DétourLes CAUE  d'Île-de-France
Détour
4,9km
2h30

Créteil 70's : architecture iconique

Architecture
Architecture

Découvrez un projet urbain val-de-marnais hors du commun regroupant des bâtiments emblématiques de la seconde moitié du XXᵉ siècle.

Parcours conçu par le CAUE du Val-de-Marne en partenariat avec la ville de Créteil.

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Mode de mobilité
À pied

Aperçu du parcours

Étape 1

Au commencement du Nouveau Créteil

mediaDiapositive, site du Nouveau Créteil, 1971 © Archives départementales du Val-de-Marne, 64FI02_43

En 1965, la création du Val-de-Marne fait basculer la ville de Créteil dans une tout autre dimension. Sous le mandat du Général Billotte (1965-1977), ami du Général De Gaulle, la ville est désignée comme chef-lieu de ce nouveau département.

mediaDiapositive, site du Nouveau Créteil, juin 1971 © Archives départementales du Val-de-Marne, 64FI02_12

Environ 580 hectares, constitués de terrains vagues, de zones maraîchères et de sablières, sont ainsi voués à s’urbaniser, à l’ouest du centre historique.

mediaAffiche publicitaire du Nouveau Créteil

© Archives départementales du Val-de-Marne, 29FI028_1395

Le Nouveau Créteil est pensé pour disposer de tous les éléments nécessaires à une ville attractive, fonctionnelle et indépendante.

mediaPhoto de l’équipe © Archives départementales du Val-de-Marne

Pierre Dufau, l’architecte en chef nommé à la suite de Jean Fayeton (décédé en 1968), compose une équipe pluridisciplinaire. Architectes, paysagistes, coloristes, artistes et designers, tous pour la plupart reconnus (Grand Prix de Rome, agence de renom), participeront à cette grande épopée.

mediaPlan de la première tranche du Nouveau Créteil, plaquette de présentation SEMAEC, 1971 © Archives municipales de Créteil

Les architectes chargés des logements d’un quartier en conçoivent et réalisent également les équipements, ce qui apporte une cohérence à l’échelle des quartiers, mais aussi une certaine diversité au niveau de la ville.

Bien que séparés par de grands axes routiers, les différents quartiers sont reliés entre eux par des systèmes de passerelles ou de passages souterrains facilitant la circulation des piétons.

mediaMaquette du Nouveau Créteil, 1970 ©Archives départementales du Val-de-Marne, 33FI028_257

Le projet du Nouveau Créteil se veut emblématique de l’innovation et de la modernité. Les architectes, à qui une grande liberté d’expression est donnée, développent une esthétique forte et reconnaissable. Ils cherchent à rompre avec la monotonie orthogonale des barres et des tours des grands ensembles et proposent formes et volumétries nouvelles.

Courbes, ondulations, angles aiguisés, formes singulières, ces architectures sont de véritables sculptures, témoignages d’une époque étonnante.

mediaCréteil, 1961 © Géoportail

Dix nouveaux quartiers regroupant habitations, commerces, bureaux, activités, équipements, administratifs, culturels, un hôpital et une université vont voir le jour en une douzaine d'années.

mediaApparition du Nouveau Créteil, 1976 © Géoportail

Au début des années 1970, le Nouveau Créteil constitue un des plus gros chantiers de France !

Étape 1

Au commencement du Nouveau Créteil

mediaDiapositive, site du Nouveau Créteil, 1971 © Archives départementales du Val-de-Marne, 64FI02_43

En 1965, la création du Val-de-Marne fait basculer la ville de Créteil dans une tout autre dimension. Sous le mandat du Général Billotte (1965-1977), ami du Général De Gaulle, la ville est désignée comme chef-lieu de ce nouveau département.

mediaDiapositive, site du Nouveau Créteil, juin 1971 © Archives départementales du Val-de-Marne, 64FI02_12

Environ 580 hectares, constitués de terrains vagues, de zones maraîchères et de sablières, sont ainsi voués à s’urbaniser, à l’ouest du centre historique.

mediaAffiche publicitaire du Nouveau Créteil

© Archives départementales du Val-de-Marne, 29FI028_1395

Le Nouveau Créteil est pensé pour disposer de tous les éléments nécessaires à une ville attractive, fonctionnelle et indépendante.

mediaPhoto de l’équipe © Archives départementales du Val-de-Marne

Pierre Dufau, l’architecte en chef nommé à la suite de Jean Fayeton (décédé en 1968), compose une équipe pluridisciplinaire. Architectes, paysagistes, coloristes, artistes et designers, tous pour la plupart reconnus (Grand Prix de Rome, agence de renom), participeront à cette grande épopée.

mediaPlan de la première tranche du Nouveau Créteil, plaquette de présentation SEMAEC, 1971 © Archives municipales de Créteil

Les architectes chargés des logements d’un quartier en conçoivent et réalisent également les équipements, ce qui apporte une cohérence à l’échelle des quartiers, mais aussi une certaine diversité au niveau de la ville.

Bien que séparés par de grands axes routiers, les différents quartiers sont reliés entre eux par des systèmes de passerelles ou de passages souterrains facilitant la circulation des piétons.

mediaMaquette du Nouveau Créteil, 1970 ©Archives départementales du Val-de-Marne, 33FI028_257

Le projet du Nouveau Créteil se veut emblématique de l’innovation et de la modernité. Les architectes, à qui une grande liberté d’expression est donnée, développent une esthétique forte et reconnaissable. Ils cherchent à rompre avec la monotonie orthogonale des barres et des tours des grands ensembles et proposent formes et volumétries nouvelles.

Courbes, ondulations, angles aiguisés, formes singulières, ces architectures sont de véritables sculptures, témoignages d’une époque étonnante.

mediaCréteil, 1961 © Géoportail

Dix nouveaux quartiers regroupant habitations, commerces, bureaux, activités, équipements, administratifs, culturels, un hôpital et une université vont voir le jour en une douzaine d'années.

mediaApparition du Nouveau Créteil, 1976 © Géoportail

Au début des années 1970, le Nouveau Créteil constitue un des plus gros chantiers de France !

Étape 2

L'Hôtel de ville

Le phare du Nouveau Créteil

media© Timothée Eisenegger

Ce cylindre semblant suspendu dans le vide ne passe pas inaperçu sur la place. Architecture audacieuse et moderniste, l’Hôtel de ville est conçu par l’architecte en chef du Nouveau Créteil, Pierre Dufau. Grand prix de Rome en 1938 et architecte en chef des bâtiments nationaux en 1967, Pierre Dufau dirige l’une des plus grandes agences françaises de l’époque.

mediaLe centre-ville, quartier de mouvement et de l’animation © Brochure éditée par la SEMAEC, p.18-19, 1882

Livré en 1974, le bâtiment se compose de deux principaux éléments géométriques : une tour de 11 étages, de 70 mètres de haut accueillant les bureaux, et un large cylindre de 40 mètres de diamètre comprenant 4 niveaux partiellement enterrés, où sont situés les espaces destinés au public.

