de ville est ici recouvert d’une inscription “Colonie Enfantine Scolaire” et ses jeunes occupants se tiennent la main pour la photographie. La place s’appelait alors “place des Marronniers” (Archives de la ville de Montfermeil)
Occupée par les troupes durant la Première Guerre mondiale, elle abrita ensuite le Secours national et le Comité de soutien aux prisonniers de guerre pendant la Seconde Guerre mondiale.
Transformée en pensionnat privé vers 1950, la demeure fut achetée par la commune en 1979, après la fermeture de l’établissement. Agrandie et réaménagée, elle devient le nouvel hôtel de ville de Montfermeil, inauguré en 1982.
L’ancienne mairie, située Grande-Rue (maintenant rue Henri-Barbusse) était lotie dans un immeuble de bourg, à côté de l’école communale, jusqu’en 1982 (Archives ville de Montfermeil)
L’hôtel de ville de Montfermeil est situé sur la place Jean-Mermoz, qui a changé plusieurs fois de nom : de Place d'Armes, elle est devenue Place des Marronniers, avant d'être rebaptisée Place Jean-Mermoz.
La place a servi de terminus éphémère, lors de ses quelques mois d’activités (1868-1869), à la ligne expérimentale de tramway monorail du système Larmanjat.
Le monument au général de Gaulle, en août 2026 © Hugo Trutt / CAUE 93
Aujourd’hui, la place accueille de nombreux monuments mémoriels : un monument au général de Gaulle, une stèle à Daniel Perdrigé, maire communiste de Montfermeil (1936-1939) et résistant, une colonne en hommage à la France libre et une plaque en l'honneur de l'officier Arnaud Beltrame, victime du terrorisme en 2018.
Un grand cèdre, planté en 1989 en mémoire du peuple libanais, anime majestueusement le paysage de la place © Hugo Trutt / CAUE 93
Le Moulin du Sempin
Le moulin du Sempin, en août 2026 © Hugo Trutt / CAUE 93
Labellisé « Patrimoine d’intérêt régional », le moulin du Sempin est le dernier moulin à vent en état de marche de Seine-Saint-Denis. Utilisé comme musée vivant, il constitue un rare témoignage de l’activité meunière traditionnelle et permet de découvrir ce métier ancien dans un site remarquable. À son pied, un vaste espace vert, une vigne et un verger composent un paysage pittoresque.
Le “Vieux Moulin” ou “Moulin de la Galette” est souvent représenté sur les vues pittoresques de Montfermeil, même s’il a été remonté à quelques dizaines de mètres de celui qu’on peut voir sur les cartes postales du début du XXe (Archives ville de Montfermeil)
L’actuel moulin du Sempin est la reconstruction d’un ancien moulin, dit « moulin de la Galette » ou « moulin de la Justice », daté de 1740. Il est intégralement remonté entre 1986 et 1988, à une centaine de mètres de son emplacement initial, en réemployant autant que possible ses pierres d’origine.
8 novembre 1986, pose de la première pierre du Moulin de Montfermeil et début du chantier de reconstruction (Archives ville de Montfermeil)
Le moulin remonterait à l’époque du baron Hocquart. Tombé en désuétude, il devient une guinguette où l’on vient danser, boire du vin blanc et manger des galettes, d’où son surnom de « moulin de la Galette ».
Sur cette carte postale du début du XXe, recolorisée, on distingue bien le restaurant (bâtiment de gauche) où il est écrit “Café Restaurant du Moulin” (Archives de Montfermeil)
L’une de ses particularités tient à sa proximité historique avec d’anciennes carrières de gypse. Une première restauration est interrompue à la suite d’un affaissement de carrière. Le moulin est donc finalement reconstruit au point culminant de la ville, ancien point de guet de la commune.
Le parc situé à son pied, aménagé sur d’anciennes carrières, a fait l’objet de travaux de consolidation à la suite d’effondrements de terrain, ou fontis. Des opérations de consolidation et de renaturation, menées depuis une dizaine d’années, arrivent à leur terme pour cet espace naturel précieux, situé à la frontière entre la Seine-Saint-Denis et la Seine-et-Marne.