Une fine tour en béton jouxte l'ensemble, elle abrite une circulation verticale.

mediaDétail de l’hôtel de ville © Timothée Eisenegger

Silhouette imposante aux façades de verre fumé, typique des années 1970, l’Hôtel de ville de Créteil allie fonctionnalité rationnelle et esthétique soignée. En s’approchant du bâtiment, on peut se rendre compte des différents éléments constructifs. Les incrustations de pierres et de gravillons apportent chaleur et matérialité au béton, les habillages dessinent en sous-face du bâtiment une trame originale et dynamique qui dialogue avec le béton cannelé et l’ossature métallique des façades.

mediaHôtel de ville en construction, 1969-1972 © Archives départementales du Val-de-Marne, 105FI 123

L'architecte a choisi un principe constructif particulier pour la tour.

Un noyau en béton, dont les parois s'enfoncent à 28 mètres de profondeur, est positionné au centre, tandis qu’à son sommet, dix branches rayonnantes en béton soutiennent l’ossature des planchers grâce à des suspentes métalliques.

Ce choix esthétique est également une réponse technique aux contraintes d’un sol sableux afin de limiter le nombre de fondations.

mediaHôtel de ville: vue du bâtiment en construction, octobre 1973 © Archives départementales du Val-de-Marne, 33FI 1018

La structure du bâtiment, alors rendue visible car déportée à l’extérieur du bâtiment, participe à une mise en scène architecturale dynamique et audacieuse.

L’Aurore du 10 mai 1973 titre “Créteil vise haut ! Pour édifier le futur hôtel de ville de Créteil (...) Il a fallu faire appel à la grue sur rail la plus haute d’europe : 80 mètres”.

La construction de l’Hôtel de ville relève effectivement d’une performance. Le coffrage circulaire sur vérin avance à une vitesse record de 3 mètres par jour !

À l'intérieur du bâtiment, la décoration sobre et colorée est signé Michel Boyer :

mediaSalle du conseilmediaSalle des mariage, mobilier Knoll International

mediaEscalier d’honneurmediaEntresol, tapisserie de Victor Vasarely

© Timothée Eisenegger

Étape 3

La Maison des arts et de la culture

mediaMaison des Arts en construction

© Fonds Henri Locuratolo, 1969-1972, Archives municipales de Créteil, 105 FI 678

Construit sous André Malraux, ministre de la Culture de l’époque à l’initiative de la création des Maisons des Arts et de la Culture, la « MAC » est inaugurée en 1977 par Jacque Chirac.

mediaMaison des arts et de la culture (MAC): vue du bâtiment, 1974-1975 © Archives départementales du Val-de-Marne, 33FI 1081

Le bâtiment se veut beaucoup plus discret que l’Hôtel de ville. Implanté au niveau de la rue, il vient se raccorder à la dalle sur son dernier niveau.

mediaIntérieur coloré de la Maison des Arts et de la Culture, 1977 © Fonds Cardot et Joly - Bibliothèque Kandinsky - Centre de documentation et de recherche du Musée National d’Art Moderne - Centre de création industrielle.

L’architecte Jean Faugeron a pensé la MAC comme un lieu vivant et en perpétuel mouvement. Toutes les activités de la “Maison” s’ouvrent sur une « rue de la Culture », une sorte de promenade intérieure traversant le bâtiment et longeant la façade. Marcher le long de ces panneaux formant de géantes écoutilles donne une perception dynamique de l’espace accentuée par les failles de lumière naturelle.

media© CAUE 94

Ce bâtiment au profil atypique peut paraître néanmoins relativement fermé sur la ville. Les fenêtres donnant sur le parc, ajoutées pour éclairer davantage le hall d’entrée et l’espace d’exposition, dénotent quelque peu avec la composition d’origine.

mediaMaison des arts et de la culture (MAC) vue du dessus, 2021 © CAUE 94

Ce bâtiment de 10 000 m² comporte deux salles de spectacle (de 1000 et de 400 places), ainsi que plusieurs salles de répétition, une cafétéria, un espace d’exposition et des bureaux. La partie surélevée du bâtiment permet d’abriter “le cintre”, espace surplombant la scène et permettant la manipulation des décors ou éclairages.

mediaPanneaux de façade préfabriqués en béton © Timothée Eisenegger

Intéressé par la cinétique de l’architecture et la transcription d’un mouvement dans le dessin des façades, l’architecte Jean Faugeron joue de la succession de panneaux pour imprimer une cadence au bâtiment.

Ces panneaux préfabriqués, marqués par le motif du coffrage en bois volontairement visible, sont également partiellement colorés.

Étape 4

Le lac et ses abords

mediaLe parc départemental © Michel Escuriol

Transformé en base de loisirs de plein air, ce site de 62 hectares, occupé aux deux tiers par le lac de Créteil, intègre un grand parc départemental, la Maison de la Nature, une école de voile, une piscine à vagues ainsi qu’un jardin aquatique. Il constitue une respiration dans l’espace très urbain qu’est le Nouveau Créteil et participe à la préservation de la biodiversité à l’échelle départementale.

media© Nature & Société

L'association Nature & Société occupe la Maison de la nature implantée sur l’île de loisirs de Créteil. Elle a pour objectif de faire (re)découvrir aux franciliens la nature en milieu urbain : sites, enjeux, faune et flore locales. Elle invite également par des approches conviviales et participatives (cuisine, art, bricolage) à la découverte et l'échange de savoirs autour de modes de vie plus respectueux de l'environnement.

🔊Écoutez Anne Dieleman évoquer les particularités du parc.

L’histoire de la création d’un site architectural

mediaAménagement du lac et de la base de loisirs, société Les Bétons de Paris © Fond Henri Locuratolo, 10 juin 1970, Archives municipales de Créteil, 105 FI 174

Dans ces anciennes alluvions de la Seine et de la Marne, une carrière d’extraction de gypse et de graviers est exploitée de 1940 à 1976. Mares profondes et vastes étendues désertes constituent alors le paysage alentour.

mediaVue aérienne du chantier de construction de la préfecture en bordure du lac, 3 juillet 1968 © Archives départementales du Val-de-Marne, 33FI 566

« Nous avons vu que le site qui nous est offert ne constitue pas un cadeau. Aussi nous avons décidé d’en créer un de toutes pièces, complètement artificiel, et pour cause, en fabriquant d’abord un lac « … » Alors qu’on cherche d’habitude à gagner des mètres carrés, nous avons décidé d’en perdre. C’est un sacrifice que nous faisons pour avoir un site architectural. »

Pierre Dufau, “Le nouveau Créteil. Pourquoi ? Comment ?”, Demain Créteil n° 3, novembre 1971, p. 7-8.

mediaCarte postale, le lac, baigneurs et planchiste, non daté © Archives départementales du Val-de-Marne, 2FI1042

L’ouverture de la baignade au lac de Créteil est annoncée à l’été 1979. Cet âge d’or ne durera que 3 ans avant que la baignade soit décrétée interdite en 1982.

Démarré en 1968, l’aménagement du site se termine en 1988 par la réalisation d’une allée piétonnière entourant le lac et empiétant sur l’emprise des jardins de la Préfecture.

mediaPlan général du Nouveau Créteil © Créteil, éditée par la SEMAEC, pp. 6-7, 1882

C’est ensuite l’architecte paysagiste italien Maurizio Vitale, chargé de concevoir un projet global de “coloration” du Nouveau Créteil par la végétation, qui va déterminer la structuration des plantations dans chaque quartier.

Ses interventions, bien que ponctuelles, atténuent l’ambiance très minérale des différents quartiers.

Silhouette urbaine

mediaFiction 1975: Une journée comme les autres à Créteil © Nouveau Créteil, Aujourd’hui un chantier demain une ville, éditée par la SEMAEC, p.13, février 1971

Le lac offre une vue dégagée sur la nature et la ville permettant d’apprécier la silhouette des constructions alentour.

Inspiré par la poésie de la “skyline” de New York, Pierre Dufau anime le paysage urbain de tours de différentes hauteurs.

La figure des tours n’est pas seulement liée à la volonté de façonner un nouveau paysage, elle permet également de répondre à la nécessité de rentabiliser des fondations onéreuses imposées par les caractéristiques d’un sol sableux.

Étape 5

La Préfecture

Une silhouette mordorée en bordure du lac.

mediaPréfecture: vue aérienne, octobre 1971 © Archives départementales du Val-de-Marne, 33FI 725

Cette cité administrative de verre et d’acier englobe deux entités administratives, la Préfecture et le Conseil départemental. Premier équipement construit entre 1965 et 1970, dans le cadre du projet du Nouveau Créteil, la Préfecture est l'œuvre des architectes Daniel Badani et Pierre Roux-Dorlut, habitués des bâtiments de grande importance et dirigeants d’une des agences d’architecture les plus prolifiques de l’époque.

mediaEntrée de la Préfecture © Timothée Eisenegger

Malgré son imposante volumétrie, le bâtiment demeure encore aujourd’hui d’une élégance singulière. Le traitement minimaliste des façades met en valeur les matériaux utilisés et souligne l’attention apportée aux détails. Les différents éléments de jonction que forment l’entrée ou les parties latérales sont habilement dessinés de manière sculpturale.

mediaPlan masse montrant la répartition des divers services Créteil, nouvelle préfecture © Créteil nouvelle préfecture,Techniques et Architectures, Construction 71 nouveau Créteil, p.78

Ce bâtiment de 9 niveaux, prenant la forme d’un V ouvert sur le lac, s'étend sur 180 mètres de long et 19 mètres de large.

Le rez-de-chaussée, développé sur deux niveaux et entièrement vitré, comprend les espaces recevant le public.

mediaDétail de la façade

© Timothée Eisenegger

Derrière le vitrage mordoré des étages courants, se trouvent les différents bureaux des services administratifs.

mediaChantier de construction, 20 novembre 1969 © Archives départementales du Val-de-Marne, 33FI 652

Ces cinq niveaux d’étages courants sont composés d’un même module de mur-rideau composé de cadres d’aluminium anodisé de couleur bronze et de vitres de la même teinte. Marquant l’identité du bâtiment, la coloration du vitrage unifie la façade et reflète eau et soleil tout en dissimulant les activités intérieures.

mediaDétails de la façade, 1971 © Archives départementales du Val-de-marne, 33FI 753

Enfin, la partie supérieure, coiffée d’une couverture en acier inoxydable, abrite bibliothèque, restaurant et logement de fonction.

mediaVue extérieure du bâtiment du Conseil général, 1971 © Archives départementales du Val-de-Marne, 33FI 925

Au niveau du jardin, la salle du Conseil et la salle polyvalente se détachent physiquement et structurellement du bâtiment principal pour s’adapter aux usages. Ces volumes apparaissent comme des objets architecturaux distincts et composés de granit.

mediaChantier de construction, 19 décembre 1971 © Archives départementales du Val-de-Marne, 33FI 659

La noblesse des matériaux utilisés ainsi que le traitement stylisé des volumétries traduisent l’importance symbolique et le prestige de cette nouvelle administration. Le bâtiment de la préfecture a d’ailleurs été labellisé Architecture Contemporaine Remarquable par le Ministère de la Culture en 2019.

Étape 6

L'intérieur de la Préfecture

media© Timothée Eisenegger

La préfecture dispose de 4 hectares de jardin. 1700 m³ de terre ont été ajoutés pour remodeler le terrain plat à l’origine. Ce parc, ponctué de 160 essences d’arbres, comprend également des sculptures, un escalier fontaine, un héliport, des bassins et des jets d’eau. Les moyens déployés pour constituer un site administratif d’exception sont à la hauteur des ambitions grandioses de l'époque et témoignent d'un temps révolu.

mediaPréfecture: visite du Premier Ministre Chaban-Delmas, 16 décembre 1970 © Archives départementales du Val-de-Marne, 33FI 7

Découvrez les photos de l’intérieur du bâtiment juste après sa construction :

mediaKiosque à journaux dans le hall d’accueil

media Hôtesses et bureaux d’accueil, à l’arrière « la fresque des arches », bétogravure réalisée par l’artiste Bengt Olson

mediaVue sur la mezzanine du hall d’accueil et ses imposants poteaux

mediaCouloir de bureau avec vue imprenable sur Créteil

mediaSalle polyvalente avec panneaux de cuivres sculptés au chalumeau par l’artiste Pierre Sabatier

© Archives départementales du Val-de-Marne, 33 FI

Aujourd’hui certains espace sont quelque peu modifiés par le renouvellement du mobilier.

media© Timothée Eisenegger

La salle polyvalente dispose d’un sol amovible permettant de doter la salle de 121 fauteuils vissés au plancher.

media© Timothée Eisenegger

La salle du conseil dispose d'une structure triangulaire porteuse au plafond et d'élégants luminaires trèfles en acier.

Étape 7

Les Maisons jardins

media© Timothée Eisenegger

Conçus par Michel Andrault et Pierre Parat entre 1974 et 1979, ces deux ensembles de 4 niveaux abritent chacun 26 logements.

mediaLes Pyramides, 1972 © Terra Médiathèque, STU00186A

Créées comme de petites collines urbaines et paysagères, ces discrètes pyramides sont la concrétisation d’un thème en vogue chez les architectes de l’époque, “l’habitat alternatif”, qui se situe entre habitat individuel et collectif. Elles sont nommées les « maisons-gradins-jardins ».

media“ Les terrasses du lac “ GEFIC, brochure, non datée, Fonds SEMAEC (Société d’Economie Mixte d’Aménagement et d’Equipement de Créteil) ©Archives Municipale de Créteil, 10J 461 1

L’agence d’architecture Andrault & Parat se fait connaître à partir des années 1960, en réalisant dans plusieurs villes françaises de nombreux projets suivant ce principe d’agencement. Pensés comme un groupement de plusieurs “maisons individuelles", ils offrent des logements de qualité et restent inspirants encore aujourd'hui. Ils permettent notamment d'apporter une réponse aux problématiques, toujours actuelles, de densité et de qualité du cadre de vie.

media“ Les terrasses du lac “ GEFIC, brochure, non datée, Fonds SEMAEC (Société d’Economie Mixte d’Aménagement et d’Equipement de Créteil) ©Archives Municipale de Créteil, 10J 461 2

Chaque logement, composé de 3 à 6 pièces, bénéficie d’un patio de près de 40 m2 et de deux accès : l’un collectif, par le parking du rez-de-chaussée implanté au cœur du bâtiment, l’autre, individuel et extérieur, par le patio.

media© Timothée Eisenegger

Le vocabulaire architectural est résolument moderne : jardinière garde-corps en béton brut, toiture-terrasse, trame modulaire. L'habillage en brique ainsi que la végétalisation de l’ensemble donnent un caractère paysager et pittoresque à cette architecture particulière.