Cette vue de carte postale, prise en bas de la butte du Sempin, montre en premier plan les usines de transformation de la gypse en plâtre (Archives de la ville de Montfermeil)
À l’intérieur, l’Association de sauvegarde du moulin, qui a participé à sa reconstruction, œuvre à préserver la connaissance de ce savoir-faire agricole aujourd’hui presque disparu. Le moulin est ouvert à la visite les dimanches après-midi, ainsi qu’à l’occasion de grands rendez-vous patrimoniaux, notamment les Journées européennes du patrimoine.
La Fontaine Lassaut & le quartier des Carrières
La Fontaine Lassaut et son lavoir, en 2026 © Hugo Trutt / CAUE 93
Au début du XIXᵉ siècle, Montfermeil connaît des difficultés d’accès à l’eau après l’interdiction faite aux habitants, en 1807, d’utiliser la source située dans le parc du château Hocquart, aujourd’hui disparu. La fontaine Buisson, devenue fontaine Jean-Valjean, devient alors leur principale ressource.
Carte postale (début XXe) représentant la Fontaine Lassaut. On lit en légende “Montfermeil - Fontaine Lassaut - Vieux Lavoirs & Source” (Archives ville de Montfermeil)
Pour améliorer la situation, la commune achète en 1843 la source de la fontaine La Saulx. Son débit est augmenté en 1853, puis l’eau est canalisée et un lavoir couvert est aménagé en 1861. Un second lavoir est construit sur le plateau en 1882, mais il a aujourd’hui disparu. Abandonné, puis restauré par la Ville en 1985, le lavoir de la fontaine La Saulx, aussi appelée Lassaut ou Lassaux, rappelle le travail éprouvant des lavandières au XIXᵉ siècle.

Vues pittoresques de la Fontaine. Les corps sont représentés au travail : les lavandières sont au lavoir, les autres viennent remplir leurs arrosoirs à la fontaine (Archives ville de Montfermeil)
La fontaine Lassaut se situe dans un quartier résidentiel établi sur les coteaux. On y descend par des escaliers menant vers le quartier des Coudreaux. Le caractère escarpé du terrain rappelle que Montfermeil est bâtie sur une butte. Le nom de la ville viendrait d’ailleurs du latin mons firmatus, « la colline fermée » ou « la colline fortifiée ».
Les Coudreaux, la falaise du Sampin. (orthographié incorrectement Sempin). Carte postale, fin XIXe. Les mineurs sur la photographie donnent l’échelle humaine (Domaine public)
Comme la plupart des grandes collines d’Île-de-France, la butte du Sempin a été largement exploitée pour son gypse, matière première du plâtre. Celui-ci est très utilisé dans la construction francilienne à partir du XVIIᵉ siècle, notamment en raison de ses qualités ignifuges et coupe-feu. Après le grand incendie de Londres, en 1666, les prescriptions parisiennes relatives au plâtre se renforcent afin de limiter les risques d’incendie.
Londres en flammes, vue depuis la Tamise, septembre 1666, par un peintre anonyme. Un incident a priori très loin de nous, mais qui modifiera profondément l’économie et la géographie francilienne (Museum of London, domaine public)
Une ancienne « rue de la Carrière », située à proximité, rappelle ce passé d’exploitation du gypse.
Idem, l’ancien “Chemin du Pot-à-beurre” (renommé en 1940 “rue du Docteur Calmette”) était en 1895, un sentier menant à la nouvelle carrière, composé de diverses couches géologiques, dont celle dite de “Pots-à-beurre”. Le “Chemin des Vieilles Carrières” qui surplombait les carrières de gypse de la région, pour désormais le nom du “Docteur Laennec”.