Étape 8

Le quartier du Palais

mediaUn pétale suspendu © Robin Leroy

Dénommé les Choux, cet ensemble, dessiné par l’architecte Gérard Grandval et construit entre 1970 et 1974, s’inscrit dans le quartier le plus vaste et le mieux équipé du Nouveau Créteil.

Promu Chevalier des Arts et des Lettres et lauréat du prix de Rome en 1961, Gérard Grandval réalise de nombreux projets d'architecture et d’aménagements intérieurs en France et à l'étranger, dont les chalets coquilles à la Plagne. Il conçoit également des meubles et des objets de décoration.

mediaQuartier du palais : maquette des immeubles Les Choux, 1972 © Archives départementales du Val-de-Marne, 33FI 317

L’architecture de Gérard Grandval s’affranchit, ici, des lignes droites et froides des grands ensembles, et s’inscrit dans une recherche de formes plus souples et plus végétales. Les balcons, disposés en quinconce d’un étage à l’autre, évoquent des pétales de fleurs et apportent toute sa particularité à cet ensemble.

“On m'a dit que mes immeubles-dahlias ressemblaient plutôt à des choux. Je n'ai rien contre les choux. Je préfère les maisons-choux à ces grosses masses perpendiculaires bêtes et fades. Il faut construire flou et fou, végétal et mouvant.”

mediaBalcons préfabriqués livrés sur le chantier © Fonds Henri Locuratolo, 10 mai 1973, Archives municipales de Créteil, 105FI 239

Les balcons sont préfabriqués en usine avant d’être livrés sur site. Au nombre de 1350, ce sont les pièces maîtresses de cette architecture singulière. Sur le chantier, chaque balcon de 5 tonnes et de 7,8 m2 a été directement accroché à la structure des immeubles.

mediaLes Choux : sortez du métro, entrez dans votre Choux, Brochure, non datée ©Fonds SEMAEC, Archives municipales de Créteil, 10 J 446_1, 10 J 446_2

Le projet, à l’aspect unique, suscite un très grand engouement populaire au niveau mondial et apparaît à l’époque de sa construction sur des couvertures de magazines, des affiches publicitaires ou encore dans des films.

mediaEnsemble d'habitation "Les Epis de maïs", dits "Les Choux", quartier du Palais, vue du plan masse du quartier, 1969-1974 © Gérard Grandval, DAU, SIAF, Cité de l’architecture et du patrimoine, Archives d’architecture contemporaine

C’est vue du ciel que la conception du quartier prend tout son sens.

Gérard Grandval s’inspire de l'œuvre de Sonia Delaunay pour créer un plan tout en courbes. Les tours de logements sont réparties par groupes de trois, aux centres desquels un bâtiment en forme d’anneau regroupe des garages. D’autres bâtiments annulaires de plus grande circonférence sont pensés pour y aménager logements en périphérie et stationnement au centre.

mediaTours et bâtiment annulaire du quartier des Choux © Robin Leroy

Sur le plan initial, quinze tours et cinq bâtiments annulaires sont prévus. À la suite de difficultés techniques lors du chantier (notamment liées à la découverte de poches de gypse), seuls dix tours et un bâtiment annulaire seront finalement construits. Celles-ci sont implantées sur de petites collines paysagères entre lesquelles les cheminements sillonnent, donnant l’impression d’être dans un labyrinthe.

mediaQuartier du palais : immeuble de la SAGI, 1972 © Archives départementales du Val-de-Marne, 33FI 317

Conçues pour délimiter et protéger le quartier des grands axes routiers des alentours, des barres d’habitations sont construites par l’architecte Louis De Hoÿm de Marien, suivant les courbes du plan masse.

Le quartier sera, ensuite, densifié à la fin des années 1970 avec l’ajout de nouvelles tours de logements.

Étape 9

Des dahlias habités

Entrez à l’intérieur d’un chou.

mediaLes Choux : sortez du métro, entrez dans votre Choux, Brochure, non datée ©Fonds SEMAEC, Archives municipales de Créteil, 10 J 446_2

Les tours de 21 mètres de diamètre et de 38 mètres de haut, comprennent, à l’origine, deux appartements de 3 pièces et deux de 4 pièces à chaque étage.

Le plan, organisé de manière radiale, est composé d’un noyau central de circulation entouré d’un anneau regroupant entrées, salles de bain et wc.

Bien que petites, les pièces de vie, alors positionnées en façade, profitent de larges surfaces vitrées.

Le tout forme un polygone de dix-huit facettes entourées de balcons.

La forme trapézoïdale des pièces étonne et les visiteurs s'interrogent toujours quant à l'aménagement de ces espaces atypiques.

Découvrez un appartement, d’hier à aujourd’hui et 🔊écoutez un habitant vous parler de son expérience dans les choux.

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Votre appartement au cœur du Nouveau Créteil, OCIL, Brochure, non daté © Fonds SEMAEC, Archives municipales de Créteil, 10J 444_1 à 8

Découvrez un appartement rénové en 2021 :

mediaUne partie du cloisonnement entre la cuisine et le séjour a été supprimée © Robin Leroy

mediaLes cloisonnements entre les chambres et le couloir ont été remplacés par des verrières qui laissent passer la lumière © Robin Leroy

mediaUn platelage bois a été installé sur la terrasse © Robin Leroy

Étape 10

Les écoles

mediaUne école tout en rondeur © Robin Leroy

La conception des écoles s’intègre à la composition circulaire générale du quartier.

Le bâtiment se compose d’un patio central entouré par des espaces ouverts accueillant jeux, réunion et restauration.

Les classes sont, quant à elles, disposées de manière radiale, en couronne extérieure, et s’ouvrent sur des espaces de récréations en forme de pétales.

mediaEnsemble d'habitation "Les Epis de maïs",dits "Les Choux", quartier du Palais, écoles maternelle et élémentaire :vue d’une maquette, 1969-1974 © Gérard Grandval, DAU, SIAF, Cité de l’architecture et du patrimoine, Archives d’architecture contemporaine, cliché Pascal Perquis

Le bâtiment se compose d’un patio central entouré par des espaces ouverts accueillant jeux, réunion et restauration.

Les classes sont, quant à elles, disposées de manière radiale, en couronne extérieure, et s’ouvrent sur des espaces de récréations en forme de pétales.

Ce plan circulaire, reprenant le dessin d’une fleur, permet une fluidité et une flexibilité particulièrement intéressantes pour l’utilisation du bâtiment.

Découvrez l’intérieur de l’école :

mediaEspace de jeu ouvert sur le patio © Robin Leroy

mediaEspace de restauration © Robin Leroy

mediaSalle de classe avec mobilier de rangement d’origine © Robin Leroy

mediaEspace de circulation servant également de vestiaire aux enfants © Robin Leroy

Étape 11

La galerie marchande

Un centre commercial autrefois haut en couleurs

media© Timothée Eisenegger

La galerie marchande du Palais, conçue par l’architecte Samuel Goldenberg, ouvre en 1974.

mediaGalerie marchande du Palais de justice, 1974 ©Jean-Philippe Lenclos

Le coloriste Jean-Philippe Lenclos travaille à sa mise en couleur afin de donner une ambiance dynamique et joyeuse au bâtiment.

mediaGalerie marchande du Palais de justice, 1974 ©Jean-Philippe Lenclos

Dans les espaces intérieurs, il colore la structure métallique en rouge et rythme quelques murs de bandes de couleurs contrastées.

mediaUne galerie marchande aux couleurs vives, 1974 ©Jean-Philippe Lenclos

À l'extérieur, il habille les murs aveugles adjacents au parking d’un savant tissage de couleurs. Les tonalités gaies et vives s’entremêlent et accompagnent passants et visiteurs durant leurs déambulations.

mediaUne galerie marchande aux couleurs vives, 1974

©Jean-Philippe Lenclos

Influencé par l’OP Art ou art optique, en vogue dans les années 1970, et la calligraphie japonaise, Jean-Philippe Lenclos propose ici une coloration graphique et rythmique des façades.

Ces couleurs ont malheureusement disparu aujourd’hui.

Étape 12

Le Palais de justice

Une architecture tout en symbole, labellisé Architecture Contemporaine Remarquable en 2019 par le Ministère de la Culture.

media© Timothée Eisenegger

Inauguré le 14 février 1978, le tribunal de grande instance de Créteil a été conçu par les architectes Daniel Badani et Pierre Roux-Dorlut.

L’édifice est composé de deux corps de bâtiments. Au premier plan, un bâtiment bas regroupe les salles d’audience et les espaces accessibles au public depuis le mail des Mèches, promenade piétonne. Au second plan, une tour de bureaux de 16 étages prend la forme d’un V ouvert sur l’avenue arrière.

mediaPalais de Justice de Créteil, Ministère de la Justice, Brochure, 1979 ©Archives municipales de Créteil, 1503W45_6

La conception architecturale répond à la volonté de traduire les principes de l’institution qu’elle représente : droiture et équité.

La composition des façades, symétriques et répétitives, participent à l’image solennelle et monumentale du bâtiment.

L’agencement des volumétries rappelle les formes symboliques de la balance de la Justice et du Livre de la loi ouvert sur la tranche.

media© Timothée Eisenegger

L’entrée du public est particulièrement théâtralisée par la présence de fontaines, de piliers s’évasant au sol et d’une imposante porte métallique signée par le sculpteur Pierre Sabatier.

media© Timothée Eisenegger

Au-delà de l'utilisation massive du béton, les architectes se sont évertués à concevoir une variété de détails constructifs et esthétiques. Les façades sont, par exemple, constituées d’éléments préfabriqués conçus sur mesure, faits en pierre reconstituée ou en béton incrusté de gravillons de quartz blanc.

Découvrez l’intérieur du Palais de justice

mediaHall, photographie, 2016 © DRAC Ile-de-France/manufacture du patrimoine- Olivier Mathiotte

Le hall met en œuvre un astucieux système de poteaux préfabriqués de béton s’évasant au sol pour former des alvéoles d’attente, dans une esthétique typique des années 1970. Une verrière, permettant un apport de lumière zénithale, conduit le visiteur vers la seconde partie du bâtiment via une passerelle.

mediaAlvéole en béton préfabriqué, photographie, 2016 © DRAC Ile-de-France/manufacture du patrimoine- Olivier Mathiotte

mediaEscalier du hall en béton préfabriqué, photographie, 2016 © DRAC Ile-de-France/manufacture du patrimoine- Olivier Mathiotte

mediaSalle d'audience, photographie, 2016 © DRAC Ile-de-France/manufacture du patrimoine- Olivier Mathiotte

Pour préserver la confidentialité des échanges, les salles d’audience sont dépourvues d’ouvertures vers l’extérieur. Cependant d’ingénieux systèmes en partie haute, basse ou zénithale, permettent d'éclairer naturellement la salle.

Ces entrées de lumières participent à une mise en scène solennelle de l’espace.

Étape 13

L’ Université

Un défi architectural et technique.

media© Timothée Eisenegger

Sous l'égide de Robert Mallet, nommé recteur de l’Académie de Paris en 1969, il est décidé de décentraliser l’enseignement supérieur et de doter chacun des nouveaux départements périphériques d’une université.

C’est l’architecte Denis Sloan, qui est chargé, en janvier 1970, de concevoir un ensemble comprenant bâtiments d’enseignement, amphithéâtres, restaurant et bibliothèque sur un vaste site inoccupé à l’ouest de Créteil.

mediaMaquette de l’université, non daté © Fonds Sloan, source UPEC

Devant être opérationnels pour la rentrée de novembre 1970, les premiers bâtiments de l’université ont vu le jour entre les mois de mai et d’octobre 1970, soit seulement six mois après le début de la conception !

mediaÉléments de façades préfabriqués sur chantier, 1970 © Fonds Sloan, source UPEC

En réponse à l’exigence des délais et des faibles coûts de construction, Denis Sloan s’installe sur le site avec l’entreprise pour concevoir un procédé de préfabrication sur le chantier, ce qui constitue une particularité technique étonnante pour l’époque. Ce procédé a permis une grande rapidité d’exécution des éléments de façades et de planchers.

mediaAssemblage des panneaux préfabriqués et maillage de la dalle. La suppression d’un triangle de béton apporte une issue aux parkings situés sous la dalle ; les panneaux sont identiques pour les immeubles de bureaux, d’enseignement ou pour le restaurant universitaire, 1970 © Fonds Sloan, source UPEC

Les fondations, réparties sur un maillage équilatéral de 7,20 mètres, sont coulées dès le mois de février. Les quatre étages des bâtiments sont montés durant le mois de juillet.

Ce mode de conception modulaire permet également de s’adapter à l’évolution du projet au cours des travaux et au-delà.

mediaDalle piétonne séparée de la circulation automobile, non daté © Fonds Sloan, source UPEC

Conformément à la première version du plan du Nouveau Créteil, qui prévoyait une séparation stricte de la circulation automobile et piétonne, et au vu de l’impossibilité de creuser un sous-sol, l’université est aménagée sur dalle.