La Sente Galle, qui part de la Fontaine Lassaut, nous rappelle à quel point le quartier est bâti sur des pentes escarpées © Hugo Trutt / CAUE 93
Le quartier des Coudreaux
Le quartier des Coudreaux est un lotissement à cheval principalement sur Montfermeil (Seine-Saint-Denis) et Chelles (Seine-et-Marne), où il s'est développé à partir des années 1920. On y trouve notamment quelques beaux pavillons en pierre meulière © Hugo Trutt / CAUE 93
Le quartier des Coudreaux est un quartier de lotissements situé à la frontière entre Montfermeil et Chelles. Il prend place à l’emplacement d’un ancien lieu-dit de la forêt de Bondy : le bois des Coudreaux. Son nom dérive des nombreux « coudriers » (noisetiers) historiquement présents sur le site. Les Coudreaux étaient autrefois des dépendances de l’abbaye de Chelles et du marquisat de Montfermeil.
Sur le plan de Cassini (1756-1815), le bois des Coudreaux est figuré (il est orthographié “Bois de Découdrau). Le futur quartier est alors presque entièrement boisé (Gallica / BNF)
Confisqué à la Révolution française, le bois fut finalement transformé en lotissements au début du XXe siècle, en même temps que le lotissement de Franceville, au sud de Montfermeil. Les Coudreaux étant une zone étendue, leurs lotissements furent répartis entre trois sociétés immobilières : la société Île-de-France, à Chelles ; la société des Grès, à Montfermeil ; et la société Mignon et Chibon, à Courtry.
L’arrivée de nouveaux habitants, majoritairement venus de Paris ou d’autres quartiers urbanisés, modifia radicalement la sociologie du quartier, où les activités agricoles dominaient encore. Les habitants des Coudreaux, installés dès le début du XXe siècle et plus nombreux encore après la Seconde Guerre mondiale, appréciaient la proximité du centre-ville de Montfermeil, alliée aux plaisirs d’une vie à la campagne. Il subsistait alors de nombreux bois, étangs et chemins forestiers propices à la promenade. Ce paysage rural a aujourd’hui largement disparu.
Le marché des Coudreaux, dans les années 1910-1920, sur une carte postale. Il s’établi spontanément sur la place Ampère dans des baraquements de fortune (Archive Ville de Montfermeil)
Le quartier des Coudreaux est emblématique des grandes opérations de lotissement de la banlieue parisienne au XXe siècle : des acquéreurs souvent très modestes, poussés vers la banlieue par la pénurie de logements dans les centres-villes, y accédaient pour la première fois à la propriété. Parallèlement, les entrepreneurs-lotisseurs se souciaient peu d’équiper ces nouveaux quartiers en équipements publics et en aménagements.
La nouvelle place de marché des Coudreaux, dont la halle date de 1988 (rénovée en 2026) © Hugo Trutt / CAUE 93
Aux Coudreaux, pourtant, un petit centre-ville satellite s’est constitué autour de la place du Marché, réhabilitée en août 2026. Son marché alimentaire couvert s’anime deux fois par semaine, tandis que l’église Notre-Dame-de-Lourdes des Coudreaux, construite en 1966 par l’architecte Maurice Laurence, structure également ce pôle de quartier.
La composition architecturale de l’édifice associe des formes géométriques à des matériaux de construction modernes, tels que le métal et le béton. L’église remplaça une chapelle en bois édifiée quelques décennies plus tôt, devenue insuffisante pour accueillir les nouveaux fidèles du quartier.
L’église Notre-Dame-de-Lourdes à Montfermeil, en août 2026. La grande salle n’est ouverte qu’aux heures des offices © Hugo Trutt / CAUE 93
On retrouve souvent, sur d’anciennes cartes postales, les traces de ce qui est présenté comme un « donjon médiéval » dans le bois des Coudreaux. Il ne faut toutefois pas s’y laisser prendre : il s’agit d’une construction moderne, réalisée à partir de 1903 par un retraité de la Compagnie des chemins de fer, le long de l’actuelle avenue Claude-Bernard. Cette curiosité architecturale, fruit du travail d’un seul homme, a depuis été détruite.
L’étrange “Donjon médiéval” des Coudreaux. Les armatures en fer à l’arrière renseignent sur l’anachronisme de cet étrange château ! (Domaine public)
Activités annexes
Accéder au parcours
Métro
Clichy - Montfermeil (ligne 16, fin 2026 / début 2027)
Bus
Le Château (lignes 602, 701)
Tramway
Hôpital de Montfermeil (ligne T4)