Pour ouvrir cette dernière sur la ville, l’architecte propose d’y implanter des équipements pouvant être utilisés par tous les cristoliens. Il projette également la construction de plusieurs passerelles pour la relier à d’autres quartiers. Finalement, le site restera principalement réservé aux étudiants et une seule passerelle sera réalisée.

mediaSchéma d’étude, non daté © Fonds Sloan, source UPEC

Sur la dalle s’installe une série de bâtiments parallélépipédiques articulés à leurs extrémités par des angles de 120 degrés. Entre ces bâtiments d’enseignement, de quatre à cinq étages, viennent s’insérer des espaces communs comme des places, des rues, et des lieux partagés tels que la bibliothèque, le restaurant ou les amphithéâtres. Ces dispositions permettent aux étudiants des différentes facultés de se rencontrer.

mediaAvancement de la construction des bâtiments du centre universitaire , non daté © Fonds Sloan, source UPEC

La rigueur des façades est atténuée par la disposition dynamique des différents bâtiments et la diversité de leurs formes.

mediaL’escalier du restaurant universitaire, non daté © Fonds Sloan, source UPEC

L’aménagement et la coloration des espaces intérieurs de l’université sont également pensés dans la continuité du projet.

Une mosaïque murale, de l’artiste Guy-Rachel Grataloup, qui ornait le pignon d’un des bâtiments, a aujourd'hui disparu.

À partir des années 1990, le site de l’université se densifie et accueille de nouveaux bâtiments d'enseignement.

Étape 14

La cathédrale Notre-Dame de Créteil

Un projet de rénovation exceptionnel

mediaFaçade principale, 2010 © Yves Mernier, architecte : Charles-Gustave Stoskopf

En 1975, l’église, initialement construite par Charles-Gustave Stoskopf, se caractérise par la simplicité et la sobriété de son traitement architectural. Prenant la forme d’un poisson, symbole de reconnaissance des premiers chrétiens, elle se compose d’un centre diocésain, de logements, de bureaux et d’une salle polyvalente servant de nef très modeste, l’ensemble ne dépassant pas 3 mètres de hauteur.

mediaCathédrale Notre Dame de Créteil, 2015 © Architecture studio, Charles-Gustave Stoskopf, photographe : Luc Boegly

Le 24 avril 1987, cette église devient la cathédrale du diocèse et en 2015, l’agence Architecture Studio démarre un important projet de transformation.

Le bâtiment de la nef est mis en volume par une impressionnante coupole en bois symbolisant les mains jointes de Marie faisant une prière. La volumétrie arrondie de cette surélévation dialogue avec les courbes du projet initial. L’adjonction d’un clocher, culminant à 40 m de hauteur, participe également à redonner une nouvelle envergure à la cathédrale.

mediaIntérieur de la Cathédrale Notre Dame de Créteil © Architecture studio, Charles-Gustave Stoskopf, photographe : Luc Boegly

Étape 15

Le Montaigut

mediaLe Montaigut ©Michel Escuriol, 11

C’est l’architecte du Mont Mesly, Charles-Gustave Stoskopf, qui est en charge de la construction du quartier du Montaigut entre 1974 et 1977. Sa conception est marquée par un parti pris architectural fort et géométrique.

mediaQuartier Montaigut Maquette, 1972 © Archives départementales du Val-de-Marne, 33FI288

Un immeuble annulaire de 9 niveaux encercle un jardin. Ce cercle bâti est entrecoupé de trois failles, face auxquelles prennent place des tours de 20 niveaux, aux façades incurvées.

mediaPlace du Montaigut et fontaines © Fonds Henri Locuratolo, 1969-1972, Archives Municipale de Créteil, 105 FI 192

Partant d’un point central, l'ensemble constitue un immense jardin protégé du reste de la ville, autour duquel l’architecture se développe de manière concentrique. Aménagé sur le parking et surélevé par rapport au niveau de la rue, le jardin est accessible par des passerelles reliées aux trois tours.

mediaCylindres colorés sur la place ©Michel Escuriol, 22

Au centre de celui-ci, autour d’un point d’eau, s'élèvent des cylindres colorés, aérations de parking transformées en œuvres d’art et recouvertes de mosaïque. L’effet monumental qui se dégage de cet ensemble est surprenant mais les façades s’animent cependant de quelques particularités. La répartition entre fenêtres et balcons est étudiée selon la course du soleil.

Étape 16

La Lévrière

media© Timothée Eisenegger

L’architecte Maurice Novarina conçoit le quartier de la Lévrière sur une dalle de hauteur variable, permettant d’aménager un parking en-dessous.

Construit entre 1972 et 1974 sur un terrain de 8,2 hectares, il se compose de 16 tours de 6 à 16 étages, d’un gymnase et d’une piscine. En 1977, le groupe scolaire Léo Lagrange vient compléter l’ensemble.

Au cœur du quartier, les différences de niveau, les cheminements arborés et les fresques rendent la déambulation agréable. Les façades pignon sont, en effet, animées par des peintures abstraites et géométriques signées de l’artiste Yvaral, le fils de Victor Vasarely.

Étape 17

La Haye aux Moines

media© Timothée Eisenegger

🔊Écoutez Jean-Claude Bernard évoquer la conception du quartier de la Haye-aux-Moines.

Diplômé de l'École Nationale Supérieure des Beaux-Arts avec les honneurs en 1954, il remporte le Grand Prix de Rome en 1960. Architecte en chef des bâtiments civils et palais nationaux, il est aussi urbaniste.

Jean-Claude Bernard construit notamment le quartier de l'Horloge à Paris, entre 1978 et 1982.

mediaPlan masse du quartier de la Haye-aux-Moines, 1970 © Jean-Claude Bernard

Construit entre 1970 et 1972, le quartier, conçu par l’architecte Jean-Claude Bernard en collaboration avec Vladimir Mitrofanov comprend 489 logements, une école maternelle, une école élémentaire et une Maison pour tous.

mediaMaquette du quartier de la Haye-aux-Moines, 1969 © Jean-Claude Bernard

Les logements sont répartis dans quatorze tours organisées en trois bandes décroissantes de 17 à 4 étages, et se présentent perpendiculairement au mail des Mèches.

mediaEnsemble de logement, la Haye-aux-Moines, vue de la place centrale, 1968-1972 © SIAF, Cité de l’architecture et du patrimoine, Archives d’architecture contemporaine

Définissant une ambiance urbaine dense et plutôt minérale, le quartier présente un caractère intime qui laisse en même temps une large place à la vie collective.

mediaEnsemble de logement, la Haye-aux-Moines,vue de la place centrale “le cratère”, 1968-1972 © SIAF, Cité de l’architecture et du patrimoine, Archives d’architecture contemporaine

Colonne vertébrale du quartier de la Haye-aux-Moines, les espaces extérieurs sont envisagés comme de véritables éléments d’animation.

Des espaces sans fonctions déterminées appellent le jeu par la complexité de leurs formes et la variété de leurs matériaux (pavés, bois, sable).

Le souhait de l’architecte étant ici de surprendre, impressionner, émouvoir par des dispositifs de places, de perspectives plongeantes, de cheminements en hauteur, détournés et ambigus, d’un rapport visuel inédit entre les constructions et le sol où chemine le piéton.

mediaMise en couleur du quartier de la Haye-aux-Moines, diapositive, 1972 © Jean-Philippe Lenclos

Structurants, ces circulations et espaces publics à différents niveaux permettent également de relier le quartier de la Croix des Mèches et celui du Palais, séparés par de grands axes routiers.

Le quartier est entièrement piétonnier, la circulation automobile (y compris les accès au parc de stationnement) étant extérieure.

mediaPlan de logements du quartier de la Hayes-aux-Moines © Archives départementales du Val-de-Marne, 1J614 14

La conception intérieure des logements est particulièrement intéressante.

Chaque étage dispose de quatre appartements.

Les logements sont conçus avec le même principe quelle que soit leur typologie (du 2 au 4 pièces). On distingue une partie jour accessible directement depuis l’entrée et une partie nuit excentrée dans les angles du bâtiment.

Disposés en L, tous les séjours bénéficient d’une double orientation et sont équipés d’un balcon ou d’une loggia, espace gagné par les décrochements des volumes. Le plan de la partie nuit est, quant à lui, déterminé par la décomposition d’un module carré.

Étape 18

Un quartier tout en couleur

mediaMise en couleur du quartier de la Haye-aux-Moines, diapositive, 1972 © Jean-Philippe Lenclos

🔊Écoutez Jean-Philippe Lenclos évoquer la mise en couleur du quartier de la Haye-aux-Moines.

Diplômé de l'École supérieure des Arts Décoratifs de Paris en 1960, Jean-Philippe Lenclos est un designer et coloriste connu internationalement. Il fonde en 1978 l'atelier 3D Couleur qu'il a animé pendant trente-cinq ans, travaillant notamment pour de grandes entreprises, des collectivités ou collaborant avec des architectes de renom.

mediaMaquette du quartier de la Haye-aux-Moines à Créteil, 1970-1971 ©Centre Pompidou, MNAM-CCI, Dist.RMN-Grand Palais, Georges Meguerditchian

Le projet de la Haye-aux-Moines est l’un des rares exemples de mise en couleur de l’architecture à l’échelle d’un quartier. Il sera largement publié, notamment à l’étranger. Le travail collaboratif entre architecte et coloriste apporte une singularité au quartier et accroît la qualité des espaces publics.

mediaÉcole de la Haye-aux-Moine, diapositive, 1972 © Jean-Philippe Lenclos

Le projet de coloration des bâtiments d’habitation n’a cependant jamais abouti et la mise en couleur de l’école et du parking disparaitra avec les années. Cela questionne la reconnaissance et la préservation d’un patrimoine peu connu.

Découvrez la mise en couleur du quartier à sa livraison :

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Mise en couleur du quartier de la Haye-aux-Moines, diapositive, 1972 © Jean-Philippe Lenclos

Étape 19

L’école José Maria de Heredia

Un espace modulable et ouvert sur le quartier.

mediaGroupe scolaire, quartier de la Haye-aux-Moines, schéma de fonctionnement, 1970-1974 © SIAF, Cité de l’architecture et du patrimoine, Archives d’architecture contemporaine

La conception du bâtiment répond à l’intérêt de l’architecte Jean-Claude Bernard pour les interactions humaines et la flexibilité d’usage.

L’architecture et l’organisation des espaces sont pensés pour permettre aux enseignants et aux enfants de s’approprier leur école. Entre les salles de classes, des placards amovibles permettent d'agrandir l’espace et donnent la possibilité aux enseignants d’organiser des activités mutualisées.

media©Centre Pompidou, MNAM-CCI Bibliothèque Kandinsky, Dist. RMN-Grand Palais, Fonds Cardot et Joly, 22-510339 NU

Les espaces intérieurs sont également traités de manière à offrir aux enfants un lieu original et accueillant.

Ils doivent permettre l’expérimentation : les différences de niveaux, la diversité des points de vue sont ainsi recherchées.

mediaGroupe scolaire, quartier de la Haye-aux-Moines, vue intérieure, 1970-1974 © SIAF, Cité de l’architecture et du patrimoine, Archives d’architecture contemporaine

Les escaliers, de couleur vive, sont par exemple pensés comme de petits espaces de rencontres et de jeux. On peut s’y asseoir, s’y cacher. L’architecture devient alors créatrice de vie et d’activités.

mediaL’école du quartier, diapositive, 1972 © Jean-Philippe Lenclos

Les cours de récréations, aménagées en hauteur, participent à la vie du quartier. Les connexions entre intérieur, extérieur, espace public, espace privé sont ainsi recherchées. Les espaces de l’école peuvent, en effet, potentiellement servir aux habitants du quartier pour d'autres activités.

Étape 20

Croix des mèches

Le modernisme du début

mediaQuartier de la croix des Mèches: tours d’habitation et crèche au premier plan, 1972 © Archives départementales du Val-de-Marne, 33FI 301

Ce tout premier quartier du Nouveau Créteil, réalisé par Bernard Feypell et Edward Zoltowski et construit dès 1971, fournit un exemple de ce qu’aurait dû être l’ensemble du Nouveau Créteil dans la première version de sa conception.

mediaPasserelle piétonne au-dessus de la circulation automobile, 1971 © Archives départementales du Val-de-Marne, 64FI 02

Il repose sur un principe strict de séparation des circulations par un système de dalle piétonnière au-dessus du sol, qui est réservé aux voitures. Sept tours de 18 étages s’opposent aux linéaires de six petites barres de 3 étages.

mediaLa MJC © Timothée Eisenegger

À cet ensemble s'ajoutent trois écoles et une Maison des Jeunes et de la Culture (MJC). Ces équipements sont traités de manière résolument différente. La MJC offre une façade différente à chaque niveau et l'école, dotée d’une façade principale en relief, se décompose en trois volumes interconnectés.

mediaLa maternelle © Timothée Eisenegger

La maternelle est composée de petits pavillons juxtaposés les uns aux autres.

mediaL'école élémentaire © Timothée Eisenegger

Comme sur les façades de l’école élémentaire, les plasticiens de « l’Oeuf-centre d’étude » collectif de designers et architectes français actif des années 1960 à 1990, ont, par leurs interventions, mis en valeur la particularité de chaque équipement.

mediaCrèche départementale en construction_vues extérieures, octobre 1971 © Archives départementales du Val-de-Marne, 33FI 120

Une crèche et une halte-garderie, dessinées par l'architecte Maurice Novarina, complètent le quartier en 1978.

mediaFaçade graphique et colorée, crèche départementale, non daté © Archives départementales du Val-de-Marne, 64FI65

Particulièrement intéressant à l’époque de sa construction, ce bâtiment en béton apparent articule élégamment différents volumes cylindriques.

mediaLa crèche transformée © Timothée Eisenegger

Les façades sont aujourd’hui revêtues d’un parement qui ne permet plus d'apprécier l’architecture d’origine.

Étape 21

La Maison des associations

Une étoile dans le Nouveau Créteil

mediaUn bâtiment tout de verre vêtu ©Robin Leroy

Ce bâtiment, initialement conçu en 1971 pour abriter une bibliothèque, est l'œuvre de Michel Stenzel en collaboration avec Pierre Dufau.Il comprend trois niveaux : un rez-de-jardin qui constitue un socle en retrait, un rez-de-chaussée surélevé offrant un vaste espace libre et un premier étage ouvrant sur un patio intérieur.

mediaMaquette de la bibliothèque municipale, aujourd’hui maison des associations © IFA

Pensé pour offrir une vue panoramique sur la ville environnante, le bâtiment prend la forme originale d’une étoile à 16 branches.

mediaDétails constructifs ©Robin Leroy

Les détails constructifs, d’une grande finesse, contribuent à donner à l'ensemble une légèreté remarquable. La structure déportée à l’intérieur du bâtiment libère les façades, qui sont ainsi uniquement composées de baies de 1 mètre de large et de 6 mètres de haut.

mediaDétails constructifs ©Robin Leroy

L’épaisseur des planchers, décroissante vers l’extrémité des pointes, forme une composition particulièrement graphique.

mediaUne couronne orne le toit du bâtiment ©Robin Leroy

Le toit du bâtiment est également original, par sa forme et sa matérialité. Huit coques arrondies vêtues de feuilles d’aluminium forment cette couronne supérieure.

mediaUn plafond artistique ©Robin Leroy

À l’intérieur, le plafond a été peint par Victor Vasarely.

Étape 22

Les archives départementales

media© Timothée Eisenegger

Volumes opaques aux formes étonnantes, le bâtiment des archives départementales abrite à ce jour environ 17 km linéaires de rayonnage. Pour mettre en scène ce programme particulier, les architectes Daniel Badani et Pierre Roux-Dorlut ont choisi un parti pris esthétique audacieux. Une architecture faite de volumes aveugles mais bien visibles et de failles transparentes.

mediaPlaquette de présentation imprimée lors de l’inauguration en 1975 © Archives départementales du Val-de-Marne, 1525W39

Construit de 1972 à 1974, le bâtiment est conçu selon un principe de séparation des fonctions. Un volume bas est affecté aux locaux administratifs et à l’accueil du public, tandis que deux silos, posés au-dessus, sont destinés aux réserves. Le noyau des circulations verticales s’insère dans la faille entre les deux silos.

mediaPhotographie du chantier, 1974 ©Archives départementales du Val-de-Marne, 45W53

Cette disposition est accentuée par un contraste des matières et des dessins de façades. Ainsi, le socle est composé d’éléments préfabriqués en béton apparent, alors que les silos sont revêtus de lames métalliques de couleur champagne, blanche, noire et dorée, agencées de manière à dessiner un décor que les architectes apparentent à une marqueterie.

mediaContre-plongée à l'aplomb de la faille qui sépare les silos des magasins © Archives départementales du Val-de-Marne, 16FI 28_164

Les lignes saillantes en béton désactivé et les fenêtres en bandeaux soulignent l’horizontalité du volume bas tandis que le tramage des lames accentue la verticalité des silos. Le jeu de contraste entre la souplesse des arrondis, les arêtes vives et les cannelures crée un effet plastique et sculptural étonnant, malheureusement peu mis en valeur dans l'espace urbain.

Les étapes d’évolution du projet

mediaDétail du plan de masse d’ensemble, premier avant projet 1969. L’aménagement de la parcelle prévoit un vaste parking couvert par une terrasse plantée, des passerelles qui relient l’entrée de l’équipement au réseau de parcours surélevés © Archives départementales du Val-de-Marne, 1525W 27

Le projet du bâtiment des archives a fait l’objet de plusieurs modifications au cours de sa conception.

Dans le plan de la première tranche, datant de 1971, le bâtiment est directement relié aux parcours piétons du centre-ville grâce à des passerelles qui doivent enjamber l’avenue du Général de Gaulle et l’avenue de la Brèche.

mediaDétail de l’élévation sud, premier avant-projet 1969. Le parement extérieur des silos n’a pas encore été dessiné par les architectes (plan masse d'ensemble, 1969, 1/500) © Archives départementales du Val-de-Marne, 1525W27

Plus tard, vers le milieu des années 1970, la deuxième tranche entérine l’abandon de cette organisation de la voirie. Le bâtiment en garde néanmoins les traces dans sa conception et sa réalisation, notamment dans les dispositions de l’entrée principale, qui se trouve surélevée par rapport au niveau du sol, et l’aménagement des espaces extérieurs de la parcelle.

Il s'agit d'ailleurs d'une des raisons du manque de relation du bâtiment avec l'espace public qui l'entoure.

Étape 23

Le centre commercial

media© Timothée Eisenegger

Inauguré en 1974 et implanté en plein cœur du Nouveau Créteil, le centre commercial régional “Créteil Soleil” fait partie intégrante du plan d’urbanisme, dessiné par l’architecte en chef Pierre Dufau.

media© Pierre Dufau. SIAF, Cité de l’architecture et du patrimoine, Archives d’architecture contemporaine.

Les éléments décoratifs très colorés qui ornaient les façades et la toiture du centre commercial se sont progressivement effacés suite à l’évolution du projet et aux divers réaménagements.

Conçu par Jean-Pierre Dacbert et Michel Stenzel, sa conception est lisible et fonctionnelle. Un bâtiment rectangulaire abrite de nombreux commerces ouverts sur une rue intérieure mais avec des façades fermées sur la ville.

mediaLe centre commercial régional © Créteil centre commercial régional, éditée par la SEGECE, p. 7

Porte d’entrée du Nouveau Créteil, le centre commercial est fait pour être traversé et mettre en relation le métro Créteil Préfecture avec la place de l’Hôtel de ville via de multiples passerelles piétonnes, favorisant ainsi l’imbrication des différentes fonctions urbaines du centre-ville.

mediaPlan du centre commercial © Créteil centre commercial régional, éditée par la SEGECE, pp.12-13, pp.13-14

À l’intérieur, on y trouve quatres places et un long mail où se succèdent 160 magasins sur deux niveaux.

mediaIntérieur du centre commercial © Créteil centre commercial régional, éditée par la SEGECE, pp. 10-11

Dans l’utopie de sa conception, le centre commercial est censé constituer un centre attractif dédié à la flânerie et la rencontre, à l'image d’un centre-ville traditionnel. Son implantation et sa conception en font finalement un espace de consommation isolé et fermé qui reste néanmoins un passage obligé pour accéder à la ville.

À sa livraison, le centre commercial régional s’étend sur 13, 5 hectares de terrain dont 6,5 pour les parkings au sol. Décrit, à son ouverture, comme le plus vaste centre commercial d’Europe, sa superficie commerciale est de 93 000 m2 .

Dans les années 2000, il est rénové par l’architecte Jean-Louis Pujol. En 2019, le centre est agrandi de 12 000 m2 par l’agence 1,2,3,4.

D’une emprise construite considérable, il représente aujourd’hui une coupure urbaine importante dans la ville.